RÉ- SULTAT
favorable.
SANS résultat.
RÉSUL- TAT indécis.
Serradelle
Lupins jaunes
Légumineuses mélangées.
Vesces
Lupins bleus
Pois
Trèfle rouge
Trèfle incarnat
Luzerne
Fèves des marais
Autres légumineuses
Totaux
Les résultats ont été particulièrement satisfaisants dans le cas des lupins et de la serradelle ; l'augmentation de la récolte était en effet souvent très marquée : c'est ainsi que des lupins cultivés sur des parcelles voisines donnèrent, étant inoculés, une récolte six fois supérieure à celle des lupins qui ne l'avaient pas été ; des différences encore plus forte furent constatées dans d'autres cas. Sur quelques sols, ces cultures bactériennes pures permirent d'obtenir des espèces végétales que des expériences répé-
tées dans le passé avaient montré incapables de réussir sur les sols de ce genre. On pourrait peut-être, par ces moyens et à Taide d'engrais verts, amender certaines terres pauvres et stériles. Dans le cas de plantes de culture courante, Finoculation a également provoqué généralement une augmentation de rendement (1).
Au début de 1904, la nouvelle nitragine a été offerte gratuitement à tous les membres de la Société allemande d'agriculture, à condition de l'employer en conformité des instructions qui l'accompagnaient. La demande de ce produit ayant été considérable, sa délivrance gratuite a été suspendue en avril; mais la vente se fait actuellement à des prix très modérés. Pour une dépense de 1 fr. 25, on possède la quantité de nitragine nécessaire pour traiter 20 à 40 ares. Ces nouveaux essais détermineront la valeur pratique de la nitragine en grande culture.
M. Georges T. Moore pense que les organismes produisant les nodules des légumineuses, bien que pouvant être adaptés plus spécialement à telle ou telle plantehôte, haricots, pois, trèfle, etc., appartiennent à une espèce unique de bacille apparaissant sous trois formes bien définies :
1® Bâtonnet extrêmement petit, mobile, se trouvant dans le sol et pénétrant le chevelu radical, doué ou non de la propriété de développer des masses de zooglée particulières ;
2^ Bâtonnet plus gros, mesurant de 0[x,6 à 2.ji,5 de largeur et de 1 {1,5 à 5 (x de longueur. Cette grande diversité de format n'apparaît ]pas dans la même culture ou le même nodule ; elle se manifeste seulement quand on passe d'une plante-hôte à une autre. Les gros bâtonnets sont vraisemblablement capables de se mouvoir à un moment donné et donnent naissance à la troisième forme ;
(1) NoBBi et HiTTNiR, Journal ofthe Board of AgricuUur, déc. 1903.
3<> Troisième forme, qui apparaît diversement ramifiée, mais n'est rien de plus, en réalité, que la réunion de deux bâtonnets ou davantage, maintenus ensemble par une gaine gélatineuse. On a jamais constaté l'existence de spores (fig. 22).
En cultivant l'une quelconque de ces formes sur de la gélatine, on obtient des colonies se développant lentement, d'aspect clair, transparent, ne liquéfiant pas le milieu.
Fig. 22. — Formes des bactéries et de bactéroïdes des nodosités des légumineuses (d'après Beijerinck Kayser).
Des colonies analogues apparaissent sur divers milieux solides sans que rien de spécial les distingue. L'organisme est fortement aérobie et se développe de préférence à une température de 23 à 25° G., bien qu'il puisse s'adapter à des températures allant jusqu'à 40o G.
11 est nécessaire déranger les bactéries productrices de nodules dans le genre Pseudomonas, leur nom devenant Pseudomonas radicicola Beijerinck (fig. 23 et 24).
Procédés de culture de rovganisme, — Pour cultiver l'organisme producteur de nodules, on a généralement constitué un milieu par décoction de la légumineuse sur laquelle il croissait originellement. Ge fut la méthode employée par Nobbe et Hittner, et ce dernier expérimen-
taleur a été jusqu'à dire que la culture de cette bactérie ne pouvait avoir lieu qu'en milieux nutritifs contenant de l'extrait de légumineuse. Cependant le nombre est très grand des substances organiques et inorganiques, en milieux solides ou liquides, sur lesquelles se développe le Pseudomonas radicicola. On a trouvé que cinquante combinaisons au moins de divers sels nutritifs (sulfate de magnésium, phosphate de potassium, phosphate d'ammonium, etc.) avec de la peptone, du sucre, de la glycérine, de l'asparagine, ainsi que les pommes de terre, les choux, les courges, etc., donnaienttout au moins de belles végétations, quoique les plus luxuriantes fussent obtenues le plus vite au moyen d'un extrait de la plante-hôte additionné de 1 à 3 p. 100 de peptone et d'environ 2 p. 100 de sucre de canne. D'autre part, il résulte de nombreuses expériences que, si les bactéries croissent très rapidement sur un milieu riche en azote, leur virulence est alors ordinairement très réduite, et que, enterrés, ces organismes perdent leur aptitude à prendre les formes ténues nécessaires pour la pénétration du chevelu radical, ainsi que leur pouvoir de fixer l'azote atmosphérique.
Par suite, la seule luxuriance de végétation n'était pas le point principal à rechercher dans la multiplication des organismes en vue de la préparation des sols pour la culture des légumineuses ; il fallait trouver un milieu qui, tout en permettant une végétation suffisante, retînt, s'il ne l'augmentait pas, leur aptitude à produire des nodules et à fixer l'azote. Cette condition a été remplie avec l'ensemencement des bactéries provenant de nodules sur plaques ainsi composées : 1 p. 100 d'agar, i p. iOO de maltose, 0,1 p. 100 de phosphate de potassium monobasique et 0,02 p. 100 de sulfate de magnésium pour 100 centimètres cubes d'eau distillée. Bien qu'un tel milieu ne soit pas naturellement absolument privé d'azote fixé, la proportion de cet élément y est de beaucoup inférieure à celle de l'azote d'une combinaison de peptone et d'extrait
de légumineuse, et les résultats obtenus ont été tout k fait satisfaisants. La silice gélatineuse a été aussi employée comme base solide, additionnée des sels ci-dessus, et a fourni un milieu de culture aussi exempt que possible d'azote.
