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DU DÉTAIL

Les animaux employés à la culture , dans le département.duNQrd, peuvent être rangés sous deux grandes divisions : les animaux de trait et les animaux de rente; au^ premiers appartiennent les chevaux et les bœvife de travail i les seconds comprennent les yaches.^ les moutons et les porcs. ?

Ches^ààx.

On distingue deux racçs de chevaux dans le département du Nord : la race boulonnaise,. remarquable par sa taille ). par Thannonje qui régne dans toutes ses parties, ainsi que par la bonté de son tempérament; cette race domine danS; tousvles arrondissemi^nts^ , Qujçlques-uns des cantons les plus ^approchés de la frontière ont seuls adopté la race belge, quine; diffi^re. réellement de la précédente que p^r sa. taille, plus grande et Ténorme développement de ses parties. . , i.

Les méthodes d'élèye et d'entretien varient suivant les arrondissements.

Dans la partie sud de Tarrondissement de Dunkerque , on tient exclusivement des chevaux boulonnais. La jument est saillie à sa

troisième année; elle travaille aux labours jus* qu'au moment du poulinage. Aussitôt qu'elle a mis bas y on lui donne de l'eau blanche et on la prive de foin pendant quatre jours; on le lui rend ensuite par degrés, en ajoutant à sa ration du foin de trèfle et de la paille de blé et d'avoine. Le poulain tette pendant quatre ou cinq mois ; à cette époque, on le sépare de sa mère, et on lui donne de l'avoine, des farineux, de l'eau de son et du sainfoin, ce dernier à discrétion : pendant le sevrage, on le tient à l'écurie ou dans les pâtures. Il commence à travailler à partir de deux ou trois ans ; mais le plus souvent des marchands viennent Tacheter à 18 mois, au prix de 300 à 800 fr., pour le conduire en Normandie. Là, le poulain reste renfermé à l'écurie ; il s'y dégraisse la ganache que Thabitude des pâtures a rendue lourde et graisseuse, et il prend une belle encolure. Au bout de 12 ou 15 mois de séjour en Normandie, les chevaux sont reconduits dans le département du Nord ; ils ont alors près de trois ans : les plus beaux se payent 1 ,500 fr. ; mais de telles acquisitions sont fort rares.

Le cheval de labour travaille huit heures par jour , en deux attelées : la première de

6 heures à 10, la seconde de 2 heures à heures i dans les grands jours de Tété, ils se reposejit pendant une demi-heure vers les cinq heures^ et continuent leur travail jusqu'à sept heures et demie. Lorsqu'on emploie les chevaux au charriage, ils travaillent depuis quatre heures du matin jusqu'à huit, ae reposent pendant une heure, et charrient de nouveau depuis neuf heures jusqu'à midi ; ils repren-» nent ensuite depuis deux heures jusqu'à cinq^ se reposent une demi-rheure, et rentrent défi-< nitivement à l'écurie sur les huit heures du soir. Leur nourriture ordinaire consiste^ chaque joiu*, en 10 kilog. de foin, un boisseau d'avoine contenant 1 à 1 2 litres, et en pailU| qu'on leur donne à discrétion. Pendant l'hiver , on leur donne des carottes avec de l'avoine; quand ils ne travaillent pas, ils ne reçoivent que 12 litres d'avoine et 10 kilog. de paille. Ils font trois repas : le premier à la pointe du jour, le second à 1 1 heures , et le soir en revenant des champs. Ils sont étrillés et bouchonnés deux fois par jour.

Sans l'arrondissement d'Hazebrouek^ les bons cultivateurs regardent, en général, 1'^ lève des chevaux comme peu avantageux; on trouve qu'il y a plus de profit à acheter les

bôied dont on â betoin , parce que la nature

argileuse du 9ol expose les juments à avorter^

c'est pourquoi on fait peu d'élèves : les bétes

de trait sont tirées du Pas-de-Calais et de la

Belgique. L'hiver^ dans cet arrondissement^

il est impossible de voiturer ni de travailler ^

les chevaux restent ordinairement quatre mois

à l'écurie sans faire aucun travail; l'été, ils

travaillent depuis six heures jusqu'à onze , ils

retournent ensuite aux champs depuis deux

heures jusqu'à huit heures ; à cinq heures du

soir^ de même que4e matin vers les huit heures,

il soufflent et mangent environ 1 kil. 5 hect.

de trèfle à chacun de ces deux repas pris au

milieu des champs. Le matin, à la pointe du

jour, à onze heures et demie, et le soir en

rentrant des champs, oh leur donne 5 à 6 litrea

d'avoine mêlés d'un tiers de fèves; ils passent

la nuit avec une botte de foin de trèfle ou de

prairie pesant 4 kil. à 4 kil. 5 hect. Les che**

vaux sont étrillés et bouchonnés une fois par..

jour.

