‹ Afrique. Tableau generalChapitre 228 sur 232 · L'INTERVENTION DU POUVOIR TEMPO- REL DANS LES AFFAIRES DU SCHISME · texte numérisé non relu

L'INTERVENTION DU POUVOIR TEMPO- REL DANS LES AFFAIRES DU SCHISME

— Saint Augustin montra à tous les instants de la lutte qu'il eut à soutenir contre les donatistes, de la modération, de la douceur et de la charité; plus d'une fois, cependant, il se laissa entraîner par les passions de son parti et de son temps. Sa polémique fut alors dure et violente; il demanda et en même temps déclara légitime l'intervention du pouvoir temporel dans les affaires religieuses, et il invoqua la persécution. Mais, nous le répétons , l'esprit de charité domina toujours dans saint Augustin. Au moment même où il se réjouissait de la sentence portée par le tribun Marcellinet de l'édit d'Honorius, où les officiers impériaux sévissaient avec rigueur contre les donatistes, son âme s'attendrit, la douceur l'emporta sur la passion, et comme le prouve le fait que nous allons raconter, il devint le protecteur des persécutés. A Hippone, les donatistes étaient nombreux. Après la conférence de .Carthage ils se soulevèrent et se portèrent à de graves excès; ils tuèrent un prêtre catholique appelé Restitut et en blessèrent un autre. Lescoupables furent jetés en prison, battus de verges, conduits enfin devant les magistrats impériaux. Ce fut alors que saint Augustin écrivit aux juges Marcellinet Apringius deux lettres où l'on trouve les passages suivants :

« J'ai appris, dit-il à Marcellin, que « ces circoncellions et ces clercs du parti « donatiste,que l'autorité publique avait « transférés delà juridiction d'Hippone « à votre tribunal , avaient été enten- « dus par votre excellence, et que la plu- « part d'entre eux avaient avoué l'homi- « cide qu'ils avaient commis sur le prê- « tre catholique Restitut et les blessures «• qu'ils ont faites à Innocent, prêtre « catholique, en lui crevant un œil et en « lui coupant un doigt. Cela m'a jeté « dans une grande inquiétude que votre « excellence ne veuille les punir avec « toute la rigueur des lois , en leur fai- « sant souffrir ce qu'ils ont fait. Aussi, «j'invoque par cette lettre la foi que « vous avez en Jésus-Christ ; et, au nom «de sa divine miséricorde, je vous « conjure de ne point faire cela , et de « ne point permettre qu'on le fasse. Quoi-

« que nous puissions en effet paraître « étrangers à la mort de ces hommes qui « sont soumis à votre jugement, non sur « notre accusation , mais sur l'avis de « ceux auxquels est confié le soin de la « paix publique, nous ne voulons pas « que les souffrances des serviteurs de « Dieu soient vengées, d'après la loi du « talion, par des supplices semblables.

«Non que nous voulions empêcher qu'on « ôte aux hommes coupables le moyen «de mal faire; mais nous souhaitons « que ces hommes, sans perdre la vie, et « sans être mutilés en aucune partie de « leur corps, soient, par la surveillance « des lois, ramenés, d'un égarement fu- « rieux, au calme du bon sens /ou dé- « tournés d'une énergie malfaisante , « pour être employés à quelque travail « utile. Cela même est encore une con- « damnation; mais peut-on ne pas y « trouver un bienfait plutôt qu'un sup « plice, puisqu'eu ne laissant plus de « place à l'audace du crime, elle permet « le remède du repentir? Juge clirétien- « remplis le devoir d'un père tendre; « dans ta colère contre le crime, sou- « viens-toi cependant d'être favorable « à l'humanité; et en punissant les at- « tentats des pécheurs, n'exerce pas « toi-même la passion de la vengeance. » Augustin terminait cette lettre touchante par des raisons prises dans l'intérêt du christianisme, et qui lui commandaient la douceur : « J'atteste, di- « sait-il, que cela seul est utile, est « salutaireàl'Églisecatholique;ou,pour « ne point paraître sortir de ma juridic- « tion, je l'atteste du moins, de l'église « d'Hippone. Si tu ne veux pas écouter « la prière d'un ami, écoute le conseil « d'un évêque. » La lettre qu'il adressait au proconsul Apringius était non moins expressive : « Epargne, lui disait- « il, ces coupables convaincus; laisse-leur « la vie et le temps du repentir (1). » Rapprochons encore de ces paroles les opinions pleines de tolérance et de douceur que saint Augustin professa , à diverses époques , soit dans les livres, soit dans les discours qu'il adressa aux fidèles de son Église : « L'homme n'apas été doué de la faculté de prévoir infaiLi-

(I) M. Villemain ; de V Éloquence chrétienne dans le quatrième siècle. Voy. Mélanges littéraires, p. 471 et suiv.

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blement ce que penseront, dans la suite des temps, ceux de ses semblables qu'il juge être actuellement dans Terreur; il ne sait pas jusqu'à quel pointles fautes des méchants contribuent au perfectionnement des bons. Il faut donc bien se garder d'ôter la vie à ceux-là; car voulant tuer des méchants, on ne ferait souvent que tuer ceux qui sont destinés à rentrer dans la bonne voie, ou bien on nuirait aux bons , auxquels , quoique malgré eux, les méchants sont utiles.

On ne peut porter de jugement fondé et équitable sur les hommes qu'à la fin de leur vie, lorsqu'il n'y a plus possibilité, ni de changer de conduite, ni de servir la cause de la vérité par la comparaison de l'erreur. Mais ce jugement, il n'est donné qu'aux anges de le porter, et

non aux hommes Reste bon et

souffre les méchants. Il vaut mieux, demeurant dans le sein de l'Église, supporter les méchants à cause des bons, que de s'exposer à s'en séparer, abandonnant et les bons et les méchants. S'il y a avec toi des bêtes féroces, c'est-à-dire s'il y a avec toi dans l'Église des apôtres de doctrines erronées, de faux croyants, hérétiques ou schismatiques, ou" mauvais catholiques, cherchant, comme les bêtes féroces, à dévorer lésâmes, qu'elles soient tolérées jusqu'à la fin des siècles Tolère; tu es né pour cela :

tolère, car tu as probablement aussi besoin d'indulgence. Si tu as toujours été bon, montre-toi miséricordieux; si tu as commis des fautes, n'en perds pas la mémoire. Il faut souffrir l'ivraie dans le bon grain, les boucs entre les chevreaux, les béliers entre les moutons.

Ce mélange aura un terme, et le temps

de la moisson viendra Sois bon,

et prends le mal en patience. Sois bon intérieurement; car si tu ne l'es pas de cette manière , tu ne peux pns te vanter de l'être. Quand tu seras bon intérieurement , tu supporteras celui qui est méchant intérieurement et extérieurement. Tolère l'hérétique déclaré, tolère le païen, tolère le Juif, tolère enfin le mauvais chrétien caché. » Ce sont là de grands et généreux sentiments que de nos jours les ennemis les plus ardents de l'Église catholique ont loués et admirés (1). En lisant les lignes que nous (I) Voy. M. de Potter'; Histoire philosophi-

venons de transcrire, on oublie volontiers que parfois, dans l'ardeur de la lutte, saint Augustin se laissa emporter jusqu'à prêcher l'intolérance.

LE PÉLAG1ANISME EN AFRIQUE. —

L'Église catholique en Afrique venait à peine de triompher du schisme qu'elle fut exposée à un nouveau danger. C'était l'hérésie, cette fois, qui devait la diviser.

Au commencement du cinquième siècle, deux hommes originaires de la Grande-Bretagne, Pelage et Célestius se mirent à sonder, soit dans la méditation, soit dans leurs entretiens, les questions les plus graves et les plus difficiles qui aient jamais agité l'esprit humain. Ce fut , dit-on , un certain Rufin, venu de Syrie, qui leur donna l'impulsion et leur fournit quelques-unes de leurs solutions. Ils vivaient alors à Rome, où ils arrêtèrent leur doctrine.

