DU HOUBLON
Tous les sols ne sont pas également propres à la culture du houblon : on distingue, à cet égard, dans le département du Nord, quatre sortes de terrains, savoir : les pâtures défrichées, les terresargilo-sablonneusesprofondes, les terres légères chargées d'humus, et les terres fortes dont l'argile se trouve près de la surface.
Les pâtures défrichées sont regardées généralement comme les meilleurs sols pour la production du houblon : cette plante y donnç de fortes tiges et des fleurs abondantes.
M. Revel, propriétaire-cultivateur à Steenwoorde , retourne la couche de gazon , tantôt avec le louchet, tantôt à Taide de deux charrues qui se suivent ; la première renverse la couche de gazon» la seconde la recouvre par un labour très-profond. M. Villette, à Pra-** delle^ donne trois labours : le premier ne fait qu écroûter la pâture; le second pénètre à 135 ou 162 mill.; le troisième labour défonce le sol à 379 raill. et place la couche de gazon entre deux terres, de manière que les racines puissent y puiser aux différentes époques de leur végétation.
Les terres argilo-sablonneuses, bien qu'inférieures aux pâtures défrichées, sont encore excellentes pour le houblon, pourvu qu'on leur applique une forle dose d'engrais. On a remarqué que, dans ce terrain, la fleur du houblon est riche en volume et en qualité ; le point essentiel est de tenir la terre meuble au moyen de labours profonds et d'une forte fumure : la charrue ou le louchet doit pénétrer de 271 à 379 mill.
Les terres légères, qui contiennent un excès d'humus, produisent des tiges très-fortes et des feuilles extrêmement développées; mais les fleurs ne se montrent qu'à l'extrémité des
rameaux, elles sont pi*e8que toujours petites, peu serrées et d'une raédiocre qualité.
Enfin le sol de quatrième classe ne convient au houblon qu'autant qu'on l'a préparé longtemps à l'avance pour cette culture. Là où l'argile se trouve près de la surface du sol, c'est-à-dire à 108 ou 135 mill., on commence par appliquer une fumure ordinaire avec du fumier de cheval, et l'on donne un labour superficiel pour ne pas ramener la terre compacte ; on herse, on fume une seconde fois, et l'on défonce ensuite, aussi profondément que possible, avec la charrue ou, mieux, avec le louchet; peu importe alors que l'argile soit ramenée à la surface.
Les labours et les engrais doivent être donnés du mois d'octobre au mois de décembre, afin que la fumure soit bien décomposée et que la terre ait le temps de se rasseoir. Au moment de la plantation, on herse de manière à n'avoir que 54 ou 81 mill. de terre meuble, et Ton passe le rouleau.
La plantation du houblon peut avoir lieu à deux époques : dans le courant d'octobre ou dans le mois d'avril; celle du printemps est généralement préférée, parce que le plantis
d'hiver est exposé à souffrir des gelées ou des pluies trop abondantes.
Le choix du plant est de la plus haute importance pour le succès d'une houblonnière.
D'après M. Villelte, il faut, autant que possible, prendre son plant dans une houblonnière de trois ans, dite bru/djare, lorsque la végétation est parvenue à son plus haut point; les racines doivent être abondamment fournies de chevelu.
D'après M. Rével, un bon plant doit avoir trois nœuds, la pelure extérieure d'un jaune d'oere et Tintcrieiir blanc ; ce dernier caractère se vérifie en enlevant une tranche au pied du plant. Les plants qui ont l'extérieur brun ou verdâtre, piqueté de noir, portent les symptômes dix chancre ; ceux qui sont chancreux ont l'intérieur d'un jaune brun ou tacheté :
les uns et les autres doivent être rejetés. Le plant doit, en outre, ne pas être trop gros; les pieds qui ont ce défaut sont sujf^ts à être creul à l'intérieur; par le même motif, il faut éviter d'employer les plants provenant d'une pâture nouvellement défrichée , ou d'une terre trop fortement engraissée; le pUnt pris d'une jeune houblonnière est généralement moins
exposé aux chancres : c'est celui qu'on préfère ordinairement.
Le choix du plant ainsi fixé, on procède à la plantation, qui a lieu du 15 au 30 avril.
Le houblon se plante en lignes, et l'on se sert du cordeau, afin de les tracer bien régulières. Si la pièce forme un parallélogramme, on commence par planter la première ligne à une demi-distance, c'est-à-dire à 975 niill.de la séparation du terrain ; puis on marque les routes de 2 mètr. en 2 mèti\ La première ligne ainsi plantée et espacée, on place les plants de la seconde, de manière qu'ils correspondent avec le milieu de Tintervalle laissé entre chaque pied de la première ligne, et ainsi de suite , toujours à la distance de 2 mètres.
Pour que l'alignement soit régulier, il faut que les plants de la troisième ligne correspondent avec ceux de la première, ceux de la quafrième avec ceux de la seconde, etc., de
telle sorté^ qu'en examinant la houblonniére
on rencontre partout des lignes droites parallèles et obliques, ce qui lui donne la forme d'un damier. Cette distribution a pour but de laisser , en tous sens , un passage aux rayons du soleil, dont l'action exerce une g.rande influence sur l'arôme du houblon.
Si la pièce est de forme irrégulière, on y trace le plus grand parallélogramme possible, qu'on plante comme il vient d'être dit; les coins vides se remplissent par des lignes plus courtes, entre et parmi lesquelles on a soin d'observer les distances indiquées.
Pour planter le houblon, on tend un cordeau , et^ après avoir indiqué les distances à garder, on forme avec le louchet un trou de 162 à 189 mill. de profondeur sur 271 mill. de largeur, dans lequel on place, sur une ligne droite, trois à quatre racines à 54 ou 81 mill. de distance les unes des autres ; on les recouvre de manière que l'extrémité supérieure se trouve à peu près à fleur du sol; on tasse assez fortement la terre à l'entour des pieds pour que la racine soit solidement engagée, et on jette sur le tout une pelletée de terre meuble, afin d'empêcher le sol de se crevasser.
Quelques jours après la plantation , si le temps est sec, on arrose avec de l'eau de fumier mélangée avec de l'urine de vache, ou avec une légère dissolution de tourteaux de colza, et l'on répand un peu de terre sur les plantes immédiatement après avoir arrosé. Les premières pousses du houblon venant à pa-
raitre^ on plante à chaque pied une petite perche de 2 m. 599 mill. à 3 m. 248 niill. de hauteur et grosse à proportion; on y attache successivement toutes les pousses que les plantes émettent, sans avoir égard à leur vigueur ; ces tiges sont conduites en spirale autour de la perche en suivant le cours du soleil , c'est-à-dire de gauche à droite; on les attache I à mesure qu'elles s'élèvent, avec du jonc ou de la paille mouillée.
Dans la première quinzaine de juin, on forme de petites buttes de terre autour des liges; ces buttes ne doivent pas excéder 1 08 ou 135 mill. de hauteur pour le houblon de première année; si on les faisait trop élevées, le jeune plant, rencontrant cette masse de terre meuble, y jetterait ses racines au lieu de les enfoncer profondément en terre, ce qui serait très-facheux : en effet, on obtiendrait une belle houblonniére de première année, dont le produit est éventuel et de peu de valeur, mais à la seconde année, les racines ne tiendraient presque plus en terre, et la plantation se trouverait trés-compromise.
Si le houblon de première année porte fruit, on en fait la cueillette debout, sans renverser les perches, et surtout en ayant
fia
$oiu de ne pas couper }e8 tiges, parce que k perte de la sève arrêterait la croissance des racines. Ces tiges, du reste, sécheront au mois de novembre ; on pourra alors les couper sans inconvénient au rez de la butte de terre; on enlèvera les perches, et on couvrira ies pieds du houblon avec une forte motte de terre, pour les préserver des gelées et de Thumidité*
Quelques cultivateurs, l'année même de la plantation de la houblonniére, lorsque le sol est suffisamment riche et afin de se dédommager du faible produit de la première récolte, plantent , entre les lignes ou entre les buttes de terre, des pommes de terre, des haricots, et quelquefois aussi des betteraves et des navets; on redouble alors de soins pour extirper les mauvaises herbes : cette récolte additionnelle est presque toujours exigée des houblonnîèresqui comptent plus d'une année de plantation.
Les travaux de la seconde année commencent vers le 1 5 avril : on démottelle les houblons , c'est-à-dire on renverse les mottes de manière que le terrain se trouve presque en surface plane, et l'on taille les tiges et les racines venues dans la motte, en les coupant rez terre avec un couteau fabriqué ordinairement avec
k pointe d'une vieille faux ; puis ou les recouvre aussitôt d'un peu de terre fine , pour les garantir contre Tardeur du soleil ou contre les grandes pluies. La taille s'exécute en tenant les tiges d'une main et en appuyant lé- ^èremenl dessus. Le houblon de troisiéaie année se taille comme celui de la seconde année, avec celte différence I cependant» qu'on ne peut le couper qu'à 27 mill. au moins au--dess<u6 de la première taille» Quant <iu houiAoa 4e la quatrième année et des années suivanteSt ce sont toujours les mimes opérations, mù^ on ne peut guère préciser combien il faut lui laisser de pied : l'examen du houblon démottelé est le seul guide à suivre dans ce lUis» & on trouve que le plant de houblon tient fortement en terre, que ses tiges sont saines et qu'elles n'ont pas jeté de trop Sortes raoines dans la motte, on peut tailler bas sans aucun inconvénient* Au contraire, si le houblon tient peu en terre ou si ses tiges semblent devenir chancreusesi il faut lui laisser au moins 54 mill. de tige saime; s'il a jeté de fortes r^nes dans la motte, il est essentiel de ne pas 4sn4oi»mager ces racines ^ et de ne cou^^r les tiges qu'à 27 milU au-ésssus d'^es; ^s
dernier signe indique sourent une rieillo houblonnière qui s'en va.
Il est des cultivateurs qui fument immédiatement après la taille du houblon; mais cette méthode est blâmée par plusieurs planteurs renommés^ et, entre autres, par M. Revel, qui pense que, toutes les fois qu'on fume avec du fumier d'étable, on expose les jeunes pousses du houblon à être attaquées par les pucerons , ces animaux se retirant de préférence sous le fumier qui n'est pas complètement décomposé. M. Villette, de Pradelle , recommande les cendres comme un excellent préservatif contre ces insectes ; il en met environ deux poignées à chaque plant. De tous les tourteaux qu'on peut employer , ceux de lin et de colza sont les meilleurs ; on les dépose au pied de la plante dans la proportion d'un demi'kilogramme , et on les recouvre aussitôt de terre , pour les empêcher de se dessécher : on croit que les tourteaux de camomille rendent les houblons chancreux.