On ne fait pas non plus d'élèves dans Tar-* rondissement de LiUe^ Au dire des cultiva* teurs,les terres y sont trop fortes : les chevaux viennent de Bruges, de Poperingue, d'Ixmuth, , deGand et du Fas-de^-Calais; ils travaillent

à deux ans. Depuis la fin d'avril jusqu'au mois de novembre , ils vont aux champs, de quatre à cinq heures du matin jusqu'à huit, rentrent à la ferme pour manger , en repartent à neuf heures pour labourer jusqu'à midi ; ils restent à l'écurie pendant deux heures , travaillent ensuite de deux à cinq, rentrent encore à la ferme et retournent à Va charrue depuis six heures jusqu'à la nuit.

L'hiver, lorsqu'on ne peut plus entrer dans les champs, on les emploie à faire les charrois sur les grandes routes , et surtout à aller à la ville chercher des engrais. Ils font cinq repas : le premier a lieu à trois heures 1/2 du matin, on leur donne de Thivernage, 18 litres d'avoine par jour et 3 litres de fèves ; ils reçoivent une hotte de foin de 5 kilog. pour passer la nuit : on leur sert l'avoine avec du coupage et des fèves , le tout par égales portions. En général , on trouve dans cet arrondissement que la race belge est trop pesante ; on lui préférerait la race boulonnaise si la ténacité du sol n'exigeait des animaux trèsvigoureux ; les chevaux belges sont surtout estimés pour un coup de collier : on les panse deux fois par jour.

Dans l'arrondissement de Doiiay, les mo-

des d'élève et d'alimentation sont plus varies.

Chez M. Ducouvent, à Wandignies, les juments sont saillies de quatre à cinq ans; le poulain tette pendant trois mois, on donne alors à la mère des eaux blanches très-chargées et une double ration d'avoine et de fourrage. Le poulain est sevré, après le quatrième mois; on le coupe à deux ans ; à cette époque , ou mieux à trois ans , on commence à le faire travailler en le ménageant beaucoup la première année. Les chevaux de labour et de charroi font trois repas ici et quatre au-dessus de M archiennes : le premier , à trois heures du matin, consiste en foin , avoine et hivernage coupé; à huit heures, les chevaux reviennent faire un léger repas à la ferme ; à midi et le soir à huit heures , ils reçoivent de Favoine avec de l'hivernage ou des warats. Ils consomment par jour 7 kilog. 5 hect. de foin, 1 8 à 20 litres d'avoine et d'hivernage à discrétion ; ce fourrage est coupé très-court et se donne un peu mouillé avec l'avoine. Les chevaux sont étrillés et bouchonnés deux fois par jour.

Dans le canton d'Arleux, la ration journalière de quatre chevaux consiste en deux bot-

tes de fèves ou d'hivernage pesant chacune

4 à 5 kilog.y deux bottes de luzerne de4 à 5 kil., et en 20 litres d'avoine : la paille se donne à discrétion; les chevaux font trois repas.

M. Broy, à Guincy^ fait faire à ses chevaux trois repas, composés chacun de 2 litres d'a^ voine, d'une botte de 2 kil. 5 h. à 3 kilog. de fèves ou d'hivernage et d'une botte de foin de 2 à 2 kil. 5 hect. : ils ont une botte de paille pour la nuit : le premier repas a lieu, l'hiver, à quatre heures du matin ; l'été, à deux heures; le second, à onze heures et demie ; le troisième, à sept heures et demie. Les chevaux sont étrillés et bouchonnés une fois.

Chez M. Gruyelle, à Goutiches, les chevaux ont, à chaque repas, de l'hivernage coupée de l'avoine et du foin; ils reçoivent, chaque jour, 1 2 litres d'avoine, 1 kilog. de foin et 7 kilog.

5 h. d'hivernage; la nuit, on leur donne une botte de paille. Quand il y a du fourrage nouveau, on a soin de mêler un peu de son à la boisson. Les élèves tettent pendant trois mois; après ce temps, on leur donne une poigoéè d'avoine sèche, de l'eau blanche et du foin.