Influence de la lumière, de la chaleur, de l'air, des alcalis, nitrates, etc., sur l'organisme. — Abstraction
Fig. 23. — Nodosité du lupin, grandeur nalurelle (d'après Woronine).
Fig. 24. — Cellule de racine de lupin remplie par les bactéries des légumineuses (d'après Fischer).
faite de l'action nuisible de la forte lumière solaire, il semble indifférent que les organismes soient cultivés dans l'obscurité ou à la lumière. La température optima est de 23 à 25<» C. ; la végétation devient ordinairement inappréciable au-dessus de 40o C. 11 n'a jamais été possible de tuer les organismes par le froid ; la multiplication s'arrête cependant presque complètement au-dessous de 10° C. La présence de l'air est de la plus haute importance. Il est certain, d'autre part, que la privation d'air empêche la production des formes ramifiées qui jouent le plus grand rôle, comme on le verra ci-après, dans l'approvisionnement de la plante en azote.
En général, on peut dire que les sels de potassium et de sodium à doses de 1/3 à* 1 p. 100 empêchent souvent
entièrement la formation des nodules, qu'à doses moins fortes ils la restreignent considérablement, alors que les sels de calcium et de magnésium favorisent cette production dans une forte mesure. 11 est possible que cette action soit due à l'établissement d'un état d'osmose nuisible à la pénétration de l'organisme dans le chevelu des racines, comme l'a suggéré Marchai (1), mais l'effet direct sur les germes est aussi un facteur à considérer. Des expériences faites sur des plantes en pots ont démontré que les bactéries supportaient tout degré d'acidité ou d'alcalinité compatible avec le développement d'une légumineuse donnée. Des organismes provenant de sols alcalins s'adaptant rapidement à des sols acides, il semble sans importance pratique de distinguer, comme l'a fait M. Mazé (2), les bactéries adaptées aux sols acides et normalement trouvées sur les lupins, etc., et celles qui conviennent aux sols alcalins apparaissant sur la plupart des plantes fourragères ordinaires et légumineuses de jardin.
Une proportion de 1 p. 40000 de nitrates alcalins suffît à empêcher la formation des nodules.
Les expériences poursuivies aux États-Unis ont démontré définitivement que l'humidité d'un sol favorise beaucoup la formation des nodules ; la sécheresse n'est cependant pas fatale aux bactéries ; le rôle de l'humidité serait donc de permettre à l'organisme de venir au contact du chevelu radical ou de le pénétrer.
En ce qui concerne le mode de fixation de l'azote et le point où le phénomène se manifeste, des expériences ont montré que l'organisme producteur de nodules possède à l'état de gros bâtonnet la propriété de fixer l'azote libre, indépendamment de toute plante-hôte, lorsqu'il est cultivé sur milieux appropriés et fortement aérés ; des tubes d'Ehrlenmeyer, contenant chacun 100 centimètres cubes de milieu nutritif fluide et ensemencés d'organismes
(1) Marchal, Comptes rendus, Paris, 1901.
<2) Maz*, Ann, de l'Institut Pasteur, XI, 1897, p. 145-155.
producteurs de nodules, présentèrent en trois semaines des accroissements de 0k'',002 à 0»'',0022 d'azote fixé, accroissements dus en grande partie à l'énorme multiplication des organismes, dont chacun contenait une quantité infime de cet élément.
Les bactéries des nodosités pouvant fixer l'azote et l'emmagasiner à leur intérieur, il importe de rechercher soigneusement comment elles se comportent à l'intérieur des nodules et comment l'azote est fourni à la plante. L'analyse des nodules de légumineuses montre qu'ils contiennent jusqu'à 7 et 8 p. 100 d'azote, alors que d'autres parties de la plante n'en contiennent pas plus de 2 p. 100. Cette grande proportion d'azote est constatée avant la floraison et la formation du fruit ; toutefois elle varie avec la nature du nodule ; en général, les nodules de grosseur normale contiennent le moins d'azote et apparaissent remplis non d'organismes ramifiés, mais de bâtonnets incapables, comme on va le voir, de fournir de l'azote; l'analyse chimique des bactéries elles-mêmes montre qu'elles sont riches en matière azotée. Il ne semble pas utile d'ailleurs de distinguer, comme l'a fait Frank, les bactéries produisant de l'albumine de celles produisant de l'amylodextrine.
La jeune nodule est d'abord remplie de bactéries en^ bâtonnets ; sa couleur rouge pâle passe au gris verdâtre avec la maturation • du nodule ; en même temps les bâtonnets prennent les formes irrégulièrement ramifiées si caractéristiques de ces bactéries. Enfin les cellules des racines sont capables de sécréter une enzyme qui dissout les organismes ramifiés et rend ainsi disponible des quantités considérables d'azote, diffusées alors dans la plante. Ce mode d'absorption de contenu du nodule est facilité par la structure de ce dernier, qui, suivant Van Tieghem (1), prend naissance dans le péricycle de la
(1) Bull, de la Soc. Bot, de France, 35, 105-109.
racine mère en face ou de chaque côté des faisceaux ligneux. Quelquefois les nodules possèdent de deux à quatre cylindres centraux insérés l'un au-dessus de l'autre dans Je faisceau ligneux du cylindre central de la racine mère. L'origine, la structure et la disposition des
Fig. 25. — Elxpériences sur cultures de légumineuses avec nitragine (Schribaux).
nodules semblent prouver leur identité, au point de vue morphologique, avec des radicelles ayant grossi (Van Tieghem et Peirce) (1).
