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RÉPARTITION DES CULTURES

Cest SOUS le climat méditerranéen, en France, en Corse et en Algérie, qu'on peut le mieux étudier la répartition des cultures basée sur l'altitude des localités et les conditions météorologiques de chaque pays.

Donnons quelques exemples de cette distribution des végétaux cultivés et spontanés à des altitudes bien déterminées. Dirigeons notre première excursion de Nice à l'observatoire. On passe du niveau de la mer à l'altitude de 372 mètres. En faisant cette ascension par des sentiers en lacet au milieu des cultures, on jouit d'une vue magnifique de mer et de montagnes. Le sol dérivé du terrain crétacé est éminemment calcaire et très pierreux; il est fortement incliné et doit être disposé en terrasses horizontales avec murs de soutènement partout où l'on se décide à le mettre en culture. Le coteau que nous gravissons est situé sur la rive gauche du Paillon, et voit le soleil à l'ouest et au sud-ouest. Il n'est pas complètement à l'abri du mistral qui y pénètre plus ou moins par la vallée de cette rivière ou plutôt de ce torrent côtier. Toute la vallée du Paillon et les premières terrasses du coteau sont couvertes d'orangers cultivés pour les fruits ou pour les fleurs à distiller. L'oranger ne monte pas bien haut, il n'occupe que les points les mieux abrités contre le mistral. Les terrasses de cette colline sont garnies d'oliviers, de vignes, de figuiers avec cultures maraîchères intercalées. L'olivier est la culture qui prend le plus de place. Au milieu des vignes et des

oliviers, on cultive la fève et la pomme de terre; o trouve aussi quelques parcelles de froment.

Le terrain non emblavé parmi les cultures d'olivi et de vigne se couvre spontanément d'avoine sté [avenu sterilis)^ graminée vigoureuse et précoce qui, la jachère et sur les vieux chaumes, devient ici corn en Algérie une véritable plante fourragère. Elle poi activement en hiver ; et , à Pombre des oliviers , montre sa panicule en plein hiver, aux mois de j vier et de février.

Vers l'altitude de 200 mètres, les cultures dispar sent et font place aux végétaux spontanés, d Tensemble constitue des bois de médiocre val composés de pin d'Alep associé aux arbustes qui c< posent naturellement les landes en terrain calca Voici , par ordre d'importance, la liste de ces espè spontanées :

Pin d'Alep Pinus halepensis , CCCC.

Calycotome Calycotome spinosa , CC.

Romarin (en fleur en hiver). Rosmarinus officinalisy G.

Lentisque Pistaceia lentiscus , G .

Genévrier Juniperus oxycedruSy AC

Giste blanc Cistus albidus, AG.

Autre Giste Cistus sàlvicefolius, AC.

Phillyrea Phillyrea angustifolia , è

Caroubier Ceratonia siliqua , rare.^

Au milieu de ces bois et de ces cultures on tro en fleur, au mois de février, parmi les végétaux herba* des anémones et de la véronique à feuilles de lierre.

Aux environs de Cannes la répartition des végét est à peu près la même, sauf les modifications dues \ nature du sol. L'oranger y est cultivé principalen pour les fleurs destinées aux parfumeries de Grasse.

vallée et les terrains bas produisent en outre des roses, des jacinthes, des anémones, des œillets, etc., pour la vente en hiver à Paris et aux autres capitales de l'Europe septentrionale. Le jasmin, la cassie, la rose et d'autres fleurs soumises à l'arrosage donnent en été des produits destinés à la fabrication des parfums.

A Cannes comme à Nice, le citronnier (Citrus limonum) est assez rare et n'est pas d'un bon rapport; il n'y trouve pas les abris et la chaleur qui assurent l'abondance et la régularité de ses produits. Il en est à peu près de même de l'oranger {Citrus aurantium); à peu d'exception , les oranges manquent de qualité et on préfère se livrer à la culture du' bigaradier {Citrus bigaradià)^ dont les fleurs s'écoulent avantageusement chez les fabricants de parfums.

