‹ Agnès, ou, La petite joueuse de luth [microforme]Chapitre 6 sur 22 · ET MOI EN LUI · texte numérisé non relu

ET MOI EN LUI

rt n'étendit une el il regardait comme maier son semblable, es jours de malheur, spérité, acceptant toutes

comme venant

il se montra en toutes circonsmiséricordieux envers les mal.

et aussi indulgent pour les fautes d'autrui

t'sévère envers luiété miséricordieux sur la terre, Notre aussi miséricordieux pour lui dans lé De même que les cœurs sen

à qui la mort vient de ravir u peuvent ordinairement se lasse ses qualités, de même aussi notre pouvait jamais assez louer les belle époux. Elle voulut ensuite racon tout ce qu’elle avait appris sur le etla mort de son mari ; pêcha. ‘* Épargnez-vous dame, dit-il, je connais tous les détails le page, en vous quittant, nous a tout en ce moment chez le chevalier Grim pour lui faire le même récit. Ne nous tuellement que des conséquences d

De de

même.

sibles et n

mais le viei

Et comme il a -Seigneur sera

lernité.”

reconnaissants

Parent ou un ami ne r de faire l'éloge de bonne Théolinde ne s vertus de son défunt ler au vieux Jacques s derniers moments

lard l’en em-

ce douloureux récit, noble de ce malheur ; appris, etil est .

mo, sans doute

occupons ac-

e ce fatal évêne-

| meut. Je crains que Grimmo, qui, ainsi que vous me

l'avez appris, vous avait déjà antérieurement fait des

propositions, ne les renouvelle avec plus d’importunité encore. Peut-être il ne songe réellement qu’à vous éblouir par l'offre de sa main. Mais, comme je suis persuadé que vous ne l’aimez point et qu'il ne pourrait jamais vous rendre heureuse, il faut aviser aux moyens de vous soustraire à ses poursuites. Je n'en vois pas d’autres que la fuite, et je me charge de tout préparer à cet effet. Tâchez seulement de gagner assez de temps pour les préparatifs nécessaires, Cependant, comme il est très essentiel de tenir le chevalier Grimmo dans une entière sécurité, et d’éloiner de son esprit jusqu’au moindre sou pçon de votre projet, voici ce que je vous conseillerai : quand il vous fera des propositions de mariage, ne le rebutez point, mais demandez-lui un délai suffisant pour faire vos réflexions, et pendant ce temps-là nous nous

+ mellrons en mesure de profiter de la première occa-

sion favorable à nos desseins.” Théolinde trouva la proposition de- Jacques fort sage, et promit de s’y conformer en tout point. #— Cependant elle prit le deuil et le fit prendre à sa petite Adelina, non pas seulement pour obéir à l’antique usage, mais bien plutôt pour satisfaire à la sincère et profonde douleur dans laquelle la perte d'un époux chéri avait plongé son âme. Elle fit aussi célébrer dans la chapelle du château un service funèbre pour l’âme du défunt. Toute la chapélle était tendue en noir, et sur la partie supérieure des draperies se détachaient des cyprès et des couronnes d’immortelles. Au milieu du chœur s'élevait un magnifique catafalque,entouré d'une multitude de cierges

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et de candélabres. Sur le cercueil, couvert d’un crêpe noir à franges d'argent, on voyait un beau crucifix, ua glaive nu, et l’armure du chevalier avec son casque surmonté d'un riche panache en plumes d’autruche. Au catafalque étaient attachées les armoiries de la famille, admirablement peintes et entourées de pyramides de cyprès et de candélabres, portant des têtes de mort avec des larmes et des ossements en sautoir; une foule immense encombrait la chapelle ; c'étaient en partie de= snjets du chevalier Adel. bert, car il était très aimé, et en partie des écuyers et des hommes d'armes de Grimmo. Durant tout le temps des offices, Théolinde, vêtue de deuil et couverte d’un long voile noir, resta agenouillée sur un. prie-Dieu, en face du catafalque, son enfant à côté d'elle ; elle ne cessait de fondre en larmes. Puis, remplie de cette sublime résignation chrétienne que donne la religion, elle recommanda l'âme de son époux à la miséricorde du Père céleste en invoquant les mérites de notre divin Sauveur, et assistant au sacrifice non sanglant qu’il a institué,

