‹ Afrique. Tableau generalChapitre 47 sur 232 · LIMITES DE L'AFRIQUE ANCIENNE DU CÔTÉ D'ASIE · texte numérisé non relu

LIMITES DE L'AFRIQUE ANCIENNE DU CÔTÉ D'ASIE

Ptolémée, le premier, avait osé marquer expressément la séparation de l'Afrique et de l'Asie à l'isthme que les modernes ont aussi adopté pour limite définitive : Hérodote en avait déjà eu la pensée, mais il ne l'avait pas imposée d'autorité à ses contemporains et à ses successeurs ; aussi Ptolémée est-il forcé de la proposer lui-même comme une nouveauté, et d'en plaider les avantages, sans parvenir toutefois à convaincre son siècle ni les géographes des âges ultérieurs : en vain il représenta que le Nil avait l'inconvénient de scinder l'Egypte , et d'offrir d'ailleurs une séparation moins tranchée et moins commode que le golfe Arabique; l'ancienne routine prévalut. On se contentait d'échapper à l'inconvénient de scinder l'Egypte et '.'Ethiopie, en rattachant à i'Asie toute la rive gauche de la vallée du Nil : cette vallée même devint plus étroite ou plus large au gré des vicissitudes politiques qui annexaient à l'Egypte une portion tantôt plus grande, tantôt moindre, de la lisière libyque limitrophe.

Ainsi, tantôt c'était à l'embouchure canopique du Nil , ou bien à Alexandrie, ou encore au fond du golfe Plinthinète, tantôt à Parétonion, ou à Apis, ou à Plynos, ou enfin au grand Catabathme , que l'on marquait, sur la côte , le point de division de l'Asie et de la Libye, continuant droit au sud leur ligne de démarcation. En un mot, l'Egypte , avec ses dépendances , demeura fondamentalement annexée à l'Asie , et le nom de Libye fut invariablement restreint, dans l'acception usuelle, à la région africaine située à l'ouest de l'Egypte ; les Arabes \r. "me, dont Ptolémée fut pourtant le principal guide, subirent néanmoins cette influence des vieilles habitudes ; et comprenant le Messr, c'est-à-dire

L'UNIVERS

l'Egypte, dans le Scharq ou Orient, ils eurent, pour représenter la Libye des anciens, le nom général de Maghreb ou Occident.

Il convenait donc, en traitant de l'Afrique ancienne, de n'y pas introduire l'Egypte et le reste de la vallée du Nil, toujours considérés, dans l'antiquité, comme une division séparée, et qui, dès lors, exigeaient une description à part , une histoire distincte.

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