BÊTES DE RENTE
Fâches.
Quatre types distincts de ces animaux existent dans le département du Nord. Depuis Dunkenjue jusqu'à Lille, on trouve ex clusive-
ment la race flamande pure^ caractérisée par sa taille élevée ^ sa tète petite^ sa charpente osseuse moyenne, rabondance de soa lait^ sa facilité à prendre graisse , et sa couleur généralement rousse, à l'exception de sa tête presque toujours marquée de bUnc* Depuis Lille jusqu'à Cambray inclusivement, on rencontre une race métisse, originaire de la race flamande, mais qui y ne se trouvant plus dans les mêmes conditions de prospérité, s'altère de plus en plus et perd la plus grande partie de ses traits distinctifs. Enfin, dans l'arrondissement d'Âvesnes, la r^ce flamande disparait presque complètement ponr faire place aux races normande et franc-comtoise, que l'on y fait venir chaque année pour Jles engi^aisser dans les pâtures.
Le mode d'entretien,, d'élève et d'engraissé^ ment varie suivant les localités.
jdrrondissementde Dunkerque.'^S'il était nécessaire de prouver combien la qualité de la nourriture et l'époque de l'accouplement exercent d'influence sur les bestiaux , il suffirait de jeter un coup d*œil sur les vaches du canton de Gra vélines pour se convaincre de cette vérité, ^e les caract^es de U r^e la mieux conformée ne tardent, pi^s à deveiûr ïï^ciwr
liaisaaUes lorsque les animaux sont transportes de pays fertiles dans de maigres pâturages, et qm la reproduction s'effectue avant le temps voulu par la uature. La race bovine des environs de GravelineSp soumise au double in- Cpuvjénient d'un col peu riche en herbe et d'une parturitiou prématurée , n'esl plus que r?;ipre$sion rabougrie ^ cette belle race dujnaude^ qu'on trouve dan$ touie sa pureité a^i delà de Duukerque et dans le pays au bois de cet arrondissement; néanmoins on ne saurait reprocher doxf. cultivateurs de Gravelihes un système ^ui n'a été adopté que par nécessité, el qpi, après tout, est encore celui qui convient Ifi mieux au pays. Plusieurs ptx>priétair.ç$, emportés par le goût des innovations, es^yèrent y il y a plusieurs années , de refaire cet^e race, désignée daps le canton sous le nom e^re^sif de vaquettes de GraveUi^ies, ils firent vexûr des vaches de la Hollande et les firent couvrir par les plus beaux taureajux du pays : )e succès y suivant eux ; était indubitable : la race chétivede Gravelines allait être ri^éttérée ;
malheui^u^emeut^es messieurs avaient oublié un poini asse;?; essentiel ; au lieu de choisir un type approprié au pays, iU s'étai^it attachés aw:i^ animaux d'une taitlle et 4'^mivvolume «x-
Craordinaires. Qu'arriva-t-il de là? C'est que ces bétes^ accoutumées à une nourriture abondante dont les résidus de distillerie formaient la base^ ne se trouvant plus dans des conditions analogues chez leurs nouveaux propriétaires^ dégénérèrent promptement et n'amenèreilt que de tristes mécomptes. Bref, on en revint à la race du pays, petite, il est vrai, mais bien proportionnée, d'un bon tempérament, et, du reste, parfaitement en rapport avec les ressources bornées de la localité. Il ne suffit donc pas de vouloir améliorer, a priori^ la race d'un pays ; il faut d'abord se persuader que, lorsque les usages de la localité sont généralement suivis par de bons cultivateurs , ils peu- .vent avoir pour eux la sanction de l'expérience , et que les vieux préjugés reposent souvent sur une vérité fondamentale dont les conséquences sont mal interprétées; on doit surtout s'efforcer d'innover avec discernement, de peur que l'insuccès n'ajoute encore plus de force aux erreurs et aux abus qu'on voulait détruire.
A Gravelines, les vaches sont saillies à un an pour donner leur veau à la seconde année.
Le taureau est employé à la reproduction vers quinze ou dix-huit mois; il sert de 60 à 80 va-
ches ; quand on le fait saillir à un an^ on ne lui donne que 30 ou 40 vaches. La nourriture ordinaire des vaches consiste en 2 kilog. et demi de foin et 10 kilog. de paille. Après le vêlage, les vaches restent pendant neuf jours à retable ; on les prive de foin durant quelques jours, et on remplace ce fourrage par des eaux blanches. Plusieurs cultivateurs donnent des carottes aux vaches avant le vêlage ; puis après, des farineux tels que des pois ou des fèves concassées. Les vaches font six repas : le premier à six heures du matin , le deuxième à huit heures, le troisième à onze heures, le quatrième à une heure, le cinquième à trois heures et le dernier à sept heures. Le veau ne tette pas sa mère; pendant les trois premiers jours qui suivent le part, on lui fait boire le lait de sa mère; ensuite on lui donne du son bouilli, du pain, de la farine et un peu de lait. Cette nourriture le conduit jusqu'à la saison des herbes ; il s'élève alors naturellement dans les pâtures, et on l'y laisse jusque vers le milieu de l'automne. Lés veaux destinés à l'engraissement sont nourris uniquement avec du lait; on y ajoute un œuf quand ils commencent à s'en lasser. L'engraissement dure six semaines ou deux mois*
Les vaches sont tï^aites deux fols pÈit jètlt : le matin à quatre heures^ et le icrif à éiiM} heures; elles donnent envirom huk litres de lait par jour. Ce produit est dodservé à là isAté dans des vases en terre; la même méthode de ccmservaiion est lisitëe dans le redte dti dépars tementé Les bonnes vaches laitières sdfit gfli^ dées jusqu'à douse ans ; après ee temps^ on \eê engraisse avec de la drédie^ des féfeâ^^ de§ balles de blé; deux fois par jour^on letir ddune des fèves qu'on a fait tremper prëalâbleméflt dans de Teati fi[X)ide pendant vingt-KpisLtfêf heures ; au bout de six semaines , elles reÇôW vent des fèves sèches concassée^, èt^ à pAHlt de six semaines^ on leur sert du foin à discret tion. L'engraissement dure ordinairement quatre inois^ et l'on estime qu'après ce temps les bétes bien conduites pèsent de 2 à 300 k. Les vaches restent^ nuit et \ùut, daM lHê pâtures depuis le mois de mal jusqu'eu ôe*' tobre*
M. Hamerelle aîné , à la Grànde^yuthe , fait saillir ses Vaches à deux ans pcnir avoir le veau à trois ; son taureau sert 30 à 40 vaeheà t celles-ci reçoivent, chaque jour> Uue demfr»
botte de \f arats non battfis, une botte de paille d'avoine^ une botte de foiit et ufiê bdtte de
pXWt de bM. Il èàt à renfiarqUer ^'Ici , daht deâ cir(X)nstandes de localité à peu près atialo* ^es à celles de Gravelines^ la race bovine ftê ressent évidemment des soins judicieux qu'on lui consacre : il y â plus dé taille^ et les béléft^ plus étoffées ^ donnent aussi plus de produits en lait et en beurre. Les veaux sont tenus à rétable pendant les trois {premiers tnoii qui suivent leur naissance.
