Mania ge
Le marnage , que la plupart des cultivateurs confondent avec le chaulage , n*est pratiqué que dans un petit nombre de localités du Nord , là seulement où Ton trouve de la marne ; dans les autres contrées, la substance qu'on y désigne sous ce nom est un calcaire dépourvu d*argile, qui, soumis à l'action d'un acide , fait simplement effervescence , mais ne se délite pas. Du reste , la rareté de ce précieux amendement est moins à regretter dans le département du Nord que partout ailleurs, à cause de la nature généralement argileuse du sol : les amendements calcaires étaient ici de première nécessité, aussi le cultivateur ne manque-t*il jamais de les faire venir , même
de loin , lorsque sa localité ne peut les lui fournir.
Dans certain^es conlimunes où Ton applique la marne, on a coutume de la conduire, avant l'hiver, sur les chaumes de céi^ales que la charrue n'a point encore rompus j on la ï^pand à la surface du sol , dans la proportion de 220 hectolitres environ parrasière (45 ares), et ùfi Tenfouit au printemps parjplusieurs labours superficiels, en ayant soin préalablement d'y faire passer alternativement la herse et le rouleau, si les gels et dégels ne l'ont pas suffisamment pulvérisée. On ne fume ordinairement qu'à la seconde année ; cet amendement étant considéré, en général, comme Tcrûedemîfumure. La première récolte obtenue après le marnage est presque toujours une céréale; quelquefois aussi , ce qui est bien préférable, lorsqu'on ne fume pas dans l'année même, une récolte sarclée , telle que des féveroles ou des pommes de terire.
Les quelques cultivateurs qui ont adopté l'usage de marner pensent qu'une terre à laquelle on a donné une fois cet amendement doit le recevoir de nouveau après un certain laps de temps. Ils croient que la marne, sur les terres fortes, se fait sentir manifeste-
ment pendant douze ans , mais qu'après ce temps son action va toujours s'affaibiissant. i 5 ans sont considérés comme le terme rigou*reux passé lequel le mama^doitêtrerenouvelé sur les terres qui n'ont que peu de fond , on marne plus souvent ^ maia moins fortonent chaque fois : on met environ 80 hectolitres par rasière de A5 ares; le mamage revient alors tous les 9 ans. L'action de la marne est regardée comme plus sensible sur les terres de médiocre valeur que sur lés bons tarains; c'est pourquoi la plupart des cultivateurs pensent qu'il est inutile de faire cette déprâse pour ces derniers , k moins qu'ils n'aient été épuisés par une culture ruineuse ou qu'ils aient besoin d*étre ameublis ; encore , dans ûB icas y préférent>'iU le ehaulage comme plus éaei^que et moins coikepx.