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II.— — à la main

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On peut même associer ce traitement au sulfatage, en mélangeant à cette préparation 200 gram mes de sulfate de cuivre (1).

Le procédé suivant, dû à M. Têtard, comporte l'emploi de goudron de pétrole et d'acide phénique. On doit employer pour 10 quintaux de semence, soit 13 hectolitres, 10 litres d'un mélange ainsi composé : 6 litres de goudron de gaz, 3 litres de pétrole et 1 litre d'acide phénique, proportions à observer rigoureusement. L'acide phénique doit être en solution concentrée, dit acide phénique liquide paille^ qui coûte moins cher que l'acide phénique pur.

On chauffe le goudron dans une marmite que l'on retire du feu dès que l'ébuUition commence ; on remue avec un bâton, et on verse le pétrole d'abord, puis l'acide phénique, en continuant à remuer le tout jusqu'à ce que le mélange soit bien homogène et reste liquide en refroidissant.

Pour praliner les semences, on opère par fraction de 1 quintal environ, que l'on dispose sur une aire étanche et sur lequel on verse 1 litre de ce mélange en remuant à la pelle pour bien enrober tous les grains. La semence est séchée ensuite et saupoudrée de chaux pulvérulente ou mieux de phosphate naturel bien pulvérisé (1 litre par quintal). On brasse à la pelle, avant de procéder aux semailles.

Le prix de revient du traitement de 10 quintaux de blé s'établit ainsi :

1° Matières premières.

Goudron de gaz, 6 litres à 0 fr. 15.. 0 fr. 90 \

Pétrole, 3 litres à 0 fr. 35 1 fr. 05 [ 4 fr. 45

Acide phénique, 1 litre 2 fr. 50 )

(1) H. Neovillb, École d'agriculture du Neubourg (Eure).

DiPFLOTH. — Agriculture, II. — 4

Report 4 fr. 45

20 Main-d'œuvre.

Préparation du mélange, 1 heure.. Ofr. 50 j

Pralinage, 3 heures 1 fr. 50 { 2 fr. 50

Saupoudrage au phosphate 0 fr. 50 >

Total C fr. 95

La dépense par hectare ressort environ à 1 fr. 50 ou 2 francs, et l'on doit peu s'inquiéter du retard léger dans Ja germination.

Certains praticiens recommandent l'emploi du minium (oxyde rouge de plomb) : les semences remuées dans un sac contenant i kilogramme de minium pour 10 kilogrammes de graines seraient épargnées par les rongeurs et les oiseaux (1) ; la naphtaline cristallisée peut jouer un rôle utile dans la protection des semis de pois; enfin l'odeur de la menthe (plante ou dissolution alcoolique) semble éloigner les souris.

Pour les blés en terre, les fermière de la Picardie paient è raison de i fr. 50 par jour des enfants qui, munis de -cornes de terre cuite, vont à travers les champs, tirant de ces instruments des sons rauques qui effraient les •corbeaux; mais ceux-ci vont plus loin et continuent leurs déprédations.

L'efficacité de ce moyen n'est donc qu'incomplète. Des praticiens ont préconisé récemment le procédé suivant :

On prend de la viande et on la découpe en morceaux de la grosseur d'une noix ; puis on se munit de papier et d'un pot de glu. Posté aux endroits où les corbeaux se réunissent en plus grand nombre, on fait autant de cornets de papier que Ton a de morceaux de viande ; on met ensuite dans le fond de chaque ■cornet un morceau de viande, et on enduit de glu le bord intérieur des cornets.

Les corbeaux étant très friands de viande viennent se

(1) A. Wendklen, Chasse et pèche.

jeter sur ces cornets avec avidît-é, introduisant leur tète jusqu'au fond pour saisir la viande. Pour y arriver, ils font des efforts considérables qui les obligent à se frotter contre les parois engluées du cornet ; il leur est impossible de retirer leur tête, et ils sont ainsi aveuglés. On les voit alors s'élever rapidement en Tair, d'un vol vertical et à une très grande hauteur ; mais, dès que les forces leur manquent, ils redescendent verticalement avec la même rapidité. Dès qu'ils se sont abattus, on peut alors les tuer à coups de bâton, ou les saisir vivants. On en tue ainsi jusqu'à soixante à l'heure. Une livre de viande peut suffire pour capturer ainsi une soixantaine de corbeaux (F. Leroy).

