O.OII
Terre moins forte
Terre sableuse siliceuse.
Il a répété la même expérience avec une dissolution de potasse et une autre de soude. La potasse a été mieux absorbée que la soude.
Vœlcker a fait des recherches du même genre sur la potasse et la soude , et sur le phosphate de chaux soluble.
Le sol siliceux sablonneux absorbe rapidement ce dernier sel; mais après 26 jours de contact, il restait encore du superphosphate non combiné.
Sur un sol calcaire l'absorption a été plus rapide ; au bout de 8 jours il n'en restait plus qu'une petite quantité.
Sur l'argile tenace, l'absorption a été de moitié en 24 heures, des 2/3 en 8 jours, et des 3/4 en 26 jours.
Sur une autre argile tenace, l'absorption a été encore plus rapide» Le sable ferrugineux a un pouvoir absorbant très faible; après 17 jours, il restait plus du quart du phosphate de chaux.
Le sol marneux possède une puissance absorbante considérable. L'alumine, l'oxyde de fer, le carbonate de chaux rendent le phosphate insoluble et favorisent l'absorption du sel à l'état soluble.
Dans un sol siliceux l'acidité du sel persiste. M. Bobierre a vu le superphosphate nuire à la germination du sarrasin , ce qui ne se produit pas dans une terre qui rend insoluble cet engrais chimique. Dans le Perche où le calcaire et l'oxyde de fer ne manquent pas, le superphosphate devient promptement insoluble. On se demande dans ce cas, s'il ne serait pas plus économique et plus avantageux de remplacer le superphosphate par le phosphate fossile qui coûte moitié moins cher. Des savants d'une grande autorité soutiennent que c'est une erreur de transformer le phosphate trjbasique naturel, insoluble, en phosphate acide soluble, puisqu'il retourne immédiatement à l'état insoluble dès qu'il est dans le sol en contact avec des argiles, des oxydes de fer ou du carbonate de chaux.
Il est certain que l'eau qui traverse le sol, ou qui coun à sa surface, emporte les éléments solubles du fumier et des engrais chimiques. Les eaux de drainage traversent le sol et le sous-sol; elles contiennent de
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la potasse en petite quantité, de la soude, beaucoup de chaux^ de la magnésie, de l'alumine, du chlore, de Pacide sulfurique, un peu d'acide phosphorique, un peu d'ammoniaque. La quantité de matière dissoute n'est jamais considérable; on y trouve principalement des nitrates et des sels de chaux. Les substances enlevées par le drainage ne sont pas perdues, quand on a la précaution de s'en servir pour Tarrosage des prairies.
Le sulfate d'ammoniaque et le nitrate de^ soude sont les deux sources principales de l'azote qu'on livre aux plantes sous le nom d'engrais chimiques. On a grand intérêt à savoir comment ils se comportent dans le sol, s'ils ne sont pas perdus par les eaux pluviales et si l'ammoniaque ne se dissipe pas dans l'air. Le sulfate d'ammoniaque n'est pas à employer dans les sols calcaires ; il se transforme en carbonate d'ammoniaque qui se volatilise dans l'atmosphère.
Le nitrate de soude descend dans le sol par les pluies abondantes, mais il remonte ensuite par l'effet de l'évaporation de l'eau et de la capillarité. C'est l'engrais qui •semble le mieux convenir à la betterave. Le blé, au contraire, se trouve mieux de l'emploi du sulfate d'ammoniaque, dans le Perche. Aux Merchines, dans les terres de la Meuse, c'est le nitrate de soude qui produit le meilleur effet sur la culture du froment. Le nitrate de soude, si disposé à se perdre, convient principalement aux cultures de printemps. Le sulfate d'ammoniaque peut, dans certains cas, s'appliquer sans inconvénient aux céréales d'automne. Nous venons d'étudier le rôle de l'eau dans le sol et dans Falimentation des plantes. Il nous reste à examiner les effets de la chaleur sur le sol et sur la végétation. C'est un autre facteur de la production dont les effets ne sont pas moins importants que ceux de Teau. La chaleur et la lumière sont deux agents
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qui, unis à Teau, concourent puissamment à la vie et au développement des végétaux.
