‹ Agriculture du département du NordChapitre 8 sur 37 · ÉTAT DE LA PROPRIETE · texte numérisé non relu

ÉTAT DE LA PROPRIETE

Les terres sont extrêmement divisées dans le dépai^tement du Nord; le morcellement d^

F'opriétés varie suivant les localités.

Bans les cantons de Gravélines et de Dunkerque^ les fermes ont, en général^ de 100 a 150 hectares; à Wormhout, Bergues et Hondschoote^ elles né comiportent plus que 20 à 25 hectares; dans le canton de Bourbourg, les fermes situées à l'est de Tarrondissement ont 4e 60 à 70 hectares; vers le littoral de la mer. elles s'élèvent depuis 1 00 iusqu a 1 50 hectares.

Dans l'arrondissement d'Hazebrouck ^ les fermes peuvent être divisées en deux catëgoiries : les grandes fermes , c'est-a-dire celles de 60 à 80 mesures (\ai mesure équivaut à 37 ares), et les petites fermes, ou ceUes qui n'ont que 30 à 35 mesures.

Dans l'arrondissement de Lille, la division des propriétés est encore plus frappante : le morcellement y est poussé jusau'à l'excès. La doujtiéme partie des fermei coioiprend les grah*

des exploitations de 40 à 50 bonniers (lo boriniel* répond à 1 hectare M ares 87 centiares). Les fermes de moyenne étendue sont celles où l'on cultive de 10 à 20 bonniers; elles renferment environ le tiers des exploitations : le reste se compose de tontes les fermes de 10 à 5 bonniers et au-dessous, si toutefois on peut encore donner le nom de fermes à des exploitations excessivement restreintes, où le mari, la femme et les enfants, sans cesse occupés à se créer du travail , ne s'attachent qu'aux plantes qui exigent le plus de main-d'œuvre, où chaque cultivateur, transformé en maraîcher, ne porte aucun grain au marché, consomme plus qu'il ne peut produire et traîne une existence misérable, malgré les privations de tout genre qu'il s'impose.

Quelques grandes exploitations surgissent de loin en loin dans l'arrondissement de Douay. Là où s'élevaient aur refois de riches abbayes, on rencontre encore des fermes de 3 à 400 rasières (la rasière vaut 45 ares); mais celles-ci deviennent tous les jours plus rares. La fureur du morcellement s'est emparée des propriétaires, et ceux-ci, séduits par le haut prix des petites locations, n'attendent que l'expiration des anciens baux pour sacrifier

l'avenir au présent, en affermant leurs terres en détail. Un grand nombre des fermes moyennes de l'arrondissement comptent de 1 00 à 1 20 rasiéres ; viennent, ensuite les fermes de 45 à 60 rasiéres, et, enfin, la classe du plus grand nombre des cultivateurs, exploitant de 15 à 20 rasiéres. On trouve encore dans les cantons d'Orchies et de Marchienncs, ainsi que dans certaines localités du canton d'Arleux, de petits ménagers qui afferment à des prix excessifs de 1 à 1 1/2 hectare. Ce sont, en général, de pauvres colons obligés d'aller travailler chez les fermiers; ils ne possèdent ordinairement qu'une vache et un porc, manquent d'engrais suffisants, font labourer leurs terres par leurs voisins, ne donnent que des façons incomplètes et hors saison à leurs n5coltes, de peur de se priver du bénéfice réel de leurs journées, et dont la condition fausse est bien au-dessous de celle des simples ouvriers, que rien ne distrait de leur occupation principale.

L'arrondissement de Valenciennes offre plus de grandes fermes que celui de Douay; elles s'étendent, en général, autour du chef-lieu, dans un rayon de deux lieues ; le quart des exploitations ordiruiires n'excède pas 25 bon-

nkvA ( i hectare 20, arcs 72 çefttiprç^. : 1^ ççslft sp copipose 4s. %^°?jÇ^. 4ç 1^; ^ O^t 5 bon-

A partir dç Cambray, 1^§ exploitation^^ deviennent sensiblement plus considérables^ Vœil cesse d'être fatigué de ra,spect de ces pro^ priétés^ mprcelées à l'infini, qui, au premier abord, semblent un bienfait pour l'agriculture, mais opposent, en définitive, un des obstacles les plus graves à ses progrès. Les grandes fermes de cet arrondissement comportent, en général, de 150 à 200 hectares; Içs fermes ordinaires çnt de 20 à 30 hectares d'étendue; les plus petits cultivateurs exploi- |eat de 10 à 3 hectares.

Les mêmes remarque^ ^'appliquent à Tarrondissemeqt 4' A^^snes, avec cette différepçe, cependant, que partout où le système d'assolement repose sur les pâturages, çpnpnie à Lsji^drecies, Berlaimont, Maroilles, Avesnes et jusqqe près de Tyélon, les exploitations son^ fort restreintes, sans être néanmoins aussi morce-

léçs que dans l'arrondissement de Lille : la grapde culture domine dans les cantons de Maubeuge, de Bavay et du Quesnoy.

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