ACTE III
MÊLE ANDRE
C'est étrange, Aglavaine... quand tu me parles d'elle, c'est toi seule que j'admire et que j'aime davantage. Rien au monde ne peut faire que tout le bien que tu m'en dis ne retombe sur toi ; et un Dieu même interviendrait que je ne pourrais pas l'aimer comme je t'aime...
C'est l'injustice de l'amour, Méléandre; et si tu me faisais l'éloge de ton frère, je sais bien que c'est toi qui deviendrais plus beau... Je voudrais t'embrasser et pleurer, Méléandre...
Il est donc impossible de ne plus s'aimer quand on s'aime!...
MÉLÉANDRE
Oui, je crois que c'est impossible, Aglavaine. . . Je l'ai vu, moi aussi, tout
112 AGL.VYAINE ET SÉLYSETTE
à l'heure, tandis que je parlais à Sélvsette, car tandis que je lui parlais, je sentais que l'amour ne voulait pas dépendre de ce que je disais, ni de ce qu'elle disait, de ce que je pensais, ni de ce qu'elle pensait...