‹ Agriculture généraleChapitre 17 sur 86 · MINERAUX ET ROCHES CONSTITUTIVES DU SOL · texte numérisé non relu

MINERAUX ET ROCHES CONSTITUTIVES DU SOL

La plante cultivée ou spontanée exige pour parcourir toutes les phases de sa végétation : i® un climat apte à lui fournir l'eau, la lumière et la chaleur dont elle a besoin ; 2^ un sol qui lui serve de base et de soutien, qui permette à ses racines de s'étendre dans tous les sens, et qui lui fournisse les substances nécessaires à sa parfaite alimentation. La plante trouve les éléments de sa vie végétale dans Tair et dans le sol. Pour ce qui est des éléments et des agents atmosphériques utiles ou nuisibles aux plantes, Tintervention de Thomme est excessivement limitée. Il en est autrement des substances que la plante emprunte au sol; dans cette sphère Thomme peut, au contraire, beaucoup pour assurer le succès des végétaux cultivés.

L'étude de Tagriculture basée sur les besoins ( plantes se divise naturellement en trois parties, savo: i**la climatologie agricole qui est Tétude des besoins ( plantes au point de vue du climat; 2° Tagrologie Tétude des exigences des plantes au point de vue sol; 3" la science des engrais ou l'étude des substance incorporer au sol en vue de la bonne alimentation ( cultures. Le chapitre précédent a été consacré à la ( matologie agricole. Nous passons maintenant à Tag: logie proprement dite, c'est-à-dire à l'étude du sol di ses rapports avec la végétation. Disons d'abord ce qu' le sol; c'est la couche superficielle du globe terres dans laquelle se développent les racines des véj taux.

La connaissance approfondie du sol exige qu'on étudie les propriétés physiques, chimiques et phys logiques. Par propriétés physiologiques nous entend( les aptitudes favorables à la végétation des plant Autrefois l'agrologie avait peu de rapports avec la r néralogie et la géologie; on étudiait chaque sol en p ticulier sans se préoccuper de son origine géologiqi Cette méthode excluait les vues d'ensemble et oblige à recommencer Tétude du sol pour chaque domaine, même pour chaque parcelle d'un même domaine, était même souvent nécessaire de faire plusieurs ai lyses dans la même parcelle.

Les progrès de la géologie ont permis de simplii considérablement Tétude du sol et du sous-sol. Il f savoir que le même minéral qu'on désigne sous le n( de roche quand il se présente en masse sur de vas étendues, embrasse parfois des surfaces considérabl des départements entiers et souvent même des provinc Les roches constituent par leur décomposition leur désagrégation le sol des forêts, des landes et (

terres cultivées. Il est évident que toutes les terres issues d'une même roche, offriront des qualités ou des défauts identiques au point de vue des plantes. On conçoit dès lors combien il est important d'étudier les propriétés de la roche qui a produit le sol et qui a donné à toute une contrée une physionomie spéciale due en grande partie à l'origine géologique de la terre arable.

Comment parvient-on à déterminer et à connaître physiquement et chimiquement les roches affleurantes et constitutives du sol. Nous possédons maintenant de bonnes cartes géologiques; elles indiquent exactement les roches superficielles et les roches sous-jacentes. L'étude de ces dernières n'est pas non plus indifférente pour l'agriculteur, auquel il importe de savoir s'il n'existe pas dans le sous-sol des substances utiles aux plantes et qu'il aurait intérêt à ramener dans le sol et s'il y a des couches imperméables constituant des réservoirs d'eau utilisables pour les besoins de la ferme. On devine aussi combien il est utile, pour avoir une idée complète et exacte de l'agrologie d'une contrée, d'un domaine, d'une parcelle de terrain, de déterminer la nature et la succession des roches constitutives du sol, du sous-sol, à une profondeur aussi forte que possible.

L'interprétation des cartes géologiques sur le terrain exige qu'on reconnaisse à leurs caractères extérieurs et au besoin à l'aide d'essais chimiques peu compliqués, les minéraux dont les roches sont composées. L'étude de ces minéraux, qu'on désigne sous les noms de pétrologie ou de lithologie, n'offre aucune difficulté sérieuse; elle s'étend à un petit nombre de minéraux, à ceux qui sont les plus importants et les plus répandus à la surface du globe. Nous allons les énumérer, et en

indiquer les caractères distinctifs, leurs propriétés ph; siques et leur composition chimique; propriétés qi nous retrouverons plus ou moins modifiées par 1 agents atmosphériques, par les végétaux qui s'y sont d veloppés spontanément et par les opérations divers qu'ils subissent de la part des agriculteurs.

Les sols dérivent des roches, les roches dérivent d minéraux, les minéraux dérivent des corps simple Pour bien connaître toutes les propriétés des sols, faut donc faire une étude sérieuse des corps simple des minéraux et des roches dont les éléments désagr gés et quelquefois modifiés sous l'action des agen atmosphériques constituent la série si variée et si impo tante des terres arables.

Les corps simples qui servent à constituer les min raux sont au nombre de i6. Le tableau suivant les ii dique avec leurs symboles, leurs poids atomiques leurs équivalents.

Aluminium Al

Azote Az

Calcium Ca

Carbone C

Chlore Cl

Fer Fe

Fluor FI

Hydrogène H

Magnésium Mg

Manganèse Mn

Oxygène O

Phosphore P

Potassium K

Silicium Si

Sodium Na

Soufre S

ÉqalT.

Les minéraux les plus importants, ceux qui forment les roches constitutives des sols, sont les suivants :

Quartz.

Talcite.

Sables quartzeux.

Protogine.

Grès.

Diorite.

Grauwacke.

Ophite.

Arkose .

Porphyre.

Molasse.

Basalte.

Psammite.

Péridot.

Silex.

Pyroxène.

Meulière.

Dolérite.

Feldspath.

Trachyte.

Orthose.

Mélaphyre.

Albite.

Laves.

Oligoclase.

Scories.

Labrador.

Cendres volcaniques,

Anorthite.

Calcite.

Petrosilex.

Dolomie.

Micas.

Argiles.

Amphibole.

Schistes.

Talc

Marnes.

Micaschiste.

Phosphate de chaux

Gneiss.

Gypse.

Granit.

Fer oxydé.

Syénite.

Tourbe.

Quart:{ siOs.

Le quartz pur n'est autre chose que la silice de la chimie; il renferme 46,67 de silicium et 53,33 d'oxygène. Après Toxygène qui représente, en poids, la moitié de Técorce terrestre, le quartz est la substance la plus abondante et la plus répandue dans les différentes formations géologiques. On prétend qu'il représente à lui seul les deux tiers des masses minérales du globe terrestre. Le silicium forme 28 pour 100 de toutes les roches cristallines d'origine éruptive. Suivant M. de Lapparent :

a Le groupe qui comprend Toxygène, le silicium, Talum nium, le magnésium, le calcium, le potassium, le f( et le carb» ne constitue les 977 millièmes de la terre. Dai ce qui reste, la prédominance appartient à Tensemble d soufre, de Thydrogène, du chlore et de Tazote. » Le sil cium, avide d'oxygène, ne se trouve jamais à Tétat c pureté. C'est sous la forme de silice ou de silica qu'il entre dans la composition des terres arables.

