EGYPTE MODERNE ; ETHIOPIE
Là commence l'histoire moderne de l'Egypte , d'abord simple province du grand empire des khalyfes, puis émancipée sous les Thoulounydes, reprise, et perdue encore par la révolte des Ekhschidytes , puis conquise sur ces derniers par les Fathémytes, qui se la virent enlever à leur tour par les Ayoubytes ; ceux-ci furent dépouillés eux-mêmes par les mamlouks bahharytes , auxquels succédèrent les mamlouks circassiens , remplacés enfin par les Turks othomans. La France alla inoculer à ces derniers possesseurs de la vieille Egypte le germe d'une civilisation nouvelle , et il s'est trouvé un homme , dont la main vigoureuse et la volonté irrésistible, étouffant l'anarchie et façonnant les populations orientales à ïordre des sociétés européennes , a tenté de reconstituer une monarchie égyptienne.
Ses armes ont pénétré jusqu'aux plus hautes régions du Nil , et rattaché ainsi à l'histoire de l'Egypte moderne celle de l'antique Ethiopie. Là se placent donc naturellement le peu de
souvenirs qui nous restent des vieilles annales de la Nubie où fut Napata , du Sennâr où fut Méroé , de l'Abyssinie où fut Axum , en même temps que l'esquisse des révolutions qui s'y sont accomplies jusqu'à nos jours.
NIGBITIÉ.
Nous entrons alors dans la Nigritie. Là, ce n'est plus dans la description des monuments , dans l'étude d'une civilisation immémoriale , dans les récits d'une lutte acharnée dont l'empire du monde est le prix, ou dans les chevaleresques exploits des apôtres d'une religion enthousiaste, que se trouve l'intérêt de notre travail. Ce sont les mœurs, les coutumes, l'aspect, le langage, les costumes variés, les croyances et les superstitions singulières, qui doivent former les diverses parties d'un tableau animé et véritablement pittoresque, où des hommes noirs, bruns, basanés , olivâtres, gris, jaunes, au corps tailladé de mille insignes distinctifs, doivent se distribuerpar groupes différemment caractérisés , depuis le Peul jusqu'au Hottentot , depuis le Yolof jusqu'au Sçoumâly. Entre le bassin du Nil et l'Océan s'étend, d'est en ouest , l'immense zone du Takrour, où se succèdent, après le Kordoufân et le Dâr- Four, les grands empires, disons plutôt régions, de Bornou, de Hhaousâ, de Mêly, terminés à l'occident par la Sénégambie, et touchant au sud le Ouanqârah, signalé par l'embouchure du Niger, et dont les rivages , connus sous le nom de côte de Guinée, nous offrent les grands états d'Aschanty, de Daoumeh et de Bénin. Plus loin, c'est le Congo, lié par de curieux rapports de langage avec les peuples Betchouanas, frères eux-mêmes des Kafres de la côte orientale , que tentent aujourd'hui de refouler les Anglais, possesseurs de la riche colonie du Cap, ou les races hottentotes ont à peine laissé quelques restes. Les autres parties de l'Afrique ne s'étaient montrées à nous que du point de vue européen ; celle-ci veut être envisagée du point de vue africain.
L'UNIVERS