M. Desgraviers y au Grand-M illebruggefi , donne^ par jour^ 50 kilog4 de pulpe et un peu de foin à Ses vaches : celles-ci font trois repàs par jour; le premier à cinq heures dumatin^ le second à midi et le troisième à sept heures du soir. On se trouve très-bien de pratiquer une légère saignée aux vaches qui sont sur le point de vêler.
Dans le canton de Bergues ^ les vaches sont mises à la pâture, à compter du 1 5 avril jusqu'au mois de novembre j on les y envoie tou** jours en nombre, parce qu'il est d'expérience qu'elles n'y resteraient pas si on les y renfer-*k mâit toutes seules ; elles iraient rejoindre les autres vaches avec lesquelles elles sont àccou-* tumées de vivre, ces dernières fusèent-elles éloignées de deux lieues. On les trait deux fois par jour ; elles rendent de 25 à 30 litres dé
lait. Les bête^, pesant 225; kilog. quand on les a achetées pour les mettre dans la pâture au mois d^avril, pèsent 300 kilog. environ à la fin de la campagne. L'hiver, les vaches reçoivent , comme nourriture d'entretien , de la paille de fèves, du foin et de la paille de blë, d'avoine et, de sucrion qu*on a soin de mélanger : le matin , on leur donne de la paille de blé; à huit heures, la moitié d'une botte de foin; à midi, une demi-botte de sucrion et d'avoine; à quatre heures, une demi-botte de foin; et, le soir, de la paille de fèves. ,
On se trouve bien de saigner les vaches avant qu elles ne vêlent. On a reconnu , depuis longues années, que le taureau d'un an donne. u^ meilleur veau que celui de (rois ou quatre ans ; les produits de ce dernier avortent fréquemment.
Les vaches à l'engrais ne reçoivent, chaque jour, que très-peu de paille ou de foin, 4 kilog. environ, qu'on leur donne en deux fois, encore n'en mangent-elles pas le quart : leur nourriture principale consiste en 12 kilc^.
5 hectog. de fèves concassées mêlés à 5 hectog. de tourteau réduit en poudre, le tout arrosé d'eau froide et préparé le matin pour la journée et le lendemain matin. Les bêtes à
Tengrais fout trois repas pa)r jour: le premier à 6 heures du niatin^ le second à midi , le troisième à 5 heures. La paille se donne immédiatement après chaque repas pour distraire les vaches. On a soin de tenir les étables chaudes et obscures. Une vache, pesant 225 kilog. lors de la mise à l'engrais p pèse , 6 mois après f 325 kilog.
Dans les Moêres ^ les vaches donnent 1 2 à 4 5 litres de lait par jour.
Chez M. Vanden-Bavière , aux Petites- Moêres ^ les veaux sont placés , l'hiver, dans la cour, abrités sous un hangar qui s'appuie derrière la grange ; on les nourrit avec des courtes-pailles , des déchets de grains et on' leur fait boire de l'eau blanche préparée avec de la farine de seigle et des tourteaux. Ontrouve que le séjour à l'air, pendant Thiver, les rend plus robustes; au printemps suivant, on les envoie dans les pâtures»
Chez M. Coclin ^ distillateur près de Dunkerque , l'engraissement des bétes bovines a lieu de la manière suivante : on choisit de préférence les bétes qui ont de 3 à 4 ans; celles-ci font trois repas par jour : le premier, à 4 heures du matin , consiste en fèves moulues mêlées à des tourteaux et à des résidus
de distillerie de grains dans lesquels il entre deux tiers de seigle et un tiers de sucrion ; lé second repas a lieu entre onze heures et midi, il se compose uniquement de drêche ; le dernier repas , de 3 à 4 heures, consiste en fèves moulues et en tourteaux délayes avec des résidus de distillerie. La ration de chaque tête de bétail est de 3 kilog. de fèves et 2 kilog. de tourteaux ; on leur donne autant de fésidus qu'ils en peuvent boire : quelques animaux eU consomment jusqu'à un hectolitre par jour , d'autres seulement 50 litres. Les résidus sont servis à une température de 25 ou 30 degrés ; plus le grain est moulu fin , plus il profite aux bestiaux. L'engraissement commence en septembre ou octobre et finit en juin ; chaque bête est environ 6 mois à prendre graisse.