Il est certain que les bactéries des légumineuses sont presque toujours en mesure de résister à l'action de la
(1) Comptes rendus de VAcad. des se, 2 juin 1902.
DiPFLOTH. — AgncuUure, II. — 5
plante hôte, sauf lorsqu'elles ont pris la forme ramifiée (la règle comporte une exception en ce qui concerne les pois et une ou deux autres plantes). Or, si l'azote n'est obtenu que par dissolution des bactéries, on comprend de suite que les nodules sont inutiles et peuvent être nuisibles, s'ils ne contiennent que des formes non ramifiées de ces organismes. Fréquemment les bactéries ont perdu la faculté de se ramifier: ne pouvant être détruites par la plante, elles n'accomplissent plus leurs précieuses fonctions assimilatricesl C'est là un point important ; cette incapacité est d'ailleurs imputable à l'organisme seul et non à un défaut de vigueur de la plante l'empêchant de sécréter l'enzyme qui rend la bactérie utilisable ; en effet, il est possible de reproduire cette situation en modifiant le caractère des organismes : c'est ainsi que, pour les bactéries cultivées longtemps sur milieux artificiels, où elles se trouvent presque toujours à l'état de bâtonnets, cette forme s'établit si solidement que des plantes inoculées au moyen de ces cultures, bien que formant des nodules, n'en tirent presque aucun bénéfice, ceux-ci restant durs et ne fournissant pas d'azote aux racines.
L'azote est fixé non par la plante, mais par les bactéries productrices de nodules, à l'intérieur de ses racines, et cet élément n'est assimilable par la plante que dans la mesure où les bactéries, prenant forme ramifiée, peuvent être dissoutes. De cette manière, l'affirmation de Boussingault que les végétaux supérieurs ne peuvent utiliser directement l'azote atmosphérique subsiste tout entière, et les plantes portant des nodules se distinguent des autres simplement en ce qu'elles peuvent absorber des bactéries riches en azote.
Il résulte des faits exposés ci-dessus que les rapports entre les bactéries des nodosités et le végétal n'ont pas un caractère symbiotique, mais que les premières doivent être considérées comme de véritables parasites pénétrant les racines du végétal pour y puiser les hydrates de car-
PRÉPARATION DES SKMENCES. 75
bone nécessaires à leur alimentation ; le microbe a alors provisoirement le dessus et sécrète des substances nuisibles à la plante hôte; mais ultérieurement celle-ci en sécrète d'autres qui le détruisent.
Un des faits les plus remarquables constatés à la suite des nombreuses expériences poursuivies aux États-Unis sur l'inoculation artificielle du sol est que l'action bienfaisante apparente des cultures microbiennes distribuées par le Département de l'Agriculture peut au^i s'exercer sans qu'il y ait formation de nodules. L'examen microscopique montra dans ce cas que les plus petites racines étaient cependant remplies des formes ramifiées caractéristiques du Pseudomonas radicicola, dont la plante avait évidemment pu tirer un grand bénéfice. Le fait a été constaté pour le soja, le trèfle d'Alexandrie {bersim) et la luzerne, sans qu'on en connaisse encore l'explication exacte.
Préparation des organismes en vue de Vinoculation pratique du soi, — Le Département de l'Agriculture des États-Unis prépare les organismes à distribuer en saturant du coton hydrophile d'une culture liquide de bactéries productrices de nodules. Des millions d'organismes sont ainsi retenus dans le coton, qui est ensuite soigneusement séché. Lorsqu'il est possible d'avoir des appareils stérilisés et d'éviter rigoureusement l'accès des microorganismes étrangers, il suffit, pour l'emploi, de plonger le coton inoculé dans de l'eau stérilisée ; au bout d'un certain temps, les bactéries se multiplient suffisamment pour troubler l'eau d'une manière sensible ; la culture liquide est alors prête à être introduite dans le sol. L'opération, toutefois, exige trop de temps dans ces conditions ; de plus, il est difficile, lorsqu'il s'agit de traiter de fortes quantités de coton «ensemenceur », d'empêcher farrivée d'autres bactéries, moisissures, ferments, etc., pouvant influencer défavorablement le développement de l'organisme spécifique. 11 a donc semblé préférable d'opérer
de la manière suivante. Deux paquets de sels nutritifs sont distribués avec le coton chargé de microbes : Tun contient du sucre, du sulfate de magnésium et du phosphate de potassium ; l'autre renferme du phosphate d'ammonium. Lorsque les trois produits du premier paquet sont ajoutés à Teau contenant le coton saturé de bactéries, on obtient une solution mal adaptée à la croissance des organismes se trouvant habituellement dans l'air environnant, mais convenant bien au développement des bactéries productrices de nodules. L'addition de phosphate d'ammonium au bout de vingt-quatre heures tend à pousser encore la multiplication, qui a déjà commencé à se produire si la température n'est ni trop basse, ni trop élevée.
Lorsque l'eau où l'on a plongé les sels nutritifs et le coton saturé de bactéries est devenue laiteuse, la culture doit être introduite dans le soJ, soit par humectation des semences^ soit por mélange de la culture avec de la terre ou du sable répan-
Fig. 26. — Engrain commun.
dus ensuite sur le champ à la manière d'un engrais.
Le Département de l'Agriculture recommande dans ses instructions d'employer les cultures spécifiques à l'époque des semis. Toutefois il résulte de plusieurs expériences pratiquées en plein champ que les bactéries, lorsqu'elles ont un haut degré de virulence, peuvent être utiles à quelque époque que ce soit de la vie de la légumineuse, si la constitution du sol est favorable.
L'inoculation des sols riches contenant beaucoup d'azote assimilable est inutile.
