l5 0.245 O.IOO
Les terrains se classent ainsi quand on les considère au point de vue hygrométrique : Thumus vient en i" ligne, puis arrivent, dans l'ordre décroissant, Targile , la terre du Jura, le sable calcaire et le sable siliceux dont l'hygrométricité est tout à fait nulle.
On augmente cette propriété en facilitant l'accès de l'air dans le sol. Il faut avoir soin de rompre sa compacité par des façons aratoires; il faut labourer, herser, biner et écrouter la terre, après que les pluies ont constitué une pellicule continue à la surface. La pénétration de l'air au milieu du sol facilite l'absorption de la vapeur d'eau , mais elle favorise en outre la nitrification ou l'assimilation des substances qui servent à la nutrition des plantes. Ces expériences démontrent en outre que l'apport des matières organiques , l'emploi fréquent du fumier, en un mot tout ce qui augmente la proportion d'humus rend le sol plus hygrométrique et plus avide d'humidité. Le sable siliceux des dunes manque d'hygroscopicité et d'hygrométricité ; il se dessèche avec une extrême facilité, mais c'est le terrain qui se réchauffe avec le plus de rapidité et qui conserve le mieux sa chaleur. Il est impropre à la culture du maïs, plante estivale dont la végétation embrasse la période la plus chaude de l'année ; mais il convient mieux que tout
autre terrain aux cultures hibernales , aux petits pois résistant au froid, fleurissant en février et mars , et atteignant leur maturité en mars et avril. Il n'est pas de sol en Algérie et dans la région du sud-ouest, dans les dunes de la Gascogne, qui soit plus favorable à la culture des primeurs. Les mêmes observations s'appliquent aux fraises et aux légumes de la Bretagne, sur les terres siliceuses situées au bord de la mer.
Contraction du sol.
Sous l'influence de la dessication, certains terrains ne se durcissent pas, ne se contractent pas. Ils sont immobiles, suivant l'expression admise par M. P. de Gasparin. Tels sont les terrains sablonneux, purement siliceux ou purement calcaires. Ils restent meubles; friables en temps sec et en temps de pluie, on peut les façonner par tous les temps. La classe des terrains imperméables par la présence du sesquioxyde d'alumine et de fer ou par diverses proportions d'argile et de calcaire, subissent par la dessication un retrait, une contraction qui augmente considérablement leur ténacité et les difficultés de leur ameublissement.
En se desséchant, ils se crevassent, deviennent durs comme de la pierre et ne sont plus attaquables par la charrue et les autres instruments aratoires. Ce sont les terres argileuses , argilo-siliceuses , argilo-ferro-siliceuses, argilo-calcaires qui se comportent ainsi dans les périodes de longues sécheresses. Les plantes soufl^rent aussi de la contraction du sol ; leurs racines sont comprimées,
parfois déchirées. Elles sont à la fois privées d'air et d'humidité. Schubler a mesuré expérimentalement la contraction du sol sur des prismes desséchés à la température de iS"* pendant plusieurs semaines. looo parties ont perdu en volume les quantités suivantes :
Calcaire 3o
Glaise maigre 60
Glaise grasse 89
Terre argileuse 114
Argile pure i83
Magnésie 1 3 1
Terreau 200
Terre forte d'Hofwil 1 20
Sable siliceux 000
— calcaire 000
Les terres vaseuses constituées par de Targile unie à du terreau éprouvent par la dessication un retrait considérable. J'ai vu les polders d'Isigny former, par la dessication, des prismes branlants comme les prismes basaltiques, séparés entre eux par d'énormes crevasses où une canne disparaissait dans toute sa longueur. On avait peine à marcher sur le sol crevassé et s'ébranlant sous les pieds.
On remédie à la contraction du sol par les procédés qui ont pour effet de s'opposer à sa dessication. Par les hersages, qui ralentissent l'évaporation, et les façons, qui rendent le sol plus meuble et plus hygrométrique , par les labours, qui mettent obstacle à l'action capillaire du sous-sol.
Nous avons vu précédemment les conditions physiques et chimiques qui réalisent la ténacité du sol. Cette ténacité augmente ou diminue, suivant la nature du sol et son degré de dessication. Schubler, après avoir desséché à l'air des briquettes formées de sols divers, s'est
livré à des expériences pour apprécier leur degré de résistance. Il plaçait ces briquettes sur deux supports , et, au milieu de chaque briquette il suspendait le plateau d'une balance qu'il chargeait de poids jusqu'à la rupture de la briquette.
L'argile pure, admise comme type de ténacité, s'est rompue sous un poids de 1 1 kilogr. 10. Le tableau suivant résume les résultats de ces expériences :
Ténacité relative.
Ténacité en poids.
Argile pure
Terre argileuse
Argile grasse