M. Coclin estime qu'en moyenne Tanimal augmente de 1 50 kilog. pendant ce temps. A l'époque de mou passage à Dunkerque (juin 1839) , j'ai vu une vache de 5 ans qui pesait A25 kilog, , chair nette , et devait fournir, au dire de M. Coclin , environ 1 00 kilog. de suif; elle n'avait eu qu'un seul veau. La nourriture est la même pendant tout le temps de l'en-* graissement, les proportions seules varient:
on ne donné de la paille que pour distraire
le» vaéhft» | illd leur sert principâlemtinl d« litière ; on la rencnivelle deux fois par jour* On étrille let vaches quand leur poil commence à tomber I c'est-à-dire quand elles s'engrais>^ sent bien ; on ne les saigne pas pendant le cours de l'engraissement , elles ne reçoivent jamais de sel. Autant que possible ^ on n'entre dans les étables que pour affourer et donner à manger* Les ëtableS sont demi<K)b$cures ; il y régne une chaleur d'environ 20 degrés.
Leè bétes grasses^ sortant de l'établissement de M« Goclin ^ jouissent d'une grande estime auprès des bouchers de Dunkerque ; tous s'accordent à vanter la qualité de la viande : il est Vrai de dire que M. Coclin n'épargne rien pour soutenir la réputation qu'il s'est acquise depuis longtemps dans cette branche importante de l'agriculture, à laquelle nos cultivateurs n'osent pas assez se livrer.
Dans l'arrondissement d'Hàzebrouck , lei Taches sont tirées du canton de Bergues , OU bien proviennent des élèves formés dans la localité même ; la nourriture d'hiver consiste en paille et en foin, en 30 kilog. de betteraves, 2 kilog« de fëveS moulues , 1 kilog. de son délayé dans de l'eau froide et mélangé de balles
de grain et 1 kilog. de tourteau de coha ^ qui ,
parfois y est remplacé par un tourteau de lin. Ou trouve que les tourteaux de colza exercent une influence favorable sur la formation du beprre; les tourteaux de lin , donnés pendant l'hiver \ ont un effet opposé ; mais y servis au printemps , dès que les premières chaleurs se font sentir , ils donnent plus de consistance au beurre et profitent encore aux vaches laitières mises à la pâture. Les vaches sont saillies à 18 mois ou 2 ans. Pendant les trois premiers jours de sa naissance , le veau boit le lait de sa mère ; on lui donne ensuite du lait battu et un peu de pain ; trois mois après, on le met à Therbage. A cette époque , il continue de recevoir y pendant quelque temps , du lait battu , matin et soir; mais on mêle de l'eau dans cette boisson. Sa ration ne monte , dans les commencements , qu'à 4 ou 5 litres , elle s'élève ensuite jusquà 8 litres; passé ce temps y on abandonne le veau à lui-même.
Les bêtes restent, nuit et jour, à la pâture pendant tout Tété.
Pour engraisser les veaux , on leur donne du lait à satiété; seulement beaucoup de cultivateurs mettent une pinte d'eau au fond du seau avant d'y verser le lait.
Les vaches à l'engrais reçoivent. 20 kilog.
de pommes de terre coupées en tranches^ 1 2 kilog. de betteraves , 6 kilog. de fèves concassées , 2 kilog. de tourteaux de lin et 2 kw log. de foin ; le tout est mélangé et servi sous forme de soupes , à Texception du foin que Ton donne seul le soir. Les repas sont uniformes sous le rapport de la quantité ; les bêtes en font quatre : le premier à 5 heures du matin^ le second à 10 heures, le troisième à 2 heures et demie, et le quatrième à 8 heures du soir : on ne donne de paille que pour distraire les vaches. Les vaches laitières donnent 1 8 à 20 litres de lait par jour.
Dans l'arrondissement de Lille , les vaches sont saillies à 1 8 mois, afin d'avoir plus tôt du lait ; mais on pense qu'il vaudrait mieux attendre jusqu'à deux ans , dans l'intérêt de la mère et de ses produits. L'été, les vaches sont mises à la pâture , depuis le ipois de mai jusqu'à la fin d'octobre. Chez M. Weymel , à la Chapelle-les-Arm entières, les vaches ne vont à la pâture que depuis 9 heures du matin jusqu'à 1 1 heures, et depuis 3 heures de Taprésmidi jusqu'à 5 heures ; le reste de la journée elles le passent à l'étable, et sont alors nourries avec du trèfle vert. L'hiver, les bêtes reçoivent 5 kilog. de foin , et , sous forme de
soupes f 4 à 1 2 kilog. 5 Uect. de betteraves , pommes de terre et carottes hachées, «lèlés à 1 kilog. de tourteaux, à de la courte^^ille, des choux et du foin ; on donne la paille de blé à discrétion, on leur sert, en outre ^ d^ la drêche trois fois par jour i cette dernière est mêlée aux autres aliments* Les vaches rendent environ 20 litres de ]ait par jour et 6 heetog. 25 gr. de beurre.
