INSTRUMENTS ARATOIRES
Les principaux instruments aratoires usités dans le département du Nord sont la char* rue^ la herse ^ le rouleau^ le binot^ la houe à cheval , la rasette ^ le louchet , la faux et le
piquet.
Charrue.
La charrue la plus répandue dans lé dépai^tement du Noi*d est la charrue belge^ connue sous le nom debrabant» Les différentes pièces qui la composent ne sont pas touteé exacte^ ment les mêmes dans les localités où Ton ^'en sert : ainsi les unes ont le têtard mobile jK eu fer^ tandis que^ dans les autres^ cette partie de l'instrument est immobile et se trouve pel*^ cée de trous qui reçoivent un étrier en fer, dont le^ dents sont disposées perpendiculaire-^ ment les unes sur les autres. Quelques-unes sont chargées de fer, d'autres n'en ont que fcfrt peu j aussi en voit-on qui sont attelées tantôt de deux chevaux > tantôt de trois, dans
dès sols «le iriéme oonsistance^ et alors même qu'il /agi4 de labours d'égale profondeur., 9Iéanmoins oe$ diffëreïrces n'apportent aucune modifieatioti essentielle dans les principes qui président' à la construction des brabants :
c'est pourquoi la description suivante^ em«pruntée à Schwerz, peut s'appliquer à chacun de ces instruments.
c< Le soc et le versoir sont en fonte ; l'âge et le sep sont en bois^ mais ce dernier a le talon garni de fer, ainsi que la partie qui regarde le côté non labouré de la pièce. Le soc représente un demi-coin : la partie qui regarde la terre non remuée est droite et plate; celle située du côté du sillon est tranchante, et forme, avec la première un angle de 30 degrés; il n'y a pas de douille du côté du versoir.
Celui-ci forme avec le soc une ligne contournée et non interrompue y en sorte que les deux pièces ^é confondent en une seule ; il est rivé à sa partie antérieure par un lien soudé au soc, et il se trouve maintenu postérieurement par deux élançons qui s'appuient Tun sur le sep et l'autre sur l'âge. Celui-ci se rattache ati sep par un plateau auquel il adhère au moyen de chevilles; il est, en outre, fortifié pai* plusieurs brides. Le sabot, maintenu en position
par un coin , glisse sur terre dans sa partie l>os(érieure; sa partie antérieure se relève en pointe^ pour laisser échapper par-dessous le fumier pailleux : le sabot ^ dans plusieurs localités^ est remplacé par une roue. Le têtard est percé de trous qui servent à suspendre le palonnier. Plus celui-ci est suspendu à droite, plus la tranche s'élargit. Ordinairement les chevaux sont attelés au trou qui se trouve visà-vis du milieu de Tage^ ou bien à l'un de ceux qui Tavoisinent; les autres trous ne sont utiles que dans le cas où l'on veut labourer tout auprès d'une haie ou d'un fossé. Il nV a qu'un seul mancheron. »
Cette charrue, l'une des meilleures que l'on connaisse , fonctionne avec une grande régularité; avec elle, deux chevaux suffisent pour exécuter des labours ordinaires de 435 à 162 millim.; au moyen d'un attelage de trois chevaux on peut labourer aisément à 271 mill., si la terre n'est pas trop argileuse.
Dans les environs de Valenciennes , on se sert d'une charrue à avant-train, nommée harna^ qui diffère peu des brabants quant à sa construction; elle exige un attelage de trois chevaux .
Herses.
Les herses employées dans le département du Nord sont carrées ou triangulaires^ armées de dents en bois ou en fer. Tantôt les dents sont cylindriques, c'est ordinairement ce qui a lieu pour celles qui sont en bois; tantôt elles sont anguleuses , telles sont la plupart des herses à dents de fer. Les unes comptent 27 dents, les autres 33 j chez presque toutes, tes dents font saillie des deux côtés de U herse, de manière que le dos de l'instrument présente des dents de 54 à 81 millim. de longueur; la plupart ont leurs dents légèrement inclinées en avant. On attelle le plus souvent les herses par l'un des angles; suivant qu'elles sont fortes ou. légères ^ on y met un ou deux chevaux.
