SOUS-SECTION
it Terres rocheuses.
— pierreuses, — graveleuses.
— sablonneuses (dunes, tangues — limoneuses (Polders).
Autres espèces intermédiaires.
3^ Classe. — Terres d'origine organique^ humifères.
! Terres tourbeuses.
— de bruyères.
— noire de Russie.
Vases de mer et de rivière.
L'origine géologique du sol, et son état de division étant connus, on doit se préoccuper de son degré de fertilité. On en aura un premier aperçu par son classement cadastral. Cette classification, faite sur les données des praticiens les plus intelligents du pays, indique la fertilité relative des différents terrains d'une même localité. La fertilité a pu subir quelques modifications par suite du système de culture auquel le sol aura été soumis; mais si le sol examiné appartient à la première classe cadastrale, il ne peut pas être de mauvaise nature.
Il peut, il est vrai, avoir été épuisé et sali par une succession abusive de cultures. Ces défauts, qui en déprécient la valeur, se constatent à l'inspection des récoltes et des mauvaises herbes dont elles sont envahies. Par l'analyse chimique, on peut connaître sa richesse en azote, acide phosphorique, potasse et chaux.
L'aspect des végétaux ligneux, s'il en existe dans le voisinage, indique les qualités ou les défauts du sous-sol. Il importe de savoir s'il est rocheux, perméable ou imperméable, et s'il facilitera ou s'il généra l'exécution des travaux aratoires et le développement des cultures.
On notera en outre, son altitude, son exposition, son inclinaison, les végétaux spontanés qui s'y plaisent, les rendements moyens des cultures, et enfin sa valeur vénale et sa valeur locative, deux chiffres qui résument la force productive du sol et le produit net qu'on peut en retirer.
Cette étude agrologique se complétera par des renseignements sur les conditions climatériques du pays. Il est fort intéressant de connaître les ressources en eaux de pluie, de fontaine et de rivière, les minima et les maxima de température, le régime des pluies et des vents, les chances d'orage et de grêle, toutes conditions favorables ou nuisibles aux cultures. Il importe de les étudier autant que les conditions agrologiques, si on ne veut pas s'exposer à de fâcheuses déceptions.
Il est reconnu que l'état de division des particules terreuses exerce une grande influence sur la fertilité. C'est parmi les particules impalpables que les racines des plantes puisent l'eau et les substances nutritives nécessaires à leur développement. Les pierres, les graviers et le gros sable jouent, dans le sol, le rôle de corps inertes dont la présence diminue d'autant les parties utiles. Un sol qui contient, en volume, moitié pierres et
moitié terre fine, mettra à la disposition des plantes moitié moins d'eau et moitié moins de substances fertilisantes qu'une terre de même nature, dépourvue de pierres, et composée exclusivement de particules impalpables. Cette théorie, qui paraît vraie en principe, ne se vérifie pas toujours dans la pratique. Le sol, comf)osé exclusivement de particules impalpables , peut être argileux, glaiseux, imperméable, et affecter des caractères physiques qui lui enlèvent les avantages de son état de division. On voit des terres pierreuses qui, en raison de leur perméabilité, sont plus fertiles que les terres du limon des plateaux.
Grâce aux pierres siliceuses répandues au milieu de la partie fine, elles sont perméables à Teau et aux racines; elles sont moins sujettes au déchaussement des plantes. Lesgrainsquien proviennent se distinguent par leur poids et leur qualité, avantages dus, sans doute, au rechaussement favorisé par la présence des cailloux à la surface.
Il est vrai que les pierres et les graviers diminuent la proportion de la terre fine, mais il peut y avoir une sorte de compensation par les qualités physiques que ces pierres et ces graviers communiquent au sol et au sous-sol. Un sol pierreux, où les racines des plantes iront à une profondeur double de celle qu'elles atteindront dans une terre non pierreuse, peut montrer une fertilité égale, si ce n'est supérieure, à celle de la terre non pierreuse. 11 ne faut donc pas s'étonner que les praticiens estiment quelquefois des terres pierreuses et graveleuses plus qu'on ne le ferait à première vue. C'est qu'ils savent, par expérience, que ces terrains pierreux, de si mauvaise apparence, se montrent constamment favorables à la végétation des végétaux ligneux et des cultures herbacées.
Il ne faut pas croire non plus que les plantes ne ti-
rent rien des fragments noyés dans la terre fine. Les racines ont la propriété d'attaquer les corps solides, et d'en extraire des substances qui servent à la nutrition de la plante. Les exemples des végétaux qui fixent leurs racines sur des corps durs et compacts, abondent dans la nature. On en voit prospérer sur des tas de cailloux, sur le tronc des arbres, sur des roches de toute nature, et sur les murs des maisons et des monuments publics.
L^analyse physique du sol a pour objet de rechercher, par des lavages successifs, les proportions relatives de graviers et gros sables, de sable fin, et de parties impalpables qui entrent dans la composition du sol. On obtient ainsi trois lots : un lot pierreux et graveleux, un lot de sable, et un lot de terre fine. Le premier lot fait connaître la partie plus ou moins inerte du sol ; le second lot, comparé au troisième, donne une idée assez exacte ^ suivant M. Paul de Gasparin, du degré de perméabilité du sol, qualité qu'il importe beaucoup d'apprécier, tant elle a d'influence sur l'exécution des travaux et le développement des plantes. La terre est perméable quand le lot impalpable n'est pas égal à la moitié du sable tin. La perméabilité est d'autant plus active que le lot impalpable est plus diminué.
L'imperméabilité est réalisée toutes les fois que le lot impalpable égale ou dépasse la moitié du lot de sable fin.
On peut d'ailleurs apprécier le degré de perméabilité, en examinant comment les eaux pluviales se conduisent à la surface du sol. Si elles ne coulent jamais à la surface et si elles ne séjournent pas dans les fossés et dans les raies de charrue, on est sûr qu'on a affaire à un sol perméable. Un tel terrain peut être travaillé peu de temps après la pluie. Le sol imperméable retient l'eau à la surface^ dans les chemins et les fossés, et n*est abordable à la charrue que plusieurs jours après la pluie.