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ALLUVIONS MODERNES DES VALLÉES

Lesalluvions modernes résultent, comme les alluvions anciennes des plateaux et des vallées, de la désagrégation des roches, du transport et du dépôt de ces débris sur les rives des vallées. Elles sont de formation contemporaine, et leur niveau est peu élevé au-dessus de rétiage des cours d'eau. Ce sont des terrains bas, le plus souvent submersibles par les fortes crues des rivières.

Ces alluvions méritent une attention particulière, par l'étendue qu'elles occupent dans les vallées, par leur fertilité presque toujours supérieure à celle des terres plus élevées, et par les produits importants qu'on en obtient à l'état de prairies naturelles ou de terres cultivées. Le niveau relatif des trois sortes d'alluvions qu'on rencontre à la surface du globe terrestre, fournit de précieux renseignements sur l'âge et l'origine de ces divers atterrissements. Il n'est pas rare de constater, dans une même localité, les trois catégories d'alluvions, avec les caractères physiques et agrologiques propres à chacune d'elles.

Aux environs de Paris, par exemple, nous trouvons, dans les niveaux supérieurs, dans la plaine de Longjumeau, dans celles de Trappes et de la Brie, sur le

plateau de Grignon, les alluvions anciennes, autrement dit le limon des plateaux, avec une homogénéité et des caractères spéciaux qui se soutiennent sur des espaces considérables. Ce limon constitue des terres franches silicéo-argileuses, d'un travail et d'une amélioration très faciles, véritables terres à betteraves, à céréales et à prairies artificielles. Il est le siège des exploitations les plus riches et les mieux cultivées.

A un niveau plus bas, mais encore très élevé par rapport aux vallées, on rencontre dans le bassin de la Seine et de la Marne, les alluvions anciennes des vallées dont les types principaux occupent une partie du bois de Vincennes, tout le bois de Boulogne, les plaines d'Achères et de Gennevilliers. Ce sont des terrestres légères et très perméables, éminemment sablonneuses et caillouteuses, terres à seigle, à pomme de terre et à asperges.On y extrait du sable à bâtir, des graviers et des macadams, employés pour les routes, les diverses maçonneries et la confection des bétons. AvecdeTeau et beaucoup d'engrais, les maraîchers y obtiennent d'excellents légumes, sans beaucoup dépenser pour les bêchages toujours très faciles.

Sur les terrains les plus bas des vallées, se voient les alluvions de la troisième catégorie, c'est-à-dire les dépôts contemporains. Chaque fois que la rivière déborde, ses eaux troubles et limoneuses abandonnent, sur les rives submergées, des matériaux terreux dont la finesse et la valeur fécondante dépendent de la vitesse des courants et de la nature des roches dont est composé le bassin du cours d'eau. Les dépôts opérés par des eaux peu agitées sont généralement de bonne nature, surtout si le bassin qui les déverse se compose, en grande partie, de champs bien cultivés, et d'une bonne proportion de roches calcaires. La Seine reçoit, par ses af-

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fluents, des alluvions de natures très diverses. Si l'Yonne lui envoie les débris peu riches des montagnes du Morvan, elle tire, par elle-même, des terrains calcaires de la Bourgogne et des affluents de la rive droite, c'est-à-dire de la Marne et de l'Oise, des alluvions argilo-calcaires qui corrigent et améliorent celles que cette même rivière reçoit des régions pauvres et boisées du Morvan. C'est ce qui fait que les alluvions modernes de la Seine sont généralement d'excellente qualité ; elles sont bien supérieures aux alluvions anciennes de la même vallée. Il suffît de voir la riche végétation herbacée et ligneuse des îles et des rives de la Seine et de la Marne, dans r Ile-de-France, pour reconnaître que ces alluvions sont éminemment fertiles.

Ce serait une erreur de penser qu'il en est de même sur tout le parcours de la même vallée. Partout où l'eau acquiert de la vitesse par la pente du terrain et par le rétrécissement de la vallée, les dépôts sont grossiers, graveleux ou caillouteux. Les eaux calmes produisent toujours les meilleures alluvions. Elles se forment de préférence aux embouchures des rivières, dans les parties les plus basses, les moins accidentées et les moins éloignées de la mer, où la pente venant à diminuer, les cours d'eau n'ont jamais la vitesse et l'impétuosité qu'on observe dans les montagnes, non loin des endroits où ils prennent leur source.