Peu après la fin de la cérémonie religieuse, le chevalier Grimmo monta dans l'appartement de la veuve tout éplorée, et s’efforça d'adoucir par ses paroles consolatrices l'excès de sa douleur ; il se garda bien, ce jour-là et les suivants, de laisser échapper aucune parole qui, dans ces tristes circonstances, eût put choquer l’infcrtunée Théolinde. Mais il n'avait pas assez appris à maîtriser ses passions pour qu'il lui fût possible de garder longtemps ces ménagements. Dès la fin de la semaine, il lui offrit formellement son cœur et sa main. ,

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= ‘ La prudente veuve luirépondit: ‘Votre proposition,

. noble chevalier, ne me surprend point. D'après ce qui s'était passé entre nous, je devais, après avoir reçu la nouvelle de la mort de. mon époux, m'attendre à ce que vous me renouvelassiez vos démarches. Comme chevalier et homme d'honneur, vous ne devez pas m'en vouloir si, dans une affaire aussi importante, je vous demande le temps de réfléchir, D'ailleurs vous concevez qu'il serait tout à fait

. Contraire à la délicatesse de mon sexe de contracter un nouvel engagement presque immédiatement après avoir reçu la nouvelle du décès de mon mari ; je vous demande donc un délai de six semaines, pendant lesquelles vous vous engagerez formellement à ne point me parler de vos projets. Si vous consentez à ces conditions, et si vous les observez fidèlement, il serait possible que cette affaire se conclût, pourvu toutefois que le Ciel n'en ordonnât pas autrement.”

Grimmo fut agréablement surpris de ces paroles de Théolinde, car jamais encore il ne l’avait trouvée si bien disposée ; il en conçut le ferme espoir de voir ses propositions de mariage accueillies favorablement, et il répondit à la veuve d’un ton doux: ‘ Ce que vous venez d'exiger, noble comtesse, est trop juste et trop conforme aux règles de la bienséance. Je vous accorde donc très volontiers votre demande, dans

J'heureux espoir de vous conduire bientôt au pied

des autels pour vous épouser.”

Se croyant dès ce moment bien sûr de réussir, il Jaïssa Théolinde absolument maîtresse d'elle-même, ne lui faisant que de rares visites, pendant lesquelles

il avait soin de se comporter avec tous les égards et

toute la réserve convenables, et d'affecter les dehors

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| LE. . | -ANËs me * des plus séduisants. Pourtant Théolinde fut informée - Par Jacques, d’une manière positive, que Grimmo “avait laissé dans son pays une femme et des enfants ; ‘celte révélation n'aurait pas manqué de changer en haine l'éloignement qu'elle sentait pour lui, si un sentiment aussi blâmable que la haine avait pu entrer dans une âme douce et chrétienne comme celle de Théolinde.

Cependant le fidèle Jacques s'était occupé des moyens d'évasion pour soustraire la dame châtelaine et son enfant au pouvoir de leur ennemi, Un des.

- valets de Grimmo, homme de probité, lui ayant donné sur les mœurs et le caractère de cet homme méchant et vicieux des renseignements peu honorables, il crut devoir hâter le moment de la fuite, et

le fixa à une nuit très prochaine,

tes,

L'évasion,

Le lendemain du jour où Jacques avait arrêté son projet, Grinmo étant allé avec une partie de ses gens faire une tournée dont il ne devait revenir que le soir,

: Jacques profita de cette absence momentanée pour se rendre près de la comtesse, “ Je viens, noble dame, me concerler avec vous sur une affaire importante, dit-il; tout cst préparé pour notre fuite; il faudra partir cette nuit même, Des motts puissants m'engagent à

ne jas différer davantage. Georges, un dés domestiques de Grimmo; et qui est un brave homme, a conçu pour vous, noble dame, la plus haute estime, et, connaissant le caractère et les projets de son maître, il vous plaint sincèrement. Dans cette disposition d'esprit, il m’a confié que son maître se repent déjà du délai qu'il a consenti à vous accorder, et qu'il . est résolu même d'employer la viclence pour vous posséder. Vous voyez combien il est urgent de se décider promptement.