La silice, si abondante dans la nature, si commui dans la constitution des roches, se retrouve en quai tité plus ou moins considérable dans tous les sols. Il n a guère que les terres calcaires qui n'en soient pas rich ment pourvues. Néanmoins, elles en renferment enco des doses appréciables, puisque les végétaux qui croi sent sur ces terrains accusent de la silice à l'analy chimique. Parmi les minéraux terreux, il n'en est p de plus stable et de plus inaltérable que le quartz : se montre insensible à l'action des agents atmosphéi ques, insoluble dans l'eau, résistant à la gelée, inatt quable parles acides, d'une grande dureté représent par 7 (10 étant le maximum de ce caractère); il ù feu au briquet, il raye le verre et n'est pas ra; par une pointe d'acier. La silice se montre en gram masse à l'état de roche, à la surface du globe. C roches sont compactes ou continues, fragmentaire pierreuses ou caillouteuses, graveleuses ou sablonneuse Quand elles se montrent au grand jour, elles donne naissance à des sols rocheux, caillouteux, graveleux sablonneux. Parmi ces types de terrain il n'y a guè que les terres sablonneuses siliceuses qui soient eu tivables. Nous en étudierons plus loin les qualit et les défauts, très variables sui ant les climats et situation des surfaces.

Le quartz se présente dans le sol sous différents éta

faciles à distinguer d'après les caractères extérieurs du minéral ; les formations les plus anciennes le montrent à l'état cristallin, transparent, vitreux. Vu en 'grandes masses rocheuses, il constitue la roche connue sous le nom de quartzite, roche rebelle à toute végétation qui forme des surfaces incultes et improductives, et qui gêne et brise les instruments quand elle est invisible dans le sol ou le sous-sol, au milieu de parties meubles.

Le quartz existe à l'état de petits cristaux d'une désagrégation plus ou moins facile dans la plupart des roches d'origine ignée; le quartz à l'état de ciment empâte certaines roches plutoniques ou sédimentaires. Les terres schisteuses de transition contiennent souvent de nombreux fragments de quartz blanc, laiteux et opalin. On les ramasse pour en faire des matériaux de route. C'est un macadam de bonne qualité.

A l'état de grains ténus , il forme des sables coulants et friables qui constituent des terres arables, sablonneuses siliceuses, éminemment perméables à l'eau et très faciles à travailler. Ces terres siliceuses occupent de grandes étendues , aux environs de Paris , dans certaines vallées, au bord de la mer, en Europe et en Afrique. Elles sont immenses dans les déserts du Sahara. Les sables siliceux agglutinés par un ciment de nature variable forment des grès qui reçoivent différentes désignations suivant la composition chimique de la substance agglutinante , suivant l'âge géologique des roches formées par ces grès. Les grès les plus anciens sont les grès siliceux, le vieux grès rouge, le grès vosgien, le grès bigarré, et le grès infraliasique. Aux grains siliceux de ces différents grès se joignent des grains de feldspath, des paillettes^ de mica et des traces de fer oxydé et de manganèse; la grauwacke est un grès formé de grains de quartz, de schiste micacé avec prédomi-

nance de grains feldspathiques. Ce grès est très co mun dans les terrains de transition^

L'arkose est un grès composé de grains siliceux sociés à des grains d'orthose ou d'albite. Ce grès paraît dans les terrains secondaires et tertiaires, au ^ sinage des roches granitiques.

La mollasse se compose de grains siliceux réunis un ciment calcaire; elle forme une roche verdâtre t commune en Suisse. Elle est employée comme pie de taille pour les constructions de Genève et de p sieurs autres villes de la Suisse. Elle affleure à la surf dans beaucoup de localités et donne naissance à des s sablonneux, légers, fertiles et faciles à travailler.

Les grès forment des masses rocheuses d'une pi sance très considérable, exploitées pour le pavage routes et pour les constructions. Ils sont quelque! noyés dans des sables d'une très grande épaisseur. C ce qui se produit pour les grès qu'on extrait au mil des sables de Fontainebleau : ce sont des grès cala fères.

Le psammite est un grès avec de l'argile et souv du mica. On le trouve dans les terrains houiller triasique.

Les grès apparaissent à la surface et occupent grands espaces dans certaines parties de la France, i tamment dans le département des Vosges. Sous V fluence des agents atmosphériques , ils se désagrégeai se dépouillent du feldspath et des autres substances p ou moins altérables ; il ne subsiste que les grains s ceux qui forment des terres sablonneuses à sous-sol p ou moins imperméable , quand la roche sous-jace s'oppose à la filtration des eaux pluviales.

Les détritus des grès des montagnes et des coteaux s emportés dans les vallées des Vosges par suite du re

nement; ils y forment des terres siliceuses sablonneuses éminemment propres à la culture de la pomme de terre, du seigle, et à la création de prairies qui deviennent très productives par l'effet des irrigations.

Le quartz se montre sous forme de silex , sortes de rognons empâtés dans la craie ou dans les argiles des terrains tertiaires. Ces silex , noirs dans la craie , jaunâtres dans les terrains tertiaires, sont parfois très abondants à la surface du sol. Ils forment des terres caillouteuses de qualité médiocre et nuisibles aux instruments par l'usure que la silice occasionne sur les organes en fer. Ces silex sont ramassés et employés pour les routes ou les constructions. C'est une pierre solide, résistante à l'eau et à la gelée.

Quand les silex prennent de fortes dimensions et deviennent celluleux et caverneux, on les désigne sous le nom de meulière.

La meulière est abondante dans les terrains des environs de Paris ; elle est employée sous forme de gros moellons plus ou moins plats , très appréciés pour les constructions hydrauliques. C'est cette meulière qui a servi à la construction des fortifications de Paris ; on l'emploie à la construction des égouts et des murs de fondation des maisons de Paris ; elle prend bien le mortier et fait une maçonnerie d'une grande solidité. Elle est moins appréciée de l'agriculteur, quand elle existe dans le sol et le sous-sol en gros blocs difficiles à extraire. Il faut absolument en débarrasser les champs sous peine de briser les instruments aratoires et de renoncer aux labours profonds, si utiles pour assurer la bonne végétation des cultures.

A l'état de combinaison, nous retrouverons le quartz dans la plupart des roches dont nous allons continuer l'étude et l'examen.

La silice existe à l'état gélatineux ou à Tétat de i lécules impalpables dans la composition de cert sols; sous ces deux formes, ses propriétés physiques fèrent complètement de la silice sablonneuse ou f mentaire. La gaize qui, suivant M. Nivoit, occup vastes surfaces dans TArgonne, est composée en gn partie de silice à l'état gélatineux et soluble dans la tasse; sa désagrégation produit un sol ingrat, plus pn au bois qu'à la culture.

Les Feldspaths.

Les feldspaths sont des minéraux d'une grande portance en agrologie. Ils entrent dans la composi des roches primitives ou d'origine ignée, d'où déri directement ou indirectement toutes les terres aral Ces principaux feldspaths sont l'orthose, l'albite, ligoclase, le labrador et l'anorthite.

Orthose (K2 aP si^ oie).