Par contre, l'ensemencement en bactéries est toujours utile :
1*» Quand il s'agit d'une terre pauvre n'ayant jamais porté de légumineuses ;
2° Quand il s'agit d'une terre qui, ensemencée en légumineuses, n'a pas donné de récolte, et lorsque l'absence de nodules est constatée sur les racines.
L'ensemencement en bactéries parait utile :
1® Si les légumineuses à semer appartiennent à un groupe différent de celles déjà cultivées sur la parcelle de terre considérée ;
2*» Si la même légumineuse doit être semée sur terre ayant donné précédemment une mauvaise récolte avec nodules, qui, au lieu d'être bienfaisants, ont agi comme parasites (fig. 25 et 27).
Dans des conditions favorables, de bons résultats peuvent être obtenus :
1<* Lorsque la légumineuse en cours de végétation paraît ne pas réussir faute de bactéries spécifiques ;
2° Lorsqu'un champ ayant donné précédemment de bonnes récoltes de légumineuses commence à donner des rendements inférieurs, toutes conditions égales d'ailleurs. C'est le cas le plus délicat à apprécier, parce qu'il s'agit ici d'une perte graduelle de virulence des bactéries déjà existantes dans le sol, et le seul moyen
d'arriver à une certitude est d'essayer Finoculation et de noter les résultats obtenus.
On peut s'attendre à un insuccès de Finoculation :
1° Lorsque les instructions données pour la préparation des milieux de culture ne sont pas scrupuleusement suivies ;
2° Lorsque le sol est déjà fortement pourvu de bactéries ;
3* Lorsque le sol est si riche en azote qu'il empêche le développement des bactéries productrices de nodules ;
4° Lorsque le sol est trop acide ou trop alcalin pour permettre \h croissance aussi bien des plantes que des bactéries ;
5° Lorsque le sol manque non seulement d'azote, mais aussi d'autres substances nutritives rxmime potasse, phosphore, etc.
De novembre 1902 à novembre 1904, le Département de l'Agriculture a distribué aux États-Unis, et dans quelques cas à l'étranger (Australie, Guyane anglaise, (llanada, Costa-Rica, Cuba, Angleterre, Indes, Mexique, Afrique du Sud), 12490 paquets de matériel d'inoculation (ou semences inoculées).
Sur 2 205 rapports parvenus en 1905, 1143 signalèrent une augmentation marquée de la récolte ; dans 532 cas, l'insuccès était dû à des circonstances locales défavorables; pour 223 parcelles, les nodules existaient déjà dans le sol, et dans 337 cas enfin il y eut insuccès évident, les nodules ne s'étant pas formés.
Alinite. — C'est un fait établi actuellement qu'un sol peut s'enrichir en azote sans qu'on lui ait incorporé de substances azotées. Ce gain d'azote ne peut provenir que de l'azote libre de l'atmosphère, et M. Berthelot émit, à la suite d'expériences précises, l'hypothèse que cette fixation d'azote était l'œuvre des organismes microscopiques qui peuplent la terre : algues, moisissures et bactéries.
M. Winogradsky réussit à cultiver, dans des solutions nutritives dépourvues d'azote combiné, une bactérie spéciale capable, ainsi que le montra l'analyse des cultures, de fixer des quantités relativement considérables
Fig. 27. — Expériences sur cultures de légumineuses avec nitragine (Schribaux).
d'azote. C'est une espèce anaérobie, un ferment butyrique, à laquelle il donna le nom de Clostridium Pastoriimwn et dont il fit une étude détaillée. Se basant sur les résultats de ses expériences, M. Winogradsky pensa pouvoir admettre que cette propriété de certains microbes de fixer l'azote libre n'est pas universellement répandue, mais qu'elle appartient seulement à des espèces tout à fait spéciales. Quelques années plus tard, M. Beijerinck
isola une espèce bactérienne non connue encore, aérobie, capable de se développer abondamment dans des solutions nutritives dépourvues d'azote et de prendre Tazote dont elle a besoin dans l'atmosphère. Dans un travail ultérieur, ce savant et son collaborateur M. A. Van Delden arrivèrent à la conclusion que cette bactérie, k laquelle ils donnèrent le nom d'Azotobacter chroococcum, fixe effectivement l'azote libre de l'atmosphère, mais seulement à la suite d'une symbiose avec d'autres bactéries. Ces dernières formeraient avec l'azote libre un composé azoté soluble qui diffuserait dans le milieu de culture et pourrait être alors assimilé par VAzotobacter chroococcum. Les expériences montrent, en effet, qu'il se produit des gains d'azote considérables dans des cultures de VAzoiO' bacter chroococcum mélangé avec d'autres bactéries dans des solutions nutritives dépourvues d'azote. Le liquide nutritif employé par M. Beijerinck se composait d'eau additionnée de 0,05 p. 100 de phosphate de potasse et de 2 p. 100 de mannite ou de glucose. Dans ces cultures mixtes, il put constater des gains d'azote allant jusqu'à iôO milligrammes par litre. Dans les cultures pures de VAzotobacter chroococcum, au contraire, les gains d'azote furent insignifiants.
Pour isoler VAzotobacter chroococcum de la terre, M. Beijerinck ensemence un peu de cette dernière dans le liquide nutritif indiqué; il se forme une pellicule dont on fait aloi*s des cultures en stries sur des plaques d'agar préparées avec le même liquide nutritif.
Peu de temps après la première publication de M. Beijerinck, MM. Gerlach et Vogel annoncèrent qu'ils avaient trouvé dans différents échantillons de terre un microorganisme tout à fait semblable, doué du pouvoir de fixer l'azote libre. En comparant leurs cultures à celles de M. Beijerinck, ils purent constater leur parfaite identité. Sur un point, toutefois, ils étaient en contradiction avec M. Beijerinck. Ils obtinrent, en effet, des
gains d'azote considérables, en moyenne 40™ff',2 par litre de liquide de culture, dans des cultures pures d'Azotobacter chroococeum. Gomme liquide de culture, ils employaient : eau, i 000 grammes ; phosphate de potasse, Os^o ; chlorure de sodium, Ok',5 ; un peu de sulfate de fer; glucose, 12 grammes. M. de Freudenreich, de son côté, avait réussi à isoler le Clostridium Pastorianum^ VAzotohacter chroococeum et à établir leurs propriétés caractéristiques.
