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pour ta mère.” ;
Pendant cet entretien on vit arriver le père Benno l'ermite, et, selon la coutume, il distribua aux enfants de petites images et des médailles, dont ils témoignè- . rent une grande joie. Quand le vénérable ermite aperçut la petite Agnès, il dit à la paysanne :
“+ Quelle est cette petite ? une joueuse de luth, à ee que je vois.” Et après l'avoir regardée attentivement, il ajouta en lui-même: Ciel ! cette enfant est jolie comme un ange, et quel air de douceur et de modestie 1... ‘ Eh bien! mon enfant, reprit-il en s’adressant à Agnès, joue et chante-nous quelque chose, ce que tu sais de plus beau, mais seulement un couplet.
— De ma plus belle romance? demanda Agnès :
eh bien, je vais vous chanter le couplet du muguet,
— Soit, dit le père Benno. Le muguet, la fleur de l'innocence,ton emblème. Voyons, chante-uous cela.”
Agnès prit aussitôt son luth, l’accorda de nouveau, et préluda un instant. Quand Benno remarqua la manière gracieuse avec laquelle elle tenait son instrument et l'élégance de sa pose, il ne put s'empêcher de s’écrier plein de surprise :
‘* En vérité ! voilà un jeu parfait; cette jeune fill m'a pas eu un maître ordinaire.”
Agnès chanta :
Symbole de douce innocence,
Le muguet, de ss blanche fleur, Ea l'honneuz de la Providènces .
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Exhale sa suave odeur.
ancé de son vert feuillage, Chaque bouton, en fleuri Semble rendre un sincère hommage À la gloire du Tout-Puissant,
Quelle fut la surprise de Benno lorsqu'il reconnut un des couplets de la romance que le ch: -alier Adel. bert lui avait chantée le malin, en assv an: que personne ne la connaissait et ne l'avait ‘ :m: connue, exceplé feu son épouse, 1] soupçonna :‘: ord que la petile joueuse de luth Pourrait bien £.:e la fille d'A. delbert. Mais quand, après l'avoir queslionnée, il apprit que la petite se uommait Agnès, et sa mère Mathilde, qu'elle ne se rappelait pas d’avoir eu d'autre demeure qu'une petite chétive cabane au milieu des moniagnes où sa mère avait vécu du produit de sn - travail jusqu'au moment où ia maladie et le munque d'ouvrage l'avaient réduite à la plus affreuse misère, Benno rejeta cette première Supposition ; alors it pensa que cette dame Mathilde, qui avait appris à sa fille la romance en question, pourrait bien être une intime amie de Théolinde, épouse du chevalier Adelbert,
ll résolut donc d'aller sur-le-champ avec Agnès et la jeune bergère trouver l’iufortunée Mathilde: d’abord, pour offrir à cette dame les secours dont elle Pouvait avoir besoin, et, de plus encore, dans le secre espoir d'apprendre Quelques nouvelles consolantes pour le chevalier, I] pria la fermière d'apprêter une ” volaille et quelques autres mets Pour l'étranger qu'il
-4vait reçu ce main chez lui, elde les Jui envoyer
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jeune bergèse l’accompagnaient. Chemin faisant, il ne cessa de faire à la petite Aguès une foule de questions tendant à découvrir qui pouvait être cette Mathilde. Mais la pauvre enfant ne sut rien lui répondre qui donnût le moindre éclaircissement sue l'existence obscure et mystérieuse de sa mère.
Ce jour-là se trouvait justement être le vingtcinquième anniversaire de l'entrée du vénérable Benno dans son ermitage, c'était nn jour de fète pour toute la contrée. Pendant au’il gravissait la monta- #4 gne pour alier offrir des secours et des consolations LE à la dame infortunée, tous les habitants du voisinage s'étaient réunis pour orner sa cellule de fleurs, d'arbustes et de guirlandes, et lui ménager ainsi une agréable surprise à son retour.