Les veaux à l'^igrais ne reçoivent que du lait ; on leur eu donne trois fois pai* jour, aussitÀt après l'avoir trait
Quelques cultivateurs s(H)t dans l'usage de museler les veaux soumis à lengraisseoient , afin qu'ils ne lèchent pas la muraille , ce qui les retarde beaucoup» L'engraissement dure de 6 semaines à 2 mois ; U veau pèse aloms 75 kllog. hes veaux réservés comme élevas sont nourris ainsi qu'il suit ; <m leux* dnaoe le lait de leur mère pendant huit jours; iis ont ensuite du lait battu jusqu'au momwl où on les envoie à la pâture ; là ^ ils çoirtîauent k recevoir, trois fois pajr jour, du laU ba^ttu (environ 9 litres) jusqu'en s^tem^bre ; pendant l'hiver^ on les loge près des grwges , sous w iiuvent , et on leujt' donne , dans un l'âfteUcr,
environ ti^ois litres de pommer 4^ i^rm.^fW»
hachées avec des balles de blé et des déchels de grains ; ils restent ainsi, nuit et jour, sons cette espèce de hangar, dont Tusage est fort répandu en Belgique ; au printemps suivant »
ils vpnt à la pâture comme les autres animaux.
Les vaches à l'engrais reçoivent, par jour^ 6 kilog. de tourteaux de lin; ceux-ci passent pour rafraîchissants ; on les donne en trois fois et on les fait tremper d'un repas à l'autre : elles ont, en outre, 3 litres de fèves cuites donnés en trois repas avec de la paille hachée, 1 litre de moulage de fèves trem.pées dans le tourteau , 1 kilog. et demi de pommes de terre cuites donné en trois fois , 1 litre de graines de lin donné également en trois fois, 9 litrçs de drêche sèche , 6 kil. de foin et de la paille pour s amuser.
Arrondissement de Douaj. — M* Duconvent, à Wandignîes, fait saillir ses vaches à deux ou trois ans: il les nourrit avec de |a paille, du foin, et une boisson composée de seigle moulu , dans laquelle on mêle des pommas de terre cuites : la paille se donne après <}ne les vaches ont bu.
Pour les veaux à l'engrais , on fait bouiJiUr de la farine avec de l'eau et du lait • et oq Im^ff
donne cette nourriture pendant quinze jours ou trois semaines; après ce temps , ils ne reçoivent plus que du lait pur : vers la fin de Tengraissement; on ajoute trois ou quatre œiîfs.
Lorsque Von veut faire des élèves, quinze jours après la naissance du veau, on lui donne le lait écrémé et Ton continue cette nourriture pendant six ou huit mois : Tanimal reçoit une demi-livre de tourteau de lin qu'on fait bouillir et qu'on délaye dans Teau ; une fois accoutumé à ce régime , il le préfère au lait et au pain : on n'a plus alors qu'à attendre le printemps pour l'envoyer à la pâture.
Dans le canton d'Arleux, quelques fabricants de sucre donnent, chaque jour, trois repas de paille et de pulpe à leurs vaches ; depuis le mois d'août jusqu'à la fin de septembre, ils les nourrissent avec des feuilles de betteraves; à partir du printemps, on leur donne des pulpes, du trèfle et de la luzerne coupés en vert. Chez lès simples cultivateurs, les vaches sont nourries avec des choux, des carottes, des pommes de terre y du foin , de la paille et des tourteaux.
M. Broy, à Cuincy, ne fait sortir ses vaches qu'après lajmoisson pour pâturer les regains de trèfle et la troisième coupe de luzerne; depuis
le 4 à mai jusqu'au 1 5 septenibre, il les nourrit avec des fourrages verts et de la paille ; l'hiver; il leur donne de la paille de blé, d'orge ou d'avoine, des pommes de terre, des navets, des betteraves, des carottes coupées, des choux et des tourteaux de lin délavés dans de Teau tiède.
MM. Fiévet, à Masny, donnent au veau, pendant les quinze premiers jours de sa naissance, le lait de sa mère, ensuite ils lui servent trois fois par jour, pendant un an, du lait écrémé et de la paille aussitôt qu'il peut en manger; dés qu'il a atteint l'âge d'uri an , on le nourrit avec des pulpes , de la paille et des balles de grains. Les vaches pâturent souvent les regains de trèfle et de luzerne dans les mois de septembre et d'octobre.
Les bœufs à l'engrais font (rois repas principaux : le premier, à cinq ou six heures, consiste en 3 litres de moulage de seigle délayé dans de l'eau, 6 ou 7 litres de pommes de terre cuites et 1 kil. de tourteau; à midi, ils reçoivent une botte de foin de 6 kilog. , 1 tourteau et de l'eau blanche pour boisson; le troisième repas est le même que celui du matin; le soir, on leur donne des fèves ou de 1» paille ; entre les repas du midi et du soir,
les bœufs ont de la pulpe : on leur en donne 12 litres à chaque afFourée; lorsqu'ils s'en lassent, on suspend la distribution de la pulpe pendant un jour , ils s'y remettent ensuite volontiers,
M. Desmoutiers, à Faumont, engraisse ainsi ses bœufs : il les envoie à la pâture depuis quatre heures du matin jusqu'à sept heures ; pendant ce temps, on fait leur litière, el, à leur rentrée à Tétable, ils trouvent préparé leur premier repas consistant en moulage de seigle , de fèves et d'avoine et en paille ; à midi, ils reçoivent de la pulpe, 2 tourteaux de linetdu foin; lesoir,on leurdonnede ladrêche, 2 tourteaux de lin et de la paille. Leur ration de chaque jour est évaluée à 25 litres de pulpe, 1 5 litres de drêche , 5 ou 6 litres de moulage et 6 kilog. de foin. On saigne le bœuf de temps en temps , lorsqu'il perd de son appétit et qu'il parait lourd ; mais, en règle générale, M. Desmoutiers blâme la saignée.
L'engraissement a lieu , contrairement aux principes admis par le plus grand nombre des cultivateurs , depuis mai jusqu'à la fin de juillet , mais M. Desmoutiers est forcé de se guider d-api es les travaux de sa fabrique de sucre j du reste, le prix élevé de la viande à
celle époque compense les înconvénients d'un engràissemenl entrepris pendant les chakurs de Véîé.