C'est un silicate dont l'alumine et la potasse son bases principales. Voici sa composition chimique

Silice 64 à 68

Alumine 17 à 29

Potasse 7314

Soude là 6

Chaux 0.3 à 2

Magnésie et oxyde ferreux o à i

I, La moyenne de la teneur en silice est 65 ^ , en po

Il 12 à i3 %. Densité, 2,53 ; dureté, 6. L'orthose est g

■ ralement rose, mais elle présente aussi toutes les

leurs; elle raye le verre; elle est inattaquable pa

acides. On la trouve à Tétat cristallisé ou compact dans le gneiss, le granit, la syénite, la protogine, le porphyre et plusieurs autres roches ignées. Elle est le plus abondant de tous les feldspaths de Técorce terrestre.

L'orthose se présente rarement en grande masse rocheuse; c'est à Tétat de cristaux ou à Tétat compact qu'elle entre dans la composition des roches granitoïdes porphyriques et basaltiques ; les cristaux se rapportent au prisme oblique rectangulaire, incliné de 112% avec deux clivages faciles, perpendiculaires.

Ce sont ces cristaux qui, associés au quartz et au mica, font partie intégrante de la plupart des roches plutoniques. Ces roches diverses affleurent dans des régions d'une grande étendue. On comprend dès lors le rôle important de l'orthose dans la constitution des terres arables.

L'orthose n'est pas stable et inaltérable comme le quartz ; sa potasse est attaquée par l'eau chargée d'acide carbonique, il se forme du carbonate de potasse soluble dans l'eau. Ses cristaux se trouvent ainsi détruits, laissant pour résidu du silicate d'alumine qui devient la base de toutes les argiles. Une partie du carbonate de potasse résultant de l'altération de l'orthose, est emportée par les eaux pluviales, une autre partie imprègne le silicate d'alumine qui reste. C'est ce qui explique la présence de la potasse dans la plupart des argiles.

L'altération des cristaux d'orthose dans les roches granitoïdes entraîne la désagrégation de toute la roche.

Les roches granitoïdes dont l'orthose s'est décomposée, se désagrègent et deviennent friables et pâteuses sous l'action de l'eau ; les cristaux de quartz , devenus libres, sont empâtés dans le silicate d'alumine hydraté. Cette altération de la roche, connue sous le nom de kaolinisation , produit une matière plastique plus ou moins

blanche qui n'est autre chose que le kaolin dont o la terre à porcelaine quand, par la décantation, < dépouillée de ses cristaux de quartz , et qu'on a h Tétat de pureté le silicate d'alumine. C'est par la nisation que les roches granitoïdes passent de rocheux à celui de terres arables, meubles et friab!

L'orthose n'est pas seulement utile aux plante ses propriétés physiques, mais elle a sur le q un autre avantage, c'est de mettre à la dispositioi végétaux la potasse qui joue un rôle très important l'alimentation des végétaux. Nous démontrerons une autre partie de ce volume qu'il n'est pas de fertile quand l'analyse chimique n'y trouve pas 2 kilo potasse pour 1000 kilog.' de terre fine. Aucune eu ne peut réussir dans un sol qui ne contient pas dan proportions convenables l'azote, l'acide phosphor la chaux et la potasse.

L'orthose, par sa décomposition est, la source pi pale où les végétaux puisent la potasse dont ils ne vent se passer; cet élément s'emmagasine dans le giles qui le cèdent peu à peu aux plantes cultivées. . les régions granitiques, elle communique aux d'irrigation des propriétés alcalines très favorables végétation des prairies naturelles.

Albtte (Na2 AI2 Si6 016).

L'albite ou feldspath sodique tire son nom de la 1 cheur de ses cristaux. Il contient 66 k 6g % de si 1 2 ^ de soude à laquelle peuvent s'associer 2 ^ de tasse et 3 ^ de chaux. C'est donc un silicate double lumine et de soude. Ses cristaux représentent un pr bi-oblique avec deux clivages non rectangulaires. Sa site varie de 2,54 a 2,64; sa dureté entre 6 et 6,5. Ce f(

path est moins répandu que Porthose; on le rencontre principalement dans les diorites et les divers porphyres, associé à l'amphibole. Ce minéral n'a pas , en agriculture, la même importance que Torthose; il entre plus rarement dans la composition du sol , et la soude est loin de valoir la potasse pour la nutrition de végétaux.

Oligoclase (Ca, Na^)» Al* Si8 02«.

L'oligoclase est un feldspath sodico-calcique contenant 62 % de silice, 6 à 12 ^ de soude, i à 6 ^ de chaux et presque toujours un peu de potasse ; sa dureté = 6, sa densité = 2,69 à 2,75. Ses cristaux dérivent d'un prisme oblique à base parallélogramme. On en trouve dans certains granits en même temps que ceux d'or those, ceux-ci étant toujours plus abondants. L'oligoclase amorphe entre encore dans la composition de diverses roches porphyriques ou trachy tiques; les roches qui contiennent de Toligoclase donnent en se désagrégeant un sol renfermant une certaine proportion de chaux, l'une des substances minérales qui servent à la nutrition des végétaux et qui, en facilitant la nitrification du sol, contribuent dans une large mesure aux succès des cultures. Les granits qui contiennent à la fois de l'onhose et de l'oligoclase procurent aux sols qui en dérivent deux substances très utiles : la potasse et la chaux, sans lesquelles la plupart des cultures ne donnent pas de résultats satisfaisants. Quand le sol en est dépourvu, il faut, à grands frais, lui en fournir sous forme d'engrais et d'amendement, comme nous le verrons lorsque nous traiterons de la préparation et de l'emploi des substances fertilisantes.

Labrador (Ca Na2 Al^ sis oio).

Le labrador ou labradorite est un silicate d'alun' de chaux et de soude; il contient 52 ^ de silice, i3 ^ de chaux et, au plus, 5 ^ de soude. Sa de est de 2,68 à 2,76 ; sa dureté est de 6. Il cristalliî prisme bi-oblique avec deux clivages faciles non tangulaires. Ses cristaux sont incolores, gris, préseï souvent des reflets opalins. Il est attaquable pa acides chlorhydrique ou sulfurique, ils le dissolvei donnant une gelée abondante de silice. Il entre une grande part, à Pétat de cristaux ou de ciment ei tant, dans la composition des roches volcaniques e certains phorphyres. Les roches labradorites d'ori volcanique constituent, en se désagrégeant, des t( d'une grande fertilité. Elles fournissent aux plant potasse, la chaux et généralement Tacide phosphori trois substances qui, outre Tazote, forment un alii qui suffit à tous les besoins des plantes cultivées.

Anorthite (Ca AI2 Si^ O» ou Ca2 Al* Si* Qie).

L'anorthite est le plus calcaire de tous les feldspî Il contient 43 % de silice et jusqu'à 19 ^ de ch 3 ^ au plus d'alcali; densité 2,69 à 2,75 ; dureté 6. se présente en petits cristaux vitreux et brillants , tr parents ou seulement translucides, dérivant d'un pri oblique à base parallélogramme. Son clivage est facile, elle est très soluble dans l'acide chlorhydr en laissant une gelée. Elle est assez fréquente dans roches éruptives. Elle entre comme élément dan constitution de la diorite orbiculaire de Corse. Ce m rai tire son importance en agrologie de la chaux entre dans sa composition.

Les minéraux nommés pétrosilex , obsidienne, ponce, rétinite peuvent être considérés, au moins en partie, suivant M. de Lapparent, comme des variétés compactes de feldspath orthose où domine la texture amorphe. Ces minéraux constituent rarement des roches considérables; ils n'ont pas d'importance en agrologie. Le pétrosilex, très dur et très résistant, fournit un excellent macadam pour la confection et l'entretien des chemins.

