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TERRES DÉRIVÉES DE LA MOLASSE

La molasse se montre à jour sur une partie impor-

tante de la Suisse. Uépaisseur de la roche est considérable, à en juger par les bords escarpés et la profondeur des rivières qui Font entamée et qui y ont creusé de pittoresques vallées d'érosions. On y a ouvert des carrières, dont on tire de belles pierres de taille. Genève, Lausanne, Fribourg et Berne doivent à la molasse la couleur spéciale de leurs maisons et de leurs monuments publics. Cette teinte parait être du goût des habitants ; assez souvent ils la renforcent par une peinture d'une nuance verte plus foncée encore que celle de la roche. La molasse exposée à Fair, à la pluie , au soleil et à la gelée, se désagrège promptement, et se laisse facilement attaquer par les instruments aratoires. Le sol qui en dérive est silicéo-calcaire, léger, perméable et très facile à travailler. Sous le climat humide et pluvieux de la Suisse, les terres molassiques conviennent à la prairie naturelle : elle y donne une herbe de bonne qualité, d'une abondance moyenne, d'une heureuse composition^ comprenant, dans de bonnes proportions, des graminées et des légumineuses, notamment du trèfle blanc vigoureux et envahissant, quand l'ortie blanche, si commune en Suisse, ne vient pas l'attaquer au sein de la prairie.

Les céréales, le trèfle, le sainfoin, la pomme de terre, la betterave et la carotte se cultivent avec succès sur ces terres légères , riches en calcaire et faciles à ameublir. De bonnes fumures, et des façons qui maintiennent la netteté du sol, permettent d'obtenir de ces diverses cultures les rendements les plus satisfaisants.

Nous en avons fini avec les terres qui dérivent des roches tertiaires. Passons maintenant à celles qui proviennent des roches quaternaires.

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