Rouleaux.
Presque tous les rouleaux du département du Nord sont en bois, d'une seule pièce; c'est par exception qu'on en rencontre en pieiTe. Les uns sont encadrés dans un double châssis , les autres n'ont qu'un châssis simple; ils ont , en général , 2 mètres k 2 mètres
500 mill. de long sur 406 à 482 mill. de diamètre. Dans quelque^ localités , néanmoins , on en voit dont le diamètre offre 406 à 542 mill. Le^ rouleaux-hérissons ne sont employés que chez un petit nombre d'individus.
JBincst,
Quelques cultivateurs ont introduit récemment d'ans leurs exploitations le binot usité à à'âin^Quentin. Cet instrument présente , en gétiéi:*àl , fe forme triangulaire ; i^ est garni âe deux traverses , munies • Tune de trois
^ôcs et ràiitre de cîiiq, dont les montants sont àcfssî firges que le feri C'est Tinstrument le phis ëttergîqiie que Ton puisse employer pour ddc^aiimér , ameublir le soi et détruire les îhâùtâfsês herbes j oh 1 attelle avec trois ou ijùatré chevaux. M. Julien Lefebvrje, à Bjem-^ lès-Lannoy, préfère le binot à là charrue pour les labours de printemps. .
Il ne faut pas confondre avec ce binot , adopté» seulement par i^a jjetil nombii?»dQ propriétairep y Tiustf Umenjb çOQQiu aous c^ ff{èï^t ij&Qm dans» presque tous \^ arp oodi^l^^s»
du départirent, du Nord», et qiû u'est SL^tp^ qu'une charrue tré^-impai^fsiite ^ munie ^ dewsx veiçoirs en bois et ^m Goutre : qn §b
^isi Qndiairemeat de cette derrière poMf dp^^im* 4es Qjultjiiref superficielles et poi^* bigler lQS{4^t9 89rclée«.
Houe à cheval.
La iioue à dbeirai , que l'on remplace le f4uB souvent pair le binage avec. la rasetCe , espèce de petite houe à main dont le fer a environ 8 centimètres de largeur , est armée de â socs placés sur deux rangs : un seul cbeval sui]St pour k conduire.
Louchet.
Le louchet se eompo^ d'un fer dont la l^^f^ur ^t ordji^airement do 162 mill.
suf ujgye iQijigueur. de 217 à 271 m\[, , et ^i s'e^hàs^e dfvps up m^che ^e 975 mW.
eayi|rQu : U poi^ée est dispoçée^ 4e n|^aniii:e qu'on puisse y appliquer les deg^ m.a^ns..
Faux et piquet ou sape.
V», {aux es* câlle> employée pi^rto^ PQAm?
Ssoicfaer les céréales ; sa desci^iptioo est biencaBnue. Quant au piquet , désigné aus^ sous le Boi» de sapidf il se campose de deuix pièces^
d'du manche coude en bois et d'une lame en fer semblable à celle d'une faux , mais beaucoup plus petite. Lorsqu'on fait usage de cet instrument ^ la main gauche de l'ouvrier e^t armée , à son extrémité , d'un crochet en fer, monté sur un manche , destiné à rassembler les épis et à les coucher légèrement sur la récolte pendante. L'ouvrier se sert encore du crochet pour former les javelles. Le piquet est le meilleur instrument qu'on puisse employer pour couper les récoltes très-épaisses ou qui sont versées.
DESSECHEMENTS.
Cinq grands dessèchements ont eu lieu daiis le département du Nord^ savoir : dans le pays à watteringues , dans les Moëres , dans la vallée de la Scarpe et dans les marais de l'ÉpaixetdeBtuay.
ff^iUteringues.