Les feldspaths donnent au sol , par leur décomposi-tien, de Talumine, de la silice, de la chaux, de la potasse et de la soude. L'alumine et la silice entrent dans la composition des végétaux, mais en faible quantité, et le sol en contient toujours en quantité suffisante pour les besoins des plantes. La chaux et la potasse ont une grande importance. Quand le sol en est trop appauvri, il est indispensable de lui en donner sous forme d'engrais ou d'amendement, sous peine de voir les récoltes souffrir et ne pas atteindre des rendements satisfaisants. Le sol contient de la potasse attaquable par les acides. Il peut en outre en renfermer qui soit inattaquable par les acides. Les végétaux mettent à profit ces deux sortes dépotasse; ils profitent en outre de celle qui est apportée par les eaux. Il n'y a lieu d'employer les engrais potassiques que pour les terrains qui, contenant moins de I pour 1000 de potasse attaquable, sont dépourvus de réserves importantes de potasse inattaquable et qui n'en reçoivent pas des eaux courantes. Sans recourir à l'analyse chimique, tout sol où les engrais potassiques n'exercent aucun effet sur les cultures contient évidemment de la potasse autant que les plantes en exigent.

Suivant P. de Gasparin, les plus, hauts dosages de potasse se rencontrent indifféremment dans les terres

fertiles et dans celles qui sont stériles. Il n'en est de la potasse comme de Tacide phosphorique. Les de potasse sont très solubles, et il est facile d'en fe au sol autant qu'il en faut pour le succès des culti L'acide phosphorique, au contraire, forme dans h des sels insolubles dont la répartition dans toute la m est lente à opérer. La présence seule du carbonat chaux, en faible proportion, suffit pour entraver application.

Micas,

Les micas entrent fréquemment dans la constiti des terres arables dont ils modifient les propriétés p] ques et chimiques. Ils abondent dans certaines ro d'origine ignée, et on les retrouve encore dans les gr les sables des roches sédimentaires. Sous ce nom réunit des minéraux de composition très variable, offrant des caractères extérieurs communs; ils se sentent en feuillets minces, brillants, à éclat métalli< densité 2,78 et 3,i ; dureté moyenne 2,5. Ils se cou au couteau. Chauffés dans un tube, ils dégagent de chargée d'acide fluorhydrique. Ils sont difficilement qués par l'acide chlorhydrique. L'acide sulfuriqui compose complètement les micas magnésiens et lais silice sous forme d'écaillés blanches nacrées.

Les micas noirs, ferro-magnésiens, des granits, gr micaschistes, syénites, etc., sont composés comr suit, suivant M. de Lapparent :

Si02 - 40 %.

Fe203 2à 5 —

FeO 4 à i5 —

MgO 16 à 26 %

Na20 0,5 -

L'aluminium peut être, pour une grande part, remplacé par le fer. Dès lors le mica de couleur très foncée devient attirable à Télectro-aimant.

Les micas blancs dits potassiques sont composés comme il suit :

Si02 45. 5 %.

Al^O» 36. 5 —

FeSQs I

FeO I -

MgO o. 5 -

CaO o. 3 --

Na20 o. 7 —

FI i3 -

On voit, d'après cette analyse, que les micas potassiques ne contiennent que i ou 2 ^ de potasse de plus que les autres. Par leur décomposition, ils fournissent au sol de la potasse et un peu de chaux. On rencontre des sols remplis de paillettes de mica qui résistent à l'action des agents atmosphériques. Ces sols sont légers, perméables et se ravinent facilement quand ils sont fortement inclinés.

Amphibole.

L'amphibole est un silicate de magnésie et de chaux avec du protoxyde de fer en proportion variable. Elle cristallise en prisme oblique rhomboïdal. Dureté 5,6;

densité 2,9 à 3,3. Elle se divise en trois sous-espèc d'après la composition et la couleur.

La trémolite : blanche ou verdàtre, silicate de cha et de magnésie composé comme il suit : silice 55 à 60 magnésie 24 à 28, chaux 12 à 1 5. En prismes allonj ou en masses fibro-rayonnées dans les roches prir tives des Alpes.

Le hornblende : vert foncé ou noir; silicate de chai magnésie et protoxyde de fer avec alumine. Densité '. 3,4; dureté 5,5; composé comme il suit : silice 42 chaux i3 à 23; magnésie 4 à 20; oxyde ferreux 7 à :; oxyde ferrique o à 10; alumine i3,9 avec un peu de soi et de potasse. Il entre dans la composition de la syéni de la diorite et des trachytes.

Uactinote : verte , intermédiaire entre les deux pré dentés par sa composition; sous les mêmes formes avec le même gisement que la trémolite.

L'amphibole entre comme élément dans la compc tion de plusieurs roches importantes. Elle contrib à la fertilité des sols par la chaux qu'elle contient.

Talc (H2 Mg3 Si* 0*2).

Le talc est un silicate hydraté de magnésie : dens 2,6 à 2,8; dureté i à i,5. Il contient 62 à 63 ^ de sili( 32 à 3 3 de magnésie; 4,7 à 4,9 d'eau; 4,6 d'oxyde ferrei Laminaire par suite d'un clivage facile. Vert clair or nairement et passant au rouge par altération. Infusib onctueux au toucher; se laisse rayer par l'ongle. S( ou associé il forme des assises et des masses consic râbles dans les terrains primitifs; il se rencontre au dans des roches ignées plus récentes. Le talc comir nique au sol des propriétés physiques spéciales, m

AGRICULTURE GENERALE. loi

les éléments dont il est composé contribuent peu à la fertilisation des terres arables.

Micaschiste,

Le micaschiste est un minéral essentiellement composé de mica et de quartz. Il apparaît en grandes masses à la surface, c'est-à-dire à Tétat de roche, et donne par sa désagrégation des sols micaschisteux formés de particules libres de mica et de quartz. Ce minéral. non altéré est laminaire ou grenu; schistoïde, gris ou noirâtre, rarement blanchâtre, avec cristaux accidentels d'orthose, d'amphibole, de tourmaline et de pyrite. Cette roche passe pour être la plus ancienne des roches primitives. Elle occupe de grands espaces dans le Limousin, les Pyrénées, les Vosges, les Alpes, TEsterel, PArdèche, le Var (Hyères et la Crau d'Hyères), la Vendée aux environs des Sables-d'Olonne. Les sols micaschisteux offrent comme élément utile la potasse du mica , mais ils sont pauvres en chaux et en acide phosphorique.

Gneiss.

Le gneiss est une roche composée d'orthose, de quartz et de mica. Il est laminaire ou grenu, schistoïde, rougeâtre, gris ou noirâtre. Il occupe les parties inférieures du terrain primitif. Il apparaît à la surface et il a servi à former le sol sur de vastes étendues en Limousin, en Bretagne, dans le Lyonnais, TEsterel, les Vosges, la Saxe et la Suède. Les terres gneissiques offrent des caractères analogues à ceux des terres granitiques. Ce sont des terres pauvres, faciles du reste à améliorer en y apportant les substances fertilisantes dont elles sont dépourvues. Ce minéral est d'une détermination très facile; sa

texture est schistoïde ; les particules de mica, de qua et de feldspath sont visibles et très reconnaissables. renferme souvent d'autres minéraux disséminés dans masse. Cette roche est d'une grande importance en ag logie; ses nombreux affleurements ont donné lieu à sol gneissique bien caractérisé par ses propriétés ph\ ques, chimiques et physiologiques. De plus, cette roc remaniée par les eaux a fourni les matériaux de c taines alluvions et de certaines roches sédimentai dont la composition minéralogique offre beaucoup d nalogie avec celle de la roche originaire.