Ils restent à l'écurie toute la première année; la seconde année , on les envoie à la pâture depuis le printemps jusqu'à la Toussaint ^ et^

chaque wxp oa leur donne une botte de trèfle ; ils sont coupés à dix-huit mois et commencent à travailler légèrement à deux ans ou deux, ans et demi. Les chevaux sont pansés une fois par jour.

M. Baucq^ au Faux-Viviers, donne égal^ ment trois repas à ses chevaux : chaque che*val consomme , par jour, 5 kilog. de foin, 10 litres d'avoine et 5 kilog. de coupage, composé de trèfle 1 13, paille de blé 1 /3 et paille de seigle 1 /3 ; le blé et le seigle sont donnés battus; mais, si les chevaux diminuent, on leur sert le grain provenant du tiers de seigle, sous forme d'eau blanche. Le matin , les chevaux reçoivent de l'avoine et du coupage mêlés ensemble, puis du foin ; on a soin qu'ils aient toujours de Teau à leur portée au-dessous du râtelier ou de la crèche , d'après cette opinion générale dans le pays, qu'on ne saurait avoir de chevaux gras, si ceux-ci ne peuvent humecter leurs fourrages. A midi et le soir , on donne du coupage mélangé avec de l'avoine ; ils passent la nuit avec une botte de paille.'

Tous les chevaux de cet arrondissement font deux attelées par jour : la première, de six heures du matin à onze heures; la seconde, de deux heures à huit heures du soir ; ils se rè-

posent une demi-heure^ le matin à huit heures el, le soir, à cihq heures ; dans quelques fermes, on les fait rentrer à ces heures-là pour prendre un léger repas.

Dans l'arrondissement de Valenciennes , MM. Blanquet et Harpigny , à l'époque de la rentrée des betteraves , donnent, une fois par jour, 40 litres de carottes pour six chevaux; au plus fort des travaux , on leur distribue deux ou trois fois par jour de l'avoine , dans la proportion de 40 litres, à chaque repas pour six chevaux; à midi, ces mêmes chevaux reçoivent une ou deux bottes de foin, et le soir , des fèves, de l'hivernage et du foin de trèfle, pour passer la nuit.

On ne fait d'élèves dans ces arrondissements que dans quelques communes, principalement dans les cantons de Coudé et de Saint-Âmand.

Les juments sont saillies à quatre ans : avant le part , on leur donne de l'eau blanche et 1 litres d'avoine ; la nourriture est la même après qu'elles ont pouliné, seulement on ajoute un peu de son. Le poulain est sevré à trois mois. A cette époque, on lui donne, chaque jour; 2 kil. 5 hect. de foin, 4 litres d'avoine et un peu de son ; on continue ce régime pendant quatre ou cinq mois, et ensuite on le

soumet à la nourriture ordinaire des autres chevaux, sauf, toutefois, la proportion. On le coupe à deux ou trois ans ; dés la seconde année, il commence un peu à travailler : on l'emploie pour rouler et pour faire des labours légers ; mais on évite de l'appliquer aux charrois. Les chevaux sont étrillés et bouchonnés une fois par jour; chez plusieurs cultivateurs, ils sont pansés deux fois.

Les arrondissements de Gambray et d'Avesnes offrent à peu prés les mêmes méthodes. JLa nourriture ordinaire consiste en fèves , avoine, hivernage^ warats, foin de trèfle et de prairies; l'hiver, on donne des carottes, mais cet usage est moins répandu que dans les autres arrondissements. Une grande partie des chevaux qu'on trouve ici est achetée en Belgique et élevée ensuite dans les fermes; à Gambray, on les tient à l'écurie ou bien on les envoie sur les communaux; dans Tarrondissement d'Âvesnes, on les met à la pâture jusqu'à deux ans ou deux ans et demi, après quoi on les fait travailler légèrement. Les chevaux, dans ces deux arrondissements, labourent pendant neuf ou dix heures divisées en deux at** telées principales.

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Bœufs de travail^

Les bœufs , datis le départen^nt du Nord, ne sont employés aux travaux de la cuUure que chez les fabricants de suare et ehes un petit nombre de propriétaires; tous les aiitr^ cultivateurs se servent exclusivement de die^ vaux.