Le moment favorable pour placer les grandes perches de 8 m. 121 mill. à 9 m. 745 mil. de hauteur est celui où les tiges se montrent à 108 ou 135 mill. hors de terre; on
Si5
forme les trous destinés à les recevoir^ avec un pieu fait exprés/ généralement en bois de frêne, armé d'un fer pointu et dont la partie supérieure représente deux branches. Il faut, àutaint que possible, placer les perches du côté du plant le plus exposé aux vents violents, qui, dans ce département, soufflent de l'ouest et du nord, afin qiJie, si un coup de vent vient à i^ompre quelques perches , celles-ci tombent vétt Fest ou le midi : de cette manière , les
tî^ se replieront sur elles-méme«, tandis qu'en sens inverse les perches entraîneraient les houblons dans leur chute et les arhacheraient de terre.
'Lorsque les tiges ont atteint assez de hau« téur pour être attachées, on en choisit un éërtain nombre pour garnir chaque perche :
de leur choix dépend souvent le sort de la houblonfaière.
* On réserve quatre tiges à peu prés de même longueur, sans tenir compte de celles qui pourraient être plus élevées; il faut seulement qu'elles aient la tête rouge, et qu'elles ne présentent aucune pousse latérale à leurs nœuds; ces dernières doivent être rejetées comme vicieuses. Dès que l'on est fixé sur le choix des tiges, on les attache à chaque per-
rougit ; on arrache aq^ite tpu(^ lef «uItm tige» , tant bonqçs qu^ maavaUf^ » * Vfixmj^,
tioa 4e deui^ pu trois aulp^ 4^ p^i» fi^ifiui».
qu'on garde pendant quelque («mps , afin de pouvoir remplacer 1^ tige# U4es à Upei^^^ dau9 U ca$ où çUe$ Tiendraient à périr,
A partir du momwt pu Tjpn aUacbd le hou>r blon jusqu'au moment de U récolte^ U fout^ donner à la plantation les soins Ie$. plus asai^ du9 f tous 1^ deux jours on visite la boubloiQh^ nîére , afip de voir si aucune tige ne s'entr?!^ lace ; on dégage le» têtes qui avaient prise», §t Ton rattache le houblon s*il vient .à changliF de direction, Aussitôt que les plante» »<>nt
parvenues à 975 miU^ ou 1 m^ 624 n^iU^; de hauteur I »w le» perches, nu arraobçlGïK^ tjiçça e}^édante»ain»iqueiçelle» qui pqt poussé
depuis qu'on a lié le houblon. On met en»lWt(t deux ou trpi» pelletée» de fumî^ l^ieo fait ^^
pied de chaque plant» on laboure avec le Ipi^ cbet^ çt, pour rendre le »pl içeftble, on éléyp des buttes d'un pied de hauteur en leur dpn^ nant» ver» le milieu, la forme d'un entonnoir; cette disposition particulière de» mottes a pWF but de concentrer, au pied de la plante , les engrais qu'on y dépose. '
La terre reçoit une noureUe fiiçon éans les fffemieps jotiFS de jaiUet ; on bèehe l'intervalle deê «otles , l'on remonte ces dernières tussi hiutt que possible en leur conservant toujours la forme d'entoqnoir, et Ton y verse de là eonrlengraisse on une dissolution de tQur-»
ieaua de colza , qu'on recouvre d'un peu de terre ; cet|& Aimifire réveille la vigueur de la plante, et lui donne la force d'émettre de nom** bnsuaes tiges florales.
L'élagage du houblon consiste à couper, ap foii et à mesure qu elles croissent , toutes las branches latérales que rejettept les tiges justqn-à la hauteur de 1 m. 949 mili. ou 3 m.
gd9 milL, selon que le houblon se trouve plus ou moins élevé sur les perches.
]^ maturité du .houblon se recoupait cKtàfieiirwieiit à la leiate brune que prend Textr^mîté dea cpqe^.
I^d^asipcation du houblon peut s'effectaçp de deux imanièrea , avec. d}x bois ou des briquettes fabriquées avec du charbon de Frtsnes. V ilic feu de bois exige de grandes précautions ^t la pré^^Qce contifiuelle d'un bomme chargé de Valiuienter. On faif d'abord un feu léger dont on augmente l'a^ti^ité dès que le houbloin eommence à suer ; on ne saurait trop le ibl^cor
dans ce moment pour empêcher la fiunëe^de colorer le lioiiblon mouillé; nëanmQkis il faiil veiller à ee que le feu ne soil pas assex ardent pour qu*ou ne puisse tenir la main sur les treilles où le houblon est déposé , sans cela on risquerait d'enflammer la (orrelle ou d^ ron»* sir les fleurs : lorsque la sueur commence à 9e dissiper, on ralentit le feu jusqu'à ce que le houblon soit sec.
On reconnaît que la dessiccation estaceom*^ plie lorsque les queues des fleurs se briëent aisément. S'il arrivait que le grand vent chaésat le feu plus fortement d'un côté qu^ de l'autre, il ne faudrait pas, pour cela , i^toOfner le houblon » mais on jetterait une espèee de pont sur la torrelle, au moyen d'une platfr che , et y à Taide d'une fourche ou simplement avec la main / on allégerait lés endroits où le feu se fait moins sentir ; pour surchar^ ger ceux qui sèchent plus vite. Si l'on retournait le houblon, les fleurs, encore verles, mouilleraient de nouveau , par leur sueur, celles qui étaient déjà sèches , et le houblon perdrait ainsi sa couleur et son lustre : moins on touche au houblon pendant sa torréfacti(^, *plus il est blanc et luisant.
Le feu d« charbon n'exige , pour ainsi dire,
aucune surveillance ; comme il ne donne pas de fumée , oh peut faire un feu toujours égal, en ayant soin de ne pas le faire assez vif pour rous(sir le houblon. En faisant sécher la récolte à petil feu , on obtient un houblon de première qualité.
t)éi que le houblon est suffisamment sec, on le rétire de là torrelle pour le mettre dans un autre local , où on le laisse refroidir pendant sept ou huit heures.
Avant de recharger la torrelle , il importe d'en nettoyer l'intérieur, c'est-à-dire de retirer lé houblon qui se trouve engagé dans le (l^èillage. Lorsque le houblon est refroidi, on lef place, aussi légèrement que possible , dans des sacs, puis on le vide dans un magasin nommé spycker. Ce magasin à houblon est un local d'où l'air et l'humidité doivent être complètement bannis.
Le hôiibloi^ qu*on veut conserver ne doit pas être emballé avant le mois de décembre , et même alors on conseille de ne procéder à cette opération que par un temps très-sec , tel qu'une belle gelée.
Pour emballer le houblon, on commence par mettre une petite portion de la récolte dans une balle suspendue au-dessus de terre ;
un homme y 4escend , piétipç le bp^^çij» i^p faisant continuellement le tour de la b^lli^^ g| l'entasse le plus fortement po^siblç à noiç^mf qu'on Vj v^rse, et ce jusqu'à ce que l^ baUç soit entièrement remplie : une ha^^ biefi çqjql* ditionnée doit résister à une fpr^ pre^^jp^i Une fois le houblon mis en sac ^ op }g 4^ppse dans un local sec où l'air extérieur ne puîsjf pénétrer : il s'y conserve parfaitement.
Immédiatement après la récolte flu hpHblon f on a soin de iqettre les perf^hçs ^f^ ias et de l^s couvrir de paillassons. On dçni^e guj^ mottes y au moyen d'une nouvelle ^ddjt^i^ndiç . terre , h forme d'yn paia de sucre , ^fia dç préserver les pieds de houl^lop dç (Qutç ^^qoLjlr dite.
GUUnttb DU TAfiÀC« ' <
Cette culture est presque entièrj^ment concentrée 49ns l'arrondissement 4e ^Lille et dans plusieurs cantoqs d'Hazebrouck : on lui réserve les meilleurs sols argilo-sablonne^x.
suivant quelques cultivateurs , les bois défrichés y les vieilles pâtures , les terrains qui ont été longtemps sous leau et contiennent beaucoup d'humus , sans être acijde3 1 produi'-
ls^v^f!^ 0t r^marquablas par leur poi4«* L? \^\wi prQYenant def teri'p^ f\^^ légère^ esl moin^ Ip^rd:^ pais 3oq pdqur ^^t plus fioe, et il fpiffpit d'e^cellept^s feuille» pour la fabrioi^f tioj[» d^ iQigar€|$,
4^ t^taq tieiit li^u purtpiit d§ )^ jaçhôrp.
Après une éteule de blé , on prc^p^rç Ifi terrtl^ p|ir ,qM4tr^ ou cipq l9boura : le priemj^F a lieu pour le àéchwm^S^} le secop4| de 108 n^iU^i 8^ dpmt? avant Thiver; 9» printemps, pn enduit pfir lK>niiier 80 voitures de fumier , pe^aat çl^acu^e 1!|250 l^ilog,, qnq l'on mél^ing^ par plp^eur^ Mbouf f , dppt l'un ?a j^squ'l 3?6 Will. 4$ prQfqi»4euF } je»trf c)»ftq»i§ 1*t ijÇjyp on ri4fi , J pft hçrs^ et J'on rpa4^Ue la tRffJF?tin , s'il y 9 li^p.
Pians pprtaines Ipcsili^és , 1^ labpflr qi^i ^ui(, l^ d^pbftuflopgfi çst le plu$ profpnd dp tp^$ ,• iji
adp 27 j è 335 m\\. dç prpfpwdpur. Ou «pplin
qup le fwmjier pendant l'hiver, çtaq printeflapji on dpnnç plq^^ieurs labours de 169à217ipill« ^ prpfppdeur, epjremêl4^ d^ l^ersages ef 4^ r^i)de}age3 : les petfts fpéaogprs e^écuté^t, tpmes levirs jci^ltures m louphe^. Les epgrî^iç qi|i poq viennent le mîeu^au tabac sont^ outr^; 1» fumier d'^able que l'oi^ applique bien epii-*
somme ^ les' tourteaux dé colza et d'(!eiIIettis,' la cîourte-graisse, puis les tourteaux de chanvre et de cameline. Dans le canton de Lille^ peà dé jours après le premier labour d^avril ; ôh arrose le soi avec de la courte-graisse dans laquelle on a fait dissoudre des toilfteailx'; 24 heures après , oh donne à la "pièce nn coup
d^ her^e croisé.
' Le semis a lieu sur pépinière labourée 'ai différentes reprises et forteihent fumée; lors-' qu'on sème sfiir i>âture défrich'éé, on bêche là' pépinière avant l'hiver, et, au mois de miiVsV on donne xxn labour peu profond | afiii dé lié pas ramener rherbé'à la surface; qiielqués' jours avant de senier, ori l'aïT^sè avec dès tourtèiaùx de' colza et d'teillétte dissous dàrià de la courte-graisse , et Ton y répand aùfer d^ tourteaux de camelrne secs, si Ton craint ïés vers et le^ insectes. La graine est semée à' la volée ; peu de temps après la levée des plantes , on les espace à 27 ou 54 mill. Tés unes des autres, et l'on a soin de tenir la pé^ pinière nette de mauvaises herbes. Lorsque le plant est suffisamment fort, on procède à la transplantation. Immédiatement avant de repiquer, on herse, on râtelle le terrain, on tracé lès lignes au coi^deau et l'on met les plantés
dans les trous creusés avec le plantoir , en ayant soin de ne pas, courber la racine, ce qui rendrait la végétation languissante. Les pieds de tabac se trouvent à 50 centimètres en tous sens : on repique toujours sur labour frais.