Granit.

Les roches granitiques occupent encore plus d'esp; que les roches gneissiques. Parmi les roches primitiv c'est certainement la plus importante et la plus intér santé à étudier. Les sols granitiques s'étendent sur des s faces immenses dans la Normandie, la Bretagne, la Vi dée, le Morvan, le Limousin, FAuvergne, les Cévenn les Pyrénées , les Vosges, la Saxe, la Finlande , etc. I terres granitiques représentent à peu près le cinquiè de la surface de la France. Le granit n'est pas plus c ficile à reconnaître que le gneiss; il est constitué com ce dernier par de Torthose, du quartz et du mica ; il laminaire ou grenu, parfois porphyroïde par la f sence de gros cristaux d'orthose. C'est une roche m sive, rougeâtre, grise ou noirâtre, renfermant quelqi fois des cristaux d'albite et des cristaux microscopiqi d'apatite (phosphate de chaux). Certains granits ce tiennent en outre du feldspath oligoclase. Les s issus des granits sont généralement riches en potas mais la chaux et Tacide phosphorique n'y sont pas proportions suffisantes pour les besoins de la plup

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des plantes cultivées. Ce sont des terres pauvres qu'on ne rend productives qu'en y apportant, par le fumier^ les engrais chimiques et les amendements calcaires , les substances qui servent à la nutrition des plantes cultivées. La leptinite est de Torthose grenu avec un peu de mica; la pegmatite est une variété de granit à gros grains dans laquelle le mica, assez rare, se présente en grandes feuilles argentines. Ces deux roches, généralement associées au granit proprement dit, produisent par leur désagrégation des sols analogues aux sols granitiques.

Syénite.

La syénite est une roche granitoïde dans laquelle le mica est remplacé par de Tamphibole hornblende. Elle est laminaire ou grenue, parfois rendue porphyroïde par de grands cristaux d'orthose; massive, rouge ou brun rouge. C'est une roche ignée des terrains primitifs et de transition. Elle forme plusieurs vallons des Vosges. On la retrouve encore en Normandie, dans le Tyrol, la Saxe, la Norvège et à Syène en Egypte, où l'on en a fait de grands obélisques en partie ^transportés dans les diverses capitales de l'Europe. Par sa désagrégation la syénite donne des terres analogues à celles qui dérivent du granité, avec cette différence que l'amphibole qui entre dans sa composition augmente un peu leur richesse en chaux. Cependant, cette substance ne s'y trouve pas en quantité suffisante ; on est obligé d'en rapporter dans les herbages syénitiques du Cotentin pour les maintenir dans un bon état de production.

Talcschiste ou Talcite.

Le talcite est une roche formée de talc schistoïde ou compact, uni au feldspath; il est luisant, comme satiné

et onctueux au toucher, vert ou gris, rougeâtre par composition, parfois rendu porphyroïde par descrist ou des noyaux de quartz, d'orthose ou d'albite i cristaux accidentels de grenat, de pyrite, degrenatite. trouve le talcite en grandes assises formant les parties purieures du terrain primitif dans le plateau central Vosges, la Bretagne, les Pyrénées, les Alpes, la S r Ecosse et la Scandinavie.

Les terres dérivées du talcite ne sont pas bien c nues. Elles sont peu étendues en France, et elles 0( pcnt les parties supérieures des montagnes destinées essences résineuses ou aux pâturages.

Protogine.

La protogine est un minéral qu'on rencontre à 1 de roche en Savoie, dans le Tyrol et en Corse, forme le soubassement de la colonne Vendôme. ( une roche granitoïde où le talc remplace le mica granité. Elle se compose d'orthose, de quartz et de 1 elle est laminaire ou grenue, d'apparence granitic quelquefois porphyroïde par la présence de gros < taux d'orthose; quelquefois stratifiée ou schistoïde, g vurdâtre ou rougeâtre, avec cristaux accidentels mica, de chlorite et de sphène.

Elle forme le massif du mont Blanc. C'est le som le plus élevé de l'Europe. De cette montagne elle répandue sous forme d'alluvions, par l'effet des glai et des eaux courantes, dans les vallées et sur les cot( de la Savoie. Elle est très commune parmi les caili roulés du lac de Genève. Les terres arables dérivée lu protogine présentent des propriétés semblables à o des terres granitiques.

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Diorite.

Cette roche n'occupe pas de grands espaces; elle est composée d'amphibole hornblende et de feldspath labrador ou albite. Elle est laminaire ou grenue, tabulaire ou massive comme Tamphibolite qu'elle accompagne ou remplace. Elle n'a pas d'importance comme roche constitutive du sol, mais, en raison des minéraux calciques dont elle est composée, elle est apte, quand elle se présente à l'état meuble, à fournir, sous forme d'amendement, le calcaire aux sols qui n'en sont pas suffisamment pourvus.

L'amphibolite, composée d'amphibole laminaire ou grenue; l'ophitedes Pyrénées qui, paraît-il, n'est que de l'amphibolite, sont des roches très dures n'occupant d'ailleurs que de faibles surfaces. Peu importantes au point de vue agrologique, elles sont recherchées pour la confection et l'entretien des routes; il est peu de minéraux plus durs, plus résistants et moins altérables. L'amphibolite sert à cet usage en Bretagne et en Limousin. L'ophite des Pyrénées rend les mêmes services dans les localités voisines de cette chaîne de montagnes.

Porphyre.

Le porphyre est composé d'orthose ou d'albite compacts, avec cristaux d'orthose, de quartz et de mica ; il offre la même composition que le granit, mais sa structure est différente. Il consiste dans une pâte compacte feldspathique dans laquelle sont noyés les cristaux de feldspath, de quartz et de mica. Cette pâte porphyrique estrouge, bleue ou violacée ; les cristaux de feldspath sont blanchâtres avec des formes très nettes. Le quartz se présente souvent en cristaux bipyramidés. Parfois le

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porphyre se montre sans cristaux et réduit à sa pâte f( pathique compacte.

Par sa décomposition le porphyre produit des aussi pauvres que les sols granitiques ; ils renferr de la potasse, mais ils manquent de chaux et d*a phosphorique. Sa dureté et sa résistance en font d'e: lents matériaux pour les routes. Le macadam le plu timé provient, dans la région du Nord, du porphyi Lessine (Belgique) ; celui de Paris vient d'un porp duMorvan. Dans le département des Alpes-Maritime emploie au même usage le porphyre bleu des Romi très abondant dans les montagnes de TEsterel. Le m dam porphyrique est très supérieur à celui que Ton fectionne avec des pierres calcaires ou siliceuses.

L'eurite ou pétrosilex se compose d'orthose ou d'à compacts sans cristaux; elle est massive, rouge, vert noirâtre. Elle accompagne ou remplace le porphyre en fait également un excellent macadam. Cette r n'a pas d'importance en agrologie.