Les recherches entreprises montrèrent que le sol est très riche en bactéries douées du pouvoir de fixer l'azote libre, et différentes expériences établirent qu'elles peuvent s'y développer abondamment. Après avoir versé sur une terre fraîchement remuée un liquide nutritif dépourvu d'azote et additionné de glucose, MM. Gerlach et Vogel virent se former, après peu de jours, une membrane composée presque exclusivement à' Azoiobacter chroococeum. M, de Freudenreich a constaté que cette bactérie se développe très bien dans du sable stérilisé humecté avec un liquide nutritif semblable. Diverses observations montrent, d'ailleurs, que le sol peut s'enrichir en azote par le fait de ces microorganismes. MM. Krùger et Schneidewind ont constaté qu'une terre restée tout l'hiver dans un hangar sans avoir été tassée fortement avait présenté au printemps des caractères démontrant une grande richesse en azote.
MM. Gerlach et Vogel réalisèrent quelques expériences pour examiner si l'ensemencement de bactéries de cette espèce dans le sol pouvait augmenter la fixation de l'azote libre et favoriser ainsi le développement des plantes. Jusqu'ici, toutefois, les résultats n'ont pas été précisément favorables ; ce qui s'explique, d'ailleurs, en partie, ainsi que ces expérimentateurs le font remarquer, par le fait que ces bactéries se trouvent pour ainsi dire partout présentes et qu'une inoculation du sol ne peut guère être suivie d'un grand effet. De plus, ils ont con-
staté que Faddition de sucre, qui favorise le développement de VAzotobacterj exerce une influence défavorable sur les plantes, fait déjà mis en évidence, du reste, par des expériences antérieures, qui ont montré que l'adjonction de trop grandes quantités de substances hydrocarbonées peut diminuer les récoltes dans une forte proportion.
M . de Freudenreich a cherché à favoriser la croissance de diverses plantes par l'adjonction de cultures d'un Clostridium fixateur d'azote (1). Les plantes ayant reçu la solution nutritive sucrée destinée à favoriser le développement des Clostridium renfermés dans la terre d'expérience, ainsi que les végétaux arrosés avec les cultures du Clostridium, poussèrent très mal, par suite de l'action défavorable du sucre et de l'influence de l'acide butyrique que contenaient les cultures.
Le problème à résoudre consisterait donc à faciliter le développement de ces bactéries dans le sol sans recourir à des moyens qui pourraient nuire aux plantes. Le fait que l'on peut réellement constater des gains d'azote dans un sol, sans que d'autres facteurs soient intervenus, montre qu'il est permis d'espérer la solution de ce problème.
Époque des semailles. — La graine, pour germer, doit trouver dans le sol : de l'air, de la chaleur et de V humidité. L'époque des semailles est donc choisie de manière à réaliser cet ensemble de conditions, qui restent d'ailleurs sous la dépendance du climat.
Relativement à la chaleur nécessaire, on peut dire que pour chaque espèce il existe une température minima au-dessous de laquelle l'embryon ne peut évoluer. L'eau doit être en quantité suffisante pour déterminer la germi-
(1) M. DE Freudenreich, Annuaire agricçle de la Suisse, 1903.
nation, et l'aération du sol doit être assurée également. Dans les régions tempérées, ces conditions sont réalisées à deux époques différentes de l'année : au printemps et à l'automne. On réserve pour les semis d'automne les
Fig. 28. — Taillis composé sur sol calcaire fissuré (sol peu profond). (Fron, Sylviculture.)
plantes résistantes au froid, et les semailles de printemps fournissent des végétaux qui se distinguent par la rapidité de leur développement.
Les graines d'hiver semées au printemps ne donneraient lieu qu'à une fructification incomplète, leur période d'évolution se trouvant diminuée, et l'action du froid
semblant nécessaire (M. de Seelhorsl) (1). Ces distinctions sont naturellement sous la dépendance étroite de conditions météorologiques.
On sème parfois en été, et ces semailles sont réservées aux plantes croissant rapidement (cultures dérobées).
Dans le Midi, les semailles de printemps commencent en février ; il faut attendre le mois de mars dans les régions septentrionales. Les semailles d'automne, qui peuvent s'effectuer, dans les contrées méridionales, après le i^^ novembre, doivent être déterminées avant cette date pour le nord et le centre de la France.
En principe, l'évolution de l'embryon commence dès que la température minima est dépassée, et le germe perce l'écorce au bout d'un temps proportionnel à la quantité de chaleur reçue (2). L'humidité doit être moyenne, afin d'éviter le départ par exosmose des substances nutritives dans le cas d'un excès d'hygroscopicité du sol.
La nature des terres réglant leur échauffement influencera l'époque des semailles ;les sols argileux et compacts, les terres humifères ou de texture fine, devront être ensemencés plus tard, au printemps, que les terrains sablonneux, légers, ou à texture grossière ; cependant il faut opérer assez tôt pour que ces dernières terres aient pu encore conserver l'humidité 4e l'hiver.
L'époque précise des semis d'automne est déterminée par la nécessité de permettre à la plante d'occuper le sol et de se fortifier avant l'apparition des premiers froids ;
(1) Des graines d'hiver refroidies h — 2o G. et semées au printemps ont pu achever leur complet développement {Expérimental Station Record, n« 7, vol. X).
(2) Pour le blé^ l'évolution commence à 6«; la tigelle comnlence à pointer quand la semence a reçu 84 ou 85* de chaleur moyenne, lorsque son enfouissement n'est plus que de quelques millimètres.