Échauffement du soL
La quantité de chaleur solaire reçue par le sol dépend de beaucoup de circonstances dont les principales sont la latitude, Taltitude, la pureté du ciel, la longueur du jour, la température de l'air et l'exposition des surfaces, autrement dit le degré d'inclinaison des rayons solaires.
Dans une localité déterminée, réchauffement du sol est singulièrement favorisé par l'exposition et les abris. L'exposition du midi est la plus chaude, surtout si elle est à Tabri des vents qui refroidissent l'atmosphère.
A conditions égales d'exposition et d'abri, la composition minérale n'a qu'une faible action sur Téchauffe- ;ment du sol.
Sous l'influence des rayons solaires ,
Le sable siliceux blanc a atteint..., 43°. 25 ) ..^-^ ,,.,,,, «ci difterence : 2<*
L*argile blanche 4 1°. 25 }
Le sable siliceux noir 500.87/ ..-(..
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L*argile blanche 41'
Le sable siliceux noir 5o<
. L'argile noire 480.87
La couleur exerce sur l'échaulBfement du sol une action plus sensible que la composition minérale. La différence de température varie entre 7° et 8<*.
Le sable siliceux blanc s'élevant à 43°. 25 ) ,.^, ^ c
T A ui • *. • . c ^ o f différence : 70.62
Le même sable noir atteint...;.. 500.87 >
L'argile blanche s*élevant à 410.25 ) j.^, . ^„ r
L'argile noire atteint 480.87 \ ^ *^^^"^^ • /
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Profitant de la propriété que possède la couleur noire de concentrer la chaleur solaire, les paysans de la vallée de Chamounix, au dire de Saussure, répandent des schistes noirs sur leurs champs couverts de neige, afin d'en hâter la fusion, d'avancer le moment des ensemencements et la reprise de la végétation sur les alpages et les prairies naturelles. Les murs blancs, aptes à refléter la chaleur, sont préférés dans les régions du Nord ; on les reconnaît favorables aux arbres fruitiers en espalier. Plus avant dans le Midi, c'est le mur noir qui semble le mieux convenir aux cultures fruitières. La région chaude renonce aux espaliers appliqués sur des murs. Ils ne résisteraient pas à la haute température à laquelle ils y seraient soumis. En Provence, en Corse et en Algérie, le système des espaliers n'est plus connu. Les murs feraient griller les arbres fruitiers.
L'intensité solaire attaque les écorces et peut tuer les arbres et les plantes herbacées. On modère l'action de la chaleur en couvrant les troncs d'un lait de chaux. On badigeonne dans le même but les' vitres des serres et des châssis. Cet enduit blanc prévient les températures extrêmes qui nuisent aux plantes et qui peuvent même les détruire. Les fleurs se portent mal à l'exposition directe des rayons solaires ; elles durent davantage et conservent mieux leurs brillantes couleurs, quand elles sont abritées sous le feuillage des grands végétaux ligneux. A l'école de Montpellier un cépage américain restait souffreteux sur un sol de couleur blanche. On a coloré ce terrain avec un calcaire rouge ferrugineux; à partir de ce moment, la vigne à constamment montré une magnifique végétation.
L'humidité relative du sol exerce une action très sensible sur sa température. La différence peut varier de 7<» à 8°.
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L'évaporation constante d'une humidité qui se renouvelle constamment par l'action capillaire maintient le sol à une température basse qui retarde la reprise de la végétation.^Les terres humides sont dites terres froides pour cette raison. Les prairies humides sont en retard d'un mois sur celles qui sont situées en terre sèche bien assainie. Les terres noires et sèches sont chaudes et conviennent à la production des primeurs.
Les terres fraîchement remuées sont le siège d'une évaporation qui en abaisse la température au point de favoriser la formation de la gelée blanche. Aussi, les vignerons évitent de façonner les vignes à l'époque des gelées printanières. Les herbes spontanées de la vigne, le voisinage des bois et des cultures concourent au refroidissement du sol ; les praticiens y font grande attention quand il s'agit de façonner la vigne au premier réveil de la végétation, ou quand on veut établir une vigne dans un canton où cette culture n'a pas encore été expérilôentée. Pendant la nuit l'air est moins froid que le sol. On peut préserver les ceps de la gelée en les maintenant loin du sol à l'aide de fils de fer où d'échalas qui les relèvent et les placent dans une position verticale» Un praticien du Médoc m'a affirmé qu'il évitait souvent les ravages de la gelée, en maintenant le sol net de mauvaises herbes et en évitant de le façonner à l'époque critique des gelées printanières.