Basalte.

Le basalte est une roche compacte formée par la nion du feldspath labrador et du pyroxène, presque mement fondus ensemble, unis à des rognons de pé granulaire (olivine de M. de Lapparent).

L'olivine, ainsi nommée à cause de sa couleur qui pelle celle de l'olive, est un silicate magnésien où h gnésie peut être remplacée par une proportion var de fer. On y trouve 40 % de silice, 5o % de magné: i5 ^ d'oxyde ferreux.

Le pyroxène renferme de la chaux en proportic moins égale et généralement supérieure à celle de h gnésie. C'est un silicate de magnésie, chaux et proto

de fer, dont la. formule est Ca (Fe Mg) Si^ O^. L'analyse donne 54 à 55 ^ de silice, 24 a 25 ^ de chaux, 18 à 19 de magnésie, i à 4,5 d'oxyde ferreux; 0,2 à 2 d'alumine.

Le péridot est un silicate de magnésie et de protoxyde de fer. Il cristallise en prisme droit rectangulaire modifié sans clivage. Il est disséminé en cristaux, en grains ou en masses grenues dans les roches volcaniques. Il est souvent abondant dans les basaltes et les trachytes.

Le péridot, olivine ou chrysolite, est d'aspect vitreux, à éclat gras d'un vert Jaunâtre , analogue au vert bouteille, transparent ou translucide, infusible au chalumeau, soluble avec gelée dans les acides. Dureté 6 , 5 à 7; densité 3, 35. Poussière blanche.

Le pyroxène augite du basalte est noir ou vert très foncé; il cristallise en prismes hexagones ou octogones à pointements variés ; fusible en verre noir, poussière gris-verdâtre : Dureté 5 à 6; densité 3, 3. Il est fréquemment disséminé dans le basalte, les laves et les scories à l'état grenu et compact dans leur pâte. Ce minéral est abondant dans les roches volcaniques du plateau central.

Il contient Jusqu'à 8 % d'alumine, 45 à 5i de silice; 18 à 23 de chaux et 3 à 16 de magnésie.

Le labrador et le pyroxène forment la masse du basalte; ce sont deux roches calciques qui fournissent au sol basaltique la chaux en quantité suffisante pour les besoins des végétaux. Le labrador y Joint une bonne dose de potasse. L'analyse chimique y discerne en outre du phosphate de chaux. La présence de ces trois substances communique au sol basaltique une fertilité très supérieure à celle du sol granitique.

La dolérite est un basalte dont les éléments sont plus discernables. Elle est d'une décomposition plus facile,

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ce qui fait qu'on préfère le sol doléritique au soJ saltique. Le basalte est une roche importante en a logie; elle occupe des étendues assez considérables i le plateau central, aux bords du Rhin inférieur, au de TEtna, en Irlande et à Tîle de la Réunion.

Cette roche se présente sous forme d'une pâte r compacte, assez souvent porphyroïde par des cristau labrador et de piroxène. On la trouve en coulées, vent divisée en prismes verticaux par suite du retrai le refroidissement. Par sa décomposition le basalte i nit aux plantes de l'acide phosphorique, de la potas de la chaux, trois substances très utiles pour l'alimi tion des végétaux.

Trachyte.

Il est formé de rhyacolithe compact ou légèrei grenu, poreux, rude au toucher, renfermant assez vent des cristaux qui lui donnent une texture phyroïde; il est massif, gris, blanchâtre ou rouge avec cristaux disséminés d'amphibole noire, de mie pyroxène et d'apatite. On le trouve en coulées l'Auvergne.

Le rhyacolithe est un feldspath vitreux. C'est un sil d'alumine, de potasse, soude et chaux, contenant, 66,2 de silice, 19,8 de potasse, 3,9 de soude, 2 de cl

Suivant M. Truchot, le trachyte du Mont-Dore tient 2, 4 ^ de chaux, 4, 1 1 de potasse, 0,217 d'i phosphorique.

D'après Johnstone,les trachytesd' Ecosse contieni

Chaux 2.36 à II, 10 9^

Phosphate o.o5 à 01 9^

Les sols trachy tiques de l'Auvergne offrent une

tilité analogue à celle des terres basaltiques; les trachytes occupent des surfaces moins étendues que les basaltes.

Mélaphyre,

Cette roche est composée de labrador et de piroxène augite formant une pâte compacte, noire, avec cristaux de ces mêmes minéraux et cavités renfermant souvent du quartz et du calcaire cristallisés. En se décomposant, elle constitue des terres très fertiles aux environs d'Amibes (Alpes-Maritimes), riches en acides phosphorique, en potasse et en chaux.

Les laves, les scories, les cendres volcaniques ont une composition chimique analogue à celle des basaltes et des trachytes. A l'état meuble, elles donnent des terres fertiles, notamment en Italie dans le voisinage des volcans. De Rome à Naples, le sol est formé de pouzzolane rougeâtre ou brune. Ce sont des scories décomposées qui constituent des terres légères, fertiles et faciles à cultiver.

Calcite (Ca C03).

Il n'est aucun minéral plus important en agrologie. Aucune terre n'est fertile quand elle en est appauvrie ou complètement dépourvue. La calcite remplit dans le sol deux rôles très importants , elle concourt à l'alimentation des plantes ; toutes les cultures en consomment d'assez fortes quantités. Une récolte de 40 hectolitres de froment consomme 25 kilogrammes de chaux, 116 kilogrammes de potasse et 37 kilogrammes d'acide phosphorique.

La calcite remplit un autre rôle non moins important que le premier, elle désacidifie les terrains acides , qui

sont impropres aux cultures tant que le principe acid pas été neutralisé; elle facilite la nitrification du c'est-à-dire qu'elle provoque la formation des nitr forme sous laquelle les végétaux assimilent l'azot est donc très utile que l'agriculture sache distingu calcite à tous ses états et sous toutes ses formes.

Lacalcite, si commune à la surface de l'écorceterr où elle constitue, à. l'état pur ou mélangé à d'autres néraux, des terres arables sur de vastes régions connue sous différents noms qu'il est bon de rap ici. Elle se nomme :

En chimie, carbonate de chaux.

En minéralogie, calcite, spath calcaire, spath lande.

En géologie, calcaire, craie, tuffeau, travertin.

En industrie, pierre à chaux, castine, pierre à l blanc d'espagne.

Elle cristallise dans le système rhomboédrique compte plus de 1 70 formes simples observées ; le no] des combinaisons est pour ainsi dire illimité.

Le calcaire cristallisé désigné communément so nom de marbre, se rencontre généralement dan roches d'origine ignée ou dans les roches sédiment métamorphiques. Ces marbres sont utilisés pour J brication de la chaux destinée au sol ou aux cons tions, mais ils n'entrent pour rien dans la constiti des terres.

Les roches calcaires qui servent à la constitutic sol sont amorphes; elles sont d'origine minéralo^ ou organique, et quelquefois des deux origines à la Il paraît que les roches calcaires, si puissantes dani taines régions, résultent de précipitations chim: effectuées sur les roches primitives ou des fossile ont recueilli cette substance dans les eaux. Il y

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conséquent des calcaires fossilifères, et d'autres purement minéralogiques. Les calcaires cristallisés ont une densité qui varie de 2,70 à 2,75, une dureté égale à 3. Ils sont rayés par une pointe d'acier. Ces caractères servent à les distinguer du quartz. L'essai par un acide est le plus simple et le plus caractéristique, même avec un acide faible; il y a toujours une effervescence vive qui ne se manifeste pas au même degré avec les autres minéraux carbonates, tels que les carbonates de magnésie ou de fer beaucoup plus rares dans la nature.

