MONTAGNES
Les culminances montagneuses qui serpentent plus ou moins capricieusement sur les lignes de partage de toutes ces eaux, ne sontconnues^ avec certitude qu'au voisinage des côtes , d'où l'œil européen a pu les apercevoir : au nord-ouest l'Atlas, qui s'élève près de Marok jusqu'à 4,000 mètres, projette ses rameaux, d'une part jusqu'au cap Noun et dans les Canaries, de l'autre jusqu'au fond de la grande Syrte , s'abaissant par degrés pour se perdre dans les sables de Barqah. La chaîne de Koung, dont le nœud principal semble marqué par les sources du Niger et des fleuves de la Sénégambie, et que l'on retrouve aux bords occidentaux du Niger inférieur, n'accuse en ces points extrêmes que des hauteurs médiocres ; la partie mitoyenne est ignorée.*
De l'autre côté du Niger se montrent les ramifications d'une autre chaîne à laquelle appartiennent peutêtre aussi les montagnes des Amboses, et qui se poursuit à l'est pour culminer, dans le Mandharah, jusqu'à 2,000 ou 2,500 mètres. Peut-être encore une liaison est-elle établie entre ces alpes centrales et celles qui, sous le nom de montagnes de la Lune, renferment, au dire de Ptolémée et des Arabes , les sources les plus reculées du grand Nyl, élevant vers le ciel des cimes neigeuses dont il faut, d'après cette circonstance, estimer l'altitude à plus de 5,000 mètres, offrant plus loin, dans l'Abyssinie, des sommets presque aussi élevés , et se continuant en un long rameau, sur le littoral de la mer Rouge, jusqu'aux environs de Souéys.
Le relief dorsal qui trace la démarcation commune entre les bas-
sins des deux océans, offre, selon toute apparence , vers le point où naissent d'une part le Kouâma ou Zambèze, et de l'autre le Kouanza et le Kouango, un grand nœud austral dont l'élévation des terrasses inférieures doit faire estimer la hauteur fort considérable; les montagnes de Loupata qui n'atteignent guère qu'un maximum de 2,000 mètres , et celles du Congo dont l'altitude a été fort exagérée, semblent former à l'est et à l'ouest des chaînons collatéraux de l'axe central, dont une des culminances, le Mouloundou-Zambi, estévaluée à 5,000 mètres. Madagascar, avec ses hautes cimes de plus de 3,500 mètres, étend dans l'est une chaîne isolée parallèle à celle de Loupata. Enfin, dans la région australe, une chaîne dirigée est et ouest, et dont quelques pics culminent peut -être jusqu'à 2,500 ou 3,000 mètres , semble constituer un prolongement de l'arête dorsale , et vient expirer au sud-ouest , où la montagne de la Table élève auprès du Cap un sommet aplati qui n'atteint pas 1,200 mètres.