‹ Agnès, ou, La petite joueuse de luth [microforme]Chapitre 7 sur 22 · AGNÈS RE · texte numérisé non relu

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CES AGNËS d'une main sûre le frêle esquif pour traverser la

- rivière. La pauvre dame sentit son âme affectée d’une ‘Sensalion douloureuse au moment où elle s'éloigna

de sa demeure, que, selon toute apparence, elle ne devait plus revoir. Cependant elle se soumit avec

: calme à son sort et puisa de nouvelles forces dans

celle pensée chrétienne: c'était la volonté de Dieu qui l’ordonnait ainsi,

Eofin ils abordèrent sans accident à l’autre rive ; aussilôt Jacques, conformément au plan qu'il avait conçu, jeta le voile et la mantille de Théolinde parmi les roseaugdu rivage, et les y fixa de manière à faire

-croire qu'ils y avaient été jetés par les. vagues ; il

renversa la nacelle, pour qu'on s'imagioât que les fugitifs s'étaient noyés. Et, en effet, le bruit de leur mort se répandit dans tout le pays. | Gependant la comtesse avait changé de costume, Jacques la conduisit au milieu des montagnes. ‘Il est indispensable, dit-il, de prendre toutes sortes de précautions, pour que Grimmo ne puisse suivre nos (races, en’ conséquence, nous ne traverserons que’ d'épaisses forêts et les contrées les plus sauvages. Je me revétirai d’un habit de pèlerin que j'ai dans mon paquet, et je déguiserai les traits de mon visage. Tout le pays d’alentour m'étant parfaitement connu, il me sera facile de vous guider de manière à pouvoir me procurer quelques vivres dans les villages, et je vien-

* drai vous les apporter dans la forêt. Jamais nous ne

demanderons un gîte avant l'entrée de la nuit, et j'aurai le soin de vous le procurer toujours dans quelque ferme isolée, où vous ne vous présenterez que voilée, et en vous enfermant aussitôt dans votre chambre à coucher, où vous prendrez votre. repas,

»anès

aûn de n'être remarquée par aucune personne étrar.gère. Après avoir marché quatre jours avec ces précautions, nous nous trouverons dans une contrée tellement écartée et isolée dans les monfagues, que nous pourrons en loute sûreté y établir notre demeure. Au reste, veuillez, noble dame, baonir toute inquiétude ; je connais parfaitement et depuis bien des années tous les pays que nous allons traverser.” C'est ainsi qu’ils continuèrent leur marche durant quatre jours, à travers d'épaisses forêts. Le bon Jacques, déguisé en pèlerin, leur servait de guide, et, malgré ses soixante-dix ans, son dévouement à ses mallres lui donnait la force de porter presque toujours la petile Adelina sur ses bras, Sans cela, cette enfant délicate aurait infailliblement succombé aux fatigue. d’un si pénible voyage. Même la comtesse, qui n’était nullement habituée à de si longues courses, au bout de la seconde journée, se sentait déjà tellement harassée, qu'elle croyait ne pouvoir aller plus loin. Mais son extrême confiance en l‘assistance divine et sa pieuse résignation, sentiments qui lui étaient devenus fami- liers, grâce aux cruelles épreuves qu’elle avait déjà subies, lui communiquaient assez de force d’âme pour supporter’ avec courage les souffrances corporelles, de sorte qu’elle parvint, ainsi que la petite Adelina et leur guide, à atteindre heureusement et en bonne santé le terme de leur voyage.

". Le soleil, sur son déclin, s'était déjà eaché derrière les hautes montagnes de granit, et ses rayons dorés n'éclairaient plus que les cimes des plus hauts rochers, lorsque nos trois Voyageurs arrivèrent dans une contrée aride, environnée d’une sombre forêt. En avancant dans ce bois, ils trouvèrent une clairière asrez

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