ACIDES ET EAU
Acide carbonique CO^ 1= 22
— nitrique .\zO* 1:^54
— sulfurique S03HO = 49
— phosphorique PhO^ = 71
— silicique Si03 = 38
Eau HO =9
Potasse KO =47
Soude NaO = 3i
Ammoniaque AzH'HO = 26
Chaux CaO = 28
Nitrate de potasse AzO-'KO =101
— de soude AzO*NaO = 85
Sulfate d'ammoniaque SO'AzH^O — 66
Phosphate de chaux PhO&3CaO =155
Chlorure de potassium CIK = 74.5
Carbonate de chaux CO^CaO = 5o
Sulfate de chaux SOsCaO = 68
Nitrate de chaux AzO^CaO = 82
Le phosphate fossile tribasique s*achète au degré ; on le paye à tant le kilogramme d'acide phosphorique. Je suppose que Ton achète cet engrais au prix de o fr. 25 le kilog. d'acide phosphorique : on se demande combien on doit payer 100 kilog. de ce phosphate dosant 40 % ^^ phosphate de chaux. Cela revient à estimer les 40 kilog. de phosphate de chaux contenus dans 100 kilog. de matière.
Le phosphate de chaux tribasique, PhO^SCaO, a pour équivalent i55, savoir 71 d'acide phosphorique et 84 de chaux.
155" de phosphate de chaux contiennent 71'' d'acide phosphorique.
I — contiendra J-— —
40 — — .7^ X 40 ^ 18 k^3o d'acide phosph.
Les 100 kilog. de phosphate fossile vaudront o fr. 25 X i8,3o = 4 fr. 58.
Un calcul analogue ferait connaître le prix du chlorure de potassium, vendu à tant le kilog. de potasse.
II est facile également de connaître la teneur en azote des engrais azotés, et de savoir à quel prix revient le kilog. d'azote.
Supposons qu'on achète le sulfate d'ammoniaque à 3o francs les 100 kilog. A quel prix reviendra le kilog. d'azote ? Nous supposons le sel exempt d'humidité.
Le sulfate d'ammoniaque a pour formule SO^ Az H^O = 66; ^Çy kilog. de sel contiennent 14 kilog. d'azote, I kilog. contiendra 7^; 100 kilog. de sel contiendront , = 21,21 kilog. d'azote. — Admettons
seulement 20 kilog. en tenant compte des impuretés. L'azote revient à i fr. 5o.
Par le môme calcul, on démontrerait que le nitrate de soude et le nitrate de potasse purs, contiennent ; le premier 16,47 0/* d'azote, et le second i3,84 %•
Les sels blancs, amorphes ou mal cristallisé^, tels qu'on les livre à l'agriculture, sont parfois assez difficiles à distinguer, quand ils ont perdu leurs étiquettes après un long séjour en magasin. Voici comment on arrive à les reconnaître : le sulfate d'ammoniaque, mis en contact avec de la chaux vive en poudre, dégage de Tammoniaque que tout le monde distingue à Todeur. Une solution de potasse produirait également un dégagement d'ammoniaque, en la mêlant à une solution du même sel.
Sur une lame de platine chauffée à la flamme de l'alcool, ce sel se volatilise sans laisser aucun résidu.
Le nitrate de soude et celui de potasse fusent sur le charbon ardent. Le premier colore en jaune la flamme de l'alcool, et donne un précipité blanc avec Tantimoniatede potasse; le nitrate de potasse colore en violet la flamme de l'alcool, et donne un précipité jaune avec le chlorure de platine. Avec l'acide tartrique, le nitrate de potasse donne un précipité de bitartrate de potasse, il n'y a pas de précipité avec le nitrate de soude. C'est la réaction la plus sûre et la plus nette pour distinguer le nitrate de potasse du nitrate de soude.
Le chlorure de potassium donne avec l'azotate d'argent un précipité blanc, cailleboté, insoluble dans l'acide azotique, soluble dans l'ammoniaque, prenant à la lumière une coloration violette et noire.
L'analyse du phosphate de chaux n'est pas à la portée du cultivateur. Il ne peut se livrer qu'à des essais qualitatifs à l'aide de quelques réactifs.
Après avoir dissous dans l'eau, très légèrement ad-
dulée avec de Tacide azotique, et après avoir filtré, on peut soumettre la solution aux essais suivants :
Avec le chlorure de barium, on obtient un précipité blanc, soluble dans les acides chlorhydrique et azotique. Le nitrate d'argent donne un précipité jaune, soluble dans Tacide azotique et dans Tammoniaque. Avec le molybdate d'ammoniaque, il se produit un précipité jaune par la chaleur en présence de l'acide azotique.