Refroidissement du soU
Le refroidissement du sol est en rapport inverse avec son poids et la grosseur de ses particules.
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La terre desséchée à'ioo^pèse plus ou moins, suivant sa composition minérale.
kU.
Le mètre cube d*une glaise sablonneuse pèse. . •• 2. xo3
— d'un loam d'Ofwil pèse i .404
— — d*Orange pèse 1.126
Le terrain tourbeux nage, et se trouve par conséquent plus léger que l'eau. Une terre est dite pesante quand elle se montre lourde à la bêche, à la brouette ou au tombereau.
La terre caillouteuse se refroidit moins vite que la sablonneuse, celle-ci moins vite que l'argile et la tourbe. Les raisins mûrissent les premiers sur les terres pierreuses et caillouteuses. Au point de vue de la nutrition des plantes, les pierres sont considérées comme étant très nuisibles; en effet, un sol pierreux ne nourrit les plantes que par les parties meubles, la partie pierreuse constitue une masse inerte qui diminue d'autant la portion utile aux végétaux. A d'autres points de vue les pierres ne sont pas inutiles, elles réchauffent les plantes et préviennent leur déchaussement par les gelées printanières. Il n'est pas prouvé npn plus que leur rôle soit nul dans l'alimentation des végétaux. Les végétaux attaquent les corps insolubles; on en a un exemple dans les lichens qui se fixent et vivent sur les roches les plus dures et les plus résistantes. Les praticiens reconnaissent dans tous les cas que les terres pierreuses produisent les meilleurs vins et les grains les plus estimés pour leurs qualités et leur poids. Un sol pierreux peut d'ailleurs dissimuler un sous-sol non pierreux, fertile et apte à donner de belles luzernes et de belles cultures arbustives. J'ai rencontré des fermiers qui préféraient des terres très pierreuses à d'autres argileuses ou sa-
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blonneuses complètement exemptes de pierres. On doit néanmoins reconnaître que le sol pierreux n'est pas toujours facile à cultiver; il use bien facilement les instruments aratoires; il exige un soc pointu, conformé d'une certaine façon. Le brabant double qui est la charrue la plus commode et la plus facile à diriger, ne fonctionne pas bien sur un sol pierreux. Il n'est pas question ici du sol rocheux impossible à façonner et interdit aux cultures herbacées. Le bois et le pâturage sont les produits des surfaces où les masses rocheuses ne contiennent pas les parties meubles qui constituent la bonne terre arable.
En résumé, les propriétés physiques les plus favorables aux cultures sont une consistance moyenne obtenue par une heureuse association de la silice, de l'argile et du calcaire, une perméabilité moyenne favorable aux plantes dans les temps de pluie et de sécheresse, une bonne provision des substances qui servent à l'alimentation des végétaux, l'aptitude du sol à conserver sa fertilité sans aucune déperdition par les eaux souterraines ou les eaux superficielles, une coloration propre à concentrer et à conserver la chaleur notamment dans les régions tempérées, enfin la netteté du sol en ce qui concerne les mauvaises graines dont l'abondance et le développement portent un si grand préjudice à toutes les récoltes.
La composition trop élémentaire du sol n'est généralement pas désirable. Les terres qualifiées de terres franches possédant les qualités physiques que nous venons d'esquisser valent mieux et sont ordinairement plus avantageuses qu'un sol exclusivement siliceux, calcaire ou argileux.
Nous passons à la classification des terres. Les classifications présentent le grand avantage de grouper en-
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semble les objets qui offrent les mêmes caractères et les mêmes propriétés. On en apprécie l'importance dans l'étude des animaux et des plantes. Une bonne classification des terres n'est pas moins utile à l'agriculteur qui a tant d'intérêt à connaître les propriétés des terrains divers sur lesquels il base les résultats de ses spéculations végétales et animales.