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RÉSUMÉ DES NOTIONS DES ANCIENS SUR L'AFRIQUE

Ainsi , dans la revue historique que nous venons de passer des phases diverses sous lesquelles se sont produites

(*) On retrouve l'exposition de ce système au neuvième siècle dans le géographe anonyme de Ravenne , et son application graphique beaucoup plus tard encore, dans le Planisphère niellé du musée Borgia.

AFRIQUE ANCIENNE

successivement les connaissances géographiques de l'antiquité sur l'étendue et la repartition des continents terrestres, parmi lesquels nous avions à reconnaître la place réservée à l'Afrique, nous avons vu, tour à tour, Homère, donnant à l'Europe la plus grande moitié du disque , laisser l'autre segment à l'Asie, dont la Libye occupait l'extrémité occidentale ; puis Hérodote, amoindrissant l'Europe, consacrer à l'Asie le segment le plus considérable, dans lequel la Libye avait la moindre part; ensuite Strabon, attribuant à l'Asie toute la moitié orientale de l'Ecumène sphéroïde, donner l'autre à l'Europe, en y comprenant la Libye comme une annexe de moindre étendue, indépendamment des terres extérieures, au nombre desquelles se range celle des Antichthones de Mêla ; nous avons vu enfin Ptolémée , soudant la terre des Antichthones aux extrémités connues de la Libye , agrandir celle-ci jusqu'à lui assigner le second rang, après l'Asie et avant l'Europe, dans la distribution des continents de l'Écumène.

Après lui, la géographie rétrograde vers l'imperfection des âges antérieurs, et s'enveloppe des langes de la barbarie, d'où elle ne doit sortir qu'à la renaissance des lettres.

Et parallèlement à ces représentations contemporaines, sous lesquelles les anciens formulaient à la fois leurs connaissances positives et leurs théories systématiques du monde habité, cherchant la portée véritable de leurs notions réelles, nous avons vu Homère, mentionnant à peine quelques îles libyennes de la Méditerranée, tout ignorer au delà du méridien de Cartilage ; Hérodote n'a de renseignements précis que sur une partie du littoral ; mais les informations plus vagues qu'il avait obtenues suivaient la ligne des Oases, et s'enfonçaient peut-être même dans les terres jusqu'aux confins ultérieurs du désert; la limite des connaissances de Strabon, partant des Canaries, suivait la chaîne de l'Atlas, et passait au sud du Fezzan pour se terminer au Râs el Kheyl ; enfin , l'horizon de Ptolémée s'étendait depuis le

Rio do Ouro , par le nord du désert , le pays des Tibbous, et les sources du Nil , jusqu'au cap Delgado voisin de Quiloa.

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