Cette opération s'exécute depuis le i"juin jusqu'à la Saint-Jean. A Merville, le terrain est disposé en planches bombées. Dans la petite culture, le soir même du repiquage ou 24 heures après , on arrose le plant avec de la courte-graisse. Une chaleur humide ainsi qu'une terre bien ameublie et bien amendée favorisent particulièrement la reprise du plant. Aussitôt que le tabac commence à relever ses premières feuilles , on bine ; entre le premier et le deuxième binage on répand ordinaii'ement des tourteaux, et , 1 5 jours ou trois semaines après, on butte. Les plantes ont alors 8 ou 1 feuilles : les uns buttent séparément chaque plante , de manière à Tisoler des pieds voisins ; les autres buttent en même temps tous les pieds d'une même ligne , en sorte qu'ils se trouvent tous renfermés dans le même sillon. C'est aussi à cette époque que Ton étête le tabac : on coupe avec l'ongle de l'index et celui du pouce la tête des pieds les plus vigoureux , en ne laissant sur chaque
plante que 8 ou 1 feuilles y et , comme \» but essentiel est de les obtenir aussi développées que possible ^ on retranche^ à trois reprises différentes^ pendant le cours de la végétalioU, tous les bourgeons qui se montrent aux aisselles des feuilles ainsi qu'à la aommité des tiges. Cette opération doit être &ite a^ea le plus grand soin ^ sous peine d'éprouVer de rudes mécomptes lors de la récolte*
Le moment de couper le tabac est indiqué par la couleur jaune que prennent les feuilles; il existe^ à cet égard , deux procédés : les uns enlèvent les feuilles une à une » sans arracher la tige } la plupart ^ au contraire ^ coupent la tige près du collet avec une faucille* Quitte que soit celle de ces deux méthodes ^u'on Mlopte, dès quon a séparé les feuillos des tiges qui les portaient ^ on les enfile en chapelets ]aivec une aiguille et ime ficelle > et tm les aiaspend 4ans des séchoirs* Ces feuilles aont espacées à 27 mtUk les unes ^% autres d«is les chapelets ^ et ceux^ sont écartés entre eux de 325 milU On a soin de les abriter du vent et de la pluie pendant leur dessiecMion, car^ si elles venaient à en àtre atteintes lotsif u'elles aont encore verles^ elles de vieodi:aie|it noires, ti'és^casiantes et {)erdraieftt aiuM de
leur qualité. Elles restetit stispendues eu châ^ pelets pendant huit jours ; âpi*ès ce témp^ , On lek retourne , de manière qUe ce qui était deMUs se trouve dessous. Lorsque le tisibac est suffisarntnent sec , on dépend les châpe"^ lêts pour eu Faire de petits paquets composée dé 8 ou 1 feùilled , et ou les met à Tabri sous un toit j eu ayant soin de les préserver de l'humidité. Ces paquets sont entourés de paille; ils restent ainsi abrités jusqu'au premier décembre ^ époque à laquelle on les livre à la régie.
Dans un bon sol et par une culture âôigfiée, on obtient par bonnier 400 kîlog. de feuilles sèches , y compris celles du bas appelées sabonnettes ^ qui ont moins de valeur que les 4tttrès. Avant 183S , les 80 kilogramttiel de tabac se payaient, eh moyenne, 50 fr. ; aujbUt^ tSIiuî on ne le* achète plus qUe 36 fr. Là ihégie se montre si difficile , qu'il n'y a pluÈ de première qualité ; aussi, depuis ce' temps, le cultivateur ne fait-il plus ses frais. Les tracasseries des employés de la régie , d'un côté, lie l'autre le peu de hénéttees que dottne uÀinlevant le tatalc, oUttonsidéràblMnent restreint kâ eulture y ^ le moment n^est ^ éloigné bù, ^fts 4e lutter contre MM le« obstàel^ qùNHi
leur oppose , les cultivateurs renoncerout tout à fait à ce genre de récoltes.
Le tabac est range au nombre des plantes les plus épuisantes ; mais on fume si fortement pour cette récolte , qu'après elle on peut aisément en obtenir plusieurs autres sans engrais ; aussi , dans l'arrondissement de Lille, trouve-t-on cet assolement sur les terres argilo-sablonneuses :
1* Tabac fumé , Thiver , avec fumier d'étable , et , au printemps , avec courte* graisse et tourteaux; 2' Colia; 3^ Blé ;
4* Trèfle cendré ; 5** Blé et plant de colza ; 6» tlivernage.
Les uns pensent que le tabac peut revenir tous, les 6 ou 8 ans; les autres veulent qu'on attende 10 ans avant son retour sur le même diamp.
CULTURE DE Lk CHIC0R£B.
La culture de cette plante ne s'étend guère au delà des communes d'Onnaing etdeWich, dans l'arrondissement de Valenciennes ; on là rencontre encore dans quelques communes
de rarrondissemenl de Douay, mais sur une étendue très-bornée et seulement par exception : les petits ménagers s'en occupent particulièrement.
En général , pour la chicorée , on choisit un sol très-riche, ou Ton place cette plante sur un tréQe bien réussi; on ne fume pas, parce que Tengrais agirait trop fortement sur le développement des feuilles au détriment de la racine. Aussitôt la récolte enlevée, on déchauine; en septembre, on hen^e le terrain, et^ au mois d*octobre, on donne un labour de 162 mill. : le champ passe Thiver en cet état. Au mois de mars, on défonce le sol à 325 mill. avec le iouchet et Ton passe de suite la herse ; 1 5 jours ou trois semaines après , on donne un labour superficiel , suivi d'un hersage , afin que la surface soit irès-meublei mais que le fond reste ferme. Dans le courant d'avril , après avoir hei*8é de nouveau, on sème à la volée , par hectare , 5 kilog. de graine provenant de la récolte précédente; la semence est recouverte à la herse et l'on ferme la terre par un tour de rouleau. Dès que la chicorée commence à lever, ori lui donne un coup de rasette ; au second binage on éçlaircit les plantes, en les espaçant à
408 ou 1 35 milL eii tous sens : dans le cours de la végétation, on donne souvent encore un troisième binage.
La maturité des plantes a lieii, en général, dans la première quinzaine d'octobre. On se sert du louchet pour arracher les racines, et, cortitne il est important dé leS retirer entières , on défonce lé sol à 650 mîll. environ, la chicorée pénétrant quelquefois jusqu'à eeCte profondeur.
Dès que la racine est extraite, on là débarrasse des particules terreuses qui y àdhèreùt, et l'on transporte la récolte à la fermé, où on la met eil monts , potir la faire sécher ; elle reste ainsi jusqu'à sa complète dessiccation: si on renimagasinait étant éticore humide, elle s'échau (ferait et perdrait beaucoup de ^a valeur. Les racines bien réussies brtt environ 27 mill. de grosseut* dànâ letif moitié supérieUl* î une fois sèches, on lés jjârtâgé éti quatre ou six parties, suivant leur dimensioti, et on les coupe âitisi avec Un hàbhe-paille pâ^ morceaux de 2Î à 54 Uiill . dé longueur, pour' les faire sécher à la torirelle : <îettè opération terminée, on conserve là ï*écolte étendtie sUir un greuîer.
La chicorée ; dans uti bon sol, t*édâ envi-
l'on 5,dOÔ kilog. de racines par hectare* Ou ci^oU qu'eïle est trèi-épuisantê H ^tiMl ïi* fatii pas la faire revenir sur la ménie piét^ AvaiM ^t)t)û^2 ans.
RËGOLTES-R ACINKS.
P&mtfm vfe ierre^
On cullive deux v^arî'éléS dé pôYnnie^ dt; lerhe daiià le département du Nord , la jtulH^ et là i^ouge. En génémî , cette récolte prend là jiîace de la jachère et Vient priesque toujotw% après ravoïne qui a stiivî lé btè ; les culltil^fc^ qu elle reçoit varient suivant ïes locàlîtèi.
Dâhô f âlfrondisSément ût Dunlert|Wft > «to prépare fe teff ô pftt ttôis htyotît* \ te "pr^siAtft, ësqùi^élâgfé , èSldonftê pôtTr déthàiim«r$ *e àèuxîèniè , relwagé , 'a lî'eu ^prte \tt èetnailM^ dé ^Y^aînS dllîVéi» ) tfti fàine ^\cft^ ltMr$qti*t>h ^^^bït feife SUôtédet lîile cêtëaïè àut pcytfrtnés (âè terre, tiâiiàla prétuièfé qtfîhlàîôrexl-aVri! , on herse , puis l'on ouvre des sillons avet Ib (Siàï^ue et Tôti y ptam^ ïes tuliweîtîtîles dans la '^Vô^oWioll de 1 2 tiettofitres ^^^ ltslM»»tt«s teh-ès et dt A% datfô tes tnêdioCres, par tte*sui% de ^'U âféà 4 t^tttttes. Lïi pfanttitit<n tt¥^ îiiihefe , on hèTsê él Vhn f otfle.
Prés de Steenc , on ne fume, les pommes de terre que lorsqu'elles doivent être suivies d'une céréale.
Dans l'arrondissement d'Hazebrouck , on donne également trois labours ; mais , lorsqu'on veut avoir une récolte fort abondante , on fait un lit-avant^ c'est-à-dire qu'on ramène à bras de la terre vierge qui se trouve mêlée avec la couche arable par le dernier labour; les uns fument avec des boues de ville, les autres avec des fumiers de basse-cour , des tourteaux ou de la courte-graisse : les engrais de la première espèce sont presque toujours appliqués pendant l'hiver ; les tourteaux sont répandus au moment de la plantation sur les tubercules mêmes, c'est ce qui réussit le mieux. Les plantes sont mises indifféremment à deux ou trois raies de charrue, sans qu'il y ait aucune différence dans les produits : elles se trouvent à 406 mill. les unes des autres dans les lignes; on herse après la plantation, mais on ne roule pas*
Dans l'arrondissement de Lille, on regarde comme plus avantageux de fumer pendant l'hiver ; on se trouve aussi très-bien d'appli-quer de la chaux aux pommes de terre après le premier labour de printemps. On plante
toutes les deux raies ; les tubercules sont à 325 mill. dans les lignes.
Dans le canton de Marchiennes , on donne deux labours avant l'hiver ; au printemps, on laboure de nouveau, Ton herse , puis on voiture du fumier, que l'on enterre par un quatrième labour en même temps que celui-ci sert à recouvrir les tubercules. M. Ducouvent préfère planter à la houe , parce que , dans les années humides , les pommes de terre sont ainsi moins sujettes à pourrir. Les raies plantées sont à 650 mill. les unes des autres, et les tubercules se trouvent à 406 ou 487 mill.
,dans les lignes : on met environ 25 hectolitres par hectare.
