‹ Afrique. Tableau generalChapitre 183 sur 232 · EXPLOITS DE PROBUS EN AFRTQUE ; GUERRE DE MAXIMIEN CONTRE LES · texte numérisé non relu

EXPLOITS DE PROBUS EN AFRTQUE ; GUERRE DE MAXIMIEN CONTRE LES

quinquégentiens (297 de notre ère).

— Probus , avant d'être empereur , lit glorieusement la guerre en Afrique.

« Il combattit avec courage les Marmarides, dit Flavius Vopiscus, et les vainquit. Étant passé de la Libye à Carthage , il y réprima les rébellions.

Il provoqua et tua en combat singulier un chef de tribus africaines , nommé Aradion ; et comme il avait reconnu en lui de la fermeté et de la bravoure, il fit élever en son honneur un grand sépulcre : ce monument a 200 pieds de largeur, et il subsiste encore. Il le fit élever par ses soldats , qu'il ne laissait jamais dans l'oisiveté .(**). »

Sous Dioclétien, les Mauritanies et l'Afrique furent désolées par une guerre sérieuse qui nécessita la présence de Maximien. Cet événement n'est qu'indiqué dans Aurélius Victor, Eutrope et les panégyristes. Point d'explications ni de détails ; car, à cette époque de décadence littéraire, l'histoire dégénère tout à fait en chronique. « Julianus et les Quinquégentiens, dit Aurélius Victor, agitaient violem-

(*) Gibbon, Décad. de l'emp. romain, t. II, p. i33.

(**) Flav. Vopisc. , Vie de Prob., ch. ix.

ment l'Afrique.» Ces Quinquégentiens, que plusieurs ont placés dans la Pentapole , étaient des tribus voisines de la Mauritanie (*) romaine, des Maures indépendants. Ces peuples étaient presque toujours armés les uns contre les autres, comme le fait comprendre Claudius Mamertinus, à travers l'emphase de son style de rhéteur. « Là où se perd la lumière, dit-il, à l'endroit où le mont Calpé se tourne vers le rivage de la Tingitane , et ouvre à l'Océan le sein de la Méditerranée, les nations s'acharnent contre leur propre sang. Privées du bonheur d'appartenir aux Romains, elles portent la peine de leur indomptable férocité.

La nation des Maures se déchire les entrailles avec fureur, etc.. » Cependant cette invasion des Maures indépendants dans la province romaine semble prouver qu'ils avaient fait trêve à leurs hostilités, pour piller ensemble les terres de l'empire. Maximien dompta les Quinquégentiens. « Tu as vaincu, dit Mamertinus dans le panégyrique qu'il adresse à ce prince, tu as soumis, tu as déporté les sauvages tribus des Maures, malgré les montagnes inaccessibles et les remparts naturels qui les protégeaient. » Quant à Julianus, il fut réduit à se donner la mort.

Ce fut après avoir terminé cette guerre que Maximien opéra quelques changements dans l'administration de la Numidie et de la Mauritanie. La Numidie devint province consulaire.

La Mauritanie Sitifensis fut détachée de la Césarienne, et la Tingitane fut réunie a l'Espagne, et en forma la septième province.

USURPATION d'alexandre; maxence le renverse ; il opprime l'afrique; gouvernement de Constantin. — Dioclétien avait rétabli la grandeur et la tranquillité de l'empire. La tétrarchie, en divisant le pouvoir, rendait la défense des frontières plus facile ; mais quand Dioclétien se fut retiré à Salone, les Augustes et les Cé-

(*) Voyez la note de M. Marcus, p. 7x7 de la traduction de Mannert.

NtJMIDIE ET MAURITANIE.

sars qu'il laissait après lui devinrent tous rivaux. A la faveur de leurs dissensions , un usurpateur s'éleva en Afrique. C'était un Pannonien appelé Alexandre, de la plus basse origine,, qui se maintint pendant trois ans dans la contrée ( 308-311 ). Maxence , inquiété par Constantin , fut contraint de le laisser jouir quelque temps de son usurpation. Mais, avant de lutter contre le fils de Constance Chlore, il renversa ce faible et méprisable adversaire. Il envoya Volusianus, préfet du prétoire, avec quelques cohortes, et il suffit d'un combat pour dépouiller Alexandre. Maxence désola Carthage et toutes les plus belles parties de l'Afrique par ses cruelles vengeances, et s'y rendit aussi odieux qu'en Italie. « Il paraît certain que la Numidie avait aussi accepté la domination d'Alexandre , et morne que ce timide usurpateur, après avoir perdu Carthage presque sans combat , s'était, comme Adherbal, réfugié sous l'abri de la position forte de Cirta. Telle est, du moins, l'induction très - probable qu'on peut tirer de la phrase d'Aurélius Victor , qui nous dit , avec sa concision ordinaire, que Constantin, vainqueur de Maxence , fit relever, embellir la ville de Cirta, qui avait beaucoup souffert dans le siège d'Alexandre , et qu'il lui donna le nom de Constantine (*). »

La chute de Maxence excita dans toutes les provinces qu'il avait opprimées la joie la plus vive. Constantin fut salué comme un libérateur. Par une contradiction singulière, le premier empereur chrétien toléra et encouragea en Afrique le culte idolâtrique de sa personne ; il fit ériger un temple et institua un collège de prêtres en l'honneur de la famille ilavienne, dont il se disait descendu. Une inscription prouve que ce culte existait encore au temps de Constance. Telle était la force des habitudes et des préjugés du paganisme; l'Afrique se prêtait volontiers à cette adoration de la créature humaine, car la foi chrétienne n'y avait pas encore entiè-

(*) Recherches sur l'Afrique sept. , p. 26.

rement modifié l'état des esprits ; d'ailleurs Constantin la combla de bienfaits, et, depuis trois siècles, la reconnaissance envers les empereurs se manifestait par leur apothéose. En 322, Constantin rendit un édit destiné à soulager l'Afrique de la profonde misère où la tyrannie de Maxence l'avait plongée. Il dit dans ce décret qu'il a appris que des parents, pressés par le dénûment, vendaient leurs enfants, qu'ils ne pouvaient plus nourrir; il indique les secours à donner à ces malheureux, et la source où il faut les puiser; il accorda aussi une diminution d'impôts, et affranchit les provinces agricoles d'Afrique des tributs de blé et d'huile qu'elles avaient d'abord offerts volontairement à Septime Sévère, et qui s'étaient changés depuis en contributions régulières et forcées.

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