Ils s'étaient demandé : Dieu intervientil dans nos actes? Sommes-nous libres d'accomplir, à notre gré, le bien et le mal? Est-ce Dieu qui veut pour nous, et ne sommes-nous que des instruments dont les mouvements sont prévus et réglés à l'avance? Si, disaient-ils, nous ne pouvons nous déterminer par nousmêmes , nous ne sommes point responsables du bien et du mal que nous faisons; nous ne méritons ni ne déméritons. — Ces raisonnements les conduisirent peu à peu à rejeter la grâce divine, sans laquelle, suivant l'Église, l'homme ne peut rien, et à rapporter exclusivement, dans chacun de nos actes, le bien et le mal à la faculté que nous avons de nous déterminer par nousmêmes, à notre libre arbitre.

Pelage et Célestius quittèrent Rome vers 409 , pour aller en Sicile : de là ils passèrent en Afrique. Ils s'arrêtèrent d'abord à Hippone (410); puis, ils se

que, etc. , du Christianisme, t. II, p. 150. — Nous devons ajouter ici que parmi Ips écrivains ecclésiastiques, plusieurs, aujourd'hui même, semblent approuver les pages ou saint Augustin, parlant de l'intervention du pouvoir temporel clans le schisme des donalistcs, admet la persécution comme moyen légitime de répression. Les doctrines de ces écrivains ne sont point de notre siècle, et ne portent pas Pempreintedu véritable esprit chrétien. D'aiUeurs, comme nous venons de le voir, elles sont condamnées par saint Augustin lui-même.

L'UNIVERS

rendirent à Carthage. C'est de là que partit Pelage pour aller dans la Palestine. Célestius était resté dans la capitale de l'Afrique pour y propager la nouvelle doctrine. C'était , s'il faut en croire ses contemporains , un homme plus audacieux encore que Pelage. 11 ne reculait devant aucune des conséquences de son système ; et bientôt on le vit repousser, comme contraire à la théorie du libre arbitre, la croyance au péché originel et nier la nécessité du baptême et de la rédemption.

L'Église d'Afrique s'alarma des progrès de l'hérésie, et un concile convoqué à Carthage (412) condamna Célestius.

Le pélagianisme, comme on l'apprend par l'acte d'accusation qui fut dressé alors, attaqua, dès son début, les doctrines de l'Eglisecatholique avec une singulière hardiesse. On reprochait à Célestius d'avoirdit : « 1° qu'Adam avait été créé sujet à la mort ; 2° que son péché n'avait nui qu'à lui et ne s'était pas communiqué à sa race, ce qui détruisait la croyance du péché originel; 3° que les enfants en naissant sont dans le même état où était Adam avant son péché; 4° que le péché d'Adam n'est pas la cause de la mort de tout le genre humain, non plus que la résurrection de Jésus-Christ la cause de la résurrection de tous les hommes ; 5° que la loi naturelle conduit au royaume des cieux comme l'Evangile; G° que même avant la venue de Jésus-Christ, il y avait des hommes impeccables , c'est-a-dire sans péché ; 7° que les morts sans baptême ont la vie éternelle. » Après sa condamnation Célestius se retira en Asie (1).

SAINT AUGUSTIN COMBAT LES PElagiens; concile; RAPPORTS DES ÉGLISES D'AFRIQUE AVEC L'ÉGLISE DE

rome. — Le concile de Carthage n'avait point arrêté les progrès de l'hérésie : le pélagianisme pénétrait en tous lieux.

Alors, pour conjurer ce pressant danger, Tes docteurs les plus illustres de l'Église catholique se mirent à l'œuvre. Pour

. 0) Nous ne pouvons, dans ce résumé rapide, traiter avec quelque étendue la question du pélagianisme. Nous renvoyons sur ce point aux diverses histoires de l'Église. Il est inutile, suivant nous , de signaler ici , parce qu'elles sont connues de tous, les pages qui ont été écrites de nos jours sur ce grave sujet par MM. Guizot et J. J. Ampère.

eux la théorie du libre arbitre , telle que la formulaient Pelage et ses disciples , était un excès de l'orgueil humain.

Prétendre que l'homme avait la faculté de vouloir, de se déterminer, indépendamment de toute influence supérieure , et conclure, de là, que sans l'assistance de Dieu , il pouvait, suivant qu'il faisait un bon ou mauvais usage de son libre arbitre, mériter ou démériter, n'était-ce point enlever à Dieu une partie de sa toute-puissance, égaler en quelque sorte l'homme à Dieu ? n'était-ce point comme le disait saint Jérôme, renouveler la tentative des anges rebelles? Aux yeux des défenseurs de la foi catholique, pour employer l'énergique expression d'un écrivain moderne, Satan aussi avait été pélagien ( 1 ).

Après avoir hésité quelque temps, saint Augustin se lança avec ardeur dans la discussion. Il n'essaya point de transiger , de concilier la liberté avec la grâce; il s'avança aussi loin dans la théorie de la grâce que Pelage dans celle de la liberté.

« De toutes les doctrines psychologiques de saint Augustin, la pius digne d'attention est celle qu'il a émise sur la nature du libre arbitre. Les rapports étroits qui existent entre cette question et celle de la grâce, et l'autorité dont jouit l'évêque d'Hippone dans l'Église, principalement à cause de la manière dont il a combattu les pélagiens, donnent une importance particulière à ce qu'il a écrit sur cet objet. Le traité du Libre Arbitre , divisé en trois livres , fut achevé par saint Augustin en 395, vingtdeux ans, par conséquent, avant la condamnation de Pelage par le pape Innocent Ier, en 417. Il était dirigé contre les manichéens, qui affaiblissaient la liberté en soumettant l'homme à l'action d'un principe du mal, égal en puissance au principe du bien. Il était naturel que, pour combattre avec succès de pareils adversaires, saint Augustin accordât le plus possible au libre arbitre. Aussi voit-on, par une lettre adressée à Marcellin, en 412, qu'il n'est pas sans crainte que les pélagiens ne s'autorisent de ses livres composés longtemps avant qu'il fût question de leur erreur. La philoso-

(I) Rohrbacher; Hist. univers, de l'Église catholique, t. VII, p. 504.

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phie ne peut donc rester indifférente au désir d'étudier de quelle manière l'auteur du traité du Libre Arbitrez pu se retrouver plus tard le défenseur exclusif de la grâce, et concilier les principes philosophiques avec les données de la révélation. Nous ne pouvons toutefois , sur ce point , présenter que de courtes explications. Dans ses livres sur le Libre Arbitre, saint Augustin reconnaît que le fondement de la liberté est dans le principe même de nos déterminations volontaires. Le point de départ de tout acte moral humain est l'homme lui seul, considéré dans la faculté qu'il a de se déterminer sans l'intervention d'aucun élément étranger (deLib. Arb., lib. III , c. 2 ). Dans sa manière de définir le libre arbitre, le mérite de la bonne action appartient à l'homme ; rien n'a agi sur sa volonté en un sens ou en un autre; sa détermination est parfaitement libre. Saint Augustin a-t-il maintenu ces principes dans sa controverse contre Pelage? Une étude plus attentive des saintes Écritures, et principalement de saint Paul, ne lui a-t-elle pas fait modifier sa manière de voir ? L'examen philosophique de ses écrits ne nous semble laisser au critique impartial aucun doute à cet égard (1). » Au moment où parut le pélagianisme , saint Augustin avait déjà modifié ses premières opinions sur le libre arbitre. Dès l'année 398, comme nous l'avons dit , dans une lettre adressée à Simplicien, et à propos de ce texte de Saint Paul : Qu'avez- vous que vous n'ayez reçu? il avait amoindri, si nous pouvons nous servir de cette expression , le libre arbitre pour exalter la grâce. Sa lutte contre Pelage et Célestius ne fit que rendre ses opinions plus absolues. Dès lors dans ses conversations, ses sermons, ses ouvrages ( du Mérite et de ta rémission des péchés; de ta Grâce du Nouveau Testament; de V Esprit et de ta lettre; Traité de la nature et de la grâce; de la Perfection de la justice de l'homme; Lettre à Hilaire en Sicile), il affirme que l'homme ne veut et ne peut que par Dieu , et si parfois il parle encore du

(I) Voy. Dictionnaire des Sciences philosophiques par une société de professeurs de philosophie: art. Saint Augustin; 1. 1. p. 257 ; Paris, 1814.

libre arbitre, il déclare que ce libre arbitre est dans la dépendance d'un pouvoir supérieur, qu'il est complètement subordonné à la grâce.