Le calcaire produit de la chaux vive par la calcination : humecté d'acide chlorhydrique , il colore la flamme d'alcool en rouge-jaunâtre. En agrologie nous n'avons affaire qu'aux variétés compactes. Nqus allons indiquer les principales et les plus répandues à la surface du sol.

Le calcaire lithographique qu'on exploite à Châteauroux, peu altérable à l'air, formant des sols très poreux et très perméables. Le calcaire oolithique, très commun dans les régions jurassiques, reconnaissable à sa texture granuleuse figurant des œufs de poissons. La craie est un calcaire tendre, tachant, couvrant une étendue considérable dans la Champagne pouilleuse et dans la région du Nord.

Ces premiers calcaires ont été déposés dans les eaux marines.

Le calcaire grossier, abondant dans le bassin parisien, très fossilifère, est aussi d'origine marine.

Le travertin et le tuf calcaire ont été déposés dans les eaux douces à l'état concrétionné.

On distingue encore le calcaire silicifère formant les grès de Fontainebleau ; le calcaire magnésifère ou dolomie ; la glauconie, qui est un calcaire avec silicate de

fer, gris-verdâtre , qu'on trouve dans le terrain créta et dans Téocène.

En ce qui concerne les autres variétés amorphes, 1 étude appartient à la lithologie plutôt qu'à la miné logie.

Dolomie.

Elle a pour formule CaMgC^O^ c'est-à-dire CaC +MgCO^. Elle contient 54,21 % de carbonate de chi et 49,79 de carbonate de magnésie. Elle est soluble d les acides avec une effervescence lente, elle est gren Elle se désagrège en sable pour former des terrains ( lomitiques dans le département de la Haute-Saô Elle est grisâtre ou Jaunâtre. Son état sablonneux rude au toucher empêche de la confondre avec le ( caire. La poudre fait effervescence avec les acides, rr les fragments non pulvérisés se dissolvent lentem et sans effervescence appréciable.

Argiles.

Les argiles qui font partie des terres arables sont argiles plastiques et les glaises.

L'argile plastique est un silicate d'alumine hydr H»A1*SP02® donnant 52 % de silice et i2,5 d'eau, H^APSi^O^® correspondant à 65,5 de silice et 12 d'( Elle est onctueuse, happe fortement à la langue, pâte avec l'eau, éprouve un retrait par la chaleur; ir sible , attaquable en partie par les acides , elle est bJ che, grise, jaunâtre, noirâtre, parfois marbrée. 1 renferme souvent des matières étrangères, sable, n oxyde de fer. Le sol formé d'argile est plastique et fîcile à travailler. L'argile pure est infusible; lorsqu' contient de la chaux, elle devient plus ou moins fusi

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La terre glaise est une argile plastique impure. Elle devient une marne quand le calcaire dépasse 1 5 %,

Les argiles diverses proviennent de la décomposition des feldspaths des roches primitives.

Schistes.

Les schistes sont des silicates d'alumine hydratés, ne se délitant pas dans Peau, ce qui les distingue nettement des argiles. Ils sont très abondants, à l'état de fragments, dans lés terrains de transition. Ils font rarement et faiblement effervescence avec les acides. Ils sont schistoïdes, feuilletés; toutefois on en trouve de compacts. Ils sont bleuâtres, noirs ou rougeâtres.

Le calschiste est formé de lames de schiste et de feuillets de calcaire; il fait effervescence avec les acides; ou le trouve dans les terrains secondaires et tertiaires. A Evian, on trouve des terres arables composées de calschistes appartenant aux terrains jurassiques.

Les schistes argileux et feuilletés ou compacts sont Communs dans les Ardennes, en Normandie, en Bretagne, dans l'Anjou et dans quelques autres parties de la France. Il en résulte des sols perméables ou imperméables, suivant l'état de décomposition des schistes , généralement pauvres en chaux et en acide phosphorique.

Marnes.

La marne est un mélange d'argile et de calcaire en proportions variables ; elle fait effervescence avec les acides; elle se délite sous l'action de l'eau, ce qui s'observe rarement pour les argiles.

La marne calcaire contient 5o à 90 ^ de calcaire.

La marne argileuse contient plus de 5o % d'argil moins de 25 % de silice.

La marne siliceuse contient plus de 5o % de silice

On distingue la marne humifère, celle qui renfei une proportion notable de matières organiques ; la ma magnésienne, celle qui contient de la magnésie, marnes se rencontrent dans les terrains secondaire tertiaires. Il n'en existe pas dans les terrains plus ciens.

Le carbonate de chaux disparaît du sol de deuxfaço par les plantes qui en absorbent une certaine quant et par les eaux pluviales chargées d'acide carboniq Il se forme du bicarbonate de chaux soluble qui perd dans le sous-sol par filtration s'il est perméab ou qui s'écoule à la surface, emporté par les eaux p viales, si le terrain est imperméable. C'est de cette fac là que la dépense est la plus considérable.

Phosphates de chaux.

Le phosphate de chaux se présente sous 3 états : c tallisé, c'est l'apatite; compact avec des impuretés, c la phosphorite ; sous forme de noyaux, ce sont les i dules ou croprolithes.

L'apatite Ga^Ph^O^^ (F1,G1,) est un phosphate chaux avec chlorure et fluorure de calcium mélang Elle contient 91 à 92 ^ de phosphate de chaux, o à 4 chlorure de calcium et 4,5 à 7,5 de fluorure de < cium. Elle cristallise en prisme hexaèdre avec cliv facile à la base. Densité 3,4; dureté 5; Elle est ve claire où foncée, ou violette, phosphorescente par lac leur, soluble dans l'acide azotique; très abondante Canada.

Les phosphorites du Lot , de l' Aveyron et du Ta

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et-Garonne sont une apatite compacte , à structure radiée, concrétionnée, mamelonnée où stalactiforme. On les transforme en superphosphates pour les besoins de l'agriculture.

Les nodules phosphatés du grès vert et de diverses autres formations sont un mélange de phosphate de chaux et de carbonate de chaux. Il sont très employés en agriculture à l'état naturel ou transformés en superphosphates. On en trouve des gisements considérables dans la Meuse, les Ardennes, la Marne, le Cher, l'Ain et au milieu des assises du grès vert.

Enfin on rencontre dans le département de la Somme du phosphate de chaux associé à du carbonate de chaux à l'état de sable jaunâtre qu'on exploite également comme engrais. L'apatite en cristaux microscopiques est fréquente dans les roches éruptives et métamorphiques, sous forme de prismes hexagonaux le plus souvent incolores, en plaques minces.

Gypse.