Dans plusieurs localités de rarrondissemcnt de Valencîenne5 et de Gambray, les raches sont nourries, pendant Tété, arec du trèfle rert eftde la paille d'avoine : ITïiver, on leur donne desf navets, des pommes de terre, des chonx, du regain et de la paille de blé ; chaque bê<e reçoit, en outre, 1 kilog. de tourteau de colza et du moulage de seigle, d'avoine et de fèves concassées, en guise de boisson. Le veaa à Tcsigraîs e^f nourri umqnemënt avec du lak ; Teiigraissement diarë prés de trois mois ; atr bMit de ce temps, le veau pèse 40 kilog.
Les fabricants de sucre nourrissent leurs vaches avec des pulpes et de la paille de Mé et d'avoine.
DaiM la plus grande partie de Tarrondissemeut d'Avesnes, )es bœufs et les raches de venCe sont mh à la pâture; cefles-ci deptris le 15 avril jusqtt'en octobre, ceux-fâ jusqu'au { 5 novembre ; ils y restent nuit et jotfr. On fttMive ici que tes bêtes tirées de la Franche- Comté et de la Normandie s'engraissent aneux qoc celle» venues de là Belgique: ceJ dernières, accouimnéesl h \m régime eytcltmî de soupes
composées de choux ^ de carottes^ de navets et de pommes de terre, se mettent difficilement au pâturage; les bêtes de cinq à huit ans sont préfërées aux bêtes phis jeunes.
Dans les e^iploitations où Ton n'a point de pâture , les vaches ne sont nourries , en général, qu'avec de la paille d'avoine et un peu de trèfle : elles rendent de 6 à 8 litres de lait par jour.
Moutons.
Le département du Nord ne peut être considéré comme un pays d'élèves, relativement aux bêtes à laine ; celles qu'on y tient viennent presque toutes des départements de l'Oise , du Pas-de-Calais et de la Belgique : la plupart sont destinées à l'engraissement. Trois races principales dominent dans ce département:
ce sont la race flamande concentrée dans les arrondissements de Dunkerque et d'Hazebrouck; la race artésienne répandue surtout dans les communes limitrophes du Pas-de- Calais; et la race mérine, la moins nombreuse de toutes, et qu'on ne rencontre que chez quelques propriétaires.
Indépendamment de ces trois types essentiels, il existe encore plusieurs troupeaux de
métis provenant^ tantôt du croisement de la race picarde avec la race flamande^ tantôt des bêtes de l'Artois avec des mérinos, et des picards avec ces derniers ; ces croisements jusqu'ici n'ont produit aucune race remarquable.
Le mode de nourriture et d'engraissement * varie.
Près de Gra vélines, c'est à la race picarde qu'on donne la préférence ; on achète les moutons à quatre ou six ans, dans le mois de novembre ou de décembre, et on les garde jusqu'au mois de novembre suivant; ils commencent à parquer vers la Saint-Jean. Pendant la belle saison , on les envoie dans les pâtures et sur les prés salés ; on les nourrit aussi de trèfle et de minette : lorsqu'on les vend, ils soiit bien en chair et pèsent de 22 à 25 kilog.
M. Hamerelle aîné, à la Grande-Synthe, n'achète que des moutons de trois à quatre ans , pris aux environs de Montdidier (Somme); il commence par leur faire parcourir les dunes et les relais de mer, où se trouvent des prés salés, afin qu'ils s'accoutument au climat et qu'ils puissent prendre de la chair; l'hiver, il les nourrit avec des fèves et de la paille; vers la mi-mars , les moutons sont envoyés dans les dunes et les prés salés;
l'engraissement commence lorsque les bêles reviennent du pâturage pour rester définitivement à retable jusqu'au moment où elles seront vendues. En pleine nourriture, on donne une botte de warats pour cinq moutons ; la distribution se fait ainsi qu'il suit ; le matin, des warats ; à midi, de la paille de pois battuç; le soir , de la paille de blé ou d'escourgeon : en plein engraissement, on leur donne des grains. Ces moutons sont principalement renommés pour la finesse de leur chair, qualité qu'ils doivent aux prés salés.
M, Desgraviers , au Grand-Millebrugges , engraisse ses moutons avec des pulpes et du foin ; les bouchers préfèrent ces moutons à tous autres , parce que , suivant eux , ils se tuent mieux , c'est-à-dire qu'ils rendent beaucoup plus de suif : l'engraissement dure de 3 à 4 mois.
M.Vanden-Baviére,aux Petites-Moëres, n'a que des moutons flamands; il trouve que cette race , éminemment rustique et parfaitement appropriée au sol humide des Moêres , ne vaut pas la race artésienne ou picarde , qui s'engraisse plus vite et donne aussi plus de suif : leur nourriture ordinaire consiste, l'hiver, en paille de sucrion , de blé et en paille
de fèves non battues. Trois bottes de fèves ^ pesant 4 kilog. , suffisent pour trois moutons ï on les leur donne en deux fois ^ le matin el le soir. Entre chaque repas y ils ont de la paille de blé ou de sucrion ; ils mangent mal la pciille dWoine. L'été ^ les moutons vont pâturer, tant bien que mal , le long des routes. Lors*^ que M. Vanden-Baviére veut engraisser ses moutons flamands , ce qu'il ne fait que par petits lots f il donne alors à chacun un litre et demi de fèves , un demi-litre de tourteau et un peu de pommes de terre crues pour éteindre le feu de cette nourriture sèche ; les bâtes ont de l'eau froide pour boisson. Les moutons flamands^ qui pesaient 20 à 25 kilog. au c m** mencement de Tengraissement, pèsent 40 ki*^ log. à la fin de l'engrais.
