‹ Agriculture du département du NordChapitre 6 sur 37 · ET COMMERCIALE · texte numérisé non relu

ET COMMERCIALE

S*il existe un pays en France où Tagriculture soit partout honorée et embrassée avec ardeur, c'est, sans contredit, dans le département du Nord que ce goût spécial se manifeste avec le plus d'éclat; on peut même dire sans exagération qu'ici tout le monde est agriculteur. L'extrême division des propriétés, d'une

]part, de l'autre les habitudes simples de la vie rurale auxquelles un grand nombre de personnes sont restées fidèles, et, par-dessus tout, l'exemple fréquent de hautes capacités se livriaint avec succès à l'amélioration de leurs terres, tout concourt, chez l'habitant du Nord, naturellement porté au travail et a la persévé-

[ rance, à perpétuer cette industrie, qui fit de tout temps la gloire et la richesse de ces contrées. L'agriculture forme donc l'occupation principale dans cette partie de la France, et de là, par une conséquence naturelle, cette foule d'industries qui lui empruntent leur origine, leurs matières premières et qu'elle alimente

sans cesse : on ne s'en étonnera pas , si Ton se rappelle que le département du Nord s'en toujonrar placé à la tête de notre agricul-

étire. C'est là que les principes de lassolement alterne ont été dabord introduits. Tandis qu(3 le reste de la France suivait aveuglément l'antique rotation triennale y la culture du trèfle , intercalé parmi les céréales et les ^laâtes textiles et oléagineuses, résolvait le ^and problème de la succession non interrompue des récoltes, et prouvait que, dans la plupart des cas, la jachère ne doit être regardée que comme un moyen extraordinaire auquel on n'a recours que lorsque le mal ne peut plus être combattu par les moyens accoutumés. C'est encore dans ce département que le colza et le lin ont pris un si grand développement, et que du nord, leur berceau primitif, ils se sont répandus dans les autres contrées : qui ne sait, enfin, que, dans ces derniers temps encore, la betterave, à peine connue dtes aiif res départements, si l'on en excepte le Pas-de-Calais, avait été adoptée avec un tel einpressement par les cultivateurs du Nord, <Jti'en \ 838 on comptait dans ce dépaî'tement lihe foule de fabriques de sucre indigène annexées aux exploitations rurales. Les causes qui viennent d'arrêter cet élan ne doivent pas tipouver place dans ce mémoire.

En résumé^ la tendance des esprits vers l'a.

gricuUure est évidente dans le Nord ; les autres branches commerciales dont les villes sont, pour ainsi dire, en possession exclusive, ne viennent qu'en seconde ligne, malgré leur importance, et cette heureuse supériorité, l'agriculture la doit autant à la nature privilégiée du sol qu'au travail intelligent des habitants.

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