Si la profondeur est plus grande, il faut, pour que la levée ait lieu régulièrement, une somme de chaleur additionnelle correspondant à IS^ par centimètre de profondeur (Garoia, Les travaux de la ferme. Paris, 1893).
en règle générale, les semailles hâtives à Fautomne et même au printemps sont toujours recommandables.
L'apparition des plantes adventices et la rapidité de leur développement doivent être prises en considération.
Lorsque la plante cultivée lève vite et prend possession du sol, on peut semer tôt au printemps :
les mauvaises herbes ne pourront lutter contre des végétaux déjà développés ; s'il s'agit d'une plante à développement peu actif, il sera prudent d'attendre l'apparition des plantes adventices et leur destruction par des façons aratoires, avant de procéder aux semailles. Le choix d'une époque hâtive de semailles permet aux végétaux de mieux résister aux insectes et aux maladies cryptogamiques : leurs tissus sont déjà complètement formés et leur épiderme partiellement durci lorsqu'ils subissent ces attaques.
Les récoltes obtenues par des semis hâtifs ont d'ailleurs une qualité supérieure; les graines germent plus activement et possèdent une faculté germinative supérieure (Haberlandt).
Ces considérations générales doivent se conformer aux circonstances locales particulières
Googk
et aux exigences propres à chaque plante cultivée. C'est ainsi que l'altitude et l'exposition réglementent partiellement l'époque des semis. 11 faut semer plus tôt sous les climats froids et rigoureux, sur les hauteurs ou dans les régions montagneuses. L'exposition sud permet des semis plus h&tifs au printemps et plus tardifs à l'automne.
La nature de la plante considérée donne à ce sujet d'utiles indications:
les semis trop précoces chez la betterave peuvent déterminer la montée en graines; l'orge doit être semée hâtivement pour développer son tallage ; le lin semé en mars produit une filasse plus recherchée, etc.
État du soL — La bonne exécution des semailles suppose une préparation parfaite du sol. Pour les semis d'hiver, la terre devra être saine, propre, approfondie ; il n'est pas nécessaire de réaliser un ameublissement trop complet de la couche superficielle, surtout pour les terres gélives. La présence des mottes peut même être favorable aux céréales d'hiver, au blé notamment ; ces mottes de terre désagrégées par la gelée rechaussent lajeune plante ; elles peuvent protéger du froid les végétaux qui ont poussé à leur voisinage; enfin, en s'opposant k l'enlèvement de la neige ^. ,, ,s par le vent, elles permettent à cet utile
Fig. 30. - tpautre * . x * j • *i
blanc sans barije. mantcau protecteur de jouer son rôle.
Au printemps, il faut attendre que la
terre soit suffisamment ressuyée ; les premières pluies
du printemps, suivies de vents desséchants, forment parfois une croûte imperméable qu'il importe de briser par un léger hersage avant de pratiquer les semailles.
Époque. — Blé, — Le grain de blé ne germe que si la température atteint au moins 6<> G., et Ton sait qu'il faut au blé placé seulement à quelques millimètres de profondeur en terre 84° de chaleur ; si le grain se trouve à une plus grande profondeur, la plantule doit recevoir une quantité additionnelle de chaleur de 12<> environ par centimètre de profondeur. Avec un semis effectué, comme sous nos climats, à 4 centimètres de profondeur, la levée aura Jieu lorsque le grain aura pu utiliser 130» de chaleur; pour former Ja seconde feuille, il faut au blé lOOo environ, et autant pour la troisième feuille. La jeune plante a donc besoin, en résumé, de 330° de chaleur avant le sommeil hivernal.
Ces considérations aideront à déterminer, pour chaque situation, le moment le plus favorable pour les semailles du blé d'automne ; on considérera la courbe de la température moyenne pour connaître l'époque à laquelle correspond le minimum nécessaire de 6° C. Sous le climat parisien, le mois de novembre offre une moyenne de 6°,5 ; mais parfois cette moyenne tombe à 4° ou même 3°.
En octobre, la température moyenne de H°,5 assure la levée régulière, le développement normal des blés semés au commencement du mois, qui auront poussé leur troisième feuille à la Toussaint; les froments semés fin octobre n'auront seulement, à la fin du mois de décembre, que leur deuxième feuille. L'époque la plus favorable pour les semailles du blé, pour la France septentrionale, correspond au mois d'octobre, et particulièrement du 15 au 25 octobre.
Dans le midi de la France, on sème le froment en novembre et décembre ; à Orange, au mois de novembre la température moyenne est encore de 12°, 5 ; elle ne descend qu'en décembre k 8°, 5.
Dans rOuest, le Sud-Ouest, on sème le blé du 21 octobre au 15 novembre (fig. 30, 31, 32).
L'époque ordinairement choisie pour les blés de printemps s'étend, sous le climat parisien, de la fin de février à la fin de mars ; en février, la température moyenne de 5*» permet la levée de certains blés précoces : blé de Noé, blé de
Fig. 31 . — Blé roseau.
Fig. 32. — Blé de Ghidam.
Bordeaux ; en mars, la température moyenne de 6<>,5 assure la germination des variétés ordinaires de froment de printemps; on fait peu de blé de printemps dans le Midi, à cause de la sécheresse ordinaire de cette saison.
Seigle. — Il convient de semer le seigle hâtivement, de manière qu'il puisse taller avant l'hiver; les semailles tardives, lorsqu'elles réussissent, donnent parfois plus de grain, mais la récolte est moins assurée. Sous notre climat, on sème ordinairement le seigle vers la Saint-
Michel (29 septembre); dans les plaines du nord de
Fig. 33. — Avoine d'hiver de Belgique.
l'Europe, on effectue ces semailles avant le 15 septembre ;
Googk
vers le sud, on les retarde jusqu'à la Toussaint. En Dauphiné, en Savoie, on sème le seigle dès le 25 août. Il importe beaucoup, d'&iUeurs, de semer suivant la fréquence des gelées de mai, qui compromettent la floraison du seigle; dans les situations où ces gelées sont à craindre, on sèmera plus tardivement.