M. Mayeux , à Gapelle , près Dunkerque , achète ses moutons mérinos dans le département de l'Oise ; il les préfère aux flamands^ parce qu'ils réussissent mieux chez lui et qu'ils s'engraissent plus vite ; il les nourrit d'abord avec de la pulpe mélangée de tourteaux de lin et de paille de fève, de blé ou de sucrion; dans le cours de l'engraissement, il donne une botte de paille, pesant 6 kilog. , pour 1 bêtes, 2 fois des pulpes par jour, et 1 kilog. de toiir^
teau de lin pour 3 moutons* Suivant lui , la pulpe fait périr les agneaux et les amenais; mais les moutons faits la mangent impunément.
L'engraissement dure de 3 à 4 mois ; on retire 4 kiU 5 hect. à 5 kilog. de laine en raie.
Le mode d'engraissement j dans Tarrondissèment d'Hazebrouck , n'offre rien de particulier ; il se rapproche beaucoup de celui adopté par M. Vanden-Bavière. La plupart des bêtes à laine appartiennent à la race flamande.
. Dans l'arrondissement de Lille , un grand nombre de cultivateurs croisent les bêtes flamandes avec ceUes du pays ; il en résulte une race métisse moins volumineuse ^ mais qui consomme moins et s'engraisse mieux. L'été^ les bétes vont au parcours et se nourrissent de l'herbe prise le long des chemins. Lorsqu'il fait mauvais temps , on leur donne , le soir, une affourée de paille de fèves battues. Quelques cultivateurs parquent, mais la plupart ne peuvent le faire à cause du sol. Chez M. Weymel, le troupeau rentre tous les soirs à la bergerie ; en général , il cesse de sortir vers la fin d'octobre et ne quitte plus la bergerie jusqu'au print<eraps , qjiie lorsqu'il fait
beau. La tonte a lieu dans les premiers jours de juin : chaque béte donne de 4 kilog. 5 hect. delaine. La monte s'effectue en septembre pour avoir les agneaux vers la fin de janvier ou le commencement de février. Les brebis recoi-
vent des tourteaux le malin pendant le temps de Tallaitement. On sépare les agneaux de leur mère à 1 mois ou 6 semaines; on leur donne alors, dans les premiers jours, une gerbée de fèves non battues, ainsi que de la paille; les brebis n'ont ni betteraves ni pommes de terre.
Les moutons à Vengrais sont nourris ainsi qu'il suit : le matin , on leur donne deux gerbées de fèves non battues et des tourteaux secs de lin ou de colza ; à 1 1 heures , même nourriture, à 2 heures des tourteaux, et^ le soir, deux javelles de fèves ,• l'engraissement dure trois mois, et les moutons pèsent alors de 40 à 45 kilog. ; on les engraisse à 4 ans.
Chez M. Dumaix|uet , à Esquerchin ( arrondissement de Douay) , le troupeau est d'origine artésienne ; les bêtes font quatre repas par jour. Comme nourriture d'entretien , les bêtes reçoivent, le matin*, à 6 heures , de la paille de blé , qu'on préfère à celle de sucrion et surtout à la paille d'avoine ; h midi , elles ont des balles de lin mélangées avec des pulpes
de betteraves ; à trois heures de raprès-^midi^ on leur donne de la paille d'escourgeon ^ et, le soir, de la* paille de fèves non baUues.
Trente bêtes consomment par jour 50 kilog; de paille et 30 kilog. de fèves. La tonte a lieu en juin ; Ton obtient 4 kilog. de laine en raie. La monte s'effectue en septembre. Dès que les brebis ont agnelé, ont leur donne de la paille de blé ou d'escourgeon , mais pas de balles de lin , une botte de fèves et de la pulpe , et Ton augmente graduellement la nourriture à mesure que les agneaux grandissent. Quand les mères vont aux champs, on donne environ trois quarterons d'avoine en gerbes à chaque agneau ; quinze jours après , ils reçoivent une gerbe de plus et ne tettent plus que deux fois par jour; quelque temps après, on leur donne un tourteau d'œillette pour 5 ; à trois mois, on ne les laisse plus teter leur mère qu'une fois par jour , puis une fois tous les trois ou quatre jours ; enfin on les met à. la nourriture verte et ils font, chaque jour, un repas de luzerne , de trèfle ou de sainfoin. Les troupeaux parquent depuis le mois de juin jusqu'à la fin d'octobre.
Les moutons à l'engrais sont choisis à quatre ans ; ils font cinq repas par jour t le
prunier consiste en paille de blé gerbe ; le deuxième ^ en tourteaux de lin , de colza ou d'qeiUeUe (Ô hect. par jour). Dans les commencements de Tengraisy pour ne pas dégoûter les bétes , on ne leur donne ^ pendant huit jours^ qu'un quart de tourteau; 4 ou 5 jours après oe Içmf^^ 3 hect. 75 gr.^ et, au bout d'un mois, un demi-kilog. Quand on se sert de tourteaux d'œillette^ on peut donner un tourteau entier dès le quinzième jour ; si les moutons en laissent^ on suspend la distribution des tourteaux pendant un jour p et l'on se garde bien de forcer sur cette nourriture , car on retarderait l'animal d'un mois. Le troisième repas se compose de balles de lin et de pulpe ; le quatrième consiste en grains d'escourgeon , et le cinquième ^ en paille de fèves non battues. Les bêtes à l'engrais sont vendues aux trois quarts de l'engraissement , vers la fm de janvier ou le^ premiers jours de février; elles pèsent dépuis 27 kil. 5 hect. jusqu'à 35 kilog. Quelquefoisy dans les commencements de la nourriture, on jette un peu de sel dans la boisson; si l'année est pluvieuse, on donne de l'eau ferrugineuse aux animaux.
