‹ Agriculture du département du NordChapitre 13 sur 37 · Fumier cCétahle · texte numérisé non relu

Fumier cCétahle

DâDi la plupart des arrondissements, la litière se compose de paille de blé, d'orge ou d'avoine, et des tiges de colza ou de cameline, qu'on laisse plus ou moins longtemps s'impré* gner des matières excrémentitielles et se dé-« composer sous les animaux. En général, le fumier de vaches reste quinze jours dans l'écurie,* le fumier dé cheval est enlevé à la fin de chaque semaine, et l'on a soin d'ajouter tous les jours une litière fraîche à celle du jour précédent; les bergeries sont vidées tantôt tond les mois, tantôt seulement trois ou quatre fois pendant l'année : le fumier qui en provient est déposé dans un lieu séparé j les autres engrais sont mélangés ensemble.

Dans le plus grand nombre des fermes, aussitôt après la sortie de Tétable ou de l'écurie, le fulnier eôt jeté, sans ordre, au milieu de la cour ^ dans une fosse de 975 mill. à 1 m. 299 mill. de profondeur, qui présente, en général, l'aspect. d'une cuvette. De cette disposition vicieuse , il résulte que les eaux pluviales aboutissent à ce point central , baignent le fumier outré mesure et

empêchent la fermentation de s'y développer; d'un autre côté, lorsque le moment est venu de transporter le fumier sur les champs^ il arrive souvent, dans les années pluvieuses, qu'on ne charrie qu'une litière lavée de ses principes fertilisants. Ce mode imparfait se rencontre chez presque tous les cultivateurs ; ce n'est que chez un petit notnbre de propriétaires ^ et notamment dans l'exploitation de M. JuUien Lefebvre, à Hem-lès-Larinoy, et dans celle de M. le baron de Bouteville, à Hornaing, que j'ai vu le fumier préparé d'une manière judicieuse. La cour, dans ces deux fermes exemplaires, est nivelée dans toute son étendue; le fumier, disposé par couches régulières, forme des cubes de 975 mill. à 1 m.

299 mill. d'élévation sur 1 m. 624 milL à 1 m. 949 mill. de largeur; au pourtour de l'emplacement règne un rebord destiné à contenir le purin qui s'échappe du tas, et à maintenir le pied du fumier dans une humidité constante. M. de Bouteville et quelques autres cultivateurs éclairés arrosent leurs fumiers avec du purin , lorsque le temps se met à la sécheresse; quelques-uns mêlent aussi de la chaux à leurs fumiers.

Les fumiers sont charriés sur les terres,

dès que celles-ci sont en état de les recevoir; jamais ils n'y restent amoncelés^ comme cela a lieu dans la plupart de nos départements.

Ici tous les cultivateurs pensent que rien ne nuit plus au fumier que de rester en tas , exposé des journées entières h l'action de l'air, de la pluie et du soleil ; aussi ont-ils soin de répandre de suite et de l'enfouir aussitôt par un labour léger : il n'y a que les cultivateurs négligents qui suivent le procédé contraire.

Quant à la '^ proportion de fumier qu'on applique aux récoltes, elle varie suivant le genre de plantes et le mode d'assolement adoptés par les cultivateurs. Dans l'arrondissement de Dunkerque, sur les terres clitreuses , j'ai rencontré des fermiers qui mettent iO voitures de fumier, pesant chacune 2,250 kilog. par mesure de 44 ares 4 cent.

Dans l'arrondissement de Lille, M. Weymelle emploie 64 voitures, pesant chacune 2 à 2,250 kilog. par bonnier (1 hectare 41 ares 87 centiares). A Wandignies, arrondissement deDouay, M. Ducouvent applique par hectare 30 à 35 voitures de fumier d'étable , pesant chacune 2,000 kilog. M. Gruyelle, à Coutiches, fume dans la proportion de 48 voitures, pesant chacune 2,250 kilog., par rasière de

47 ares. M. Bàucq, au Faux-^-Viviérs^ metck 25 à 30 voitures de fumier gras sur ses bette^ raves. Dans rarronditoement de Yalenoiennés, Mi Légrand^ à Rosult^ met 40 voitures de fumier^ pesant chacune 1^500 kilog.\ par bohnier (1 hectare 20 ares 72 centiares).

M. Hamoir-Boursier , à Sautain , met de 8 à 10 voitures, pesant chacune 2,500 kilogé, par mencaudée de 23 ares. La cour ou son fumier est déposé présente une disposition remarqua-^, ble : l'emplacement est en cuvette ; nïais vers le milieu se trouve une pente par laquelle le liquide se rend dans une citerne, dont il est séparé par une vanne qu'on lève lorsque lès pluies sont trop abondantes é Les hôtes à cornea restent, nuit et jour, sur le fumieré MM. Blanquet et Harpigny, à Famars, mettent 6 à 7 voitures, pesant chacune 2,500 kilog4 paï^ mencaudée (23 ares).

Dans l'arrondissement d' Avesnes, on fume^ en général, dans la proportion de 30,000 kilog. par hectare. Un grand nombre de cultivateurs préfèrent employer le fumier pendant qu'il est frais ; cepetidànt ils n'en font point un précepte absolu pour tous les cas : ils se règlent, à cet égard> d'après l'état des terres et le genrfe de récoltes qu'ils leur confîefit.

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