Le seigle de mars se sème dès le mois de février et jusqu'en avril.
Avoine. — On sème l'avoine d'hiver en septembre octobre, afin que la jeune plante, affermie avant les ftx)ids, n'ait pas à souffrir des alternatives de gel et dégel; en Languedoc et en Provence, on peut retarder les semailles jusqu'en novembre et décembre (fig. 33).
L'avoine de printemps doit être semée le plus tôt possible; la récolte est plus abondante; les mauvaises herbes n'ayant pas eu la possibilité de se développer, le grain est de meilleure qualité. On pourra, sous le climat parisien, ensemencer les terres légères ou moyennes et saines dès février; les autres terres recevront la semence en mars, au plus tard commencement d'avril.
Orge, — L'orge d'hiver, ou escourgeon, se signale par la hâtivité de ses semailles, qui, sous notre climat, doivent précéder celles des autres céréales. Pour résister à l'humidité et au froid, l'escourgeon doit taller vigoureusement avant le mois de décembre.
L'orge de printemps se sème de novembre à juin, suivant les pays, car aucune céréale n'offre une aire géographique aussi étendue. En Egypte, on sème fin novembre pour récolter fin février ; en Algérie, en Espagne, l'orge est semée en janvier ; c'est en janvier-février qu'on sème dans le midi de la France ; l'époque des semailles s'attarde progressivement, en mars, avril, et même commencement de mai, à mesure qu'on remonte vers le nord. On estime que la qualité des produits est d'autant plus remarquable qu'on a semé hâtivement, et l'époque fin
tévner-commencement de mai semble, dans nos régions, la plus avantageuse (fig. 34).
Les semailles sont d'autant plus hâtives que le sol est sablonneux et perméable ; les terres argileuses ont besoin de s'échaufTer avant de recevoir la semence.
Sarrasin. — Cette plante est sensible aux froids; on la sèmera lorsque les gelées tardives ne seront plus à craindre, c'est-à-dire, sous nos climats, à fin maicommencement juin ; les semailles peuvent s'étendre jusqu'au 30 juin en culture principale, et même jusqu'en juillet, sur un seul labour, en culture dérobée. Les semailles hâtives assurent des plants plus vigoureux; les semis tardifs passent pour donner une proportion de grain plus élevée par rapport à la paille.
Maïs. — Oi^naire du i^ouveau Monde, le maïs craint les gelées et doit être semé lorsque la température atteint au moins 12<». Un semis trop hâtif exposerait la semence à pourrir en terre; d'autre part, un ensemencement tardif expose à une maturité difficile.
Les cultivateurs du midi de l'Europe sèment le maïs en mars sur les coteaux bien exposés, et en avril en plaine ; dans la France septentrionale, les semis s'échelonnent du 15 avril au mois de juin, suivant les situations et les variétés cultivées : tardives, demi -hâtives, maïs quarantain, etc.
Millet, — La Jevée du millet est assurée, sans danger, lorsque la température
Fig. 34.— Orge nue grosse.
moyenne est de 12 à 13<» ; ordinairement, en France, vers la dernière semaine d'avril ou le mois de mai. Le millet commun, peu hâtif, peut être semé plus tardivement que le millet d'Italie.
Betterave, — Les terres convenablement préparées reçoivent la semence de betterave au mois de mai; les semis précoces assurent une maturité plus parfaite et Faugmentation du rendement en sucre à Thectare.
Chicorée à café, — En Belgique et dans le nord de la France, la période la plus favorable pour les semailles est comprise entre le 15 avril et le 15 mai. Les sfemis trop hâtifs exposent la plante à un temps d*arrét dans son développement et provoque la montée en graines, mais le rendement en racines est plus élevé. ' '
Pommes de terre, — L'époque de plantation des tubercules dépend du climat, de la nature et de Tétat du sol, de la variété considérée ; les variétés nouvelles utilisées comme pomme de terre industrielle sont dé pllis en plus tardives et doivent être confiées hâtivement ati sol.
On plante en général de mars à mai, suivant les régions ; pour les semis précoces, le risque des gelées est largement compensé par la plus-value acquisfe pîar les plants vigoureux productifs et à maturité parfaite (fig. 35).
Pour aider au développement des variétés nouvelles à grand rendement, dont la tardivité compromet la récolte et retarde les ensemencements de blé d'automne qui suivent cet assolement, on réalisera avantageusement la mise en germination des tubercules avant la plantation, pratique employée d'ailleurs avec succès et d'une manière générale par les maraîchers dans la production de la pomme de terre de primeur; l'augmentation de récolte au bénéfice des plants germes peut atteindre pour la Ricfiter's Jmperaior 9 720 kilogrammes en poids et 1 868 kilogrammes de fécule à l'hectare (Lavallée) ; ces avantages sont encore plus nettement constatés sur les tubercules sectionnés. Pour réaliser cette mise en germination, il
Fig. 35. " Pomme de terre (4« période • récolte).
9k LES SEMAILLES.
suffit de placer les tubercules, quelque temps avant la plantation, les uns à côté des autres sur des claies, dans un endroit bien éclairé (grange, hangar), en ayant soin de mettre la pointe portant les yeux à la partie supérieure. Les jeunes bourgeons se développent et donnent naissance à des pousses de 1 centimètre à 1«%5 de long, d'une teinte nette et franche.
Au moment de la plantation, les tubercules germes, transportés avec soin sur les claies, sont placés au fond des raies en disposant du côté de la surface la partie où le» germes sont le plus nombreux. La mise en germination des tubercules est indispensable pour éviter la filonUé, affection consistant dans la tendance de certains germes à s'allonger indéfiniment ; on reconnaît ainsi ces semences dégénérées, qui sont écartées de la plantation.