L'opinion de saint Augustin fut adoptée par l'Église d'Afrique. En 416, les évêques de cette Église tinrent âaux conciles, l'un à Carthage, l'autre à Milève, où ils condamnèrent Pelage et Célestius. Puis, ils s'adressèrent au pape Innocent qui, en 417, donna son adhésion à la sentence qu'ils avaient prononcée. Mais on put craindre un instant (418) que Zozime, successeur d'Innocent, n'approuvât , comme l'avaient déjà fait avant lui les évêques d'Orient, rassemblés à Diospolis, quelques-unes des opinions du pélagianisme.

Sa conduite pleine de modération à l'égard de Pelage et de Célestius excita en Afrique de vives appréhensions.

Les évêques se rassemblèrent de nouveau à Carthage, en 418, et là ils confirmèrent eu quelque sorte, par une nouvelle condamnation de l'hérésie, leurs premières décisions. La sentence qu'ils prononcèrent nous fait connaître les hardies conséquences que les pélagiens avaient tirées de leur théorie du libre arbitre. « Quiconque dira qu'Adam a été fait mortel , en sorte que , soit qu'il péchât ou qu'il ne péchât point, il dût mourir, c'est-à-dire sortir du corps, non par le mérite de son péché, mais par la nécessité de sa nature ; qu'il soit anathème ! Quiconque dit qu'il ne faut pas baptiser les enfants nouveau-nés; ou que, bien qu'on les baptise pour la rémission des péchés , ils ne tirent d'Adam aucun péché originel qui doive être expié par la régénération, d'où s'ensuit que la forme du baptême pour la rémission des péchés est fausse à leur égard ; qu'il soit anathème! Quiconque dira que la grâce de Dieu qui nous justifie par Jésus-Christ, ne sert que pour la rémission des péchés déjà commis, et non pour nous aider encore à n'en plus commettre; qu'il soit anathème! Si quelqu'un dit que la même grâce nous aide à ne point pécher seulement en ce qu'elle nous ouvre l'intelligence des commandements , afin que nous sachions ce que nous devons chercher et ce que nous devons éviter; mais qu'elle ne nous

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donne pas d'aimer encore et de pouvoir ce que nous devons faire; qu'il soit anathème ! Quiconque dira que la grâce de la justification nous est donnée, alin que nous puissions accomplir plus facilement par la grâce ce qu'il nous est ordonné de faire par le libre arbitre, comme si, sans recevoir la grâce, nous pouvions accomplir les commandements de Dieu, quoique difficilement; qu'il soit anathème! » A Rome, Zozime s'était enfin prononcé, et il avait condamné les pélagiens. On ne se contenta plus alors, pour ramener les hérésiarques , des censures ecclésiastiques; on eut recours au pouvoir temporel, à la rigueur des lois.

Nul, suivant saint Augustin, ne fut plus ardent dans cette persécution que le prêtre Sixte, qui occupa plus tard la chaire de Saint-Pierre. Honorius fit un édit qui bannissait de Rome Pelade et Célestius, qui organisait contre leurs adhérents un système de délation, qui punissait enfin, dans toute l'étendue de l'empire d'Occident, de l'exil et de l'expropriation, ceux qui étaient convaincus de pélagianisme. Toutefois, au temps même de la persécution , l'hérésie trouva des défenseurs. Le plus célèbre de tous est Julien, évêque d'Éelane. Il attaqua saint Augustin à propos du livre intitulé du Mariage et de La concupiscence. Dès lors s'engagea entre eux, par écrit, une lutte qui ne devait avoir pour terme que la mort de l'illustre évêque d'Hippone.

Il y avait eu sur la question du pélagianisme dissentiment entre lesévêques africains et le pape Zozime (I). Mais ce dissentiment , comme nous l'avons dit , n'avait pas été de longue durée. Plus tard, l'intervention de l'Église de Rome dans les affaires de l'Afrique devait amener un nouveau désaccord. Il éclata au temps de saint Boniface et de saint Célestin. Les évêques d'Afrique refusèrent, en deux circonstances , d'accepter les instructions qui leur venaient d'Italie. Le prêtre Apiarius, et plus tard, l'évêque Antoine avaient été condamnés, pour leur scandaleuse conduite, par les évêques africains. Ils ne vou-

(1) Indépendamment des écrivains catholiîiques, voyez sur ce dissentiment : Leydecker ; de Libertate Ecclesiœ africanœ , p. 523 et suiv.

lurent point se soumettre a cette condamnation. Ils s'adressèrent à l'Église de Rome qui, prêtant l'oreille à leurs prières, essaya de les imposera ceux qui les avaient rejetés. Les évêques d'Afrique protestèrent contre cette intervention qui tendait à infirmer leurs décisions et à amoindrir leur autorité.

Ils l'emportèrent; et le jugement qui avait condamné Apiarius et Antoine fut maintenu (1).

SEM1-PELAGIENS; DERNIERS TRA- VAUX DE SAINT AUGUSTIN. — Comme

nous l'avons dit, l'opinion desaint Augustin sur la grâce était celle de l'Église catholique. Toutefois, il y avait dans cette opinion quelque chose de si absolu , il fallait tellement, pour l'embrasser, sacrifier la raison à la foi, que des hommes jusqu'alors fermement attachés aux dogmes de l'Église se sentirent ébranlés. Il se fit chez eux une réaction : ils se demandèrent si saint Augustin n'était point tombé dans l'erreur en immolant d'une manière absolue le libre arbitre à la grâce, en l'annihilant, et conséquemment en détruisant la responsabilité humaine. Ils cherchèrent alors un système de conciliation.

Le mouvement se fit d'abord sentir en Afrique. Quelques moines d' Adrumet s'élevèrent contre un écrit où saint Augustin anéantissait, suivant eux , le libre arbitre. L'évêque d'Hippone se hâta de leur répondre par deux ouvrages ( de la Grâce et du libre arbitre; de la Correction et de la grâce). Cette fois, il sembla transiger, et fit, si nous pouvons nous servir de cette expression, quelques concessions au libre abitre.

Il y avait aussi en Gaule des hommes éminents qui n'admettaient pas dans toutes ses parties le système de saint Augustin. Parmi eux se trouvaient saint Hilaired' Arles et Cassien. Celui-ci ,dans des conférences spirituelles qu'il écrivit, vers 426, pour ses moines de Marseille, essaya de concilier le libre arbitre avec la grâce. Il ne porta pas atteinte, comme les pélagiens, aux dogmes de l'Église catholique ; seulementil prétendit que le

(l) Voy. sur les rapports de l'Église d'Afrique avec celle de Rome et sur les désaccords que nous venons d'indiquer : Fleury; Hist. ecclésiast., t. V, p. 494 , 515 , 5T7 , 679, 580 et 582 ; et Rohrbacher; Hist. univers, de l'Eglise cathol., t. VII, p. 5'j8, 552 et suiv.; 568, 577 et suiv.

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libre arbitre était nécessaire pour l'accomplissement du bien, nécessaire comme la grâce. Il alla plus loin encore : il déclara que la grâce était donnée par Dieu à ceux qui l'avaient méritée, à ceux qui d'abord avaient voulu le bien par eux-mêmes en vertu de leurs propres déterminations. Ainsi, suivant Cassien, le libre arbitre était le principe de la grâce.

Ce nouveau système agita vivement les esprits. Les uns l'embrassèrent hardiment ( ce furent les semi-pélagiens); d'autres, assaillis par le doute et plus timides, voulurent, avant tout, prendre conseil de celui qui, dans la grande querelle suscitée par Pelage, avait été l'interprète de l'Église catholique. Ils s'adressèrent donc à saint Augustin. L'évêqued'Hippone ne refusa point d'entrer dans une nouvelle discussion.

