TOPOGRAPHIE AGRICOLE. — RELIEF DES TERRAINS INCLINAISON DES SURFACES
Uétude du relief des terrains doit vivement préocc l'agriculteur appelé à déterminer les cultures les m appropriées à son sol et à son climat.
Il y a à considérer Tinclinaison des surfaces, Pexj tion dont elles jouissent et leur situation tôpographi Les pentes trop prononcées, celles qui dépaî 5 o/o rendent plus difficiles et plus onéreux tous les vaux de la culture; si elles atteignent Tinclinaison de elles deviennent incultivables et utilisables seulei parle boisementou Tengazonnement. Les terres en f livrées à la culture sont exposées au ravinement pa eaux pluviales, Teau qui coule à leur surface emj dans la vallée les parties meubles du sol avec les s tances solubles des engrais. La terre se dénude les parties les plus élevées des champs, et si Ton à ce que la fertilité n'en soit pas diminuée, il faut prendre en bas les terres emportées par les eaux pluv et les rapporter dans le haut des champs. Ce sont des qu'on n'a pas à supporter sur les surfaces suffisami inclinées pour l'assainissement, mais où la pente pas assez forte pour donner lieu au ravinement, terrains sans pente offrent d'autres inconvénient} eaux s'y accumulent, et pour peu que le sol et le s sol soient imperméables, les plantes y souffrent c humidité trop abondante et trop prolongée.
Il y a donc à faire grande attention au relief et situation relative des terres qui composent les diffén
parties d'un domaine. Suivant la situation des surfaces, on distingue des plaines, des vallées, des coteaux, des plateaux, des collines et des montagnes.
Les plaines sont de grandes surfaces, d'une faible altitude par rapport à la mer ou aux vallées environnantes, et d'une inclinaison pour ainsi dire insensible. C'est là qu'on voit les exploitations les plus étendues et les plus importantes de la France, celles oti les champs offrent des dimensions et des formes favorables à l'exécution des travaux aratoires. La Belgique, la Hollande, la Russie et la Moravie possèdent d'immenses plaines qui sont le siège de vastes exploitations faciles à cultiver et généralement très productives. Qui ne connaît en France les riches plaines de la Flandre, de la Picardie, de la Beauce, de la Brie. La Sologne et le Berry offrent des plaines d'une moindre fertilité, mais faciles encore à mettre en valeur par la culture ' ou les essences forestières. Il existe parfois au milieu des montagnes des plaines qui sont d'autant plus appréciées que les autres surfaces offrent des accidents et des pentes qui les rendent incultivables.
. En Auvergne, la plaine de la Limagne, dont l'altitude varie entre 270 et 3oo mètres, est d'une fertilité proverbiale. Elle produit en abondance des céréales, des fourrages et des fruits de toutes sortes. La plaine de Montbrison à l'altitude de 376"^ et celle de Roanne à l'altitude de 320°^ sont plus froides et moins fertiles, par suite de la nature du sol et du voisinage des hautes montagnes.
Aux environs de Paris on cite plusieurs plaines d'une grande fertilité; telles sont la plaine de Saint-Denis, la plaine de Trappes, la plaine de Lonjumeau et les grandes plaines de la Brie.
En Algérie et en Corse il existe de vastes plaines très fertiles mentionnées précédemment.
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Les plateaux sont des plaines à de fortes altitu leur situation élevée les rend plus ou moins improduc les plateaux les plus étendus dépendent des montai de TAuvergne. La Planèze est un vaste plateau du Cai situé entre Saint-Flour et Murât; il est à 900 et i mètres au-dessus du niveau de la mer. On le consi comme le grenier de TAuvergne. On y fait d'abonda récoltes de seigle. Bien que son sol soit de bonne lité, le froment n'y vient pas à cause du climat troj froidi par le voisinage des montagnes; c'est ce qu'ind ce dicton auvergnat : sans le Cantal et le Mont-1 le bouvier de la Planète conduirait son attelage < un aiguillon d'or.
