OBSERVATION HI
Personnelle, recueillie le 20 mai 4901.
Paralysie faciale.
C... (Jeanne), ménagère, âgée de 18 ans, venue à la consultation de M. le Professeur Caubet.
Antecédénts héréditaires. — Père vivant et bien portant, mère morte à l’âge de 28 ans, après une courte maladie(refroidissement du cerveau selon la malade).
Antécédents personnels. — Dans son enfance, coqueluche et impétigo puis rougeole. Pas de nervosime.
Au mois de mars 4901, la malade accouche après l’application du forceps, d’un enfant bien portant. Les suites de couches se sont bien passées. Pas de fièvre après les couches. Le 47 mai 1901, la malade s’était exposée, étant en sueur, à un courant d’air. Le lendemain, elle s'aperçoit que ses lèvres sont attirées du côté gauche.
Examen (fait le 20 mai 1901). — La commissure labiale déviée à gauche, déviation identique de la pointe du nez, la
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parine droite est pincée, la joue droite est pendante, le pli de la paupière inférieure droite est effacé, la malade ne peut pas souffler, Elle prononce mal toutes les lettres labiales, Le goût et la sécrétion salivaire sont les mêmes des deux côtés. La langue n’est pas déviée. Pas de bourdonnements, pas de troubles auditifs ni olfactifs. La paupière inférieure droite est comme gonflée. Elle descend à trois millimètres plus bas que Piris, tandis que la paupière gauche arrive au bord externe de celuici. La paupière supérieure droite est de mène plus élevée que la gauche : elle atteint le bord externe de liris, tandis que la gauche en recouvre une partie.
Le pli palpébral supérieur droit est beaucoup plus profond que le gauche. L’angle interne @roit de la fente est plus ouvert et sa caroncule est plus découverte: L’occ'usion de l'œil droit est impossible, et, pendant ce mouvement, l'œil se porte en haut et en dedans, cachant ainsi la cornée La conjonctive du côté droit est plus rouge que celle de gauche. L’œil n’est dévié en aucun sens et tous ses mouvements sont parfaits. Pas d’épiphora, pas de diplopie, pas d’exophtalmie ni d’énophtal mie. Les deux pupilles sont égales et réagissent bien à la lumière ainsi qu’à l’accommodation. |
Quand on fait mouvoir les yeux de’haut en bas, la paupière supérieure droite s'arrête bientôt et ne suit plus le globe de l'œil, chose qui n’arrive pas à la paupière supérieure gauche.
Le fond de l’œil, la conjonctive, les téguments du côté droit, ne sont pas plus rouges ni plus pâles que ceux du côté gauche.
La sensibilité de la face ainsi que des membres ne présente pas de modification. Les réflexes tendineux des membres sont normaux.
L'examen des orgâûnes de la respiration, de la circulation et de la digestion ne présentent rien de particulier à sisnaler.
L'application d’une solution de cocaïne, sur la conjonctive, exagère l’écartement des paupières.
RS OS Ici, comme dans l'observation précédente, nous avons l’agrandissement de la fente palpébrale à l’état de veille et le lagophtalmus pendant le sommeil, dus encore à la même cause.
S 3. — PAR PARTICIPATION DES NERFS OCULO-MOTEURS COMMUN, EXTERNE ET PATHÉTIQUE.
Ces trois nerfs commandent la motilité du globe de l’œil et l'élévation de la paupière supérieure à l’aide des quatre droits de l’œil, de ses deux obliques et du releveur de la paupière. Nous avons dit que les muscles droits ont en outre pour action commune de tirer le bulbe oculaire vers le fond de la cavité orbitaire, tandis que les deux obliques tendraient à l’en faire sortir, ces déplacements de l’œil n’ont pas lieu à cause des fascia qui relient les muscles les uns aux autres et en même temps au rebord de la cavité orbitaire. Toutefois une contraction énergique des quatre droits produit un léger enfoncement du bulbe, tandis qu’une forte contraction des obliques produit une légère propulsion en avant, exorbitisme qui survient encore dans les cas de paralysie des muscles droits. Dans une telle circonstance, on observe un agrandissement de la fente palpébrale plus ou moins marqué. Même un léger agrandissement de la fente s’observerait, dans les cas de paralysie d’un seul des droits de l’œil, et spécialement du droit externe ou par suite de leur absence congénitale.
D’après Türk (49) et Maclehose (24), il n’en serait pas de même dans le cas de paralysie ou absence
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congénitale du droit interne. Il y aurait alors rétrécissement de la fente palpébrale au lieu d’agrandissement parce que le globe de l'œil se trouverait, comme dans le déplacement du droit externe, attiré dans la cavité orbitaire et les fibres de l’orbiculaire moins soutenues par l’œil rétracté, suivant leur tonicité, se raccourciront et prendront la forme d’une corde au lieu d’un are, d’où la diminution de la fente palpébrale.
Il est à remarquer que la contraction spasmodique des obliques, qui donnerait un agrandissement de la fente par propulsion du globe oculaire en avant, est extrêmement rare.
Au contraire, un agrandissement considérable de la fente palpébrale résulterait des affections du moteur oculaire commun, amenant une contraction des muscles qu’il innerve. En effet, l'excitation de ce nerf causera une forte rétraction de la paupière supérieure, par contraction du releveur, dont l’action est si puissante et un abaissement plus ou moins marqué de la paupière inférieure, par contraction du droit inférieur, quiest pour la paupièreinférieure ce qu'est le releveur pour la supérieure. Mais, selon Wilbrand, la contraction spasmodique de ces muscles en général et du releveur en particulier, serait une curieuse rareté.
Nous présentons ici un cas de paralysie du moteur oculaire commun, associée à la paralysie du facial.