La véritable patrie du citronnier, c'est Menton qui est la station la plus chaude et la mieux abritée que l'on rencontre sur les rives de la Méditerranée, depuis Hyères jusqu'à Gênes. Nulle part on ne trouve du citronnier en plus grande quantité et donnant lieu à un commerce aussi important en France et à l'étranger. Le citronnier occupe à Menton le fond des vallées et les coteaux à des hauteurs qui atteignent près de 3oo mètres; les seuls obstacles à sa culture dans les niveaux inférieurs à 3oo mètres, c'est le manque d'eau pour son arrosage en été, ou l'état rocheux des surfaces. Dans ce cas, il est remplacé par l'olivier d'abord, et ensuite par du bois et des landes. Voici d'ailleurs la répartition des végétaux cultivés et spontanés qu'on rencontre dans le canton de Menton, en passant du niveau de la mer aux fortes altitudes des montagnes voisines.

Faisons d'abord une excursion de Menton à Roquebrune. Du niveau de la mer on passe à 244™ d'altitude. En suivant le sentier du Muletier, on chemine cons-

tamment sur un sol calcaire, pierreux, fortement im en route étroite pavée et disposée en escalier sur la grande partie de sa longueur qui est d'environ cinq mètres.

Au bas et à une faible hauteur on traverse de 1 cultures de citronnier, puis on entre dans une m fique forêt d'oliviers. Ce sont les plus beaux et les vieux de la contrée; tous annoncent une longévité d sieurs siècles. Dans ces endroits où la gelée ne 1 teint jamais, ces arbres sont pour ainsi dire étei quand le tronc principal vient à périr de vêtus souche primitive émet des jets latéraux qui prei la place du sujet disparu. Cest une nouvelle généi qui se développe sur la souche mère dont la durée s€ pour ainsi dire illimitée. Ce qui contribue à maii la prospérité de ces plantations, c'est qu'on a soin ( fumer régulièrement et de donner au sol et aux a les façons qui sont nécessaires pour favoriser la v< tion des oliviers et pour obtenir tous les ans une i dante récolte d'olives. Arrivé au haut du somm est situé Roquebrune, on retrouve de beaux verg( citronniers, preuve évidente que cette culture peu lever à près de 250"* d'altitude.

A Menton aboutissent quatre vallées étroites qi frent les mêmes conditions de sol et de cultur< sol dérivant du coteau inférieur est généralemen ceux-sablonneux. Il résulte de la désagrégation grès dur et résistant par place, friable et attaqua la pioche sur d'autres endroits. Grâce aux abris nati le citronnier réussit au fond des vallées et sur 1( teaux dans toute la zone arrosable . par les dériva qu'on a pratiquées sur les cours d'eau de ces vallée zone non irrigable est consacrée à l'olivier, à l'exce des surfaces où la roche quartzeuse , résistante e

désagrégeable, se montre rebelle à toute culture. Au milieu de ces rochers les parties meubles se garnissent des végétaux spontanés suivants :

Pin maritime Pinus maritimus.

Chêne pédoncule Quercus robur.

Arbousier. • Arbutus unedo,

Olivier sauvage Olea europea.

Genévrier Juniperus oxycedrus.

Phillyrea Phillyrea angust\folia.

Ciste Cistus salviœfolius.

Petite bruyère Calluna vulgaris.

Sambois Daphne gnidium.

Dactyle Dactylis hispanica.

Froment pinné Triticum pinnaium,

Andropogon Andropogon hirtum.

Lavande Lavandula stcechas.

L'excursion de Menton à Castellar, dont l'altitude est de 290 mètres, montre les mêmes cultures et les mêmes végétaux spontanés, avec cette différence que le pin d'Alep, sur les marnes, remplace le pin maritime qui vient de préférence sur les terres siliceuses.

Le citronnier se cantonne au fond de la vallée et s'élève en coteau à i5o ou 200 mètres, puis viennent les oliviers qui dépassent l'altitude de Castellar et atteignent celle de 3oo mètres. Plus haut les terrains portent des forêts de bois résineux (pin maritime ou pin d'Alep), Après ces bois apparaissent des sommets complètement dénudés. Ce sont des rochers calcaires battus par le vent et les tempêtes. Le ravinement par les pluies et la rigueur du climat y réduisent la végétation à sa plus simple expression. Les essences ligneuses n'y viennent pas, et les plantes herbacées croissent difficilement sur des surfaces fortement inclinées et complètement privées de terre végétale*

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