‹ Agnès, ou, La petite joueuse de luth [microforme]Chapitre 5 sur 22 · RER OT US · texte numérisé non relu

RER OT US

se AGNES ‘ on m'avait placé auprès de lui pour le servir et le soigner; il ne put que m'adresser d’une voix mou- - tante ces paroles : ‘* Tes soinssont inutiles, mon cher Cunibert, je sens que ma dernière heure est venue, je vais quitter ce monde ; encors quelques instants, et je paraltrai devant le trône de mon juge suprême ; écoute donc mes dernières recommandations : aussitôt que mes yeux seront fermés pour toujours, tu prendras la route de Haute-Roche, et tu annonceras à ma bienaimée <pouse Théolinde la nouvelle de ma mort ; tu lui remettras mon anneau nuptial que voilà, et tu Jui diras que je la remercie de tout le bonheur dont “ile m'a fait jouir durant tout le temps de notre union.” En achevant ces mots, il tira de son doigt l'anneau nuptial, me le remit, prononça encore quel. ques oraisons à voix basse, et un quart d'heure après .W rendit son âme à Dieu.”

Ayant ainsi terminé son rapport, le page remit à Théolinde un anneau d'or. La comtesse tomba évanouie sur son siège. ‘‘ O Ciel ! s’écria-t-elle en répandar! un torrent de larmes lorsqu'elle eut repris ses seus, voilà donc mes sinistres pressentiments réalisés ; mon Adelbert n'est plus, je suis veuve, et ma malheureuse fille n’est plus qu’une pauvre orpheline ! Cette bague, gage de la tendresse de mon bien-aimé Adelbert, me rappelle encore ce mement fortuné où, peu de jours avant notre hymen, il la mit à mon doigt en me disant: “ Chère Théolinde, toi qui es, après Dieu, ce que j'ai de plus cher au monde, reçois ce gage de mon inviolable fidélité jusqu'à mon dernier soupir... O Ciel ! 6 Ciel! mon cœur se brise de douleur.” Et alle tomba dans une nouvelle défaillance,

. mais ei grave, qu'il fallut la porter sur son lit, Long-

AGNÈS

temps tous les efforts pour la rappeler à la vie furent ‘Infructueux, et quand elle revint à elle-même, elle se trouva dangereusement malade.

La veuve infortunée.

Dès que la fièvre laissa un moment de relâche à la veuve éplorée, elle fit appeler auprès de son lit sa fille Adelina et le vieux Jacques, son fidèle serviteur. Elle leur annonça la mort de son cher Adelbert; de nouvelles larmes inondèrent son visage quand elle vit entrer l’honnête vieillard conduisant par la main sa charmante peiite fille. ‘* Hélas ! s’écria-t-elle douloureusement, tu n'as "lus de père ; tu es orpheline, ma pauvre enfant, et oi, je n'ai plus d’époux !...”

Adelina, à ces mots, commençait à, pleurer amère. ment, lorsque la pieuse mère, tourna soudain ses pensées vers le ciel, chercha à consoler son enfant et lui dit : ‘* 11 n’est que trop vrai, ma chère enfant, tu n'as plus de père dans ce monde; mais j'ai tout lieu | d'espérer qu'il habite aujourd'hui le ciel ; car, tant qu'il a vécu sur la terre, il a été constamment pieux

- et vertueux. Il a toujours aimé Dieu et Jésus-Christ . son divin Gls ; il a fidèlement observé les saiits-commandements et les préceptes de la religion. Il aimait aussi son prochain, même ceux qui étaient ses ennemis, et leur faisait autant de bien qu’il dépendait

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ration, à s’app

qu'il étai

de lui. De tout tem charistie fut l’obje

AGNÈS

ps le très saint sacrement de l’Eu.

t de sa profonde et sincère véné. :

et il faisait consister son plus grand bonheur rocher fréquemment de la sainte table. Aussi

sérénité d’âme

voyait-il s’accomplir à son égard cette promesse de notre divin Rédempteur : CeLur QUI MANGE MON CORPS ET BOIT MUN SANG, DEMEURE EN MOI, (S. Jean, vi, 56.) Jamais mon Adelbe main avide sur le bien d'autrui, un crime abominable de calo Courageux et résigné dans 1 humble et modeste dans la pro choses avec une égale de la main de Dieu, tances bienfaisant et heureux,

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