Il poussa alors jusqu'à ses dernières conséquences la doctrine de la grâce.

Dansses deuxlivresr/e/a Prédestination des Saints (1) qu'il adressa à Prosper et à Hilaire, il admet sans réserve et dans le sens le plus illimité, en vertu de son principe de la grâce qu'il s'efforçait d'établir, la prescience divine et la prédestination. Aux semi-pélagiens, qui lui objectaient que, dans un pareil système , on devait rejeter nécessairement comme inutiles la prédication, les exhortations, toute pénalité , il répondait : « Il est vrai qu'il faut user de discrétion en prêchant au peuple cette doctrine; et ne pas dire : La prédestination de Dieu est absolument certaine, en sorte que vous êtes venus à la foi , vous qui avez reçu la volonté d'obéir, et vous autres demeurez attachés au péché, parce que vous n'avez pas encore reçu la grâce pour vous en relever. Mais si vous êtes prédestinés, vous recevrez la même grâce, et vous autres, si vous êtes réprouvés, vous cesserez d'obéir. Quoique tout cela soit vrai dans le fond et à le bien prendre , la manière de le dire avec dureté et sans ménagement, le rend insupportable.

Il faut plutôt dire: La prédestination certaine vous a amenés de l'infidélité à la foi , et vous y fera persévérer. Si vous êtes encore attachés à vos péchés , recevez les instructions salutaires, sans toutefois vous en élever ; car c'est Dieu

(I) Le second livre a un titre particulier : du Don de la Persévérance.

qui opère en vous de vouloir et de faire, et si quelques-uns ne sont pas encore appelés, prions Dieu qu'il les appelle , car peut-être ils sont prédestinés. Quant aux réprouvés, il ne faut jamais en par-. 1er qu'en tierce personne, en disant, par exemple : « Si quelques-uns obéissent maintenant, et ne sont pas prédestinés, ils ne sont que pour un temps, et ne demeurerontpas dans robéissancejusques à la fin. Surtout il faut exhorter les moins pénétrants à laisser les disputes aux savants (1). » Pour avoir trop accordé à la grâce, saint Augustin , on ne sauraitle dissimuler, arrivait au fatalisme. Il semble que saint Augustin ait été absorbé tout entier, dans les dernières années de sa vie par sa lutte contre le pélagianisme. Il n'en est rien pourtant. Pendant les discussions les plus vives, il trouvait encore du temps pour écrire sur mille sujets divers. Il répondait souvent, par de longues lettres, à tous ceux qui lui proposaient des difficultés à résoudre ou lur demandaient des conseils. Il composait son Enchiridion; un petit livre adressé à saint Paulin de Noie, sur ta piété envers les morts et son traité contre le mensonge . Il reproduisait aussi par écrit sa conférence avec févêque arien Maxime et rédigeait ses Rétractations. Sur la fin de sa vie, cédantaux prières de Quodvultdeus, qui fut plus tard évêque de Carthage, il promit d'écrire une histoire des hérésies. Il ne recula point devant les difficultés que présentait un semblable travail. « Il exécuta sa promesse, dit Fleury, et envoya quelque temps après à Quodvultdeus un traité des hérésies où il en compte quatre-vingt-huit commençant auxsimoniensetfinissantaux pélagièns.

Il ne prétend pas toutefois avoir connu toutes les hérésies, puisqu'il y en a de si obscures qu'elles échappent aux plus curieux; ni avoir expliqué tous les dogmes des hérétiques qu'il a nommés, puisqu'il y en a que plusieurs d'entre eux ignorent. A ce premier livre, il prétendait en joindre un second, où il donnerait des règles pour connaître ce qui fait l'hérétique et se garantir de toutes les hérésies connues et inconnues; mais la mort qui le prévint ne lui permit pas

(I) Traduction de Fleury.

L'UNIVERS

d'exécuter cette seconde partie (1). »

l'invasion des vandales; mort de saint augustin; souffrances de l'aerique chrétienne — En 426, saint Augustin avait désigné, avec l'assentiment du peuple d'Hippone, le prêtre Héraclius pour son successeur. Il lui avait confié, en partie, l'administration de son Église et s'était ménagé ainsi quelques instants de silence et de recueillement. Mais il ne jouit pas longtemps du calme qu'il avait cherché. L'invasion des Vandalesen Afrique nedevait pas tarder à troubler sa retraite et à remplir d'amertume ses derniers jours.

Nous avons dit ailleurs, avec quelque

(I) Nous croyons devoir signaler ici à nos lecteurs l'article Saint Augustin publié dans un recueil nouveau que nous avons déjà cilé et qui a pour titre : Dictionnaire des Sciences philosophiques. On y trouve d'abord la classilication suivante : « Parmi les nombreux ouvrages de saint Augustin plusieurs appartiennent plutôt à la philosophie qu'à la théologie ; d'autres appartiennent à l'une et à l'autre; d'autres, enfin, sont purement théologiques ; nous indiquerons ceux des deux premières classes. Les écrits de saint Augustin à peu rtrès exclusivement philosophiques sont : I* les rois livres centre les Académiciens ; 2° le livre de la fie heureuse , 3° les deux livres de l'Ordre ; 4°' le livre de l'Immortalité de Came; 5° de la Qualité de l'Ame; 6° ses quatorze premières Lettres. — Ses écrits mêlés de philosophie et de théologie sont : 1° les Soliloques ; 2° le livre du Ma itr<>;:i° les trois livresdw Libre arbitre; 4° des Mœurs de l'Église ; 5° de la fraie Religion ; 6° Réponses a quatre-vingt-trois questions; 7U Conférence contre Forlunat; 8° Trentetrois Disputes contre Fauste et lesmanichéens; 9° traité de la Créance des choses que l'on ne conçoit pas; 10° les deux livres Contre le Mensonge; 11° Discours sur la Patience; 12° de la Cité de Dieu; 13° les Confessions; 14° Traité de la. Nature contre les manichéens; 15° de la Trinité. » L'auteur de l'article résume ensuite les doctrines philosophiques contenues dans ces divers ouvrages. 11 divise son résumé en deux parties: d-'une part, les idées sur Dieu; de l'autre, les idées sur l'homme. En un mot, il expose, pour employer ses expressions, la Thèodicèe et la Psychologie de saint Augustin. Nous renvoyons sur ces points, étrangers à la question qui nous occupe , au recueil que nous signalons. Toutefois, nous devons dire ici que l'auteur de l'article aurait pu trouver encore, en ce qui concerne les doctrines philosophiques de saint Augustin , des renseignements précieux dans plusieurs ouvrages que nous avons cités, et qu'à tort, suivant nous, il exclut de sa liste. Nous ajouterons , en finissant , que nous adoptons sans réserve son opinion sur la Cilé de Dieu , vantée au delà de ce qu'elle contient , comme il le dit, par des écrivains qui n'en connaissent que le titre ou qui n'en ont lu que de courts fragments. Voy. Dictionnaire des Sciences philosophiques , par une société de professeurs de, philosophie; art. Saint Augustin.

étendue, comment et par quelles causes les Vandales se précipitèrent sur l'Afrique (1). Genséric, appelé par le comte Boniface, quitta l'Espagneet, passant la mer, aborda , au mois de mai de l'année 429, sur les côtes de la Mauritanie. D'abord il conquit et ravagea tout le pays compris entre l'Océan et l'Ampsaga. Puis, quand Boniface, réconcilié avec Placidie, rejeta l'alliance des barbares pour redevenir le défenseur de l'empire, le chef vandale poussa vers l'est et se jeta sur la Numidie.

Ala nouvelle des désastres qui étaient venus fondre sur l'Afrique , saint Augustin dut se repentir amèrement d'avoir quelquefois, au moment des discordes religieuses, appelé sur les ennemis de sa doctrine la rigueur des lois et la persécution. Lesdonatistes, en effet, poussés au déses poi r par les éd its d'Honorius, n'avaient pas hésité à se lever en masse pour prêter aide et appui, en haine des catholiques , à la horde barbare qui venait attaquer l'empire.