*“ En conséquence, la nuit prochaine, à minuit, je viendrai placer contre votre fenêtre une échelle au moyen de laquelle vous descendrez avec votre enfant dès que vous verrez flotter un mouchoir blanc fixé au bout d’une longue perche ; ce sera le signal. Vous n'aurez rien à craindre de Grimmo ; comme il habite les appartements de devant, il lui sera impossible de s’apercevoir de rien. Jui déjà pris mes mesures pour que les gens du chevalier, d’ailleurs en petit nombre, qui occupent les bâliments de derrière, par conséquent dans votre voisinage, ne puissent vous surveiller. Au moment du souper, je leur ferai servir du vin en abondanc-, aüquel, pour plus de sûreté, je mêlerai un nai que non nuisible à leur santé: Une petite barqu. munie de se; avirons se trouvera amarrée au bord de la rivière qui passe au pied du éhâteau ; une fois ce passage franchi, toutes les précautions sont prises pour continuer votre route avec sûreté ; mais ce n’est pas le moment de vons les détailler. Ainsi, noble dame, veuillez vous décider dès aujourd’hui à tenter’ l'aventure ; peut-être un peu plus tard il ne sera plus, temps.”

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Théolinde vit l'imminence du denger aug: el ua plus long retard l'exposerait, et se décida facilement à suivre l’avis de son fidèle domestique. ‘* Qui, mon brave Jacques, dit-elle, je conçois le péril qui m'’environne de toutes parts. Il a plu à la Providence de n'envoyer un terrible malheur, la nort de mon époux ; mais je regarderais comme un malheur non moins horrible celui de tomber entre les mains d'un homme tel que Grimmo. Or, quelque pénible que soit pour moi l’idée d'abandonner mon château et mes propriétés, j'en conçois la nécessité ; et je remets en toute confiance mon sort et celui de mon enfant à la protection divine, à votre prudence et à votre dévouement. Aimii vous pouvez être certain que je ma trouverai prête à l’heure indiquée.”

Après avoir reçu celle assurance, Jacques s’éloi. gna, de peur d’être surpris par le chevalier, qui pouvait rentrer d’un moment à l’autre. Théolinde cher-

* Cha done à instruire son Adelina de leur prochain départ ; l’intelligence de cette jeune enfant était déjà capable de concevoir une partie des dangers auxquels sa mère et elles étaient exposées en restant plus longtemps au château. :

Théolinde, dépouillée de toutes ses richesses, ne possédait plus d’autres bijoux que ceux qu’elle portait au moment du pillage. Toute sa fortune consistait pour lors dans une paire de bracelets et les bagues qu'elle avait à ses droigts. Elle ramassa encore un peu de linge et quelques vêtements, qu’elle enveloppa dans une nappe, de manière que ce paquet ne fût pas

trop embarrassant dans sa fuite. Sur ce paquet elle

* eut soin d’attacher son luth : elle ne pouvait se résoudre à laisser cet instrument, que son mari lui

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avait donné à l'époque de son mariage. Ensuite elle

se rendit avec sa fille à la chapelle, et s’y agenouilla

pour implorer la protection divine sur son prochain voyage.

Après avair achevé sa fervente prière, elle se leva, .

et, le cœur navré de douleur, elle quitta ce lieu saint et paisible où maintes fois, dans ses moments d'a fiction, son âme avait trouvé de célestes consolations. Déjà le crépuscule du soir projetait sa douteuse lumière à travers les ogives des fenêtres sur le plancher de la chambre solitaire, lorsque Théolinde et sa fille se jetèrent tout habillées sur leur lit, afin d'être prêtes à l'heure fixée. Quand l'horloge du Château eut sonné onze heures et demie, la châtelaine réveilla sa fille, et toutes deux se mirent encore en prière ; enfin Théolinde, l'oreille au guet, entendit de bruit léger d’une échelle qu’on appliquait contre le mur, et bientôt après elle aperçut aussi à travers les vitraux ronds le mouchoir blanc flotter au bout d’une perche. Elle ouvrit la croisée, jeta le paquet, et, après avoir béni son enfant, qu’elle prit sur son bras, elle descendit en silence et lentement la longue échelle au bas de laquelle Jacques lui tenditla main. La nuit était très noire ; ni la lune ni les étoiles ne se montraient au firmament, couvert de sombres nuages. Jacques ramassa le paquet, et s’achemina doucement vers le bord de la rivière, qui roulait ses vagues bruyantes au pied de l'antique château. Théolinde le suivit sans dire un mot, condnisant sa petite Adelina par la main. La nacelle, toute prête, était amarrée à un arbre du rivage. La comtesse, son enfant et le Päèle Jacques y montèrent ; celui-ci détacha le bateau, et,

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