III. CONQUÊTE DE LA NUMIDIE PAR LES ROMAINS
Guerre de Jugurtha.
Succession de Micipsa envahie par Jugurtha sur Hiemsal et Adhereal. — La mort de Gulussa et de Mastanabal, que la maladie emporta à une époque dont la date ne nous est point donnée, laissa Micipsa seul maître des vastes états de son père, dont il s'appliqua à continuer l'œuvre; on ne peut oublier combien le règne long et brillant de Massinissa avait eu d'influence sur les mœurs de son peuple, qu'il sut façonner aux habitudes de la vie agricole; Micipsa, prince ami de la paix et
AFRIQUE ANCIENNE
des arts , poursuivit activement cette œuvre de civilisation, orna sa capitale d'édifices et d'établissements utiles, y appela une colonie de Grecs, et la rendit tellement florissante et peuplée, qu'elle pouvait mettre en campagne , suivant le calcul de Strabon , 20 000 fantassins et 10 000 chevaux. La plaie de sauterelles racontée par Orose, qui sous son règne (*) vint anéantir les moissons et causer cette affreuse peste à laquelle succombèrent plus de 800 000 Numides, 200 000 Libyens de la province d'Afrique, et 30 000 soldats romains cantonnés à Utique, fut un coup funeste à de si favorables progrès, et il fallut longtemps sans doute pour s'en relever. Peut-être estce dans cette redoutable épidémie que périrent et Mastanabal et Gulussa. Le premier laissait deux enfants , Gauda et Jugurtha ; le second un fils , Massiva , les seuls dont l'histoire ait eu à nous entretenir. Micipsa lui-même eut deux enfants , Adherbal et Hiemsal.
Tous ces princes eurent des prétentions au trône de Numidie.
On sait comment le fils adoptif de Micipsa , ce Jugurtha que nous a si bien fait connaître Salluste, appelé à partager avec ses cousins Adherbal et Hiemsal la succession de son bienfaiteur, se hâta de faire assassiner Hiemsal dans sa capitaleThimida(**),et força Adherbal vaincu à se réfugier à Rome pour y demander protection contre l'usurpateur.
(*) L'an 125 avant l'ère vulgaire.
(**) Salluste l'appelle Thirmida; mais tous les documents ultérieurs s'accordent à écrire Thimida, Thimida regia, entre autres cette inscription mutilée :