‹ Afrique. Tableau generalChapitre 27 sur 232 · ORIGINE ET HISTOIRE ANCIENNE DES POPULATIONS ATLANTIQUES · texte numérisé non relu

ORIGINE ET HISTOIRE ANCIENNE DES POPULATIONS ATLANTIQUES

A l'occident s'était répandue, mêlée sans doute de quelques E'naqytes , la population kana'néenne que Sankhoniaton a individualisée sous le nom d'Atlas; population identique, peutêtre , au noyau de celle qui y subsiste aujourd'hui , que ses propres généalogies font descendre de Mâzygh, fils de Kana'n, et que l'ancienne géographie désignait sous les noms de Mazikes et

de Gétules. Parmi ces tribus se vinrent fondre et naturaliser de nombreuses colonies de Coptes , de Kouschytes , d'Arabes Sabéens, d'Amaleqyteset de Palestins , distinguées encore au milieu de la fusion commune par leurs traditions respectives, qui nous montrent en particulier Ssenhêgah , Kctâmah , Lamthah, Haouârah, Massmoudah , Léouâtah , comme issues des Sabéens du Yémen , Zénêtah comme sortie de la lignée de A'malêq, et d'autres vulgairement dénommées Gjaloutyah, comme représentant la postérité de Goliat.

Tels étaient les éléments qui constituaient , avec les Libyens , les deux races indiquées par Salluste comme formant la population primitive de l'Afrique septentrionale , alors que s'y vinrent agréger les débris de l'armée d'Hercule, refluant de lTbérie, savoir:

d'un côté des Mèdes et des Arméniens, dont le mélange avec les Libyens de l'ouest donna naissance à la race hybride des Maures; et d'un autre côté des Perses, tige sans doute des Pérorses et des Farousiens de la géographie africaine, et qui, mêlés aux Libyens du l.ttoral, s'étendirent à l'est, sous le nom de Numides, jusqu'auprès de l'endroit où des colons phéniciens étaient venus fonder l'opulente Carthage. Quel fut cet Hercule menant à sa solde jusqu'au fond de l'Occident, des guerriers de Médie , de Perse et d'Arménie ? Peut-être le génie de Tyr avec les soldats mercenaires qu'achetait son or; ou bien peut-être un souverain fameux de l'Asie occidentale, conquérant de Tyr, dont Strabon et Eusèbe ont répété après Mégasthènes la venue en Afrique et en Espagne, Nabou-Kodn-Asar en un mot.

Carthage étendit au loin sa puissance : les tribus de l'Afrique propre lui étaient directement soumises; la Numidieet la Mauritanie lui formaient à l'ouest deux royaumes alliés ; mais la jalouse Rome sut appeler à elle leur foi douteuse et s'en faire des auxiliaires contre sa rivale; et lorsque Carthage eut succombé après cent vingt ans d'une lutte acharnée, Rome fit

HISTOIRE DE L'AFRIQUE

subir son despotique protectorat a ces deux États , et les réduisit successivement en provinces de l'empire. Alors toute l'Afrique septentrionale fut romaine, et le christianisme de ces nouveaux maîtres vint s'enter sur le judaïsme des tribus émigrées du Yémen et des Hébreux chassés de la Palestine, comme celui-ci s'était implanté au milieu du sabéisme des Kouschytes et du tiède paganisme des indigènes :

les églises se multiplièrent, et le titre épiscopal leur fut décerné à profusion.

Lors du partage de l'empire, l'Egypte et Cyrène échurent à Byzance; Rome garda le surplus, que lui disputaient de perpétuelles révoltes ; puis quand les Vandales repoussés de l'Hispanie vinrent chercher des établissements en Afrique, les indigènes se joignirent volontiers à eux contre les Romains, qui furent dépossédés sans retour , et contre les Byzantins, qui vinrent recueillir l'héritage de leurs frères. Les Vandales furent vaincus et dispersés sans que l'esprit de révolte des Africains pût être dompté ; on parvenait bien à réduire quelques districts, mais la plupart des tribus bravaient le joug, et l'appellation de Barbares , qui leur était donnée par opposition aux Maures soumis , leur devint bientôt une dénomination nationale, qui a persisté jusqu'à nos jours dans le nom de Berbers. Les Goths d'Espagne occupaient, près du détroit des Colonnes, une Dortion de la Tingitane.

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