M. Broy, à Cuincy, fume pendant l'hiver; avant le dernier labour de printemps il fait passer la herse et le ploutroir sur la pièce; il plaute 4 hectolitres par rasiére de 43 ares.
A Masny, chez MM. Fîévet, toutes les pommes de terre de semence sont coupées en quatre; on met 6 à 7 hectolitres par rasière; la plantation a lieu depuis le 15 mai jusqu'en juin; lorsqu^'ils ont déjà pris une récolte d'escourgeon en vert, la. plantation n'a lieu quelquefois qu'au 15 juin^ mais I9 récolte est de moins bonne qualité.
A Flinçs , or) met araot Thiver la moitié du fumier ( 8 à 1 voitures pesant chacune 1^500 kilog.); au sortir de Thiver, on donne un hersage croisé, puis Ton met le champ en billons de 650 miUim. ; cha(|ue billoi;! se compose de trois raies de charrue. Les pommes de terre sont plantées dans le creux gîii séparé les biIlon3 ; oii répand alors l'autre moitié dti fumier^ qui est bien décomposé, et Ton recouvre le tout à la houe avec la terre prisé sur le sojnmet des billons : le terrain se trouve ai]isi remis à plat.
Dans (outes les localités, aussitôt que les pompaes de terre ont 54 ou 81 millim'. , on léS bine ou bien on les herse; quinze jours où trois semaines après, pn butte. Plusieurs cutti^ vafeprs^ lorsque la terre est propre^ se contentent simplement de butter les ponîmes de terre; si la terre p^a pas été suffisamment Aimée, on répand des tourteaux ou de la courtegraisse immédiatement avant le buttage. Â tlines, on met 50 hectolitres ^e courte-graisse p^r rasîère de 47 ares; s'il fait sec (le sol ici est très-sablonneu5t), on laisse la butte de terre guverte jusqu'à }a floraison, afin que Teau des plûtes puisse s'y réunir ; on la dispose en toit si le temps est trop humide. Dans plusieurs le-
ses
calité^ f on n'aime pas que le l^uttage sçit trop fort , et Toîi a remarqué que la rëçoUe e§t d'autant plus abondante que les ti^berqules reçoivent davantage l'influence du soleil. Presque partout les binages et le buttqgç s'exëcufent à bras d*homme> et l'on croit généralement que la récolte n'est pas ayssi productive lorsqu on dçnne ces façons avec des instra-;ments. La récolte a lieu dans le courant de septembre. Quelques-uns déterrent les tubercules avec un binot; mais la plupart se servent du louchet ou de la fourche, et ils trouvent qu'on laisse ainsi moi.ns de tubercules en terre. Le rendement varie. Dans l'arrondissement de Dunkerque, on recolle 1 50 hectolitres par mesure de M ares: dans celui d'Haze^rouck, on compte sUr 150 hectolitres par 37 arçsj à Lille, on évalue le rendement à 280 hectoïilres par hectare; à Marchiennes, on obtient2iD0 hectolitres à l'hectare; à Flines, on compte sur 1 5Ô hectolitres par rasière de 47 ares ; dans l'arrondissement de Valenciennes , on récolte 250 à 300 hectolitres par 120 ares.
La plupart des cultivateurs conservent leurs pommes de terre dans des caves ou des silos; plusieurs les dressent en tas sur le sol, les recouvrent d un Ut de paille de 135 à 162 mîll.
d'épaisseur et d'une couche de terre plus, oh moins forte : si la gelée se fait sentir^ on ajoute encore de k court£-paille ou du fumier.
La pomme de terre est regardée par tous les cultivateurs comme trés-épuisante. On croît généralement que le blé qui lui succède réussit moins bien qu'après toute autre récolte sarclée, 1"* parce que les tubercules soulèvent trop lè sol^ 2^ parce que les semailles de blé né peuvent avoir lieu que très-tard ; en revanche f la pomme de terre passe pour une excellente préparation pour les grains de mar$..
Les uns pensent qu*elle peut revenir tous les deux ou trois ans; les autres, tous les quatre ans seulement : dans l'arrondissement d'Hazebrouck, on n'admet son retour qu'après six ou huit ans.
Les pommes de terre sont souvent sujettes à la frisolée et aux chancres : celte dernière maladie les attaque surtout dans les années pluvieuses.
Betterave.
Les petits ménagers sèment ordinairement à la volée quelques ares de betterave-disette pour la nourriture du bétail; les grandes culfiiros de hetleravp qu'on rencontre, dans le dé-
partemerit du Nord, appartiennent toutes aux fabricants de $ucre ou aux fermiers avec lesqqels ceux-ci ont passé marché pour la livraison d'une certaine quantité de racines.
Cette culture est surtout répandue dans les arrondissements de Lille, Douay, Carabray et Valenciennes ; suivant les localités, on prépare le sol de différentes manièrf3*
Dans l'arrondissement de Dunkerqne, on donne trois ou quatre labours avant l'hiver; au printemps, on se borne à herser ju^u'à ce que la terre soit parfaitement meuble.
D^s Tarrondissement de Lille, après avoir déchaumé, on laboure une première fois à 108 mill., puis une seconde fois à 217 ou 271 mill. avant Thiver; on fume, autant que possible, avant les cultures de printemps:
cellesH^i consistent surtout en hersages, rou-' lages et ploutrages.
A Cuincy, dans l'arrondissement de Douay, on déchaume, on laboure à 162 ou 189 mill.; on conduit, autant que possible, le fumier avant l'hiver, et tel qu'il se trouve à cette époque, mais au printemps on n'emploie que du fumier court; l'engrais est enfoui au binot; on . donne ensuite un labour de 1 89 à 21 7 mill. et on laisse reposer la terre jusqu'aux semailles ;
ce moment arrivé, on herse, on roule et Ton ploutre pour rendre le sol bien meuble*
MM. Piévet, à Masny, après le décbaumage, donnent un labour de 217 à 244 mill. avàiit rhiver; toutes les terres sont alors mises en billons; au printemps, on rabat les bilions, on donne ensuite un labour de 1 08 mill. pour réchauffer la terre 9 et jusqu'au mois de^mal^ époque des semailles^ oti alterne les hersages et les roulages avec les labours.
M. Desmoutiers^ à Faumont^ dëchaume, hersé et laboure à 325 mill. avant l'hiver ; lé fumier est mis sur ce labour, qui est en billons; au printemps, on rabat les billônsy on donne un labour de 135 mill., on herse et Ton roule jusqu'à ce que la terre soit bien ameublie.
M . Ba ucq, au Fa:ux-'yi viers, suit une méthode un peu différente. Avantrhîver,îl fumeFéteule même du blé et l'enterre par un labour de 81 milU; le second labour, de 162 mill., se donne en novembre; au printemps, on herse en croix, on binote, on roule et l'on trace dés lignes à la houe pour y placer la graine.
Dans l'arroudissemeut de Valenciennes, Irois ou quatre jours après que la récolte de blé a été coupée, on déchaùme au binot; quel-
que temps aprés^ on donne un coup de herse guivi, ail bout d^un certain temps^ d'un nouveau coup de bînot et d'un nouveau hersage.
* Immédiatement avant Thi ver, on donne un labour de \ 62 ou 21 7 miU. de profondeur; au printemps, on donne un nouveau labour à la terre , on la travaille quelquefois encore aflii de bien mélanger toutes les particule» ter-» reuies, puis Ton herse, Ton roule et Ton ploutre : le ploutrage ici consiste à faire passer la herse retournée sur le dos ; s'il reste encore des niottes, on les brise avec le rouleau. Dans lès terres blanches, on préfère souvent bi noter avant l'hiver; on ne laboure point à cette époque, l^on attend Jusqu'au printen^ps.
Pour les terres que Ton veut défoncer, ôà opère aussi différemment. Lorsqu'on donne le labour avant Uhiver, on laisse une raie ouverte tous les 5, 6 ou 7 sillons; on approfondit en-^ suite ce sillon avec le louchet, et la terre qui en est extraite est rejetée sur la partie labourée.
Lorsque l'on ftime la terre, on appliqué, tintant que possible, l'engrais avant l'hiver^ on a remarqué qu'avec une grande quantité de fumier de vaches les betteraves acquéraient Un volume considérable; mais, dans ce cas, leur jus rcnférrte beaiicôupde potasse ei d'am-
moniaque combinées qui deviennent Ut^res et jouent un rôle nuisible dans la fabrication : quelques cultivateurs ont également reconnu que les betteraves semées sur parc se tienneni plus longtemps vertes que celles qui ont été fumées avec d'autres engrais.
Des deux variétés de betteraves que Ton c^Uive pour la fabrication du sucre, la [dus répandue , parce qu'elle est la meilleure , est sans contredit la betterave de Silésie; celle À peau rose et à cercles concentriques roses et blancs vient immédiatement après. La pre<^ mière, d'une conlexture ferme et serrée, 8i,ipporte, sans en être altérée , un degré de froid plus élevé que la seconde; toutes deux restent enterrées jusqu'au collet ; elles donnent les produits les plus considérables et sont aussi les plus riches en jus. L'époque la plus favorable pour les semailles, dans le département du Nord, est du 15 avril au 15 mai; quand on plante plus tard , il arrive souvent que les betteraves ne parviennent pas à leur fnaiurité, et, par suite, qu'elles se conservent avec peine et se laissent travailler difficilement ; en re^vanche, par une semaille précoce, c'est-à-dire faite dans les premiers jours d'avril, on s'ex* pose à voir beaucoup de plants monter en
grainas dès la première année , et ces graines elles-mêmes reproduisent des individus sujets au même inconvénient : les graines de la seconde année sont préférables à toutes les autres; on peut, néanmoins, employer encore celles de trois ans.
Il existe, dans le Nord, deux méthodes principales de répandre la semaille : par le semoir ou avec la houe.
Les semoirs employés pour les betteraves sont généralement des semoirs à tambours; la raie est ouverte par un petit soc, et, lorsque la graine y est versée , des dents de herse la recouvrent aussitôt , et une petite roue presse la terre en appuyant dessus. Ces séraoîrs exigent une assez grande quantité de semence et la répartissent passablement. Un défaut essentiel qu'on leur reproche , c'est qu'ensemençant plusieurs lignes à la fois, la distance entre les lignes se trouve invariablement fixée, tandis qu'il serait quelquefois utile de la varier. Ainsi, pour obtenir le maximum de récolte d'une terre maigre, on ne peut, par exemple, espacer qu'à 325 milK , tandis que, pour at« teindre le même but dans une teri*e riche, il faudrait peut-être laisser, entre chaque ligne, 433, 487 et 542 mill.; un autre inconvénient
de ces instruments , c'est qu'on ne peut enterrer la graine plus ou moins profondément, selon que Télat de la terre Te^ge; on y arrive, au contraire, très-aisétnent par l'autre méthode. Les principaux semoirs usités dans le département sont le semoir de M. Crespelï)ellisse, d'Arras, celui de M. Hugues, deBoraeaux, le semoir de M. de Dombasle, le semoir-Mounier , de Douay, et le semoir-ttelfosse, de Berlaimont.