On désigne sous ce nom des travaux destinés à soutenir le dessèchement et à maintenir les propriétés rurales dans leur état de culture. Le pays à watteringues se compose de toute la lisière maritime de Tarrondissemcnt
deDunkerque^ dans une longueur d'environ trois myriamétres sur un myriamétre huit kilomètres de largeur ; sa surface est de 38,881 hectares.
Cette contrée, d'une part au-dessous du niveau de la mer , dans son flux , et dominée, de l'autre, par les hauteurs qui y versent leurs eaux , n'était qu'un lac à son origine ; pour en opérer le dessèchement , on a percé un grand nombre de canaux sur un développement de 51 myriamétres.
Une administration spéciale , dite des walteringues, règle les ouvrages à exécuter, les dépenses à faire annuellement pour l'entretien des canaux, ponts, éclusettes et autres travaux qui en dépendent.
Cette administration, qui représente l'association des propriétaires intéressés , a été organisée déQnitivement en vertu du décret du 12 juin 1806. Toutes les terres à watteringues sont divisées en quatre sections dont Tétendue est déterminée par des lihiites naturelles. Chacune de ces sections est administrée par une commission composée de 5 membres; choisis parnû les trente principaux propriétaires. Un conducteur des travaux et un percepteur sont attachés à chaque section.
Le$ proJ€ts^de travaux à exécuter sont «oumis à l'examen des ingénieurs des ponts ^ chaussées. Xa première section comprend toutes les terres bornées par les dunes de Dgiicikerque à Gravelines par la rivière de TAa et le canigil de Bourboyrg à Dunkerque ; sa superficie est de 9,298 hectares 52 centiares. La se- €onde section comprend toutes les terres basses situées entre le canal de Bourbourg , celui de la Colme et le canal de Bergues à Dunkerque; sa superficie est de 10,1 89 hectares. La troisième section comprend toutes les terres basses situées sur la rive droite du canal de la Colmç jusqu'au watergaack d^ Hondegracht; sa superficie est de 8,508 hectares 96 ares. Enfin k quatrième section comprend le jreste du pays à watteringues qui ne fait {nas partie des Moêres; son étendue est de 2^128 bc^tiares 72 centiares.
Moëres.
La nature n'avait fait desMpëres qu'un vasjlç 4gout destiné à recevoir les eaux qui tombant de toutes les terres environnantes et qui sojot de 2 mètres 599 aadill. plus élevées que le .spl des Moêres ; leur de^échoipaut njç pouvs^f.
s'opérer^u'i.r«dc 4e Q)2i6|;«if)^$ hyd^auUquçs
qui , e^ élevant les ^aux à upe hs^yU^r $ui)f.saatpf ha YçrsesaieBt dans ()e9 cani»iix 4'pù 0U^ SQ f (w4f^ù^A( i^ U qoer ; p'es^ a^»9i le moyen qii'ftn s^ employé.
Jgq qu';»n icyn' sic;cl^ , les MQ#r«? re$tèi:eiit À )'éf;al; flfî ^Aa^ai^ ; ap toq^p» 4e lei)r pi^s g^nàe ^écHvie^ elles ^îjtn^ ^nflore cpur ^fifUm 4e « iftètrp !B34 mUl. 4'ww» de l»» ^ KÛa^jUjef» q^i repd^ifiqt 1% viU^ 4e fierguies /» iflj»I,ul»re,
^ ^ Ql P , le barpft Wencpçlgs 4P Ç<«)bprr gl»er» Mlg^RV»*" bPteP» fet . **ec l^i ^owviPW»» ^ P»H » »» i^îMJ^^ f^^ \^mf^ H ^'pngagejiii « dfim^ljiei; ]^ Jfif)ès&i d^nii md délai ^i. H ai^t
teSÇ» 4'flJWï4 fi<^ lac^ d'une digqe, pui^ d'i» ^naA 4'SflCI§Wt«5i} il fit j en outrée , «pp^jFujre m^ fS£^jffi^\»^ 4e moulins qui ^pi|i#(^w( \m W»t. 4* %4 de? Hmti^ et le» éleiF^j^
4§(^lf^^:9^Am )^ isof^dui^t ^ la nM)r pa? te
canal de Bei|;ues. Divers avUf e^ Ir^v^uN^. <)^fh ïJ^Bt-fM dPf s4«^eF l^ Mtopfîes j ]f »Hpqi^ fut
l«*ingJ»da|ip%s ftt- 1*P Mowft» ïi^èiîeqt %««« l'eau : Cœbergher eu mourut de chagrin.