De nombreux exemples viennent confirmer cette assertion. Les alluvions de la Loire, mauvaises et sablonneuses dans le plateau central, les départements de la Nièvre et dans une partie du Loiret, deviennent excellentes à partir d'Orléans et sur tout le parcours de la rivière dans les départements de Loir-et-Cher, de Maineet-Loire et de la Loire- Inférieure. Les mêmes observations s'appliquent au Rhône, à la Saône, à la Meuse, à la

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Moselle, en un mot aux cours d'eau qui descendent du plateau central et des Vosges, aussi bien qu*à ceux qui viennent des Alpes ou des Pyrénées.

Les parties fines des alluvions modernes offrent une composition minérale en rapport avec la nature des roches attaquées , désagrégées et ravinées par les eaux pluviales. Certains cours d'eau traversant des régions argileuses produisent, dans leur vallée, des terres argileuses de mauvaise nature, difficiles à travailler si on les cultive , disposées à se couvrir de joncs, de laiches, de pédiculaires , de renoncules si on en fait des prairies naturelles. On a beaucoup de peine à les améliorer, lors même qu'on se déciderait à les drainer, à les chauler et à les arroser.

La Moselle n'avait donné, dans son parcours à travers le département des Vosges, que des alluvions graveleuses et caillouteuses. Ces matériaux n'étaient autres que des fragments roulés de granité, de grès bigarré et de grès des Vosges. Avant d'être améliorés, ces terrains sont maigres et pour ainsi dire improductifs. Ils sont éminemment perméables. En y appliquant des masses d'eau de bonne nature, on y a créé des prairies d'un excellent rapport. Avec des eaux mauvaises et un terrain argileux et imperméable, les irrigations auraient fait plus de mal que de bien, en produisant des herbes aquatiques de nulle valeur pour l'alimentation du bétail. Choisissons d autres exemples dans d'autres parties de la France. La Durance charrie constamment des eaux troubles chargées de carbonate de chaux. Pour les utiliser à Marseille, on est obligé de les laisser quelque temps en repos dans de vastes bassins de décantation* Partout où la rivière abandonne ses dépôts terreux, on obtient une terre de i" qualité, soit qu'on en fasse des prés irrigués, soit qu'on y pratique des cultures sou-

mises à Tarrosage, comme celles qu'on peut observer aux environs d'Avignon.

Le Rhône, torrentueux sur la plus grande partie de son cours, surtout en amont de Lyon, offre l'exemple d'une vallée rocheuse, caillouteuse et impropre à toute culture. Sous la ville de Lyon, la vallée devient meilleure et plus fertile. En Camargue, dans le delta du flçuve, les alluvions modernes donneraient lieu à une riche agriculture, si la contrée était plus salubre, et si le sel du sous-sol, dans certains cas, ne venait pas nuire aux plantes cultivées. En Corse, les cours d'eau venant des formations granitiques produisent des alluvions peu fertiles à Tétat de prairies et de cultures. Les granités de la côte occidentale, ravinés par les eaux pluviales produisent, en certains points de la vallée, un sol argileux, assez mauvais, et à d'autres places, un sable quartzeux, véritable arène d'une médiocre fertilité.

Sur la côte orientale, les rivières traversant des formations calcaires, donnent naissan.ce à des alluvions d'une grande richesse, non loin de leur embouchure où le fleuve perd une grande partie de sa vitesse. Ces alluvions produisent des blés, des luzernes et des pâtures de chaume d'une belle végétation, avec des frais de culture très limités.

Ce qui fait la fécondité sj remarquable des terres de l'Algérie et de la Tunisie, ce sont principalement les alluvions modernes déposées au milieu de quelques larges vallées, et de vastes plaines qui vraisemblablement ne sont que d'anciens lacs comblés par les alluvions des rivières.