La semaille à la houe s'effectue de là manière suivante : un homnie ouvre, avec une petite houe, appelée rasette, qu'il tient inclinée de manière à faire entrer un des angles en terre , une raie de 27 ou 54 tnîlL de profondeur | un cordeau tendu transversalement aux deux extrémités du champ, au inoyen de deux petits piquets , lui sert de guide. Après cette première raie , il en trace uûe seéonde parallèle à la première, puis une troisième, puis une quatrième , et ainsi des autres. Une ouvrière suit, tenant d^une main Sxn petit jjanier plein de graines, et répanà avec Taiitre main les graines qu'elle y puise ; avec un peu d'habitude et en faisant constamment glisser le pouce sur les doigts, elle répartît avec règularité la graine dans la raie : une seconde
ouvrière suit la première et recouvre la graine en promenant alternativement les deux pieds sur la raie. L'homme qui tient la houe doit toujours être d'une ligne en avant sur la première ouvrière , et celle-ci doit également précéder d'une ligne sa compagne. L'homme et la première femme, en arrivant ensemble au5t deux extrémités opposées du champ, ôteiit les piquets qui tiennent le cordeau pour les reporter à la ligne suivante. Ces trois personnes peuvent semer ainsi 45 ares par jour. Cette àiëlhdde est très-usitée dans Tarrondissement de Valenciennes ; on la retrouVe encore dans le canton de Marchiennes, mais avec quelques légères modifications.
On emploie, en général, 5 kilogrammes de semence par demi-hectare lorsqu'on fait usage du semoir ; par la méthode à la houe, M. Baucq, au Faux- Viviers, ne met que 2 kiîog. 1;2 par rasière de 46 ai*es ; il roule après que des enfants ont recouvert la semence,
La distance entre les plantes varie : les uns mettent les betteraves à 406 inillim. dans les lignes, et ces dernières à 48t millim. j les autres espacent les betteraves à 21 7 ou 244 ûiîllim. dans les raies, et laissent un intervalle de 542 millim. entre les lignés : quelques«uns
Yculent i\uil y ait 406 inillim. de disfaqce en tous sens^ plusieurs se contentent de 325 millimétrés. .
La culture de la betterave exige de nombreux sarclages. Quand les plantes commencent à lever, on donne un premier binage entre les lignes; dés qu'elles ont trois ou quatre feuilles , on éclaircit et Ton repique dans les endroits où la graine a manqué. Il est d'expérience, dans le Nord , que les betteraves repiquées n'atteignent jamais le développement de celles qu'on a semées sur place, quelque soin qu'on apporte, du reste, à leur transplantation ; mais telle est la perFectioa avec laquelle les semailles en lignes sont exécutées, qu'il est rare qu'on ait recours à cette ressource. Dans aucune exploitation le nombre des sarclages n'est limité ; beaucoup de cultivateurs pensent que plus ils sont nombreux, plus la récolte est abondante ; on est surtout convaincu que le moindre retard apporté à cette opération essentielle cause un grand déficit dans les produits. Tous les binages et les sarclages ont lieu à la tnaia ; on en donne, en général , trois ou quatre.
Pendant sa végétation , la betterave est sujette à être attaquée par plusieurs insectes ;
ses piûacipaux ennemis sont Taltise bleue ou tiqaet, puce de terre {altica oleracea), Tiule des; ssib\es (iulus sahulosus)^ Tiule terrestre (iulus terrestris) et la larve d'un coléoptère désignée dans le pays sous le nom de ver gris. Les trois premiers ne sont redoutables qu'au moment de la levée de la plante^ mais souvent lenrs dégâts sont tels qu'ils forcent à ressemer jusqu'à deux et trois fois : la betterave est^ en général^ hors de danger quand elle a percé sa troisième feuille. Le ver gris attaque souvent la betterave au moment du deuxième sarclage ; toute racine qui en contient un se flétrit au bout de quelques jours; si l'on arrache la betterave, on trouve l'insecte roulé vers le milieu de la racine, dans le vide qu'il y a pratiqué en la rongeant : on doit enlever aussitôt cette plante, car il n'y a plus d'espoir qu'elle reprenne^ même après la destruction de la larve, et celle-ci, passant à une autre racine, continuerait ses dégâts et compromettrait la récolte. Jusqu'ici on ne connaît pas de remède contre ces quatre fléaux.
L'arrachage des betteraves s'effectue depuis le 1 5 septembre jusqu'à la fin d'octobre, et souvent aussi jusqu'en novembre. On recounait que les plantes ont atteint leur ma-
ts
turité, lorsque les feuilles sont jatunes et que le champ fie présente plus qu'une .mittéibe rouillée. Dans le départetnent du Nord, l'ar*rachàge des racines s'opère àù moyen dé la fourche et plus souvent encore arec lé lotÊ-* chet. Dès que les racines sont hors de terre ^ des femmes les décollètent , soit eh ebùfiafit horizontalement toute la partie fefuiUiie atéc une faucille , soit en la coupant sur un piftn perpendiculaire à Taxe de là plante^ arécf xm couteau.
Les betteraves arrachées et décOllétêeS tout mises en tas, de distance en distance, sur p1u<^ sieurs lignes, de manière que les charîotsf puissent circuler dans la pîéde satis l^écrâpséï^ on les charge ensuite sur les voitures et elles sont alors transportées à k ferme, pour ètte conservées dans des caves ou, plus ofdîn^rement, dans des sHos. Le$ feuiHes et lëscolkts coupés sont laissés stir le clAiÀp pùar itfe enfouis par mi coup dé fcîhot': on- JiegiBirdé cet engrais comme une demî-fiunure; céui qui ont des troupeaux de moutons font emr-* sommer les feuilles sur place. • *
: Il y a quelques années, âfvant d'emmagasiner les betteraves , on le$ laissaît se i^ssuycr pendant plusieurs joufs suff lé sdf ; àtt a^ftit
bien soin de les secôtier rtiuè contre t'autre pmr Ie!r dëbïrràséét â^i paHicules tetrenses qui adhèfeïrt à k i^cirie , et oh lie fe^ mettait en fbs^ qûë pât* tm tettipS ééc. Cette Méthode â été l^ôlintfé vteieuse j aujôUf d^hili , à peiné les betteràtiôsf sontHèlIéâ dëeoltéféëS, qtie, âaiiâ défâchef 1* térfe (itt*ëlïe$ plurent iiéteôir et, qddqilé temps qu'il fasse , soit See , sôlt pîûvieùt f 6h transporte les i^teineS au lieu de teUf deslhwtion i eltes s'y coûs<îfVent fort bien jdsqM dâtiS les prettïiers jours du printemps. Lé mode dé eonsei*tâtîôïi dans les caves et tes magïs^taâ à subi aussi tm cbangément notable; on lui a généralement substîtiié les sites. Cétl«-cî sont représentés pw dés foséé^ plus ou moins profondes , creusées dàné un sol argileux : le plus ordinairement on leur donne un mètre de large , un mètre de pro-
fbtfttetir ei dht à quhi^é métrés ée témgSfèur ; 'û éskîe téêtàvMÎhÈ tfâé gf tôde Vâi'kité de pro^ cëdès à cet égai^di Lè^ befiéfïtés sont fttngëés avec soin dans lés sHéS et diéposlëes dé telle «btte» ^'élteëis'élèTetitdé 335 ou dé 6ëO mill. ati^dé^iûH dû Ml f ett fbi'mant ûtté double tôi^ ti»ë j éik léë recouvre d'iiné couché dé ferré de im à65(»miU. , ^lëeéé éh dOs d'âne et bat^ lue m louché! , dfit^ dé dontiéir moins de prise
à la gelée et de permettre récoulement des eaux : dans les grandes gelées ^ on met encore un lit de fumier par-dessus les silos.
Le rendement des betteraves varie de 40 à 60^000 kilogrammes par hectare, mais plusieurs fabricants dépassent ce chifire,
La plupart des cultivateurs pensent que la betterave peut revenir, tous les trois ou quatre ans, sur la même pièce; beaucoup de fabricants la font revenir deux années de suite, mais, dans ce cas , on sème plus dru, parce que la graine est plus sujette à manquer. En général, les fabricants de sucre ne considèrent pas la betterave comme très-épuisante : on obtient presque toujours de fort beaux blés après cette récolte.
Les navets ne se cultivent qu'en seconde récolte dans le département du Nord ; on les met après du sucrion , de l'hivernage , du blé, du seigle ou du trèfle incarnat.
Après du sucrion ou de l'hivernage, on prépare la terre par un seul labour superficiel, suivi d'un hersage. Si le sol n'est pas' suffisamment riche, on répand de la courte-graisse ou du purin peu de jours avant de semer.
Après un trèfle incarnat , M. Villette ^ à Pradelle , donne deux coups de charrue ; il fume et sème ensuite les navets. Dans la plupart des arrondissements^ on veut que la semaille soit faite au moins à la Notre-Dame d'août ; plus tard , la réussite des navets est chanceuse. La graine se sème à la volée , dans la proportion de trois à quatre litres par hectare. Si le temps est à la pluie ^ on ne recouvre pas la semence; au contraire, s'il fait sec, l'on herse et l'on roule. Les navets reçoivent un binage dès qu'ils ont quatre à cinq feuilles; beaucoup se dispensent de cette façon ; quel-
ques-uns profitent de ce moment pour arroser les navets avec de la courte-graisse. La récolte a lieu ordinairement dans le mois d'octobre.
On arrache les navets avec la main, et on les serre dans la cave, pour être donnés aux bestiaux au commencement de l'hiver. Dans plusieurs localités, on sème des navets pour servir de fumure verte lorsqu'ils sont bien développés : on regarde cet engrais comme excellent dans les terres légères.
Carottes.
Les carottes se cultivent , tantôt en récolte principale, tantôt en récolte dérobée : on en
connait dçux yariétés^ l'unç blanche et à (k>1let vert, l'autre jaune; h première est plyf prpductivei jnai^ elle contient une plus grandg quantité de sucs aqueux ^ la seconde ei^t plus succulente.
En récolte principale ^^ on donne plu^sieui^ labours, dont un très-profond j on herse^ Von roule à différentes reprises, çt l'on sème U graine à la volée. Au moment de la levée ^ on donne yn premier sarclage^ suivi d'un second quinze jours pu trois semaines après ^ et l'on çspaçe les plantes à 1 35 ou 1 62 millimètres les unes des autres ; ^quelquefois op donne encore un troisième sarclage pendant le cours de la végétation. Lorsque les carotte? sont semées en second^ récolte^ tautôt on les met dans la céréale au moment du demiçr binage douné au printemps , taptôt (et c'est ce qui se pratique le plus ordinairement) on les sème sur le chaume renversé par un coup de cbarrue, ou même simplement hersé. Â leur levée , les carotte? reçoivent uu sarclage à la main et un sçul binage quipze JQurs après ; on y répand de la courte-graisse , si le sol n'est pas assez riche. La nteoUdâ lieu généralement en octobre. On arrache les racines avec le louchet, on les décoliète en tordant la fane
avec la main ou en la coupant avec un couteau, et on emmagasinQ la récolte, pour la donner; pendant Thiver, aux chevaux et aux vaches* Plusieurs cultivateurs ont un autre modq de conservation ; ils laissent la récolte en terre pendant Tbiver, en se bornant à la couvrir d'une çpuche de fumier ; ils enlèvent les racines au fur et à mesure des besoins de la conson^mation : les carottes, traitées de la sorte, ne soufirent nullement de la gelée et se conservent beaucoup mieux que dans les caves ou les sflos. On récolté environ 35 à 40,000 kilograpines de racines par hectare/
PLANTES FOURR ACàRlis .