Ces réactions éclairent parfaitement le praticien sur la nature du sel dont il doit faire la détermination. Il peut encore, par un simple procédé de dessiccation, s'assurer de son degré d'humidité. Quant à sa pureté et à la richesse de son élément fertilisant, il faut recourir à un chimiste de profession pour les apprécier avec toute l'exactitude désirable.
Prenons quelques exemples et voyons comment nous devrions procéder pour donner aux cultures les substances les plus propres à en assurer les succès. Nous désirons atteindre, pour le blé, 3o hectolitres de grain par hectare, pour les betteraves 5o,ooo kilog. déracines, pour les pommes de terre i5,ooo kilog. de tubercules, pour la luzerne 12,000 kilog. de foin sec.
Le tableau ci-dessous indique les substances consommées par chacune de ces cultures.
CULTITKE.
A«)te.
Acide phosphoriqae.
Chaux.
kil.
kil.
kil.
kil.
Blé à 3o hectolitres...
Betteraves So.ooo kil.
P. de terre iS.oookil.
Luzerne 12.000 kil...
II faut d'abord savoir si on a affaire à un sol pauvre ou à un sol fertile. Suivant les chimistes :
Le sol très fertile contient plus de 2 ^^/^^ d'acide phosphorique.
Le sol fertile en contient i à 2 *^Voo-
Le sol moyennement fertile, 1/2 à i ^^/qq.
Le sol pauvre, moins de 1/2 ®%o.
En ce qui concerne la potasse, le sol fertile en renferme 2 1/2 et 3 ®7oo-
La chaux ne paraît pas nécessaire dans les sols qui en contiennent 5 ®Voo- II y en a même qui donnent de bonnes récoltes, ne possédant pas plus de 1/2 ^7oo de chaux.
Le blé, venant après plante sarclée bien fumée au fumier de ferme, atteindra un bon rendement avec une simple addition d'engrais chimique. Dans le Perche, il suffira de lui administrer, au moment de la semaille, 3 00 icilog. de superphosphate représentant 3o à 40 kilog. d'acide phosphorique, et, au printemps, 100 kilog. de nitrate de soude. On obtiendra facilement 3o hectol. de grain, pour peu que la température soit favorable à cette culture.
La potasse du fumier et celle du sol suffisent à la plante; inutile d'employer un engrais potassique.
Pour la betterave et la pomme de terre, une forte fumure au fumier de ferme incorporée au sol avant l'hiver, est indispensable; on doit mettre 40,000, 5o,ooo, et même 60,000 kilog. de fumier à l'hectare.
Une telle fumure contient plus d'azote, d'acide phosphorique et de potasse que n'en absorberont les récoltes; mais ces substances ne sont pas très assimilables, elles serviront aux récoltes ultérieures et n'abandonneront à la betterave et à la pomme de terre qu'une partie de leurs éléments fertilisants. Pour atteindre de forts rendements.
il esi nécessaire d'associer à la fumure 200 à 3oo kilog. de superphosphate et 100 à i5o kilog. de nitrate de soude. Ces sels fournissent à la plante des éléments plus assimilables que les substances similaires du fumier. Pour la luzerne, il n'est pas nécessaire d'y appliquer des engrais azotés. Son succès sera assuré, si le sous-sol est perméable, s'il renferme au moins 5 p. 100 de chaux et 2 1/2 p. 100 de potasse. Quant à l'acide phosphorique, on devra en incorporer au sol environ 60 kilog. sous forme de superphosphate.
Conclusion.
Les engrais chimiques constituent des adjuvants précieux. Administrés seuls, sans fumier, et en terre pauvre, leur emploi donne rarement des produits en rapport avec la dépense de la fumure, et, à la seconde année, il ne reste plus rien des engrais chimiques. Leur solubilité les a fait disparaître du sol sans aucun espoir de retour.
Mais, associé au fumier dans une mesure convenable, et judicieusement choisi quant à sa nature et à sa dose, l'engrais chimique peut accroître dans une proportion considérable le rendement de toutes les récoltes, celui des céréales, des cultures fourragères et industrielles. N'oublions pas toutefois que la bonne fertilité, celle qui est durable, qui fait corps avec le sol, et dont on peut léguer l'héritage à ses enfants, celle-là est due au fumier de ferme. Le fumier, seul, incorpore au sol l'azote, Tacide phosphorique, la potasse et la chaux dont la masse accumulée par un bon système de culture, forme cette vieille graisse révélée par l'analyse chimique. Dans ce cas, cette vieille richesse, fruit du temps et d'une bonne culture, fruit quelquefois de la nature, accuse par hectare :
AGRICULTURE GÉNÉRALE. 3o