La Bresse et la Dombes forment un vaste plateau domine les vallées du Rhône et de la Saône ; les cén et les fourrages en sont les productions principales. L perméabilité du sol, la présence de nombreux étang Dombes, et le voisinage des montagnes du Jurs rendent le climat froid, pluvieux et impropre à la vi
Parmi les plateaux dont l'étendue est considén citons encore le plateau de Langier, très élevé et froîd, conséquence de son altitude qui est de 387 mè Il convient néanmoins aux cultures de céréales e fourrages.
Les causses de FAveyron, de la Lozère et du Lot des plateaux calcaires, secs et froids, qu'on ne cultiv( et qu'on abandonne à dépaissance des troupeaux de n tons. Ils y jouissent en été d'un pâturage d'excell qualité où dominent les meilleures espèces de grami et de légumineuses. Le plateau des Mille- Vaches da département de la Corrèze se désigne ainsi par ire c'est une vaste bruyère qui s'élève à 800 mètres d'altiti elle frappe l'attention du voyageur par son éten sa stérilité et l'absence de toute habitation. Il est x
AGRICULTURE GENERALE. 8i
teux qu'on n'y ait jamais nourri mille têtes de bétail comme son nom semblerait l'indiquer.
Vallées.
Les vallées offrent généralement des surfaces d'une grande production; peu inclinées comme les plaines, elles sont faciles à travailler et à cultiver. Leur importance est en rapport avec leur étendue, qu'on peut facilement apprécier d'après la largeur et la longueur moyenne de chacune d'elles.
Parmi les vallées on distingue celles qui sont habituellement submersibles et celles qui ne le sont qu'exceptionnellement. Les premières, colmatées et inondées tous les ans, sont constamment à l'état de prairies naturelles; les autres, composées généralement de terres légères, friables et faciles à cultiver, sont consacrées à des cultures diverses. Certaines parties plus fraîches, plus basses et plus inondables sont encore en prairies naturelles. Parmi les vallées livrées en grande partie à la culture, il faut citer celles de la Seine et de ses affluents, celles de la Loire, de la Garonne, de l'Adour, du Rhône, de l'Isère (Grésivaudan) . Au contraire, c'est la prairie naturelle qui domine dans les vallées de la Meuse, de la Moselle et de la Saône. En Algérie, toutes les vallées sont livrées à la culture. La prairie naturelle n'aurait pas de raison d'être dans des vallées oîi les rivières sont desséchées pendant la plus grande partie de la saison chaude. Les deux plus grandes vallées de l'Algérie et de la Tunisie sont celles du Chéliff et de la Medjerda. La prairie naturelle s'y dessécherait et mourrait en été; les céréales, la vigne et plusieurs autres cultures arbustives s'y trouvent, au contraire, dans de bonnes conditions de végétation.
Coteaux^ collines et montagnes
Les coteaux bien exposés conviennent à la vig quand le climat ne fait pas obstacle à cette culture; s( vent on est obligé de disposer le terrain en terrasses perposées pour prévenir le ravinement du sol. On p aussi y développer la prairie naturelle; elle y est i productive si on peut Tarroser avec de bonnes eaux p **, venant des terrains supérieurs.
^ IK Non loin des grandes chaînes de montagnes , les s
faces sont accidentées et mamelonnées; il est impossi dV trouver de grandes étendues régulières et peu in nées comme celles qui conviennent aux cultures 1: bacées. Tout le pays n'offre que des collines à per rapides utilisables seulement par le pâturage ou pai culture des végétaux ligneux. Il y a en France \ quantité considérable de ces terrains tourmentés long des Pyrénées, des Alpes, du Jura et du plat central. Tous les départements qui confinent à montagnes, et ils sont nombreux, présentent ces rel très accusés où les surfaces fortement inclinées se j teraient mal à des cultures herbacées. Les fruits, cultures arbustives, l'herbe et le bois sont les se produits à demander à ces terrains accidentés. £ vant les climats et les expositions on y plante châtaigniers, de la vigne, des amandiers, des olivi et diverses essences forestières.
C'est là qu'on pratique avec le plus de succès Tar sage des prairies quand on dispose, à un niveau su rieur, d'eaux abondantes et de bonne qualité. Qu aux montagnes élevées qui succèdent aux collines, to culture y est interdite par la rigueur du climat, bois et l'herbe naturelle sont les seuls produits qu puisse utilement en retirer.