Choux.
Oacùtàvè irdîs variétés de choux dans le département dû Nord : le chou collet, le chou frisé iet le chou cavalier ^cè dernier est le plus répandu. Oq prépare Ta pépinière par deux ou trois labours, dont un très-profond; on fume très-fortement , en novembre ou décembre, avec du fun^ier^ de la courte-graisse, des urines , des boues de ville , et Ton sème à la volée vers la fin de février. Le terrain
âào
doit âtre bien ëgoutlé, c'est pourquoi oh a soin
de tirer des rigoles d'écoulement à travers la pépinière . La pièce destinée aux choux reçoit de cinq à six labours ; les deux ou trois pre-* luiers ont lieu avant l'hiver et varient dépuis 1 08 jusqu'à 1 62 et 21 7 millimètres ; aii printemps, on donne un quatrième labour de 135 millim.^ suivi d'un autre quinze jours ou trois semaines après ; on conduit alors le fumier et on Tenterr^ par un dernier labour de 81 mitlim. Le repiquage a lieu vers la fin de juin^ c'est toujours sur labour frais qu'il s'exécute. Les uns plantent les choux à 650 millim. en tous sens; les autres, à 271 millim.; plusieurs les mettent à 650 millim. dans les lignes et laissent un intervalle de 812 millim. entre les lignes.
Quand les choux sont bien repris, on fait un trou au pied de chaque plante et Ton y verse environ un demi-litre de courte-graisse. Il est essentiel, pour cette opération , que les feuilles se soient tout à fait relevées; car, sans cela, on brûlerait la plante. Dans le cours de la végétation , les uns sarclent , les autres ne le font pas. On effeuille les choux frisés et les choux cavaliers I à mesure que les besoins se font sentir ; cette époque coïncide ordinaire-
tneht avec la fin de l'automne; quant aux choux collets , dans quelques localités, (m les recolle ^es uns après les autres pour Tentret
tien du bétail y ou bien on les arrache tous à la
fois /pour conserver la récolte dans la ferme. On pense néanmoins que les choiix se con-^ servent mieux sur pied que de toute autrèmaK nière. De toiites les récoltes fourragères*, m choux sont les plantes qui donnent les produits les plus abondants; ils sont généralement coii* sidérés comme trés^-épuisànts. Le blé d'hiver succède rarement à une récolte de chou?^; on préfère remplacer celle-ci par du blé de printemps ou de ravoîne. !
Hwemage. .
On appelle hii^emage, dans lé département du Nord , un mélange composé de vesôës et de seigle ou de hléy et destiné à la nourriture du bétail. Ce fourrage se sème ordinairement après du blé , de TaVoine ou des betteraves : lorsqu'il doit succéder à des betteraves, on ne donne qu'un seul labour ; après du blë ou de l'avoine, on déchaume et on laboure à 1 35 ou 162 mill. ; cependant, si le sol est très-proprej on se coatente de donner un seul labour et Ton herse avant de semer : les' semailles ont lieiï
g^ïf^^m^ y«W h fin de |i^ptembre ou le ÇQpiff^ençWf^^ 4'Qûtobre. Çliîvapt les loc^- Ift^fiP oa çjjiplpie taji0t 2^1 litres de yesces ,et §0 Uti^dc sé^f pr FAsière de 47ares^ t^mt^ ?0 litres 4c^ .H*^! ^O Utres de seigle 4 1 ))^tp|it):^ 4^ TÇSces pour 3 rasiëres (f hecL
-^.fMFFfOr. P^ fi^^VJ^PM semence par un coup 4ù clîarrtt^ ^W'i d'une dent de herse pu sîmji^mPPt par ïm Jti^i^age en croa, Dans pl|isl^^n IpçftlitéSi 99^ sarciie au p^intomp si h (4^ çpfttj^ïit d^^ mauvaises Iterbës. On-pbqpe ^ r^lt« ^u PJgMiet lorsquç les ^rain^ ;nfér|^^ sont |;)iei]t formés p on la laisse s^çjier pendant un ou deux jours sur te^re^ puis on la lie en bottes de 5 kilog., qu on dresse en chaînes jusqu'à ce que |^iir dessiccation soit compUf^i Q9 .obtient environ 600 hptt^pardeniihpçtf^re. '
fFarats,
$pus ^ d^énomip^tioft de waruts pu délègue un fourragje poipposé d'un vfié\àn^ dan§ l^uel il entre toujpijrs des fèves et des v<^ces ^ qi^elq^efûis epçqre de Tavpine et des pois ^^, Pour celte iréçolte , on prépara le spl pfgr njx ou deu$ hbours donnés ^vant l'hiver mr le chauflfie d'une céréale : au sortir de l'hiT
y^Tf pa herfw fortf immt le mI ; on «émi# m mois d'avril; tantôt^h^çt^Utrie» 4a fé¥eft|26 Ur très de vesces et quelques litres d'avoine par hectare ; tantôt 2 hectolitres de fèves et 10 titf»s 49i^«^^ pat AWiém de 4$ bns^ et l'on e»t9rf« 1% f eQ)eAC9 par un wup dft diamiai 49 récolta d^ 1a m^iQfi maaiéfe xiua pniir TbiviBmi^i l(N«qu^lpagrftîiuiiiifiéri«aesooâ|v ïftmssM à 9^ bi^Q foraner.
Vesces.
^vlf^f prei^p^ toujours on U% m^langa *T»€ dç;^ fév^i de l'^vomfipu du saiglie, Avaat 4# ^jneri <^ pr^parç, eavirn» ^ b^eloUtrei.ilt aem^Qça pap He<^t4P« et l'on epfouit 1« graine par devii; coups ^ he^fe s^iTΫ quriqueCiif d'ijin tour de roulean. Oa refaite aa.piquet Iohnqua \^* feviULesdu bas/oommeneent k Vomàm at qi^ les gousses prennent une t^te jaunèlrek Aussitôt «prés avojr (ço^pii , on laisse la rér jpoUe pendant un au demcjoure sur terre , ppjs, )l*il fait be^Ht Pn la met en cbainetde fnéme que pour l^n war^ts* Quand il lait
trop humide ; on réunit six javellei non liées
eji \xm botte eit on met la récolte en iiioY»tti?s : c^^est la meilleure manière d'assurer sa oon*
gervation. On obtient de 6 à 800 liottes de
5 kilog« par demi-hectare.
Trèfle rouge.
Bans le département du Nord^ on sème or-> dinaireinent le trèfle^ vers la fin de mars ou le commencement d'avril , dans le blé, le séi* gle et Favôine ^ quelquefois aussi dans les haricots. On trouve qu'ils vaut mieux semer le trèfle dans le blé qui suit le colza que dans Tavoine après blé; mais ce dernier est plus -fiti 'et mieilleur poiir les bestiaux. Tantôt on répand la graine avant le pïoutragé,' et alors on ne fait plus rien après cette opération, tantôt on commence par herser la céréale; on séme ensuite 5^ 6 ou 7 kilogr. 5 h. de graines
par demi^hectak^ , on ploutre et Ton fait pa»ser lé roulci^u s'il faitsec. A Flines, on répand la graine au mois de mars dans le blé ou dans le seigle avant de sarcler, et on la recouvre an moyen du râteau oii de la petite herse ; lorsqu'on sème dai\s l'avoine , on répand la semence sur le dernier hersage qui doit eh* terrer les céréales , et Voù fait ensuite passer le rouleau.
Dans rarrondissement de Dunkerque, les cultivateurs se plaignent de ce que les niâr-
chands grénetiers mêlent beaucoup de mi-^ nette dans la semence de trèfle ; il en résulte qu'au lieu de deux coupes et un regain qu'on devrait avoir avec du trèfle , on n'a qu'une seule coupe et un regain très-chélif que les mauvaises herbes envahissent souvent.
Peu de cultivateurs fument leur trèfle au moment même où ils le sèment , à moins que le blé n'ait souffert de l'hiver; en revanclie, beaucoup d*entre eux fument^ après que lacé^ réale a été enlevée. Celte fumure varie.
Dans l'arrondissement de Dunkerque , on applique toujours de l'engrais d'étable au trèfle lorsqu'il est venu dans une avoine. Au Grand-Millebrugges^ M. Desgraviers fume son trèfle , au mois de mars , avec du fumier de ville; il met dix voitures pesant chacune 3^000 kilog., par mesure de 44 ares. A Wandignies, quand la terre n'est pas assez riche , on fume le trèfle avant l'hiver. M. Broy , à Cuincy , répand , au printemps , un hectolitre de cendres de tourbe par rasiére de 42 ares (1^.
MM. Fiévet, à Masny, emploient simultanément des cendres de houille et de tourbe ; ils les répandent sur le trèfle quand celui-ci com-
(i) Cette dose nous sembla; bien faible, surtout pour des cendres de tourbe.
meQce à partir» M. DeêteoutîerU^ à FauÉwal»
met 40 hectolitres dé cendre» d« HcAUndt à l'hectare ; M. Baucq^ au Faux-Viviers^ Bpp}i^ ^ue les ceiidres^ ad taoia d'oeiobre.- A Flincsi on répand^ au mois de mars ^ des oendrei^ de houille j daas l'arrôildisseBiebl de Val^ï»
oiennes^ eu répand quelquefdk de k cbaiix sur le trèfle au printeiâpk^i mais ordinaire^ ment on le fume itëc des tourteaux o4 du purin.
Le plâtrage du trèfle n'a lieu qtié par e^ oeption dans le départemeal du Nord ^ par suite de la cherté de cet amendenenl el des difficultés qu'on éprouve à se le pr^dcureT.
La première eoupè s'obtient ordinairtmenC à l'époque d^ la Saint^ean ^ suivut les klèk*^ Mté», on feuebe le trèfle oti bien On h&eoàp& avec le piqlWt.