. Les rivières qui déversent leurs eaux dans le Tell descendent de l'Atlas où elles ont parcouru et raviné les roches calcaires et argileuses des formations jurassiques et crétacées. C'est ainsi qu'ont été constituées, en

Algérie, la belle vallée du ChélifF, les plaines de la Mitidja, de Bône, de l'Habra, etc., la magnifique vallée de la Medjerda en Tunisie. Toutes ces alluvions contiennent, en bonne proportion, l'élément calcaire associé à des particules argileuses et organiques apportées des montagnes. Des alluvions ainsi constituées sont toujours fertiles, surtout si le climat procure en outre aux végétaux cultivés, en quantité suffisante, de l'eau, de la chaleur et de la lumière. En Algérie, l'eau fait souvent défaut en été; c'est le point faible de notre agriculture coloniale. Dans ces bonnes alluvions, les colons bien pourvus d'eau pour les arrosages d'été, obtiennent des résultats merveilleux en céréales, fourrages et cultures arbustives.

De cette étude il ressort que, parmi les alluvions, les moins bonnes sont celles qui sont argileuses, caillouteuses ou pierreuses. Les meilleures sont celles qui étant perméables, contiennent, en bonne proportion, l'élément calcaire. Donnons une dernière preuve de Tinfluence de cet élément dans les alluvions des rivières.

Les vallées de la Nive et de l'Adour, dans le département des Basses-Pyrénées, se composent, non loin de Rayonne, d'alluvions argileuses sans trace de calcaire. Les prairies n'y produisent qu'un foin maigre et peu abondant. Les autres cultures y souffrent aussi du manquede carbonate de chaux. La Nivelle, petite rivière dont la vallée aboutit à Saint-Jean-de-Luz, en raison des formations 'qu'elle a parcourues produit, au contraire, de fines alluvions, riches en calcaire. Cet élément se manifeste par des foins et des herbes d'une qualité supérieure. Les autres produits de la culture sont toujours plus substantiels que ceux qui proviennent des vallées argileuses. Les bœufs se nourrissent en consommant les herbes de la vallée de l'Adour, mais ils n'engraissent

pas. Dans la vallée de la Nivelle, au contraire, Tengraissement du bétail au foin ou à Fherbe n'offre aucune difficulté. Dans cette partie du pays basque, Teffet du calcaire se manifeste même sur les habitants des vallées. Il est facile de constater que les hommes et les femmes de la vallée de la Nivelle ont, sous le rapport de la force et de la santé, une supériorité marquée sur les populations des vallées de FAdour et de la Nive. On ne peut attribuer cette différence qu'aux produits plus substantiels des alluvions calcaires de la Nivelle.

La vallée de la Bidassoa, qui aboutit à la mer près de Fontarabie, est un véritable jardin où le terrain frais , léger, calcaire et admirablement cultivé, produit des légumes d'une abondance et d'une qualité exceptionnelles. Jamais on n'aurait pu lui donner cette importante destination, si au lieu d'avoir affaire à des alluvions calcaires, on s'était trouvé en présence d'alluvions argileuses comme celles de la vallée de l'Adour.

Le maraîcher de la Bidassoa perfectionne encore les qualités de son sol, en y apportant, à l'exemple des cultivateurs bretons, des sables marins coquilliers, amendement qui fertilise le terrain et qui augmente encore sa légèreté, condition essentielle pour une terre de jardin.

Productions des vallées modernes.

Le choix des productions dépend de trois facteurs principaux, savoir : i^le climat; 2° la nature des alluvions; 3^ leur submersibilité par les crues des cours d'eau. Les alluvions basses, inondées pendant l'hiver, et exposées pendant l'été à de fréquentes submersions, ne sont jamais consacrées à des cultures annuelles. Les surfaces , ameublies pour les plantes cultivées, seraient ravinées

par les eaux. Ces terrains trop facilement inondables portent des prairies naturelles qui les protègent contre les effets du ravinement. Les submersions hibernales opèrent un colmatage utile et fécondant. Mais quand la prairie est inondée pendant la période de la pousse de Pherbe, au moment de la récolte des foins, ses produits sont profondément avariés ; Therbe ouïe foin vase, devenant un aliment malsain, n'est utilisable que pour la litière des animaux.