Les moutons de cette localité, indépendamment du piétain ^ de la pourriture auxquels
Us sont exposés ^ ainsi que ceux des autres arrondissements 9 sont sujets à une maladie connue sous le nom de mauvais nez ; c'est une espèce de gale pustuleuse qui attaque particulièrement le nez de l'animal et le fait dépérir si on ne le soigne pas. M. Dumarquet guérit cette affection avec une recette composée d'une once d'arsenic et une once de sublimé corrosif, une once de vert-de-gris et un quart de soufre mélangé dans une pinte d'huile de lin ; lorsque l'infusion compte 4 ou 5 jours de date , on crève la plaie , on la découvre jusqu'au sang , et on la frotteavec l'onguent préparé ; peu de jours suffisent pour débarrasser l'animal de sa maladie.
MM. Fiévet, à Masny, engi'aissent des moutons artésiens croisés avec des flamands; ils leur donnent , le matin , de la pulpe seule ; à 4 heures , des fèves en grains , des tourteaux et de la paille de blé ; à 3 heures , de la pulpe qu'on remplace quelquefois par des fèves, afin que les moutons la mangent avec plus d'avidité le lendemain matin; le soir, ils ont de la paille. Après deux mois d'engraissement, les moutons pèsent environ 27 kil. 5 hect. ; on les choisit de l'âge de 4 ans : ils sont tondus en décembre , trois semaines avant la fin de l'en-
graîs ; on trouve que cette opération diminue leur transpiration et , par suite , double leur appétit. Lorsque les moutons vont au parc , MM. Fiévet leur font porter des pulpes dans des crèches mobiles qu'on attache aux claies; on leur sert aussi de cette manière les fourrages verts.
M. Desmoutiers , à Faumont , n'engraisse que des moutons belges âgés de quatre ans :
au mois d'octobre, il commence par leur faire manger des feuilles de betteraves et du regain pris sur place dans les prés; le troupeau lentrc à la bergerie en novembre. Le matin, les bêtes reçoivent de la pulpe mêlée à des tourteaux de lin en poudre; à midi, on leur donne de la pulpe mélangée avec du moulage de fèves; le soir^ elles ontde la pulpe etdela paille: quand les tourteaux de lin sont chers , on donne deux fois des fèves et vice versd. Chaque mouton consomme 3 litres de pulpe à chaque repas, un demi-litre de fèves broyées etunedemi-livre de tourteau; dansles derniers jours de l'engraissement , on donne un tiers de tourteau , puis un demi-tourteau dans la dernière semaine. La boisson n'est que de Veau pure. L'engraissement dure trois mois ; mais, lorsque l'herbe a été abondante en au-
tomue^ et que^ par suite, les moutons se trouvent déjà en chair^ au moment de Tengrais , il suffit de six semaines et même d'un mois, pour les amener à un poids de 30 kilogrammes, terme ordinaire de Tengraissement chez M* Desmoutiers.
Dans l'arrondissement de Valenciennes, un grand nombre de cultivateurs achètent des moutons de Liège et du Brabant, à Tàge de deux ou trois ans, pour les mettre à Fei^ais. Ceux-ci commencent par pâturer les regains; une fois rentrés à la bergerie , on leur donne, le matin , de la paille de blé ou de sucrionf à dix heures , un demi-tourteau de colza ou d'ooillette ; à deux heures, de la paille ; le soir, de la paille de fèves qui contient environ un demi-litre de grains ; sur la fin de l'engraissèment , on donne un peu moins de paille et Ton porte la ration de tourteau de lin à 324 de kilog. et celle des fèves à 3/4 de litre* L'engraissement dure trois mois ; les moutons pèsent 27 kilog. 1/2, on les tond trois semaines avant la vente , afin d'exciter davantage leur appétit.
Les fabricants de sucre de cet arrondisse^ ment engraissent leurs moutons avec des pulpes , de la paille de fèves non hattues^ et de»
tourteaux de lin ^ de colza ou d'œillette : il y a toujours deux repas de pulpe par jour.
Dans l'arrondissement de Cambray, on trouve plusieurs troupeaux de mérinos. Les bêtes sont nourries avec des regains de pré, de la paille de blé ou d'avoine et des gerbées de fèves non battues. Lorsque les mères nourrissent , on ajoute une ration de tourteaux à leur provende ordinaire. Les agneaux sont sevrés à six semaines ou deux mois ; après oe temps ^ on leur donne tantôt de la paille d'avoine ou des gerbées de fèves non battues , quelquefois aussi un peu de tourteau.
Le régime d'alimentation , dans l'arrondissement d'Avesnes , diffère peu de celui de Cambray. Les troupeaux sont tirés, en général, de la Belgique; dans plusieurs localités, on les nourrit sur les communaux pendant l'été ; l'hiver , ils reçoivent de la paille d'avoine, de blé et un peu de fèves.
Porcs.
Quatre races principales de porcs dominent dans le déparlement du Nord : la race flamande pure, la race flamande croisée avec les races anglaise et normande , et enfin la race anglaise pure : cette dernière ne se rencontre
que par exception. En général , on donne la préférence à la race flamande croisée avec les porcs anglais; les individus qui en proviennent s'engraissent plus vite ; cependant plusieurs cultivateurs se trouvent fort bien du croisement des porcs flamands avec la race normande : leurs produits, bien qu'inférieurs aux premiers pour la facilité à prendre graisse, conservent plus de taille et sont plus recherchés sur les marchés.