A FlineSi lorsque la rëcdiè est droite^ 6ii b fauche ; mais, si die ^t veri»éd^ mi emplie h piquet.^ Quelques cultivateurs ^ l'année mente de la semaiUe^. lors(]pie le trèfle a pDuisé vi^ goureuseitient^^ fauehent d^ cette prtÈaiM eciupe ; mais cette pratiqué est générdteiM»! réputée tnâuvittse ^ el Ton tfomfpponiel aiàsi 1« récolte; ou tient,. au contraire, pour une excellente méthode , de faire pâturer cette pre-
âiîér^ Oôupe ^ ffu mois de siE|it€aikre ou d'oetobre^ par 1^ Vs^hes*
€e mode de déssieeation n'eàt pas partom U Hfêtliér Htm l'arroadisBeiHeBt de Dunkeitjve^ si le frèfl^ (et il cfti est de ménié pour (dus kis autres fourFàges ) n'est {^s Irèft-ép^is $ on \^ laisse sëcber en jàvelIeS èél que la fiiùx W eoft^ che par terrô ; dans le beau teinpi ^ il t*este ainsi deux ou trois jours i le Quatrième jour ^ au matin, on le retourne, ety le soir^ on leaie't en moulons. C'est la mdUkure méthode qi»'6ii pui^e employer , au dire des cullirateifr» : k trèfle, traité de cette manière, ne perd aucade feuille y et le foin conservé toute Sa savetir. Lorsque le trèfle eM très-fot^t ^ on l'éparpilte de œiiè après l'avoir ooupéy et on le retourne an bout de quelques joui^^ En général y on 1^ lè^e y vér» le ({uatriëme jour p poul* le mo(tr# en Jietites' ramées, d(mt/ on angiffif^nte pi»? de^ grés k volume y jusq^'àî ee qu'on les> estasse en; meules ; les meules^ sonit revÀtoea «l'um eèuvertur^ e» paille; la récoH*^ aj^pè&.ètre restée qud(|ti4 temps dans eet état,^ est rentrée non bottelée« Une fois^ dans }a ferme ^pp la serre dans de» grenia^s audeseua des^ tables et des écuries, phiSf souvent encore «ous'des hangaf à ouvei^sr sur I^ai r^ptés i < ou^ bien on I9
garde en meules fortement tassées auprès de la cour. A Wandîgnies , le trèfle , au9sitô| après avoir été coupé, est épandu de même que le foin de prairies et traité ensuite comme dans l'arrondissement de Dunkerque. A Flines f le trèfle bien réussi est également éparpillé aussitôt qu'on Ta fauché ; mais, dés qu'il est à moitié sec y on ne l'épand plus, on le roule alors en chaînes que l'on se borne à défaire deux ou trois fois, pour les refaire ensuite , en ayant soin de mettre dessus . ce. qui était dessous : on rentre bottelé et non bottélé.
Dans rarrondissement d'Hazebrouck x . et dans celui de Lille, quand on craint le mauvais temps , quelques jours après que le trèfle est resté étendu sur le sol, on le met en meu- Ions que l'on recouvre d'une botte de paille renversée , liée près du col , et traversée dans son milieu par un pieu destiné à lui donner plus de solidité; cette botte est, en outre, assujettie par quatre piquets enfoncés dans le meulon et entourés d'un lien. Si la récolte est mouillée , on laisse le trèfle se ressuyer pendant vingt-quatre heures ; après ce temps, on lé dresse par petites javelles posées de champ Tune contre l'autre par leur partie supérieure,
de manière qu'il y ait un espace vide dans le bas sur toute la ligne; les javelles sont un peu croisées vers le haut, et doivent être serrées, avec le pied, les unes contre les autres dans le bas; aux deux extrémités de la ligne, on place trois javelles liées ensemble vers le tiers supérieur et destinées à servir de point d'appui. Le trèfle ainsi disposé en chaînes, on l'y laisse cinq ou six jours quand il fait beau, ensuite on le bottelle. Le trèfle mouillé, traité de cette manière, perd, il est vrai, de sa couleur, mais il conserve sa cpialité. La seconde coupe se traite comme la première : le regain est parfois recueilli en foin , mais, le plus souvent, on le fait pâturer par les bêtes à cornes, ou bien on l'enfouit comme demi-fumure.
Dans plusieurs arrondissements, on obtient, en première coupe, 600 bottes de 5 kilog.
par demi-hectare , et 3 ou 400' bottes seulement en seconde coupe; dans quelques localités, où le sol est mains bon pour cette récolle, la première coupe ne rend que 300 bottes de 6 kilog. et la deuxième 200 par rasière de 47 ares.
' Les opinions sont partagées sur l'époque à laquelle il convient de faire revenir le trèfle sur la même pièce. Dans l'arrondissement de
Dunkerque, les uns l'admettent, tous les quatre ans, sur les terres fortes, les autres veulent qu'on attende cinq ou six ans ; dans l'arrondissement d'Hazebrouck, on croit que le trèfle réussit mal si on le ressème avant huit ans ; dans celui de Lille , on laisse s' écouler,, en général , un intervalle de sept ou huit ans avant d'ensemencer de nouveau en trèfle une terre qui en a déjà porté ; dans l'arrondissement de Douay, plusieurs le font revenir tous les six ans , d'autres tous les quatre ou cinq ans; dans l'arrondissement de Yalenciennes et dans celui d' Avesnes, on ne fait aucune difficulté d'en semer de nouveau tous les six ans sur la même sole.
La plupart des cultivateurs pensent qu'après un trèfle bien réussi la récolte de blé est assurée. Aux environs de Flines et surtout de Saint- Amand , j'ai vu des pièces entières infestées par la petite orobanche ( orobanche minor)} mais il ne parait pas que cette plante parasite soit commune dans les autres localités.
Luzerne.
A part quelques rares exceptions, la luzerne n'est point cultivée dans les arrondissements de Dunkerque^ d'Hazebrouck, de Lille et d' A-
v^snes , parce que^ suivant les uns, le sol est trop fort et trop humide pour cette plante; :suivant les autres, pai>ce que, dans beaucoup de iocàiités;, la terre trop herbeux ëtoufierait 4e fourrage dès la -seconde année; soirant queluns enfin , chose Traimamt singulière ! parce que la luzerne ne donne qu'un médiocre fourrag;e. S il nous était permis d^ëmettre ici notre t)pnnon, nous serions timtë de croire que la TëraCtUe cause qui empêche qu'on ne se livre davantage à la cnbure de cette plante pré* eieuse, c'est qu'ëUe occupe tix)p longtemps la terre , eC qu'en général, dans un département -aussi dnrgé de population que celui dm îSarûy U est plus avantageux d'altsmer des récokes annudles, telles que le trèfle, Thiv^naige, les vesces, les pois et les warats, avec des plantes sarclées <lont la végétation ne dure ëgdement qu'un an, qui exig^tde nombreux sarclages, et qui préparent très-bien le sol à recevoir ensuite une réédite de céréales sans additt(m d'engrais. M. Desgraviers, près Millebrugges^ a introduit dernièrement la luzerne dans ma sable de dunes, prés de Dunkerque .; la végé^ tatieo vigo^u^use qu'elle y ^iéploie depuis plusieurs années prouve qu'on pourrait utilisai', aveegrand^piK)fit^ <eetÉe pkbn te à longues racines
pivotantes pour fixer les terrains mouvants; déjà cette méthode a parfaitement réussi à Amble teuse (département du Pas-de-Calais); les fortifications de Dunkerque , plantées de luzerne, qui y fournit trois coupes trés-abondànteSy sont encore une preuve que cette plante réussit fort bien dans des sols sablonneux.
Dans les localités où l*on cultive la luzerne, on la sème dans le blé qui suit un trèfle ou une i*écolte sarclée fumée. On répand 6 à 8 kilqg. de graines par demi ^hectare, tantôt après, tantôt avant le sciage de la céréale, suivi sou« vent d'un ploutrage ou d'un tour de rouleau.
Plusieurs cultivateurs répandent , chaque année, sur la luzerne 30 hectol. de cendres de tourbe , moitié au printemps et moitié pendant l'hiver suivant.
On coupe la luzerne avec la faux ou le piquet lorsque les plantes sont en pleine floraison; M. Hamoir-fioursier, à Sautain, prêtre ne piqueter que lorsque le bouton n'est pas encore ouvert. La récolte se traite de la même manière que celle du trèfle. On obtient 6 à 800 boites de 5 kilog. en première coupe, et 4 ou 500 seulement aux deux autres coupes, par demi-hectare. '
La plupart des cultivateurs pensent qu'il
ne faut faire revenir la luzerne sur la même sole qu'après un laps de temps égal à celui pendant lequel elle a occupé le terrain .
Sainfoin ou espar cette.
Le sainfoin est particulièrement cultivé dans l'arrondissement de Dunkerque et dans quelques communes de l'arrondissement de Douay ; il passe pour le meilleur des fourrages. On ne partage pas , dans le département du Nord , à Tégard de cette plante , Topiniôn si répandue ailleurs , que le sainfom exige absolument un sous-sol crayeux. Les cultivateurs de l'arrondissement de Dunkerque le placent indistinctement dans tous les terrains y mais surtout dans les sols sablonneux du pays à watteringues ; il y réussit trèsbien. On sème ce fourrage dans le seigle , les fèves , les warats et Tavoine , au moment où l'on braque ces plantes pour la première fois , c'est-à-dire vers la mi-avril. On répand un hectolitre et demi par demi-hectare et l'on enterre la graine par un ploiilrage suivi généralement d'un tour de rouleau. Quelquefois ^ on fume le sainfoin au printemps avec des cendres. On le coupe avec la faux ou le piquet , lorsque les deux tiers des grains sont
mûrs; du reste, la récolte se. traite et se conserve exactement de la même manière que le trèfle •
Le sainfoin rend de 6 à 800 bottes , pesant chacune 5 kilog. par demi-hectare ; le regain est le plus souvent pâturé par le bétail. On retourne , en général , la sole de $ainfoin à lsi fin de la troisième année.
Il est d'expérience, dans le Nord , qu'après plusieurs cultures de sainfoin , les terrains crayeux , qui ne pouvaient rapporter , dans Tofigine, que de maigres récoltes d'orge et d'avoine , donnent de fort belles récoltes de blé, remarquables surtout par la pesanteur et la qualité du grain.
DES PATURES.
