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TUNISIE

La partie cultivable et habitable pour les Européens représente à peu près les deux tiers d'une province de l'Algérie, soit la superficie d'environ 6 départements français formant ensemble 3 millions d'hectares. Suivant M. deLanessan, auquel nous devons un volume très intéressant sur la Tunisie, Fancienne régence de Tunis embrasserait ii à 1 2 millions d'hectares, c'est-à-dire le quart environ de la France. Cette superficie comprendrait le Tell, la partie montagneuse et la région saharienne.

Le climat de la Tunisie offre les mêmes divisions naturelles que l'Algérie, savoir : une zone maritime, basse et chaude, où Ton obtient les mêmes productions que dans le Tell algérien , une région montagneuse à pâturages et à alfa, correspondant aux hauts plateaux de l'Algérie, et enfin une région saharienne 0(1 l'on a développé d'importantes oasis.

Quoique beaucoup moins étendue que l'Algérie, la Tunisie possède à peu près la même étendue de côtes (900 kilomètres), cela résulte de sa configuration générale ; la partie la plus productive forme un grand rectangle dont deux côtés sont limités par la Méditerranée. C'est

une circonstance très heureuse, puisque dans le nord de TAfrique, c'est la zone maritime qui a le plus de valeur au point de vue du sol et du climat. Sous le rapport des pluies et des ressources en eau, l'avantage reste encore à la Tunisie; les pluies y sont plus abondantes dans toute la région maritime. On sait qu'en Afrique les pluies vont en augmentant de Test à l'ouest; il pleut plus à Tunis qu'à Bône, plus à Bône qu'à Alger, et plus à Al^er qu'à Oran. Il s'en suit que les principales rivières et certaines sources ne tarissent pas en été, et que les nappes d'eau souterraines sont d'une très grande ressource pour les irrigations.

En Tunisie, comme en Algérie, les pluies vont en diminuant du nord au sud; les pluies, suivant M. de Lanessan , sont abondantes dans toute la région située au nord d'une ligne , qui serait tirée de Sfax à Feriana. Au sud de cette ligne, les pluies deviennent de plus en plus rares, à mesure que l'on s'avance vers le Sahara. Certaines parties du Sahara sont privées de pluies pendant I, 2 et 3 ans. Les terres les plus. fertiles et les plus productives de la Tunisie se trouvent naturellement dans le périmètre où les pluies sont les plus abondantes. Les pluies d'été sont toujours très rares; la saison humide commence en octobre et finit en mars. Les mois pluvieux sont ceux de décembre et de janvier. Il y a de la neige pendant tout l'hiver dans les montagnes des Kroumirs.

En hiver, le thermomètre descend rarement au-dessous de zéro, et ses maxima oscillent entre i5 et iS"*; au printemps entre i8°, 25*»; en août 25°, 3 o<> et quelquefois 5o**, même à Tunis.

Le vent du sud-est, c'est-à-dire le sirocco, est le plus pénible et le plus redoutable pour les personnes, les animaux et les plantes.

AGRICULTURE GENERALE. . 3b5

La topographie de la Tunisie rappelle celle de l'Algérie; la zone propre aux cultures offre de grandes plaines, de magnifiques vallées, des collines et des montagnes de moyenne altitude.

Les terres les plus fertiles sont celles des plaines de Tunis, de Bizerte, de la presqu'île du cap Bon, de l'Enfida, et celles des vallées de la Medgerdah et de Milianah.

Les propriétés physiques et chimiques du sol offrent la plus grande analogie avec celles de l'Algérie. Les collines et les montagnes dont les débris ont constitué les alluvions des plaines et des vallées paraissent formées des mêmes minéraux et des mêmes roches, à en juger d'après les analyses chimiques que nous devons à M. Gastine, délégué en Tunisie pour les recherches du phylloxéra.

Les terres arables comprennent des dunes le long de la mer et dans le Sahara, des- alluvions en plaine et en vallée, et des sols détritiques en collines, en montagnes et en coteau.

Les dunes donnent lieu à des terres siliceuses sablonneuses, peu fertiles par elles-mêmes, mais trèslégèï^es, très faciles à cultiver et aptes à devenir productives par remploi des fumiers, et par les arrosages quand des nappes souterraines existent à une faible profondeur.

Voici, d'après M. Gastine, la composition d'un échantillon pris dans la partie septentrionale du cap Bon, à quelques kilomètres de la mer, au milieu de la vallée de rOued Bezir. C'est un sable mobile sous l'action du vent, de couleur blanche et planté en vigne :

ANALYSE PHYSICiUE.

Graviers silicieux et ferrugineux 10.86

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