Un autre moyen imaginé par M. Brunel, directeur de l'École pratique d'agriculture de Crézancy (Aisne), consiste à enfoncer dans le sol des piquets de i mètre de hauteur environ, en les disposant en lignes irrégulières et sinueuses, éloignées de 20 mètres environ les unes des autres; sur la ligne, les piquets sont distants de 40, 50 ou 60 mètres. A 0",50 du sol, on tend fortement une ficelle assez fine.

Les corbeaux voltigent au-dessus du champ ainsi protégé, sans oser s'y abattre ; les jeunes tiges et les racines du blé peuvent se développer, et les dégâts ne sont plus à redouter.

Le prix de revient de la ficelle, des piquets, de la maind'œuvre, peut être évalué à 2 ou 3 francs par hectare.

Nitragine. — Nous plaçons ici l'étude des procédés culturaux ayant pour but d'utiliser ou de développer les facultés assimilatrices des légumineuses, ces traitements étant en général appliqués aux semences.

Il y a quelques années, la nouvelle que les découvertes scientifiques de Hellriegel et Wilfarth avaient reçu une application commerciale et que les organismes provoquant la formation des nodules des racines de légumineuses pouvaient être achetés sous une forme se prêtant à

l'inoculation artificielle, éveilla un grand intérêt. Les cultures bactériennes mises dans le commerce donnèrent lieu à un grand nombre d'essais pratiques et expérimentaux ; mais les résultats furent tels que les détenteurs du brevet eux-mêmes, MiM. Nobbe et Hittner, se convainquirent que le problème n'avait pas reçu une solution satisfaisante. Cependant les expérimentateurs poursuivirent leurs recherches (fig. 21).

On a reconnu de bonne

heure que les organismes des nodosités de légumineuses n'étaient pas absolument semblables, qu'ils présentaient même des différences physiologiques, sinon morphologiques, marquées. Chaque genre de légumineuses offre plus ou moins de résistance à la pénétration de ces divers organismes dans le chevelu de son système radiculaire, et la quantité fixée d'azote dépend de l'énergie avec laquelle l'organisme peut pénétrer dans la racine et former des colonies. Cette aptitude plus ou moins grande de l'organisme à la pénétration a été désignée sous le nom de virulence. On a trouvé que les organismes à haute virulence pouvaient facilement pénétrer le chevelu radical de plantes vigoureuses au début

Fig. 21. — Racine de légumineuse avec ses nodosités.

de leur croissance et provoquer la formation de fortes et nombreuses tubérosilés à la partie supérieure des racines ; alors que les organismes à basse virulence ne pouvaient pénétrer que les plantes à végétation moins vigoureuse ou ayant dépassé la période la plus active de leur croissance, dans ce cas les nodules sont petits, rares et situés pour la plupart aux extrémités des racines. Au point de vue pratique, il faut donc élever des races ou variétés d'organismes à haute virulence adaptées aux besoins symbiotiques des principales légumineuses potagères et de grande culture.

La nitragine, mise dans le commerce il y a quelques années, a été employée de deux manières: soit appliquée directement à la terre, soit mélangée d'eau et amenée au contact des semences avant l'ensemencement. Avec la première manière de faire, une augmentation de la récolte n'a été obtenue que lorsque la nitragine était employée en terres contenant beaucoup d'humus. Les insuccès constatés dans les autres conditions s'expliquent par ce fait que des bactéries introduites artificiellement périssaient faute de nourriture, avant que les semences de légumineuses aient germé et donné naissance à des plantes.

On croit maintenant que l'insuccès rencontré dans l'application de la nitragine aux semences est dû à l'action de sécrétions produites par celles-ci au début de la germination. Ces sécrétions seraient nuisibles aux bactéries en question.

La difficulté a pu être tournée en humectant les semences et en les laissant germer avant l'application de là nitragine ; mais il est évident que ce procédé serait toujours difficile, et souvent impossible, à mettre en pratique.

Une autre solution consiste à cultiver les bactéries dans un milieu qui leur fournit la force de résistance nécessaire. Diverses compositions nutritives conviennent

à cet effet ; les meilleures sont constituées par un mélange de lait écrémé, de glucose et de peptone.

En 1903, on aprocédé, en diverses régions d'Allemagne, à plus de 400 expériences avec des cultures préparées à l'Institut agricole de Munich ; 98 ont eu lieu en Bavière et, suivant un récent rapport de M. leD' Hittner, l'ensemble des résultats aurait été favorable :

Dans 9 expériences seulement, l'inoculation n'aurait eu aucune efficacité, ainsi qu'il ressort du tableau ci-dessous :

DÉSIGNATION des cultures.

NOMBRE d'expériences.

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