Dans le canton de Gra vélines, la truie est couverte à six, huit et douze mois. Le verrat commence à saillir à l'âge d'un an : au dire des cultivateurs , il pourrait servir pendant trois ou quatre ans; mais, en général, on le chaire, à la seconde année, pour l'engraisser. La truie est nourrie avec des farineux et des pommes de terre; ces dernières , cependant, sont données avec ménagement dans les commencements du part. Les portées sont communément de huit petits. Ceux-ci tettent pendant deux mois; ils sortent avec la mère, au bout de trois semaines; on les coupe à un mois et demi : une fois sevrés, ils sont nourris avec du laitage , des pommes de terre, un peu de son et quelques grains de seigle. Trois semaines après leur naissance jusqu'au moment
de 1 engraissement^ les cochons vont pâturer en troupeaux dans les jeunes trèfles; on regarde Texercice comme très-favorable au développement de l'animal qui prend alors de la taille. L'engraissement a lieu à l'âge de dix-* huit mois ou deux ans^et^ de préférence, pendant l'hiver ou le printemps. Le cochon , une fois à l'engrais, ne sort plus; il reçoit des pommes de terre cuites, des fèves, du sucrion et du lait battu ; après trois mois de ce régime, il pèse de 125 à 150 kilog.
ABergues, où l'on tient presque exclusivement la race flamande pure , le mode d'entretien , d'élève et d'engraissement n*est pas tout à fait le même : le verrat est employé à huit ou dix mois , mais il ne sert que pendant une campagne. La truie reçoit le niàle à huit ou dix mois et donne de six à huit petits; cette proportion est regardée comme la meilleure ; lorsque les portées sont plus considérables, les individus restent toujours chétifs. Ceuxci tettent jusqu'à deux mois et demi; pendant ce temps , la mère est nourrie avec du lait battu, du moulage de fèves et d'avoine et des pommes de terre cuites. A deux mois et demi, les cochonnets sont châtrés et mis aussitôt à Tair libre, mais on a bien soin de ne pas les
laisser couchés longtemps sur le tas de fumier ou dans les étables , de peur que la plaie ne vienne à s'enflammer^ et^ tant que la blessure n'est pas parfaitement cicatrisée^ on les fait marcher de temps en temps dans la cour ou dans les pâtures. Us ont la même nourriture que la mère. Les truies ne portent ordinairement que pendant deux ans ; on les châtre après la seconde portée : contre l'opinion généralement reçue ailleurs , la première portée est regardée comme la meilleure. Pendant tout le temps de leur croissance, les cochons vaguent, nuit et jour, dans la cour jusqu'au moment où on les met à l'engrais. A cette époque ^ ils sont renfermés et reçoivent trois fois par jour une soupe composée de lait et de fèves moulues mêlées à des pommes de terre cuites. L'engraissement dure de trois à quatre mois. La bête soumise â ce régime pèse , à la fin de l'engraissement, de 1 50 à 1 75 kilog. ; quelquefois, mais rarement, elle atteint 200 kilogrammes.
La race flamande pure se perd dans l'arrondissement d'Hazebrouck , presque tous les porcs de cette localité proviennent de croisements avec les races anglaise et normande ; ils fout trois repas par jour ^ composés de petit-
lait et de pommes de terre cuites dans lesquelles on jette des fèves qui se gonflent par la chaleur et subissent une demi-coction : le lait leur est donné séparément ^ en guise de boisson^ et toi^jours mélangé d'eau et de moulage de fèves. La truie^ pendant l'aîlaitement, reçoit surtout du petit-lait ^ mais jamais dé fèves; elle est saillie à neuf mois, porte deux fois, jamais trois^ et le plus souvent une seule fois. Les petits sont sevrés et châtrés a trois Semaines; vingt-quatre heures après avoir subi Topera tion, on les fait promener, ils sont ensuite abandonnés à eux-mêmes. L^hiver, ils vaguent dans la cour, et^ Tété, dans les pâturages : en tout temps, ils rentrent, chaque soir, dans leurs loges.
Les races sont très-mélangées dans l'arrondisseihent de Lille.
M. Wèymel^ à la Chapelle-les-Âfmentières, tire ses porcs de la Belgique et lés croise avec les races houlonnaise et flamande; cheï lui, la traie ne porte qu'une fois, elle reçoit le mâle à neuf ou dix mois : pendant les quinze preniiers jouts du part^ on lui donne du lait hattu et du son ; ensuite sa nourriture se comt>ose de tèvei, de son, de moulage de fèves , de lait battii et de pommes de terre cuites. On ne
(ioiHie jamais les pommes de terre crues, parce qu'elles dévoient les animaux. Les jeunes cochons sont châtrés à six semaines ; ils restent à retable pendant les trois ou quatre jours qui suivent cette opération , ensuite ils vaguent dans les cours.
Les bêtes à l'engrais reçoivent des fèves cuites , du moulage de seigle, du lait battu et des pommes de terre ; elles font trois repas : le premier à six heures du matin, le second à midi et le troisième à six heures du soir. Les bêtes sont mises à l'engrais à Tâge de vingt mois; l'engraissement dure trois ou quatre mois, à la lin desquels l'animal pèse de 200 à 250 kilog.
Chez les fabricants de sucre des arrondissements de Valenciennes et de Cambray , les porcs à l'engrais sont nourris avec des pommes de terre, du petit-lait et du moulage de seigle et d'orge ; le reste du temps , ils vivent des déchets de betteraves.
Dans l'arrondissement d'Avesnes^ ou donne aux porcs des issues de cuisine, du petit-lait, des pommes de terre cuites et des fèves auxquelles on ajoute, au temps de l'engraissement, un peu de moulage de seigle, d'orge et d'avoine.