Les manichéens, les pélagiens, les ariens , qui eux aussi étaient proscrits par les lois, avaient suivi l'exemple des donatistes. A ces sectaires s'étaient joints sans doute les hommes, derniers restes delarace punique, qui, en dépitdu temps, du christianisme et de la législation impériale, n'avaient pascesséd'observer, au sein même de Carthage, les pratiques de la religion apportée jadis sur les côtés de l'Afrique par les colons phéniciens. Voilà les puissants auxiliaires que la persécution avait donnés à l'invasion barbare; et ils ne furent pas les seuls que rencontra l'armée vandale. Elle se recruta encore au sein des populations voisines du désert qui n'étaient qu'à moitié chrétiennes, parmi les tribus maures, et même dans les campagnes et les villes romaines. Les uns, guidés par l'appât du gain, accouraient dans le camp de Genséric pour piller et ravager; les autres, propriétairesruinés, voulaient se dérober à la déplorable condition où les avait précipités, à force d'exigences et de rigueur, la fiscalité romaine^

([) Voyez dans ce volume notre Histoire de la domination des fondâtes en Afrique , p. 8 et suiv. C'est le complément indispensable, a partir de l'année 429, de notre Histoire de l'Afrique chrétienne.

AFRIQUE CHRÉTIENNE

Rien désormais ne pouvait résister, en Afrique aux soldats de Genséric. Boniface- essaya en vain de les arrêter. Il fut battu et rejeté dans Hippone. Là se trouvait saint Augustin, qui entendit bientôt retentir à ses oreilles les cris de l'armée barbare. Les maux que souffraient alors l'empire et l'Église lui causèrent une immense douleur, qui sans doute hâta sa mort. Au moment où il ferma les yeux, il ne restait plus, dit un contemporain, des innombrables églises qui couvraient autrefois le pays que celles de Carthage, d'Hippone et de Cirta.

ORGANISATION DE L'ÉGLISE d'a- FRIQUE DEPUIS LA FIN DU DEUXIÈME SIÈCLE JUSQU'AU COMMENCEMENT DU

cinquième. — L'Afrique chrétienne et civilisée, suivant l'expression d'un écrivain ecclésiastique , sembla mourir avec saint Augustin. En effet, depuis les rapides conquêtes de Genséric, elle ne fit que languir et décliner. Mais avant d'entrer dans cette périodededécadence, portons encore une fois nos regards vers le passé, pour étudier l'organisation de l'Église d'Afrique au temps de sa force et de sa grandeur.

Carthage, nous l'avons dit , fut pour l'Afrique le point de départ des prédications chrétiennes. De Carthage le christianisme se répandit de proche en proche jusqu'aux extrémités de la Proconsulaire. Puis, il entreprit la conquête de la Numidie. Dans les premiers temps de l'épiscopat de saint Cyprien, l'Église d'Afrique ne possédait que les deux provinces que nous venons d'indiquer. Elle en eut bientôt une troisième, qui fut la Mauritanie. Les idées chrétiennes ne s'étaient pas seulement répandues à l'occident de la Proconsulaire, mais encore à l'orient. Elles avaient pénétré dans la Byzacène et la Tripolitaine, qui formèrent, dès le commencement du quatrième siècle, deux nouvelles provinces ecclésiastiques.

Aux cinq que nous avons nommées, il faut joindre une sixième qui fut formée plus tard d'un démembrement (te la Mauritanie. Réduire en une seule province la vaste contrée qui s'étend de l'Océan à l'Ampsaga , à une époque où le christianisme l'avait couverte d'évêchés et d'églises, c'eût été rendre bien

difficiles l'administration et la surveillance ecclésiastiques. On la divisa donc, comme nous l'avons dit, en deux parties, et ce fut vers la fin du quatrième siècle que l'on vit paraître comme provinces distinctes, la Mauritanie césarienne et la Mauritanie sitifienne. Peut-être y eut-il, vers cette époque, un autre démembrement, à la suite duquel on forma une septième province de la Mauritanie tingitane. Un métropolitain était préposé à chacune des circonscriptions territoriales que nous avons indiquées; le premier de ces métropolitains était l'évéque de Carthage.

Avant l'arrivée des Vandaleson voyait dans les villes et les campagnes de l'Afrique des églises et des .couvents sans nombre. Carthage seule possédait près de vingt édifices de ce genre (1).

LISTE DES ÉVÈCHÉS DE L'AFRI- QUE, AUX IVe ET Ve SIÈCLES. — Mais

rien ne saurait nous représent r avec plus de vérité et d'une manière plus frappante l'état florissant de l'Église d'Afrique, dans le quatrième siècle et au commencement du cinquième, que la simple nomenclature des évêchés qui étaient constitués , à cette époque, dans les diverses provinces que nous avons énumérées. Nous donnerons ici cette nomenclature d'après le savant ouvrage de Morcelli (2). La liste sèche

(l) Voici , d'après Morcelli , l'énumération des basiliques de Carthage : Basilica Perpetua- Restituta ( c'était la cathédrale'); Fausti basilica ; Sancli Agilei basilica ; basilica Major a ut Majorum; basilica martyrum Scillitanorum ; basilica Celcrinœ martyris ; basilica Novarum; basilica Gratiani ; basilica Theodosiana; basilica Honoriana; basilica Theoprepria; basilica Tricellarum ; basilica Pc tri ; basilica Pauli; basilica martyris J uliani. En outre, deux églises avaient été bâties, dans les faubourgs, en l'honneur de saint Cyprien; l'une sur le lieu de son supplice; l'autre dans la rue des Mappales. à l'endroit où il avait été enseveli. Apres la chute de la domination vandale, Justinien lit élever à Carthage deux nouvelles églises , l'une à la Vierge, l'autre àsainte Prime. Il ajouta aussi un couvent à ceux qui se trouvaient déjà dans la ville il le lit bâtir près du Mandracium. Voy. Morcelli ( Jfric. christ. ); t. I. p. 49. — M. Dureau de la Malle, dans ses Recherches sur la topographie de Carthage ( p. 214 et suiv. ), ajoute un nom à ceux qui nous ont été fournis par Morcelli. Il appelle basilique de Terlullien celle où se réunissaient les tertullianistes au temps de saint Augustin.

( 2) Afrlc. christ.; t. I , p. 34 sqq. Morcelli a retranché de sa liste soixante évècliés environ , parce qu'il ne pouvait, comme il le dit (ibid., p. 43 ), en assigner la véritable position.

L'UNIVERS

et aride qui va suivre ne sera point sans intérêt, nous le croyons, pour tous ceux qui applaudissent aux efforts que nous faisons depuis treize ans pour reporter sur la côte septentrionale de l'Afrique le christianisme et la civilisation, et qui se plaisent à chercher, si nous pouvons nous exprimer ainsi, des espérances et comme un gage pour l'avenir, dans tous les faits qui attestent l'ancienne splendeur de cette belle contrée.

Nous avons fait subir à la liste de Morcelli quelques changements. Tous les noms marqués d'un astérisque ont été motlUiés, déplacés ou ajoutés. Ces corrections ne nous appartiennent point. Elles avaient été faites, par un savant membre de l'Académie des Inscriptions , sur l'exemplaire de VJfrica cliristiana que nous avons eu entre les mains.

ECCLESLE PROVINCIJS PROCONSULARIS.

Abaritana.

Abbenzensis.

Abbir majoris.

Abbir Germaniciatue , quae et Abbiritina.

Abitinensis.

Aborensis.

Absasallensis.

Abtugnensis , quae et Autumnitana et Aptun-

giensis.

Abziritensis , quae et Abderitana.

Advocatensis.

Agensis.

Altiburiensis, quae et* Altîbariensis.

Amaderensis , quae et Ammederensis.

Aptucensis.

Araditana.

Arensis.

Assuritana.

Ausafensis.

Ausanensis.

Auzuagen sis, quae et Ausuagensis gemina.

* Basarididacensis.

Belalitensis.

Bencennensis.

Beneventensis.

* Betagbarensis.

Biltensis.

Binensis.

Bollitana.

Bonustensis.

Bosetensis.

Bullamensis.

Bullensis/Vullensis.

