Ô2 AGNÈS DE MÉRANIE
don Salluste dont elle a repoussé les propositions indécentes,
parce qu'il ne lui plaisait pas (1); ci 54
Premier monologue du laquais Ruy-Blas act. III, se. 4), qui, plus heureux que don Salluste, son maître, n'a qu'à parler pour que le roi d'Espagne et des Indes soit une troisième fois couronné; car la reine, lui a dit, en le baisant au front : mon cher.
Quand vous m'appellerez, je viendrai, je suis prête, donc, en conclut-il ,
Donc je marche vivant dans mon rêve étoile. Et il y marche en effet, pendant le cours de trente-six vers
(1) Voyez, pour les éclaircissemenls sur ces deux points, la première scène du premier acte, où don Salluste confie sa disgrâce amoureuse à son écuyer Giidiel, dont il n'est plus parlé après celle confidence, et la première scène du second acie où la reine confie à l'une de ses femmes pourquoi elle a fait exiler ce don Salluste , homme si entreprenant qu'hier encore, au baise-maiu, il l'a baisée d'une façon qui lui en a appris beaucoup plus qu'elle n'en voulait savoir, de lui du moins. Sur quoi, sa confidente, que dis-je î sa fille d'honneur, jeune personne sans malice, cherche à lui démontrer qu'elle se trompe sans doute, et que le baiser de don Salluste était purement officiel :
Il rendait ses devoirs. — Rendons-nous pas les nôtres?
Mais la reine, en femme qui connaît les effets et les causes :
Sa lèvre n'était pas comme celle des autres.
Depuis ce moment même, elle n'a cessé de revoir et de sentir nuit et jour don Salluste lui b<tisiini la main. El comme sa confidente s'efforce encore d'écarier de son esprit ces tristes fantômes, au fait, se dit la reine, j'ai bien d'autres chats à fouetter.
Au fait, j'ai des soucis bien plus réels dans l'âme.
Et elle ajoulo tout bas :
Ohl ce qui me tourmente, il faut le leur cacher.
Ce qui la tourmente, c'est son bel inconnu, et elle le leur cache, pour ne point perdre l'occasion de nous l'apprendre dans un monologue spécial ; car M. Hugo n'use des monologues que pour se passer des confidents,et des confidents que pour se passer lic? monologues.
de ce style cioilè et bien fait pour plaire aux privilégiés du royaume des cieux ; ci 36
Second monologue de Ruy-r.his, (act. IV, se t), tombé du haut des nues dans le panneau que lui a tendu , à lui et à la reine , la sournoise vengeance de ce vieux renard de don Salluste, la bêle fauve, comme il le qualifie fort bien. — Après (]uoi, il ajoute qu'il ne sait plus ce qu'il dit, et qu'il s'en va dans une église prier Dieu de lui inspirer une idée, et sans doute aussi, de lui pardonner les soixante-onze vers de son monologue, qui, du reste, n'avaient pas besoin d'être inutiles pour être mauvais; ci 71
Monologue de don Césarfact. IV,sc. 2), lequel succède immédiatemeut au monologue de Ruy-Blas , et qu'il suffit de rappeler, tant il est fameux par l'originalité, l'aiticisme, la grâce de ses plaisanteries qui passent de bien loin ce fuie l'auteur de don Japliet d'Arménie et de Jodelet souffleté a imaginé de plus piquant et de plus délicat. Mais, quoique excellente, la plaisanterie n'y perdrait rien et l'intérêt du drame y gagnerait peut-être, si elle se bornait à un peu moins de quatre-vingt-douze vers ; ci 92
Troisième monologue de Ruy-Blas (act. V, se. 1) , qui n'ayant pas trouvé son idée à l'église, s'en revient comme il était parti , à cela près d'une fiole de poison qu'il s'est procurée au sortir de la messe, pour mourir en bon chrétien. On peut bien lui passer quarante-six vers in extremis; ci. . . 46