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euse, et au milieu de laquelle s'élevait majes-. jusement un chêne séculaire. Au fond, sur un bloc se rocher, on apercevait une antique croix en pierre, à laquelle la sombre solitude de cette contrée sau-. vage donnait un air de mélancolie.
Arrivé à cet endroit, Jacques s'arrêta et dit : ‘‘ Faisons halle et reposons-nuus. S'il plaît à Dieu, c'est ici que nous établirons notre demeure. C'est sur cette place qu'il y a à pe” vrès quarante ans, me trouvant à une grande partie de chasse au chamoïis, je 3 une dinée. Ce lieu, il faut en convenir, est triste et aride ; mais aussi nous sommes sûrs d’y être à l'abri des persécutions de nos ennemis; ils ne viendront pas nous chercher en cet endroit, qui n’est même jamais visité par les habitants des environs depuis le temps immémorial où deux chevaliers ennemis se tuèrent à la place marquée par cette croix de pierre. Je ne connais à proximité d'ici d'autre habitation que la cabane d’un berger des Alpes chez lequel je me souviens d’avoir demandé autrefois un verre d'eau fraiche, quand j'étais à la chasse. Si vous voulez, je vous y conduirai, vous et votre enfant.
— Quoique je me trouve aujourd'hui si fatiguée, qu’il me sera difficile de continuer la route, répondit Théolinde, je conçois pourtant bien qu'il est impossible que mon enfant passe la nuit à la belle étoile sans risquer de tomber malade. J'espère, mon fidèle Jacques, que vous nous construirez bientôt une cabane dans laquelle nous pourrons être suffisamment abrités
contre le vent et la pluie."
Aspect riant el agréable,
Le chalet de la montagne.
Jacques conduisit done la mère avec son enfant à la cabane des Alpes, située à quatre kilomètres plus
loin, où elles trouvèrent un accueil très hospitalier et
un repos aussi bon que les circonstances le p-rmettaient. Le berger était un fils de celui dont Jacques "avait autrefois fait la connaissance. Le père vivait avec - son fils et sa bru ; et tous les trois, ayant les mœurs
pastorales de nos anciens patriarches, s’efforcèrent à
l'envi de rendre agréable à leurs hôtes le séjour qu'ils
firent dans leur modeste cabane. Marguerite, femme - de Gaspard, le jeune berger, apporta du lait dans des écuelles, et prépara aussi du beurre frais, du chamois salé et du miel nouveau. Elle n'avait, à la vérilé, que des assiettes de bois pour présenter les mets simples de ce festin de montagnards ; mais tout était si bon, si appetissant, et la nappe, quoique en * foile grossière, était si propre et si récemment blanche, qu’elle répandait encore autour de la table le parfum balsamique du gazon des montagnes, sur lequel on l'avait étendue. La cabane, d'ailleurs assez spacieuse, n’était construite qu'en bois; mais, selon la coutuine du paye, elle étaii peinte à l'huile, tant à l'intérieur qu'au dehors ; et la chambre d'habitation, éclairée par deux lampes en for poli, présentait un
latte FEAT PR SENRRER
. AGNÈS Après une courte prière, on se mit à table.
Georges, le père de Gaspard, veuf depuis quatre ans, se plaça à côté de Théolinde, et, avec la cordiale naïveté d’un bon montagnard, il cherchait à la distraire en lui parlant de diverses branches de l’économie rurale et domestique. Le frugal repas terminé, la petite société adressa de cœur et de bouche ses “tions de grâces au Seigneur, dispensateur de tous les biens, et l’on conduisit Théolinde dans une chambre contiguë, où elle trouva une molle couche de paille pour elle et son Adelina. Toutes deux étaient accoutumées à des lits plus somptueux dans leur château ; cependant, grâce à la fatigue du pénible voyage qu'elles venaient de faire, un doux sommeil vint fermer leurs yeux et dura jusqu’au jour. Déjà les rayons dorés d’une vive lumière, pénétraut à travers les fentes du volet de la petite fenêtre, éclairaient l’intérieur de ce réduit, lorsque Théolinde ouvrit la fenêtre. Alors le soleil levaut fit resplendir le crucifix en cuivre jaune qui était suspendu à la muraille brune de la chambre à coucher, au-dessus d’un antique tableau peint à l'huile, représentant la douce Reine des anges. En même temps un léger t de l’est apportait dans la chambre la sua,» odeur votes aromatiques et l’'embaumait tout entière ; déja l'on entendait l’agréable tintement des clochettes des vaches, et le son plus clair des grelots attachés au cou des chèvres venant des montagnes voisines, et le bruit de la source qui tombait en cascade à côté de la cabane, à travers la fente d’un rocher, dans un bassin
de granit formé par la nature.
Théolinde et Adelina étant levées, celle-ci, dont
Pintelligence commençait à se développer, et qui déjà
palure, s'écria avec ravissement en s’approchant de la croisée ouverte : ‘ Ah ! que cette matinée est belle ! Vois donc, maman, ces prairies dans le vallon, comme elles sont magnifiques ! chaque brin d'herbe est garni de diamants tout aussi "resplendissants que ceux du riche collier que les soldats ennemis t'ont enlevé pendant le pillage.
— Ma lle, répondit Théolinde, ce ne sont pas des diamant que tu vois briller sur les plantes, ce sont des gouttes d'eau tombées du ciel sur le gazon, ét qui brillent toujours du même éclat quand le soleil donne dessus. Cette eau s’appelle la rosée.
— Et ces clochettes des troupeaux, reprit Adelina, elles sont beaucoup plus retentissantes et plus harmonieuses que celles des troupeaux de nos contrées. D'où vient donc cela ?
— Cela vient, dit la mère, de ce que les clochettes des vaches qui broutent sur les Aipes sont beaucoup plus grandes et d’un métal plus pur que chez nous, , — Ah! mais écoute donc, maman, le son de ce clochettes ; j'en entends encore résonner de pareilles dans le lointain, quoique je n’y aperçoive pas de troupeaux, et ce nouveau son a une douceur singulière.
— C'est l'effet de ce que nous appelons l’Écno ; c'est le son même de cer clochettes, qui, frappant contre les parois de ces rochers que tu vois là-bas, nous esi renvoyé et nous paraît un nouveau son,
Pendant cette conversation, le vieux Jacques, qui avait passé la nuit dans la clairière où devait s'établir la future demeure de Théolinde, entra chez la comiesse, el lui dit: ‘‘ Je viens vous annoncer, noble
as: à Rn a - FES
FFM - ns. - ss : éprouvait un vif plaisir à l'aspect des beautés de la