Le gypse, ou pierre à plâtre H'^CaSO^ est de la chaux sulfatée hydratée. Il cristallise en prisme oblique rectangulaire avec un clivage facile vertical. Densité 2,3i à 2,33; dureté i,5 à 3. Il se raye facilement avec l'ongle. Chauffé, il décrépite, il perd son eau, blanchit et donne le plâtre. Il est soluble dans 3oo à 400 fois son volume d'eau. Il est cristallin, laminaire, grenu ou presque compact. Les cristaux sont généralement disséminés dans les roches argileuses. On le trouve aussi en amas et en strates irréguliers dans les terrains primitifs ou sédimentaires. Il n'entre pas dans la constitution du sol; mais, sous forme d'engrais ou d'amendement, il contribue au développement de certaines cultures.

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Fer oxydé hydraté (2 Fe^0\3HW).

Parmi les composés du fer, un seul est intéressant agrologie : c'est le fer hydroxydé appelé encore limon sesquioxyde de fer hydraté, fer sesquioxydé hydr Beaucoup de sols en renferment une certaine quantit( contient Sg % de fer, 26,0 d'oxygène et i5,o d'eau, corps est brun ou jaune; il est soluble dans Tac chlorhydrique. Il colore en jaune le sol dans leq il est généralement associé à l'argile. Il ne paraît servir à la nutrition des plantes, mais la colorât qu'il imprime au sol communique à ce dernier la p priété de mieux absorber les rayons du soleil. Il pas de propriétés fertilisantes, mais une qualité chauffante favorable à la végétation des plantes ci vées. M. P. de Gasparin cite un terrain dans le Gard contient 40^ de sesquioxyde de fer. De même que l'i mine, il retient, par une affinité naturelle , l'acide pi phorique et la potasse séparée des silicates : il dévie selon M. P. de Gasparin, un magasin naturel pour la trition des végétaux. Il paraîtrait que le sesquioxyde fer retiendrait les éléments minéraux et lammoniac^ et l'alumine conserverait les matières organiques, sesquioxyde de fer paraît contribuer à la ténacité du au même titre que l'alumine hydratée.

Tourbe,

La tourbe résulte de la décomposition plus ou m( avancée de végétaux qui se sont développés dans l'eai sur un sol constamment humide. Les surfaces te beuses se rencontrent dans les vallées de la Somme l'Oise, de la Seine , quelquefois aussi sur les coteaux suintent des eaux de sources. On en voit de grar

étendues en Hollande, en Irlande, en Suède et en Suisse, dans les vallées et sur des surfaces plus ou moins inclinées. C'est, suivant M. de Lapparent, de la matière végétale à peine minéralisée, renfermant des débris reconnaissables de végétaux herbacés, abandonnant à la distillation, comme le bois, de Facide acétique et presque toujours de l'ammoniaque. On y trouve 5i à 5j% de carbone, 5 à 10 d'hydrogène, 18 à 3o d'oxygène, 2 à 3 d'azote et 2 a 14 de cendres. C'est une matière noire ou brune, spongieuse, combustible, très hygroscopique, impropre à la végétation de beaucoup de plantes. Elle produit des sphagnum, des carex, des joncs, du molinia cœrulea; peu d'arbres. On trouve la tourbe dans les régions froides et tempérées. Dans le Midi, à la place de la tourbe , on rencontre des terres de bruyères : elles sont fréquentes en Corse, en Provence , en Algérie. La tourbe existe encore sous le climat girondin. Aux environs de Bayonne,le marais d'Orx, d'une étendue de 1 200 hectares , est éminemment tourbeux sur toute sa surface.

La tourbe est une roche composée , comme la houille, de matières organiques végétales ; elle contient une notable proportion d'azote, i à 3^ de son poids. Cet azote n'est pas directement utilisable par les végétaux, mais il le devient quand on le met en présence des substances minérales qui en facilitent la nitrification.

Sur les roches minérales désagrégées , superficielles, et soumises à l'action des agents atmosphériques, se développent des végétaux spontanés; les bruyères, les ajoncs, les fougères, sur les terrains pauvres en carbonate de chaux; les genévriers, 1 ebuis, les euphorbes, etc., sur les terrains calcaires. Ces végétaux, décomposés sur place pendant une longue suite d'années, constituent à la surface un terreau acide aussi riche en azote que la

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tourbe. C'est une sorte de terre de bruyère infer naturellement, mais apte à se fertiliser par l'app des substances minérales dont elle est dépourvue. ] roches d'origine minérale mettent à la disposition l'agriculteur de la chaux, de la potasse, de l'acide ph phorique. Les roches d'origine végétale comme tourbe, le terreau, la houille, fournissent le cinquiè élément sans lequel la plupart de nos cultures n'aurai aucun succès.

Au point de vue de la nutrition des plantes on voit ce bien il est utile de connaître les minéraux et les roc constitutifs du sol et du sous-sol. Avant de recourir ; engrais industriels d'un prix toujours assez élevé, il s souvent plus économique d'utiliser, pour complète composition du sol , les éléments naturels qui exist à la portée de l'agriculteur, soit à la surface du sol, : dans les couches diverses du sous-sol.

En résumé, les minéraux que l'agriculteur a grand térét à connaître sont ceux qui contiennent de l'ac phosphorique, de la potasse , de la chaux et de la ] gnésie. Quant à l'azote, les minéraux de l'ancien mo n'en renferment pas en quantité appréciable; le nit de soude, qui en contient i6%j n'existe pas à l'état turel dans l'ancien monde , mais on en trouve des g ments considérables dans l'Amérique méridionale, Chili et au Pérou. C'est de là qu'on tire l'engrais a: si fréquemment employé pour les cultures de céré et de betteraves. L'azote, si abondant dans l'atmospl sous forme de gaz libre , et en faible proportion s forme d'ammoniaque et d'acide nitrique, ne semble suffire aux besoins des plantes cultivées, pas plus celui que le sol tient en réserve, à l'état d'azote organic dans les terres cultivées de longue date. C'est seulerr dans les terres incultes couvertes de bruyères con:

les landes de la Bretagne et du plateau central, comme les maquis de la Corse et les broussailles de l'Algérie qu'on trouve une bonne provision d'azote apte à être assimilé par les cultures dès qu'on y associe l'acide phosphorique et la chaux par l'emploi du phosphate tribasique de chaux. Ces terres incultes contiennent de l'azote et généralement de la potasse ; en y apportant du phosphate de chaux, elles possèdent dès lors les quatre substances qui complètent l'alimentation des plantes cultivées. En Algérie, les broussailles possèdent naturellement de la chaux, de l'acide phosphorique et de la potasse.

Par les façons aratoires qui sont la conséquence du défrichement, l'azote des broussailles se nitrifie et devient assimilable pour les plantes cultivées. Là, on n'est pas obligé d'appliquer le phosphate de chaux aux terres nouvellement défrichées. On en obtient de bonnes récoltes de céréales sans aucune addition d'engrais minéral.

Le problème de la fertilisation d'une lande granitique ou schisteuse se résout ainsi par l'unique emploi des substances minérales. La lande renferme de la potasse par son argile dérivée de l'orthose, et de l'azote par la décomposition des végétaux spontanés; joignons à ces deux éléments le phosphate tribasique de chaux, et nous possédons dans le sol les quatre substances le plus utiles aux cultures. Le sol sera désacidifié par le phosphate de chaux qui, par suite de cette réaction, deviendra soluble et assimilable. Le phosphatage produit un effet d'une grande utilité ; il fournit aux cultures un aliment indispensable et il détruit dans le sol une acidité dont ne peut s'accommoder aucune plante ^cultivée.

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