TERRES SÉDIMENTAIRES
Les roches sédimentaires résultent de la décomposition et de la désagrégation des roches plutoniennes. A rorigine du monde, Técorce terrestre était constituée par des gneiss, des micaschistes et des granités. Tout le temps qu'a duré l'incandescence des roches primitives, il n'y avait à la surface du globe ni eaux, ni végétaux, ni animaux. Par le refroidissement, les vapeurs de l'atmosphère se sont condensées, et ont produit les eaux terrestres qui ont réagi sur les roches primitives en les désagrégeant et en facilitant leur décomposition. Les éléments désagrégés, charriés et triturés par les eaux des mers, des lacs et des fleuves, ont formé les roches sédimentaires dans une disposition horizontale qui s'est maintenue jusqu'à ce jour partout où les soulèvements intérieurs ne sont pas venus les déranger de leur position primitive. Sur les terres sédimentaires refroidies, ont apparu des animaux et des végétaux qui, prenant les matériaux de leur nutrition sur le sol, dans l'eau des mers et des lacs et dans l'atmosphère, ont associé aux débris des roches primitives des débris organiques qui ont enrichi ces roches sédimentaires de substances qui n'existaient pas dans les roches ou qui y existaient sous des fornaes et des caractères différents. Les roches sédimentaires, considérées au point de vue chimique, peuvent être divi-
sées en quatre séries principales : i** les roches siliceuses, 2» les roches argileuses, 3** les roches calcaires, 4^ les roches argilo-calcaires qu'on désigne généralement sous le nom de marnes. Dans le passage d'une roche à une autre, on trouve les associations les plus diverses et les plus variées. La roche prend le nom de Félément dominant qu'on fait suivre de termes indiquant les autres éléments principaux qui sont unis à celui jouant le rôle essentiel. Une roche argilo-siliceuse contient de l'argile et de la silice libre, avec prédominance du premier élément sur le second.
L'origine des argiles est bien connue, c'est la kaolinisation des roches primitives, l'attaque des silicates alcalins par les eaux chargées d'acide carbonique qui met en liberté le silicate d'alumine uni aux silicates alcalins dans les feldspath. Le gneiss et le granité, dépouillés en partie des silicates alcalins, mettent en liberté le silicate d'alumine hydraté et les cristaux de quartz et de mica que les eaux déposent ou transportent autre part, en en triant les divers éléments. Il en résulte des roches argileuses, siliceuses sablonneuses, ou des roches renfermant à la fois ces minéraux dans les proportions les plus variées.
Les roches calcaires ont une origine plus obscure et plus compliquée. Les roches primitives sont pauvres en chaux: le gneiss en contient seulement o, 25 ^, le granité 0,70^, le micaschiste 0,17 %. Les roches volcaniques sont beaucoup plus riches; on y trouve de 8 à 10 ^ de chaux.
Ces roches^ remaniées par les eaux chargées d'acide carbonique, ont laissé une partie de leur calcaire dans les mers et les autres grandes masses d'eau. Là des mollusques, en quantité innombrable, ont condensé la matière calcaire avec une telle puissance, que, par leurs coquilles.
ils en ont fçrmé de véritables montagnes. Ce phénomène se continue encore de nos jours.
On attribue la formation des puissantes assises calcaires à des réactions chimiques. Le carbonate dépotasse, provenant de la décomposition des roches primitives, en dissolution dans de Teau qui contenait du chlorure de calcium, a donné lieu à un précipité de carbonate de chaux et à du chlorure de potassium qui restait en dissolution. Quoi qu'il en soit , il est bien évident que les roches sédimentaires n'ont pas d'autre origine que les roches primitives modifiées par leseaux, les agents atmosphériques, les végétaux et animaux spéciaux à chaque période géologique.
Commençons par l'étude des terres d'origine sédimentaire les plus anciennes. Elles dérivent des roches dont l'ensemble constitue ce que les géologues appellent les terrains de transition.