Fumier de ville
On dëbigne 80us oe nom les boues et les dâiris de toutes sortes^ reeucdllis dans les villes^ et que le cultivateur emploie après les avoir soumis à une préparation particulière.
En général , celle-ci se borne à attendre que les boues aient subi une certaine fermentation y et que Thydrogène sulfuré qu'elles renferment soit entièrement dégagé. Le plus grand nombre des cultivateurs s'en servent après les avoir laissées longtemps reposer ; ce n'est que par exception que plusieurs d'entre eux hâtéht la décomposition de cette espèce de fumier , en y mêlant de la chaux et en bras-* sant la masse à plusieurs reprises*
Lé fumier de ville^ inconnu ou négligé dans plusieurs localités du département du Nord , est aitrêtnement recherché à Lille ^ et surtout à Dunkerque. Dans cette dernière ville, Yen^ lèvement des boues, mis en adjudication, a été éoncédé) moyennant une somme de 2,500 fr., à M; Coclin, l'un des plus habiles engraisseursde bestiaux du département. Son matériel représente une valeur de 30,000 fr. ; il consiste eh 24 tombereaux et 1 tonnes ou bacs, contenant chacun 1,200 à 2,00(1 litres. La maniéré
dont il prépare cet engrais est la suivante : le fumier de ville est stratifié ; entre chaque lit de boues de ville on met une couche de fumier provenant de bêtes à l'engrais , mélangé avec une certaine quantité de sable de mer, de manière que ce dernier entre pour un tiers dans la masse de chaque tas. Les boues de ville se composent de débris de poissons^ de vases, de résidus d'égouts et de matières végétales. Le fumier, ainsi disposé et mélangé par couches alternatives, est arrosé tous les jours avec des urines chargées de matières fécales et provenant des fosses d'aisance de la ville. Au moyen de ce stimulant énergique, le fumier fume dés le huitième jour, et pourrait être employé sans inconvénient dès cette époque; il est entièrement fait au bout d'un mois, et, en général , on n'attend guère au delà pour le conduire sur les terres. M. Coclin estime que le fumier de ville perd la moitié de sa valeur si on l'attend pendant un an; il le vend en gros, au prix de 8 fr. le bacot, pesant 3,000 kilog., à des marchands de Bergues, qui le revendent en détail. Les fermiers traitent avec ceux-ci ; ils viennent chercher le fumier dans leurs chariots pendant les mois de juin et de juillet, le payent 1 2 fr. le bacot et le déposent le long
des routes ou du canal , moyennant un droit de 50 centimes par tas. Les petits cultivateurs le placent sur un coin de leurs champs jusqu'à ce qu'ils puissent l'utiliser; ils ne l'achètent souvent qu'au moment où leurs terres sont préparées pour le recevoir.
Cet engrais , extrêmement énergique , s'exporte jusqu'à Saint-Omer et Gassel ; il doit ses propriétés non-seulement à la préparation soignée que lui donne M. Coclin, mais encore aux matières premières qu'il emploie à sa confection : des vidanges, des débris de poissons; des boues fermentées , du sable de mer et des substances végétales se trouvent mélangés de la manière la plus heureuse avec un fumier gras , provenant de bestiaux engraissés avec des résidus de distillerie; de simples composts de chaux et de fumier ne donneraient pas les mêmes résultats. M. CocHn vend, chaque année ^ 3 à 4,000 bacots de fumier de ville; cet engrais agit pendant 3 ou 4 ans; ses effets Sont plus sensibles sur les terres clîtreuses du pays au bois que sur les terres du pays à watteringues.