J^r^ jre^lfii^Bt çi|fem«»8^ pi«id»ut
près d'un siècle. En 1746 , le comte d'Hérouville ^ qui avait obtenu la concession des Moëres , y fit divers travaux dont on se promettait le plus heureux succès , lorsque , par suite du traité de Versailles , en 1 763 ^ il fallut détruire une partie de ces travaux en comblant le port de Dunkerque ; une partie seule des Moëres échappa à l'inondation. Les choses en étaient là lorsque , en 1 779 y la compagnie hollandaise Wandermey entreprit de nouveau le dessèchement des Moëres ; mais les mesures militaires adoptées en 1 793 détruisirent les résultats incomplets qu'elle avait obtenus. Les Moëres restèrent abandonnées jusqu'en 1802.
A cette époque , les propriétaires nommèrent M. de Buyser directeur du dessèchement, et en peu d'années cet habile administrateur répara tous les désastres ; grâce à son activité et à sa persévérance , le dessèchement complet fut opéré en 1 826.
Aujourd'hui cette partie de l'arrondissement offre le plus riche coup d'œil ; de noniïbreuses exploitations remplacent des marais insalubres, et le cultivateur recueille avec usure , chaque année , le prix dé ses travaux.
L'administration générale des Moëres est
confiée par les propriétaires à une commission qui surveiHe et dirige tous les travaux.
Vallée de la S carpe.
I Cette vallée, qui s'étend depuis Douay jusqu'au confluent de la Scarpe , à Mortagne , a un développement de4myriamétres 8,000 mètres. L'époque précise des premiers travaux de dessèchement est inconnue ; on sait seulement qu'ils furent entrepris par des communautés de religieux.
Les terres comprises dans cette vallée se divisent en deux sections , la section de Marchiennes et celle de Saint-Amand ; chacune d'elles est administrée par une commission composée de 5 membres nommés par les trente principaux propriétaires et renouvelée, chaque année, par cinquième. Un conducteur est chargé, dans chaque section , de rédiger les projets de travaux d'entretien et d'en suivre l'exécution ; ces travaux sont surveillés par des ingénieurs des ponts et chaussées.
Marais de VÉpaix et du Bruajr.
Le marais de l'Épaix est situé sur le territoire extérieur de la ville de Valenciennes , dans Tangle formé par l'Escaut et la ville de
Saint'^inaiid ; celui dd Bruay ^ dans la èlmimune de ce nom ^ lui esl contigu : tous deux offrent une surface de 337 hectares. En 1 824, il s'est formé ufae association pour le complet dessécheniéiit de ces mdrais; L'adiâinistration m est eoiiAée à une cotnmissioti cottaposée de 5 membres nommés par lés trente pitis riehet propriëtaii^es de Fassoeiatioii; Cette conlmisa* ston est renouvelée tous les aiis par cinquième. L'ingénieur de l'arrondissement est chargé de rédiger les projets de travaux j un conduc^ leui* en suit l'exécution.
DES ENeRÂtS.
Les engrais dont on fait usage dans le département du Nord peuvent être divisés en engrais solides et en engrais liquides : à la première catégorie appartiennent le fumier d*étable, le fumier de ville, le parcage des moutonis, les tourteaux, la colombine, les cendres végétales , la suie , les cendres pyriteuses et les cdmposts; là Seconde Catégorie comprend les urines et la courte graisse.
$ I«^ eUgaih souma.