Les vallées de la Saône, celles de la Moselle, de la Meuse et de la Meurthe sont, pour cette raison, couvertes de prairies permanentes sur leurs deux rives. Les alluvions peu sujettes aux submersions, comme celles de l'Oise, de l'Aisne, de la Somme, du Loir, de la Loire, de la Garonne, du Rhône et de beaucoup d'autres cours d'eau, sont, sans inconvénients, livrées à des cultures herbacées ou arbustives, suivant le climat et suivant l'état économique du pays. Dans le Nord, qui est la région des cultures intensives, les vallées sont cultivées jusque sur les bords des rivières. Il est vrai que, dans cette région, les prairies artificielles remplacent avec avantage les prés naturels , et, les riches produits de céréales ou de plantes industrielles sont préférables à ceux des prés naturels.

La vallée de la Loire, d'Orléans à Nantes, offre l'image d'une petite culture très active et très avantageuse, dont les produits de toute nature (céréales, chanvre, racines et autres cultures dérobées), valent plus que le foin qu'on retirerait des prés naturels. La richesse incomparable de cette vallée est due à un sol naturellement frais , léger, fertile et très facile à travailler. C'est là que des parcelles se vendent sur le pied de 10,000 francs l'hectare, et qu'elles sont louées au taux de 25o à 3oo francs. Les rives du Rhône sont rarement

en prairie naturelle. On a plus de profit à y cultiver le mûrier, la vigne, les céréales et les plantes fourragères , principalement le maïs et la luzerne.

En Corse et en Algérie, les alluvions des vallées sont exclusivement consacrées à des cultures herbacées ou arbustives. Cest ce que l'on observe dans les provinces d'Alger et d'Oran. J*ignore sUl en est de même dans la province de Constantine. Il est possible que la prairie y donne de bons résultats à de fortes altitudes qui déterminent un climat moins chaud et plus humide que celui des deux autres provinces.

Sous le climat méditerranéen, la prairie naturelle en vallée se montre éminemment productive, à condition qu'on soit en mesure de la fumer fortement en hiver et de Tarroser copieusement en été. Des prairies traitées de cette façon, dans les vallées de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, atteignent des rendements prodigieux en foin : 10,000 à i5,ooo kilogrammes par hectare.

En Corse et en Algérie, les rivières, si larges et si pleines d'eau en hiver, sont souvent complètement desséchées en été. La prairie naturelle n'y serait pas dans de bonnes conditions, les herbes y périraient par les sécheresses de l'été. Quand par hasard le cours d'eau permet à l'exploitant de pratiquer des arrosages en été, soit par une simple dérivation , soit en relevant mécaniquement les • eaux d'une nappe souterraine qui existe généralement sous le lit de la rivière, on préfère s'en servir pour des orangeries, la vigne, le maïs et d'autres cultures dont les produits ont plus de valeur que ceux d'une prairie ou d'une luzernière irriguées.

Quant aux alluvions caillouteuses et graveleuses, il est difficile d'en tirer un parti avantageux. On en voit plusieurs exemples dans les vallés du Rhône, en amont

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de Lyon. Ce sont des plaines aussi stériles et aussi incultivables que les terrains caillouteux de la Crau. A la rigueur, on pourrait les améliorer par des colmatages, si on disposait d'eaux troubles de bonne qualité. C'est un problème qu'on a résolu victorieusement sur les grèves de la Moselle, grâce à Tabondance et à la qualité des eaux qu'on pouvait employer pendant toute l'année.

La même transformation est difficile, pour ne pas dire impossible, sur les alluvions caillouteuses ou graveleuses des provinces méridionales, où l'on ne peut disposer d'eaux abondantes pour les colmatages d'hiver et les arrosages d'été.

Les observations qui précèdent démontrent combien il est utile d'examiner les caractères physiques des alluvions modernes. On doit faire grande attention à la grosseur des particules terreuses, se rendre compte de la proportion qui existe entre la partie fine et impalpable, entre les pierres et le gros sable; il faut s'enquérir aussi de l'origine géologique du sol et du sous-sol.

