‹ Agnosticisme: essai sur quelques théories pessimistes de la connaissanceChapitre 11 sur 15 · Ce concept possède, soit dit en passant, une · texte numérisé non relu

Ce concept possède, soit dit en passant, une

Et ne semble-t-il pas évident, par suite, que les hypothèses imaginables sur l'origine et la raison d'être d'une telle abstraction, devront nécessairement demeurer arbitraires et in vérifiées, tant qu'on ne les transformera pas en hypothèses psychologiques, tant qu on ne se bornera pas à demander comment naissent, dans le cerveau humain, ou comment y finissent, les concepts abstraits et les f idées générales?

En attendant, la nomenclature des antinomies aura été enrichie d'une nouvelle et curieuse catégorie. Historiquement, cette classe aura même précédé toutes les autres. Le concept de l'univers fut Tœuvre de l'humanité la plus primitive. 11 présida à cette phase de l'évolution mentale où la

foule de synonymes dont w l'infini » et « l'existence » offrent des exemples connus.

religion ne se discernait pas de la philosophie.

En ce sens, la recherche de l'origine et de la fin des choses peut justement s'intituler le problème religieux ou théologique par excellence.

11 aboutissait toujours à l'antinomie qu'on peut également appeler rehgieuse ou théologique et qui constate l'impossibilité absolue de vérifier Tune quelconque de ces trois hypothèses : ou l'univers a été créé par une cause à lui étrangère; ou il s'est créé lui-môme; ou il existe par lui-même sans création aucune (théisme, panthéisme, athéisme).

L'insolubilité évidente du problème reUgieux par un simple appel aux lois de la logique, qui écarterait à jamais deux solutions pour consacrer ou sanctionner, eo ipso^ la troisième, constitue préci-

sèment ce qui imprime à ce problème le caractère ou la marque d'une contradiction radicale de l'esprit.

De ce reproche principal se détachent, comme autant de branches d'un tronc unique, les objections qui, visant chaque solution en particulier, disparaîtront d'elles-mêmes devant une théorie scientifique des concepts abstraits. Comment une cause étrangère à la matière a-t-elle pu tirer, de rien, la matière? Comment un être peut-il se créer lui-même, sans exister virtuellement avant d'exister réellement, et l'existence virtuelle, distinguée de l'existence réelle, n'est-elle pas le pur néant? Comment, enfin, exister par soimême sans avoir un passé infini?

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