M. Desgraviers y an Grand^i^Millebrugges ^ nourrit ses bœufs avec de ta pjûHe d'avoine et de la pulpe; il leur fait faire tpcris iMpw par jour : le premier à quatre heures du matin , le second à ohze heures^ et le troisième à huit heures du Soii^ ; la pulpe forme la base de la nourriture.

L'introduction des bœufe ^ eomma bétes de trarail^ dans ses propriété ^ « éprodftté les plus grands obstacles de la part des gem du pays. Les cartons se eroyaient déshoiioT^ft aor conduisant un attelage débo^fs : dans les pre^ miers temps^ si l'un d'eu^s^ plus intelligent mi pins sensé^ se décidait & s^optar celte Innova^ tion^ aussitôt tous ses eamaradês te touiMuent en ridicule y et de guerre laese ^ il était fenaé d'abandonner la partie. Heureusement^lf * Ikas* graviers ne s'est pas découragé} Srfinisureipie ses valets de charrue le quittaient (et ils le

quittaient bien souvent), il en prenait d'autre$ auxquels il donnait par jour 40 c. de plus qu'à ceux qui conduisaient les chevaux; cette augmentation de paye ne réussissait néanmoins qu'avec beaucoup de peine ; à la fin^ l'entête^ ment et les préjugés des ouvriers cédèrent à la patience courageuse du maitre ; aujourd'hui personne ne fait plus de difficulté de l^ibouri^i; avec des bœufs y et le prix dç la journée esl; rétabli pour tous sur l'ancien pris; dç 1 fr. 25 c.

Dans l'arrondissement de Lille , les; boBuf^ reçoivent, par jour, trois repas composés d^ paille de blé ou d'avoine et de pulpe.

Dans le canton d'Arleux , plusieurs fabn^ cants de sucre don pent, au printemps, àjeurs bœufs des pulpes et du trèfle vert ; depuis Je mois d'août jusqu'en octobre , on leqr donna des feuilles de betteraves et de Id paille ; Le reste du temps , ils sont noui'ris ateç de la paille et des pulpes. Qq pe donne des feuille de betteraves que chez deu^i; cultivateurs -fa-^ hricants, tous l^s ai^tres regardent TeDlèvem^it des feuilles comme nuisible aux ra^ cines. .

M. le bai on de Bouteville > à Hornaing > se sert aussi des bœufe compte l)ètes de travail ,

ses vaches même vont à la charrue et font les charrois de la ferme ; mais il a soin de les ménager; il les attelle au collier^ parce que, suivant lui , elles sont ainsi plus libres et ont plus de pas. Cet habile cultivateur est d'avis qu'il ne faut plus compter sur le lait des vaches du moment qu'on met ces animaux à la charrue , quelque léger que soit le travail qu'on en exige.

MM. Fiévety à Masny , ne donnent à leurs bœufs de travail que de la paille et de la pulpe, ceux-ci reçoivent environ 50 litres de pulpe ; ils font trois repas : le matin , à midi et le soir ; depuis septembre jusqu'à la fin d'octobre, on les envoie pâturer dans les regains.

Chez M. Desmou tiers , à Faumont, le travail est fait, moitié par les chevaux, moitié par les bœufs ; ces derniers font trois repas composés de pulpe et de paille; matin etsoir, ils vont à la pâture et se maintiennent de la sorte en parfaite santé : ils sont aussi toujours en chair lorsqu'on les met à l'engrais.

M. Baucq^ au Faux-Viviers, donne, chaque jour, à ses bœufs de travail un tourteau d'œillette, 5 kil. 5 h. à 4 kilog. de foin , 60 litres de pulpe et de la paille à discrétion.

MM. Blauquet et Harpigny, à Famars p au

lieu de paille et de pulpe fraîche , préfèrent donnera leurs bœufs de l'hivernage hacKé et de la pulpe séchée à la torrellc et humectée ensuite d'un peu d'eau : ils trouvent que cette nourriture sèche expose moins les bœufs a se dévoyer, parce que la dessiccation enlève nonseulement l'eau de végétation qui se trouve dans la pulpe , mais encore les sels purgatifs qu'elle contient.

Tous les bœufs , soumis au travail de la charrue dans le département du Nord , vont aux champs depuis six heures du matin jusqu'à huit , ils se reposent une demi-heure et labourent ensuite jusqu'à onze heures; à deux heures de l'après-midi , ils retournent à In charrue, labourent jusqu'à cinq heures, se reposent une demi-heure et finissent leur journée à huit heures. En général, les bœufs commencent à travailler à l'âge de trois ans.

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