SECONDE DÉFAITE DES VANDALES; GIBAMUND ET LE CHEF DES HUNS
— Dans le même temps, Gibamund et les deux mille hommes qu'il commandait arrivèrent à des salines situées à quarante stades de Décimum (*). Là se trouvait une plaine immense, déserte et sans végétation. Les Vandales rencontrèrent en cet endroit le détachement des Huns que Bélisaire, pour assurer les opérations de sa gauche, avait envoyé à la découverte. Il fallut dès lors se préparer au combat.
Il y avait dans la troupe des Huns un chef qui se distinguait entre tous par sa force et sa bravoure. Il tenait de sa famille le glorieux privilège de frapper sur l'ennemi le premier coup.
Nul, parmi les Huns, n'avait le droit
(*) Les plaines salées de la Sebka de Soukara (voy. Fa /6e).
de commencer l'attaque avant lui.
Quand les deux troupes furent en présence , ce chef s'élança à cheval , sans être accompagné, et, parcourant le front de la cavalerie des Vandales, il provoqua l'ennemi au combat. Une si grande audace étonna les soldats de Gibamund, et, craignant d'ailleurs de tomber dans une embuscade, ils ne firent aucun mouvement et ne lancèrent pas même un trait; peut-être aussi furent-ils saisis de crainte à la vue des armes et surtout des visages de ces Jiuns, qui depuis un siècle avaient fait tant de bruit dans le monde. Les Vandales ayant refusé d'engager la mêlée, le chef qui les avait provoqués revint auprès des guerriers de sa race, et leur dit : « Dieu a fait les apprêts du festin; nous n'avons qu'à tendre la main.
Manchons! » Tous s'élancèrent alors.
Les Vandales ne purent soutenir le choc des cavaliers huns; ils rompirent leurs rangs, et, sans opposer de résistance, ils se laissèrent égorger jusqu'au dernier.