Ces données sont nécessaires pour apprécier les qualités ou les défauts physiques de la terre, pour connaître sa perméabilité et la manière dont elle se comporte sous Faction de la chaleur, de la gelée et des autres circonstances météorologiques. Ces renseignements, joints à ceux qui concernent les aptitudes culturales du terrain, sont de la dernière utilité pour l'exploitant nouvellement débarqué dans le pays.

Si on veut pousser plus loin l'étude du sol, se renseigner complètement sur l'état de sa fertilité et sur la nature des engrais à employer, il faudra nécessairement recourir à l'analyse de la terre, et doser le calcaire, l'acide phosphorique, la potasse et l'azote.

Sous ce rapport, il est intéressant de connaître la composition chimique de quelques alluvions modernes.

Le limon du Rhône, en aval d'Arles, pris au bord de Teau a été analysé par M. Risler.

Ce limon, composé presque exclusivement de parties fines, n'ayant pour ainsi dire ni gros sable, ni pierres, renferme pour looo parties :

Carbonate de chaux 288. 5oo

Acide phosphoriquc 0.438

Potasse , 3 . 23o

Azote total o. 57 1

C'est un limon, très calcaire et potassique, apte par conséquent à devenir fertile par des additions d'engrais phosphatés et azotés. L'abondance du carbonate de chaux active la nitrification des engrais organiques. Dans ces sortes de terrains, on se trouve bien de l'emploi direct des tourteaux de graines oléagineuses ; ils y apportent l'acide phosphorique et l'azote, les deux substances dont ce sol n'est pas suffisamment pourvu, puisqu'il n'en contient, d'après l'analyse, que la moitié de la dose reconnue nécessaire pour la bonne venue des cultures.

Le Rhône et tous ses affluents de la rive gauche coulent leurs eaux au milieu des roches calcaires des formations crétacées et jurassiques, c'est ce qui fait que les alluvions de ces cours d'eau sont fortement calcaires, et que les agriculteurs qui les cultivent sont dispensés de les marner ou de les chauler, circonstance heureuse qui les affranchit d'une dépense très lourde pour les exploitants des régions non calcaires.

Pour avoir une idée exacte de la valeur des alluvions calcaires, il suffit de voir les riches cultures de la vallée de Grésivaudan, de la plaine d'Avignon, et des terrains non salés de la Camargue.

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La Garonne produit des alluvions moins calcaires que celles du Rhône, mais encore suffisamment calcaires pour les besoins des cultures. Cette rivière prend sa source dans les Pyrénées, au milieu des terrains crétacés et Jurassiques; ses principaux affluents delà rive gauche, le Tarn et le Lot, roulant leurs eaux au sein des roches jurassiques, leurs alluvions ne peuvent manquer de posséder une dose suffisante de carbonate de chaux. La Gironde n'est autre que la Garonne prolongée; son limon, analysé par M. Risler, a présenté la composition suivante :

looo parties de terre fine contiennent:

Acide phosphorique i .484

Carbonate de chaux 59.250

Potasse 2.125

Azote 0.932

Alumine et oxyde de fer 46 . 5oo

Cest un limon dépourvu de pierre et de gros sable; il off*re la composition d'une bonne terre fertile; il contient en abondance les éléments essentiels de la fertilité. Il fait partie des paluSy alluvions très riches de la Gironde, dont les produits végétaux servent à fournir les engrais exigés par les grands crus qui occupent les maigres alluvions anciennes de cette même vallée. Sans la fertilité des alluvions modernes, les vignes les plus renommées du Médoc donneraient très peu de vin et finiraient même par disparaître, à moins qu'on ne rtouvc d'autres moyens de fertilisation.

Le limon de la Gironde, composé exclusivement de terre fine, de particules impalpables, avec prédominance d'argile et une quantité notable d'alumine et d'oxyde de fer, constitue un sol imperméable et difficile à tra-

vailler. Ces défauts physiques, qui seraient graves dans la région du Nord, n'ont pas la même importance sous le climat Girondin, oti les terres fraîches en été sont plus estimées que les terres sablonneuses et légères qui supportent mal les sécheresses estivales.

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