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LIMITES CLIMATERIQUES DES CULTURES

Les cultures sont subordonnées à deux sortes de limites : les unes sont naturelles, les autres économiques. Les cultures cessent partout où elles coûtent plus qu'elles ne rapportent, partout où Ton manque de main-d'œuvre pour les soigner, de débouchés pour les écouler.

Les limites naturelles sont dites polaires quand elles sont déterminées du côté du nord, et équatoriales du côté du midi. Il y a, en outre, les limites imposées par l'altitude, qu'on peut aisément comparer aux limites polaires.

Chaque culture a des limites en latitude et en altitude. Citons quelques exemples : la culture du dattier a sa limite polaire dans les oasis du Sahara entre le 35« et le 34® degré de latitude, plus au nord la chaleur manque pour la maturité des dattes ; cet arbre s'avance vers l'équateur, à travers le Sahara; on le retrouve encore au 32® degré de latitude. Nous ignorons sa limite exacte du côté de l'équateur. L'oranger ne dépasse pas au nord les endroits les plus chauds de la Provence, c'est sa limite polaire ; sa limite équatoriale s'arrête en Algérie, aux premiers plans du petit Atlas. L'eucalyptus globulus s'avance un peu plus au nord que l'oranger, et reste dans la même limite équatoriale. L'olivier se dirige vers le pôle nord plus que les deux végétaux précédents , et il atteint de plus fortes altitudes, mais sa limite équato-

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riale s'arrête sous le climat qui convient à l'oranger. La vigne va plus au nord, et monte plus haut que Folivier. Elle s'avance vers le nord et l'est de la France et dans les parties les moins élevées de la Suisse ; dans le Midi, lelle gagne l'Afrique et s'y élève à une grande hauteur. On la voit à Médéah, à 900 mètres au-dessus du niveau de la mer. En Europe, elle n'atteint pas les mêmes altitudes. En Suisse, dans ks cantons de Genève, de Vaud et de Neufchatel on trouve de riches vignobles aux altitudes de SyS mètres, 400 mètres et 5oo mètres. Les vignes de l'Arbois, dans la Franche-Comté, sont à l'altitude moyenne de 400 mètres. C'est une culture qui offre par conséquent une marge considérable pour ses limites en latitude et en altitude. Les limites en latitude servent à déterminer ce que l'on désigne sous le nom d'aire de végétation.

L'aire de végétation comprend toutes les localités où la plante cultivée jouit du climat qui lui permet de parcourir toutes les phases de sa végétation.

L'aire de végétation d'une culture serait régulière et n'offrirait aucune solution de continuité, si le globe terrestre ne présentait pas fréquemment des reliefs qui viennent modifier le climat général de chaque contrée. Les collines et les montagnes, en modifiant les conditions climatologiques, occasionnent de fréquentes lacunes dans l'aire de végétation des cultures : c'est ce qui nous a forcé de renoncer aux régions établies autrefois par les agronomes. La région indiquait toute une circonscription où une culture quelconque devait se trouver dans de bonnes conditions de végétation. C'était une idée fausse, attendu que dans ce qu'on appelait la Région des orangers, il existait beaucoup de terrains impropres à cette culture. Le* climat de l'oranger est une expression plus précise et plus juste. Ce terme résume

les conditions météorologiques propres à cette culture, Par une vue providentielle, le froment est Tune des cultures qui offre Paire de végétation la plus étendue en latitude et en altitude. Suivant M. Risler, cette céréale exige pour la maturité de son grain 2, 1 34* au-dessus de 6°. Il faut croire qu'elle reçoit cette quantité de chaleur sous les altitudes et les latitudes les plus diverses. Le froment parvient à maturité en Suède, à Alten, sous le 70° degré de latitude. M. Tisserand rapporte qu'à récole d'agriculture deSkibotten (Suède), sous le 69*, 28' de latitude, le blé de mars mûrit en 1 14 jours. On sait que sous cette latitude les nuits sont très courtes en été, et que le soleil fournit en 24 heures une forte somme de chaleur et de lumière.

On voit que la limite polaire du froment est extrêmement septentrionale. L'orge, le seigle, l'avoine ont à peu près la même limite polaire. En Suède, l'orge et le seigle ont plus d'importance que le froment. En Ecosse, sous le 57® de latitude, l'avoine occupe le premier rang parmi les céréales ; Torge arrive au second rang. On fait peu de blé et de seigle.

Le froment, qui s'accommode du climat de la Suède, supporte encore celui de l'Algérie ; il atteint de bons rendements dans les terres fertiles du Tell. A Tougourt , à L'ombre des palmiers, sous le 33® degré de latitude, les cultivateurs; des oasis parviennent à cultiver cette précieuse céréale. Sur les plateaux des montagnes on peut encore le cultiver avec succès. J'en ai vu de belles récoltes dans le Jura, aux altitudes de 700 et 800 mètres, et dans l'Algérie à l'altitude de 900 mètres aux environs de Médéah.

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