Bulleriensis.

Bu!nensis Buritana.

Buslacena.

Buzencis, Csecirilana.

Calibiensis.

Canapitanorum.

Carpitana.

Cartbaginiensis.

Cefalensis.

Celerinensis.

Cellensis.

Cerbalitana.

Cibalianensis.

Cicsitana.

Cilibiensis.

Cincaritana.

Ciumtuturbi.

Clypiensis.

Cubdensis.

Culcitanensis , quae et Culsitana et Culusitana.

Curbitana, quae et Curubitana.

Drusilianensis.

Duassenemsalitana.

Egugensis.

Furnitana.

Giggensis, quae et Ziggensis.

Girbensis, quae et Gerbensis et Gervitana,

Gisipensis, quae et Gisipensium majoruin.

Giutrambacariensis.

Gorensis.

Gunelensis quae et Gunelmensis.

Hillensis.

Hipponis Diarrbyti, quae et Hipponensium

Zaritorum et Hipzaritensis.

Honoriopolitana.

Horreensis.

Labdensis , quae et Lapdensis.

Lacubazensis.

Larensis sive Larium.

Libertinensis.

* Lupcrcianensis.

Maltianensis.

Maxulitana.

Meglapolitana.

Melzitana, quœ et Melsilana.

Memblositana.

Membresitana , quae et Membressitana et Mem-

brosilana.

Migirpensis.

Missuensis.

Mizigitana.

Mullitana. Musertitana.

* Mustitana.

Muzuensis.

Naraggaritana, quae et Nagargaritana.

Neapolitana.

Nigrensium majoruin

Numnulitana.

Ofitana.

Pappianensis , quae et Pupianensis.

* Pariensis.

Pertusensis.

Pisitt-nsis.

* Pocofeltensis.

Pupitana, quae et Puppdana.

Rucumensis , quae et Rucummae et Racumae. Rusucensis.

Sajensis.

Scilitana.

Sebargensis.

Sedelensis.

Seminensis.

Senempsalensis.

* Serrensis.

Siccenensis.

Siccensis.

Sicilibbensis, quae et Sicilippœ et Siciliae.

Simidicensis.

Siminensis, quae et Simminiensis.

Simingitana.

Simittensis, quae et Semitensis.

Sinnarensis ,qua? et Sinuarilensis.

Succubensis.

Suensis.

Taborensis.

Tabucensis.

AFRIQUE CHRÉTIENNE

Taciae IVfontanensis , quae et Tatlae Mont, et Ta-

canensis.

Tadduensis.

Tagaratensis.

Tagorensis.

Taiborensis.

Tauracinae.

Telensis.

Yheudalensis, quae et Theodaleosis et Euda-

lensis.

Thinisae, quae et Tinnisensis.

Thuccaboris, quae et Tuccaborensis.

T;bursicensis Burae.

7'igimmensis.

Timedensis , quae et Timidae Regiae.

'1 tsililensis , quae et Tisilensis.

1 "itulitana.

'tVmnonensis, quae et Tennonensis.

Trisipellis.

Irisipensis.

Tuburbilanorum majorum.

Tuburbitanorum rainorum.

Tuburnicensis.

Tuccae, quae et Togise.

Tulanensis.

Tunejensis, quae et Tuniensis.

Turuzitensis.

Tyzicensis.

Vallitana.

Vaziensis, quae et Vazuensis Verensis.

Vicoturrensis.

Villa magnensis.

Visicensis.

Ucitana.

Uculensîs.

Urcitana, quae et Uracitana et Uricitana. Uticensis.

Utimmirensis.

Ulinensis, quae et* Utlnicensis.

Utzipparitana, quae et Lzipparilana.

Uzalensis, quat et Uzialensis.

Zarnensis.

Zemtensis, quae et Zentensis.

Zurensis.

ECCLESLE PROVINCUE MUMIDl^.

Ajurensis, quae el Azurensis.

Amporensis.

Anguiensis.

Appissanensis.

Aquae Nobensis.

Aquarura Tibilitanarum.

Aquensis.

Arsicaritana.

Assabensis.

Augurensis.

Ausucurrensis.

Babrensis.

Badiensis.

Bagajensis.

Bajanensis quae et Vajanensis.

Bajesitana.

Bamaccorensis , quae et Vamaccorensis

Bazarilana, quae et Vazarilana.

Belesasensis.

Bercerifana , quae et Becerritana.

Bofetana.

Bucconiensis , quae et * Bocconiensis

Buffadensis.

Bullensium Regiorum.

Burcensis, quae et Burgensis.

Gelianensis.

Gesariensis.

Calamensis.

Casarum Nigrensium.

Casarum silvanae.

Casasmedianensis.

Casensis Bastalensis.

Casensis * Calanensis.

Castellana.

Castelli Sinitensis.

Castelli Titulitani.

Caslrornm Galbae.

Cataquensis.

Cemeiiniana.

Centenariensis.

Cenluriensis.

Centurionensis, quae et Centurianensis.

Ceramussensis.

Circensis.

Cirtensis, quae et Constantiniensis.

Cuiculitana.

Cullitana.

Dianensis.

Edistianensis Enerensis.

Fatensis.

Fesse itana.

Fissanensis.

Formensis ad Idicram.

Formensis Missoris.

Fossalensis , quae et Fussalensis.

Garbensis.

Gaudiabensis.

Gaurianensis.

Gazaufalae.

Gemellensis.

Gerraaniensis.

Gibbensis.

Gilbensis.

Girensis.

Girumarcelli. Girutarasi.

Hipponeregiensis, quae et Hipponenslum Regiorum.

Hizirzadensis,quae et Izirianensls.

Hospilensis.

Jaclerensis , quae et Zaltarensis..

Idassensis.

ïdicrensis.

Jucundianensis.

Lamasuensis , quae et Lamasbae.

Lambesensis.

Larnbiritana.

Lauifuensis , quae et Larapuensis et Jamfuensis. Lamiggigen.sis gemina.

Lamsortensis.

Lamzellensis.

Larilanus.

Legensis.

Legiensis.

Legisvoluminiensis.

Liberaliensis.

Limatensis.

Lugurensis.

Macomadiensis, quae et Macomaziensis.

Madaurensis.

Madensis.

Magarmelitana.

Manazenensium Regiorum.

Masculitana.

Matharensis.

Maximianensis, quae et Maximinensis.

Mazacensis.

Megarmitana.

Mesarfeltensis.

Metensis.

Midilensis.

Milei, quae et Milevitana.

L'UNIVERS

Monterais, qua? cl Montena.

Moxoritana.

Muliensis.

Municipensis.

Mustitana.

Mutugensis.

Naralcatensis , qua? et Naraccatensis.

Nibensis.

Nicibensis.

Nobabarbarensis , qua? et Novabarbarensis.

Nobagermaniensis.

Nobasparsensis , quai et Nobaspartensis.

Nobasinensis , qua? et Novasinensis.

Novapelrensis.

Octabensis.

Pudentianensis.

Putiensis.

* Regiariensis.

Respectensis.

Ressianensis.

Rotariensis. Rusiccadiensis.

Rusticianensis.

Selemselitana, qua? et Silemsilensis.

Seleucianensis.

Siguitensis, qua? et Stiggitana.

Silensis.

Sillitanus.

Sistronianensis.

Suavensis.

Summensis, qua? et Zuramensis

Susicaziensis.

Tabracensis.

Tabudensis.

Tacaratensis.

Tagastensis.

Tagorensis.

Tamogadensis, qua? et Tamogaziensis.

Tarasensis, qua? etTharasensis.

Tebestina, qua? et Tevestina et Thebestis.

Teglatensis, quœ et Tegulatensii».

* Thiabensis.

Tbibilitana.

Til)ursicensis, qua? et Tubusicensis.

Tididitana, qua.' et Tiseditana.

Tigillabensis.

Tigisitana.

Tignicensis.

Tipasensis.

Tubuniensis.

Tuccse, qua? et Tugga? et Tuncensis.

Tunudensis.

Turrensis.

Turrisrotunda?.

Turrium Ammeniarum.

Turrium Concordiie.