On appelle de ce nom , dans le département du Nord, des pâturages enclos de toutes parts et abandonnés exclusivement au bétail qui y vit en liberté pendant une partie de l'année ; les pâtures sont surtout répandues dans les arrondissements de Dunkerque, d'Hazebrouck, de Lille et d' Avesnes, et, telle est l'importance de ce genre de culture , qu'on regarde comme impossible de se tirer d^afFaire sans cette res-
soi|rc6 prépieuse ; aussi 4pnne-t-ou l^a plus grands 3oins aux pâtures , at> d^ns certaines localité]^ ^ leur valeur est-elle extrêmement' ëlçvéç. A]i3f emvjfjops .de Bergues , les pâtures gr3??psi ?e y^udeïjLt; 3 à 4,000 fr* la mesure de 4i^ are)^ ; (l^q$ les arrondissements] d'Haze-** t^rQuck; et de, taille , on vend communément le demi-hectare 2,400 â 2,60Q fr. ; à Avesnes , Ipi^r pyix 3'éléyç içncore plus haut,
Jya jpjreinière ç^j^r^tîon, lorsqu'on veut ëta-^ bjfir i^R^ p^turp,.(^siffe,|^ «ntOHçerle terrain qu'oj^ l^i de^tifleiiJ'pïfP'ÏWie , qçiofifgeée ts^ntôt d'épines h\mdip^f ^{.^e^iius o^iiçantha)^ tantoj; d'çpineg i\o\;^^% J^^prmm ^pimsm^^
quelquçfpis 4'ormq^ ,( ^^^k^s mmp^stris )i' )de
coycïp^^ C cprjçh^s nyfilffijiq) , de. peuplieis {pQpu^^s^ nigrq.) et d'^un^s : ( alnus glutino^ sa). Les haies d'aubépîne passent poun les mçilleures de toutep ; çj\ plante (1*019 épines à chaque pied de d^çts^pce.. iD^^ ^certaines Ipca*^ lités, nQt^fpmeût dap% le pays à watteringues de rarr,ondissement de J)uiikerque , les pâ'tures sopt fermées i Ift phips^rt du temps , par des fossés , des piquets ^ de$ barrières en bois, quçlquefoijs aussi p^r de petites murailles en terre, , form^jBS de sJsfc ^ CQuehes de gazon de 270 milL environ d'épaisseur, posées en talus
les unes sur les antres , herbe contre herbe \ et recouvertes par une septième couche de gazon placée dans sa position naturelle et dé^ fendue souvent par une rangée d'épines sèches. Cette espèce de {clôture , que lé temps consolide chaque jour, coûte 65 centimes de façon par verge de 4 mètres environ , non compris l'achat des épines.
Plusieurs cultivateurs abandonnent à la nature le soin d'enherber les pâtures ; mais cette méthode , généralement blâmée , est {ieu suivie ; elle ii^egttôléfiablfetitiedarié les sofeessentidlément pwpres a fe couvrir d'herbes, encore eal'-.elle fort' longue et expose-t-eïle à avoir des pâtures médioci^'es , composées , eo grande partie^ déplantes inutiles on même nuisibles. Les bons cultivateurs procèdent autrement.
Pendant l'année qui précède celle de la mise «n pâture , on fait un lit-avant , c'est*à»dîre que des ouvriers suivent la charrue en creusant le sillon d'un fer de louchet; on fume fortement avec du fumier d'étable qu'on laisse étendu , une partie de l'hiver , sur la terre nouvellement ramenée du fond; au printemps, on enterre le fumier par un labour superficiel , on donne ensuite un nouveau labour de
i 35 mîll . , et Fon sème des févés ou des pontmes de terre. L'année suivante , on sème du blé , du sucrion ou de l'avoine , et , au moment des binages , on répand les graines destinées à formel* la pâture. Dans l'arrondissement d'Avèsnes , il suffit de trois années de pâturage pour convertir une terre médiocre en pâture excellente , pourvu qu'on ait soin de semer une graine biett choisie dans utie terre parfaitement nette de mauvaises herbes/ sitiffisamment engraissée et plantée de bonnes espèces fourragères.
Les plantes qui forment le fonds des meilleures pâtures sont le pâturin annuel (poa an-* nua ) , le pâturin dés pt^ës ( poa pratensis) , leray-grass (loliiwiperenney, le vulpin des eh^^mps (alopeciirus àgresfis) , la bhidorée sauvage {cichoriumintyhus) elle trèfle rampant ( trîfolium repens) ; cette dernière plante,' regardée partout, là où elle domine, comme l'indice d'une excellente pâture , passe pour funeste aux vaches chez M. de Powers , aux Grandes -Moëres, à tel point même que le fermier a obtenu du propriétaire , par une exception unique en ce genre , la permission de défricher ses pâtures tous les 6 ou 7 ans, époque à laquelle paraît ordinairement cette légu-
ï^\^^\\se. S^iva^t cet babile cultivateur , ]e^ vaçhe^ qui mangent 4u trèfle T^mpant dépéri^r 5e^t chaque jour ; leurs ei^crémer^tSi §q chan»gen( ^n eau et sont rejetés au deho)$ ^pus j^ fqrwe de grands jets Jiquidfi^ : le^ t^lgf^çuRdji disent s^Iors que les vaches 4cille ckU^nj 3'H ^prviçAt de petites écume^ à la s^rfafvs^^s e$rcrén^ents , il n'y a plw§ d'espoir 4e sftuycc lap jroal, il qst pejifdu ^an? r^spufc^s. Cette mgflli^re propriété du trèfle rapipant Ihî e^ttc^l^ Cpq[iïnv(piqué^p9r le i^çJ huroidçdps Mqéres^ qii bien la maladie tient-elle à nue pré^sposi(io|^ de l'^nii^al , c'est ce dopt je i^' ai pu pi'itssurer, ipalgré mes recherches* Toujours ^ e§j:r^ que M. de Powers y après pue expérience d^ lopgUçi§ ^^nées, i^'hjé^itp pas à. l'attribueir ^u tpçfle rftpipant que, flaps les autres loçalitéç^ qp estime cqmme un fpurragQ excellept po^r tQvl^ espécç d'animal , et partiQpliéremepI; pour le? vaches et les moutons.
Dan? Varrondis^en^ent de Dupkfirquq ^ le^ pâtures soqt fupaées, tous les trois aqs^ayec du fumier d'écurie , dans la proportion de 12 vqî-j tures, pesant chacuqe 5 à 600 kilpg., p^f n>esure de 44 ares 4 centiares; pjj y répond encpf e. des balayures de grange et de çour^ ainsi que des cendres» Dans les p^tn^es de
première classe , on fume avec du fumterde viUe. Dans ce cauton , ainsi que dai^s celui de Gravelines , les pâtures ^ en général ^ ne ^nt pas plantées»
Autour de Bergues , les pâtures ne «ont fumées que tous les di^ç ans.
Prés de Steene , on les fume tous les deux QU trois ans avec du fumier de grange pourri» des courtes^paiUes et du fumier de ville, («es pâtures grasses^ dans ce canton , ne sont pa^ plaptées ; les autres reçoivent uq certain nombre d'arbres fruitiers , tels que pommiers et poiriers , et quelquefois encore des essences forestières I conime le charme , l'orme, le (ixêne , le frêne. En général , on est peu par»^ tisan ici des plantations dans les pâtures »
parce que les bestiaux détériorent les arbres quand ceux-ci ne sont pas suffisamment dér* fj^ndus , et surtout parce que l'herbe venue sous les plantations reste sûre ^ privée qu elle e9t de l'influence du soleil , et que les chevaux et les vaches ne la mangent que lorsqu'ils n'en trouvent pas d'autre*
M. Vanden^Baviére, aux Petites-^Mpêres > répand de la courte-graisse sur ses pâtures s lors de son entrée en ferme , celles-ci étaient remplies de roseaux ^ il s'en est débarrassé en
fumant fortement avec du fumier d'écurie et en faisant manger les roseaux sur pied par ses chevaux et ses moutons.
Dans l'arrondissement d'Hazebrouck ^ lés pâtures sont fumées tous les 3 , 4 ou 5 ans ; elles sont plantées , pour la plupart ^ en arbres* à fruit.
M. Weymel , à la Chapelle-les-Armentières , fume tous les ans ses pâtures en y mettant cent soixante tonneaux de courte^ graisse par bonnier (1 hectare 42 ares). Dans le reste de l'arrondissement de Lille , on fume tous les deux ou trois ans , tantôt avec des engrais liquides, tantôt avec des fumiers d^é-^ table. Les pâtures sont plantées d'arbres fruitiers et d'arbres montants.
Dans l'arrondissement vesnes, on ne fume que tous les 7 ou 9 ans ; les pâtQi*es se soutiennent avec le seul pâturage , lorsqu'on* a soin d'étendre régulièrement les bouses de vaches et de bœufs L'année qui suit celle où Ton a fumé , il est d'usage de faucher les pâtures : parmi celles-ci , les unes sont plantées d'arbres fruitiers , les autres ne reçoivent aucune plantation j toutes sont entourées de haies trés-élevées.
L'époque à laquelle on met le bétail dans
les pâtures varie peu : dans les pays »\ waite-ringues , on y envoie depuis le 1 5 mai jusqu'à la fin de novembre ; dans le pays au bois^ tantôt depuis le commencement de mai jus-* qu'à la fin d'octobre.
Dans les arrondissements d'Hazebrouck et de Lille , on ne commence ordinairement à mettre les bestiaux dans les pâtures qu'à partir du 1 2 avril, et ils y restent jusqu'à la fin d'octobre.
Dans l'arrondissement d'Avesnes , les bestiaux y sont mis du 15 avril au 8 mai; les bœufs y restent jusqu'en octobre , les vaches jusqu'au 15 novembre.
Tous les cultivateurs regardent comme indispensable d'appliquer à la fois à une pâture le nombre de bestiaux nécessaire pour en consommer l'herbe. A Gravelines , on pense qu'il faut deux mesures de pâture de deuxième classe^ de 44 ares chacune, pour nourrir une vache ou un cheval; il n'est besoin que d'une mesure si la pâture est de première classe; de même, dans les pâtures grasses autour de Bergues, il suffit d'une mesure pour nourrir une tête de bétail. M. de Mennynck, célèbre engraisseur de bestiaux, pense que, dans une pâture de six mesures, on peut
mettre sans inconvénient 11 à 1 2 hèteB k cornes.
Dans les ant^ondissements de lilk et d'Ha« «ebrouck , oft afifecte 45 ares à la nourtriture d'une vache ou d'un cheval j dani l'arroïKlb* sèment d' Avesnes> il feut ^5 area pemr nf^ar^ rir une tête de gros bétaiU
Dans toutes les localités on évite avec soin que l'herbe monte trop, et surtout qu*elie vienne à fleurir, parce qu'alors elle détértcM considérablement le pâturage ; c'est pourquoi, lorsque le printemps est chaud et humide, et, par suite, très-favorable à la production de l'herbe, on force pendant quelques jours 1« nombre des bestiaux*
Pendant le pâturage, l€S bons cullivateufs ne négligent pas de faire prendre les Irapes par de petits chiens dressés à cet effist danr le canton de Bergues , et de foire ^^pandre . ks taupinières. On étend deux fois par semakie^; av«c un râteau, les excréments des bestiaux; on -arrache ks mauvaises herbes, telks que ks diardons^ les renoncules, les oseilles, la maiv guérite des prés et autres plantes cfiii salisaral là pâture. On regarde comaie une excellente pratique de laisser un peu d'herbe dans les pâtures à la fin de la oampftgne^ afin d'en
avoir de bonne heure l'année suivante.
Quelques pâtures sont irriguées par reprise d'eau 9 depuis le mois de décenibre jusqu'au printemps; loi^que le printemps est très-plu-* vieux^ on diminue les arrosements^ de peur de rendre les pâtures trop tardives ; on a surtout bien soin de ne jamais remettre d'eau avant que la pâture soit bien ressuyée : c'est pouk"' quoi on laisse deux ou trois jours d'intervàHë entre chaque irrigation.