Tuzudrumes.

Vadensis.

Vageatensis.

Vagensis.

* Vagraulensis.

Vegeselitana, qua? et Veselitana.

Velesitana.

"Vensanensis.

Vicopacatensis , quœ et Vicopacensis.

"Villamagnensis.

Villaregiensis.

Villavictorianensis.

Ullilana.

Urugitana.

Utmensis.

Zabensis.

Zamensis.

Zaradtensis, qua? et Zaraitensis,

Zertensis.

ECCLKSMB PROVINCE BYZACENtë.

Abaradircnsis.

Abiddensis.

Abissensis.

Acolitana.

Adrumelina.

Afufeniensis.

Aggaritana.

Aggeritana.

Amudarsensis.

Ancusensis.

Aqua? Albensis.

Albensis.

Aquensis.

Aquensium Regiorum.

Aquiabensis.

Arensis.

Arsuritana.

Autentensis, qua? et Auteniensis.

Auzagerensis, qua? et Auzegerensis Bancnsis.

Bennefensis.

Bladiensis.

Rufelialensis', qua? et Bubelialensis.

Byzaciensis.

Câbarsussitana.

Capsensis, qua? et Capsitana. Carcabianensis.

Carianensis sive Casularum Carianensium.

Cellensis.

Cenculianensis.

Cenensis.

Cilitana,qua? et Cillitana.

Circitana.

Crepedulensis.

Cufrutensis.

Cululitana.

Detorianensis, qua? et Decorianensis.

Dicensis.

Dionysianensis.

Durensis.

Eliensis.

Febianensis.

Feradimajensis, qua? et Feradilana major. Feraditana minor.

Filacensis.

Forontonianensis, qua? et Ferontonianensis. Forlianensis, qua? et Forianensis et Foratia-

nensis.

Frontonianensis , qua? et Frotonianensis.

Gaguaritana , qua? et Gauvarilana.

Garrianensis.

Gattianensis , qua? et Galianensis.

Germanicianensis.

Gummitana.

Curgaitensis, qua? et a Gurgiubus.

Hermianensis.

Hierpinianensis, qua? et Hirpinianensis.

Hirenensis, qua? et Hirinensis et Irensis. Horrea? Aninicensis.

Horrea? Cœliensis.

Jubaltianensis.

Juncensis.

Leptinoinensis , qua? et Leplitana.

Limmicensis.

Macomadiensis Rusticiana.

Macrianenhis major.

Mactaritana.

Mandasumitana, qua? et Madassumilana.

Maraguiensis.

Marazanensis.

Masclianensis.

Mataritana.

Marterianensis.

Maximiensis, qua? et Massimanensia.

AFRIQUE CHRÉTIENNE

Medefessitana, qu& el Menefessitana.

Meaianensis.

Mibiarcensis.

Midicensis.

Miditana, quae et Mididitana.

Mimianensis.

Mozotcoritana.

Munatianensis.

Muzucensis, quae et Muzulensis.

Narensis.

Nalionensis.

Neptitana , quae et Neptensis.

Octabensis.

Ocîabiensis.

Oppennensis, quae et Opemiensis.

Peaerodiadensis.

Peradamiensis.

Praecausensis.

Praesidiensis.

Putiensis.

Quaestorianensis.

Rulinianensis.

Ruspensis , quae et Rusfensis et Ruft'nsis.

Ruspitensis.

Sasuritana.

Scebatianensis.

Seberianensis.

Segermitana.

Septimunicensis.

Sublectina.

Sufetana , quae et Sufium.

Sufetulensis , quae et Suliculensis.

Sulianensis.

Tabaltensis, quae et Tasbaltensis.

Tagamutensis , quae et Tliagamutensis.

Tagarbalensis , quae et Targabolensis.

Tagariatana.

Tagasensis.

Talaptensis , quae et Talaplulensis.

Tamallensis.

Tamallumensis.

Tamateni.

Tambajensis , quae et Tambeitana.

Taprurensis.

Tapsitana.

Taraquensis, quae et Tarazensis.

Teleptensis.

Temonianensis, quae et Temoniarensis.

Tetcilana.

Thenitana, quae et Thenisiorum.

Theuzitana.

Tbibaris , quce et Tibaritana .

Ticensis.

Ticualtensis.

Tigualensis.

Tiziensis.

Trotinianensis.

Tubulbacensis.

Turditana, quae et Tusdritana.

Turreblandina.

Turrensis.

Turretamallumensis, quaeetTurriumTamulus.

Tuzuritana, quae et Tuziritana.

Vadenlinianensis, quae et Valentinianensis.

Vagensis.

Vararitana.

Vassinassensis.

Vegeselitana, quae et Vegeiselitana.

Vicensis.

Vicoateriensis.

Victorianensis.

"Vitensis.

Uniricopolitana, quae et Unorecopolitana.

Unizibiretrsis , quae et Uniziverensis.

Usuleusis , quae et Usilabensis.

AFR. CHRÉT

Zellensis.

ECCLESLE PROVINCIiE MAURETANI/E C/ESA» ÏUENSIS ET TINGITANjE.

Adqucsirensis.

Adsinuadensis.

Agrensis.

Alamiliarensis.

Albulensis.

Altabensis.

Amaurensis.

Ambiensis.

Aquensis.

Aquisirensis-

Arenensis.

Arsinuaritana.

Bacanariensis.

Balianensis.

Baparensis.

Benepotensis.

Bidensis.

Bitensis.

Boncariensis , quae et "Voncariensis.

Bulturiensis.

Buronilana.

Buruc

Caesariensis.

Caltadriensis.

Caprensis.

Caputcillensis.

Cartennitana.

Castellana.

Castelli labaritani.

Castelli Mediani.

Castelli Minoritani.

Castelli Ripensis.

Castelli Tatroportensis.

Castrorura Nobensium.

Castrorum Seberianensium.

Catabitana.

Catrensis.

Catulensis.

Cessitana, quae et Cissitana.

* Columpnatensis.

Corniculanensis.

Elfantariensis , quae el Elephantariensis.

Fallabensis.

Fenucletensis.

Fidolomensis.

Florianensis.

Flumenzeritana.

Frontensis.

Girumontensis.

Gratianopolitana, quae et Cralinopolitana.

Gunugitana.

Gypsariensis.

Icositana.

Idensis.

Itensis

Jommitensis.

Juncensis.

Lapidiensis.

Majucensis.

Malianensis, quae et Milianensls.

Mammillensis.

Manaccenseritana.

Masuccabensis.

Maturbensis.

Maurensis.

Maurianensis.

Maxitensis.

Medlensis.

Minensis, quae etMinnensis et Minuensis.

Murconensis vel Nurconensis.

Murustagensis.

50 L'UNIVERS

Mulecitana.

Nabaiensis.

Nasbincensis , quae et Narbincensis.

Nobae, quae et Novensis gemina.

Nobicensis.

Nuroidiensis.

Obbensis.

Oboritaaa gemina.

Oppidonebensis.

Oppinensis.

Pamariensis.

Panatoriensis.

Priscianensis, quse et Prisianensis.

Quidiensis.

Regiensis.

Reperitana.

Rubicariensis.

Rusaditanus.

Rusgoniensis, quae'et Rusguniensis.

Rusubiccariensis.

Rusubiritana.

Rusuccurrensis , quae et Rusuccuritana. ;

Satafensis.

Sereddelitana.

Sertensis.

Sestensis.

Sfasferiensis.

Siccesitana.

Sinnipsensis.

Sitensis.

Subbaritana, quae et Subaritana.

Sucardensis.

Sufasaritana, quae et Sufaritaoa.

Sululitana.

Summulensis.

Tabadcarensis , quae et Tabarcarensis..

Tablensis.

Taborenlensis.

Tabuniensis.

Tadamatensis , quae et Tadamensis.

Tamadensis , quae et Tanudajensis.

Tamazucensis , quae et Tamazensis.

Tasaccurrensis.

Ternamunensis, quae et Ternamusensis.

Tiiiltensis.

Tigabitana.

Tigamibenensis.

Tigisitana.

Timicitana.

Tiinidanensis , quae et Timidianensis.

Tingartensis.

Tipasitana.

Tubunensis.

*Tuscamiensis.

Vagalitana.

Vannidensis.

Vardimissensis.

Ubabensis.

Villanobensis-

Vissalsensis.

Voncarianensis.

Usinadensis.

Zucabiaritana , quœfetZugabbaritana.

ECCLESI^E PROVlNGI£! MAURETANLE SITIFENSIS.

Acutidensis.

Aquae.Albensis.

Assafensis.

Assuoremixtensis.

Castellana.

Cedamusensis.

Cellensis.

Coviensis.

Emioentianensis.

Equizotensis , quœ et Equizetana.

Ficensis.

Flumenpiscensis.

Gecitana.

Horrensis.

Ieralitana.

Igilgitana, quae et Igillitana.

Lemelefensis.

Lemfoctensis , quae et Lamfoctensis.

Lesvitana.

Macrensis.

Macrianensis.

Maronanensis , quae et Maronensis.

Maxitensis.

Medianorum Zabuniorum.

Molicunzensis , quae et Molicuntensis.

Moptensis , quae et Moctensis et Mozotensis.

Nobalicianeosis.

Olivensis.

Partheniensis.

Perdicensis.

Privatensis.

Salditana.

Satafensis.

Serteitana.

Sitifensis.

Sociensis.

Suristensis.

Tamagristensis.

Tamalluraensis.

Tamascaniensis.

Thuccensis.

Tubiensis.

Tugusubditana, quae et Tubusubditana.

Vamallensis.

Vesceritana.

Zabensis. — Zallatensis.

ECCLESI^E PROVINCIiETRIPOLITANyE-

Girbensis , quae et Girbitana et Gerbitana.

Gittensis.

Leptimaguensis.

Keapolitana.

Oensis.

Sabratensis.

Tacapitaua.

Telle était l'étendue et la force de l'Église d'Afrique lorsque les Vandales parurent, en 429, sur les côtes de la Mauritanie.

l'ARIANISME EN AFRIQUE ; RÈGNE

de GENSÉRic. — La marche de Genséric en Afrique , comme nous l'avons dit, fut marquée par d'effroyables dévastations. La soif du butin ou de la vengeance, les passions religieuses qui animaient les Vandales et leurs alliés, couvrirent de sang et de ruines, en moins d'un an, les trois Mauritanies et une grande partie de la Numidie. Les églises tombèrent; les évêques et les prêtres furent massacrés ou obligés de chercher un asile sur les terres encore soumises à la domination romaine (1). La furie de l'invasion qui atteignit

(I) Nous n'avons pas besoin de dire, que pour le récit qui va suivre, nous n'avons jamais cessé d'avoir sous les yeux ce que Ruinart a écrit sur la persécution vandale.

AFRIQUE CHRETIENNE

surtout la population catholique ne fut point de courte durée. Elle ne perdit rien de sa force pendant dix ans. En 439, le premier soin de Genséric, maître de Carthage, fut de persécuter les catholiques et de dépouiller les églises de la ville de leurs vases sacrés et de leurs riches ornements. Toutefois, ce fut au moment même où Carthage tomba au pouvoir des Vandales que cessèrent , au moins en partie , les violences et les immenses désordres qui avaient désolé, depuis 429, l'Afrique chrétienne et civilisée. Dès lors, en effet, Genséric contint ses soldats pour ne point épuiser le pays où, après avoir anéanti toute résistance , il avait résolu de se fixer.

L'intérêt donc et le changement qui se fit, de 439 à 442, dans l'état social des Vandales empêchèrent le pillage, le meurtre et la dévastation ; mais ils ne mirent point un terme à la persécution contre les catholiques. Deux choses principalement devaient , en quelque sorte, perpétuer en Afrique cette persécution. C'était , d'une part, l'esprit de secte qui animait les conquérants barbares; de l'autre, l'état de guerre dans lequel la nation vandale, sous Genséric, fut obligée de se maintenir pour résister aux attaques de l'empire.

Les Vandales, suivant certains historiens, avaient adopté l'arianisme pendant leur séjour en Espagne; suivant d'autres (et nous partageons l'opinion de ces derniers) , ils avaient été gagnés à l'hérésie, avant la grande invasion de 406 , à l'époque où ils campaient sur les frontières de l'empire d'Orient, dans les provinces qui avoisinent le Danube. Dès l'instant où ils parurent en Afrique, ils ne se déclarèrent point seulement ennemis de l'empire , mais encore ennemis des catholiques et, par là, ils doublèrent leurs forces et assurèrent le succès de leur audacieuse entreprise. Us virent accourir dans leurs rangs, nous l'avons dit aussi, tous ceux qui avaient souffert pour leurs croyances sous le règne d'Honorius ; les donatistes surtout, qui, pour se venger de leurs persécuteurs , n'hésitèrent fpoint sans doute à passer en grand nombre du schisme à l'hérésie. Cette alliance donna une nouvelle

force aux haines religieuses qui animaient les Vandales et attira sur les Mauritanies et la Numidie les affreux ravages dont nous avous déjà parlé.

Ce ne fut pas seulement au moment des expéditions, dans les instants de péril etdeguerre,maisencorependantlapaix, que l'esprit de secte poussa à la persécution et à la cruauté les conquérants barbares. Ainsi, dans les années qui séparent la prise d'Hippone de celle de Carthage , en 437 , à une époque où il v avait trêve entre l'empire et les Vandales, Genséric traita les catholiques, dans les provinces soumises à sa domination, avec une excessive rigueur. Il ne se borna pas à chasser de leurs églises les évêques et les prêtres ; il sévit même contre les laïques, et il en fit mourir plusieurs qui n'avaient pas voulu embrasser l'arianisme. Plus tard ( il était déjà maître de Carthage), on saisit par son ordre l'évêque Quodvultdeus et un grand nombre de clercs ; on les dépouilla d'abord de leurs vêtements , puis on les plaça sur des vaisseaux à moitié brisés qui furent lancés à la mer et abandonnés à la fureur des vents (1).

Une chose encore, dès les premiers temps de la conquête , aggrava les souffrances des catholiques , ce fut la crainte qu'ils inspirèrent à Genséric. Le roi barbare n'ignorait pas qu'ils désiraient ardemment le rétablissement de l'autorité impériale; que leurs regards étaient sans cesse tournés vers l'Italit ou vers Byzance; qu'ils le haïssaiene comme arien et comme barbare, et qu'ils étaient prêts à soutenir toute armée qui viendrait sur les côtes de l'Afrique pour les rattacher à l'un des deux empires. Il les persécuta donc aussi pour des raisons politiques, parce qu'ils se déliaient d'eux; et sa sévérité à leur égard, il faut le croire, augmenta toutes les fois qu'une expédition fut dirigée par les Romains vers les provinces qu'il avait conquises.

(i ) L'évêque de Carthage Quodvultdeus et ses compagnons échappèrent à la mort. Ils furent poussés par le vent sur la côte de Naples. Gensericus, Quodvultdeum et maximum turbam clericorum, navibus fractis impositos , nudos atque expoliatos expelli prœcepit : quos Deusf miseratione bonitaiissuœ, prospéra navigatione Neapolim Campaniœ perducere dignatus est civilatem. Victor de Vita : 1 , 5.

L'UNIVERS

Toutefois, il semble que, vers la fin de sa vie, Genséric se soit relâché de sa rigueur. C'est qu'alors nul ennemi ne lui. faisait ombrage. Il avait conduit à sa chute l'empire d'Occident, ruiné la marine des Byzantins, et il dominait, par ses flottes, sur toute la Méditerranée.

Rien ne lui résistait en Afrique. En 476, sur la prière de l'empereur Zenon, il permit aux catholiques de rouvrir leurs églises et il (rappela les évêques qu'il avait exilés. On pourrait induire de ce fait, qu'en général, il les persécuta , non comme dissidents religieux, en haine de leurs croyances , mais comme ennemis de sa domination (1).

ÉDIT DE 484 CONTRE LES CATHOLI- QUES ; état de l'église d'Afrique

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