Topinambour. — On plante les tubercules de topilîambour ordinairement en février-mars, en lignes espacées de 60 à 70 centimètres et à une distance de 30 à 40 centimètres, ce qui ex ige de 1 300 à 2 000 kilogrammes de tubercules à l'hectare ; on roule après la plantation, et on herse vigoureusement dès que les tiges se montrent (fig. 36).
Colza, — Le colza se sème en place ou en pépinière, et l'époque la plus favorable est comprise, sous nos climats, entre le 15 juillet et le 15 août ; on sème huit à dix jours plus tôt dans les semis à demeure, le repiquage étant une cause d'arrêt dans la végétation .
Un semis trop hâtif, avant la mi -juillet, exposerait à obtenir des plants trop développés au moment du repiquage, un certain nombre de pieds fleuriraient avant l'hiver; en semant tardivement, en septembre, on risquerait de voir les plantes trop peu développées succomber aux froids hivernaux.
En grande culture, le semis en place est préféré à cause des moindres frais de main-d'œuvre; mais ces procédés culturaux exigent l'établissement d'une jachère et d'une
demi-jachère (trèfle incarnat, vesces, plantes fourragères, etc.), le colza ne pouvant venir après une céréale qui laisserait la terre libre trop tard. On sème générale-
Fig. 36. — Topinambour (racines).
ment le colza en place à Taide du semoir mécanique ; les lignes étant distantes de 40 à 50 centimètres, un roulage suit les semailles.
Les semis en pépinière et le repiquage sont plutôt des
pratiques de moyenne et de petite cjoltures ; ces procédés ont l'avantage de permettre de faire le colza après une céréale, puisque la pépinière est un emplacement réservé en dehors de Tassolement; les plants repiqués fin septembre ou courant d'octobre donnent des végétaux plus vigoureux, plus branchus. En pépinière on sème généralement à la volée, très régulièrement; lorsque le sol est bien préparé, bien fumé, on obtient ainsi le nombre de pieds nécessaires à un peuplement espacé d'une pièce de terre quatre ou cinq fois plus grande.
Le colza de printemps est semé à la volée, ou de préférence en lignes, de fin mars à mai ; on épand 8 à 10 litres ^^^^ par hectare.
^r^ ty Navette. — La navette d'hiver
Jfe# y s'ensemencefin août et septembre;
^ ^ ' uiZ ^^ sème ordinairement à la volée
en employant 6 à 8 litres de grains enfouis à la herse à 2 ou 3 centimètres de profondeur. La navette de printemps se sème en mai et juin à la dose de 8 à 10 litres par hectare.
Œillette, — Mathieu de Dombasle, reconnaissant l'avantage des semis hâtifs, conseillait de semer l'œillette dès le !«' mars; si l'on ne peut réaliser ces semis iiâtifs, il ne faudra pas dépasser, comme époque, le milieu d'avril.
Lin, — Tandis que le lin d'hiver se sème en septembre-octobre dans nos contrées méridionales, le lin de printemps, uniquement cultivé dans le nord-ouest, le nord de la France, la Belgique, est confié au sol de mars à la première quinzaine de mai, les semailles de mars étant réputées pour la qualité de la filasse et l'abondance des récoltes. Les lins rames
Fig. 37. — Lin.
particulièrement fins se sèment au plus tard dans le mois d'avril; les lins de gros peuvent se semer en mai
(rig.37).
Chanvre, — Le chanvre, sensible au froid, se sème d'avril à juin, suivant les régions; dans TAnjou, on pratique les semailles du 8 au 16 mai.
Protondeur d'enfouissement des semences. — Le recouvrement des semences a pour but de les soustraire aux attaques des animaux et de les placer dans les conditions les plus favorables à la germination.
Une épaisseur trop faible de terre arable protégera mal la semence de la sécheresse et rendra Tenracinement plus lent ; d'autre part, en enterrant trop la graine, on empêche l'accès de l'air, et la tigelie arrive péniblement à la surface du sol. L'enfouissement trop considérable des graines exerce une influence défavorable durant tout le -cours de la végétation ; la rouille, l'ergot attaqueront plus aisémentles céréales semées dans ces conditions ( Wollny): le dommage se^a d'autant plus sensible que la graine sera vieille et de moindre vitalité.
Le climat exerce sur ces phénomènes une influence directe : la profondeur du semis doit être d'autant moins grande que le climat est plus humide. Dans les régions à climat sec et chaud, il faut soustraire la graine à la dessiccation en la recouvrant d'une épaisseur plus considérable de terre arable.
Les saisons modifient également ces conditions : à l'automne, les semis sont moins profonds qu'au printemps ; dans les endroits exposés aux hâles du printemps, la graine doit être enfouie plus profondément.
Il importe de considérer également Ja nature du sol : plus la terre est argileuse et difficilement pénétrable à l'air, moins la semence doit être enterrée ; au contraire, dans les sols légers et secs, la profondeur d'enfouissement doit être suffisante pour empêcher la dessiccation des semences.
DiFFLOTH. — Agriculture. II. — 6
La nature de la graine et surtout sa dimension donnent à ce sujet d'utiles indications. Les grosses semences demandent une quantité plus considérable d'eau et doivent être profondément enfouies; les graines fines , au contraire, peuvent rester dans les couches superficielles du sol.
Chaque variété de plantes semble, de plus, présenter une résistance particulière au dessèchement. L'orge, le froment et le seigle, quand ils n'ont développé que leur radicule, peuvent continuer à germer lorsque des circonstances extérieures ont déterminé une dessiccation partielle (Wollny); l'avoine résiste mieux à ces conditions défavorables ; les graines de pois, de féverole, lupin, vesce, sont tuées.
Toutes ces considérations rendent difficile l'établissement de données exactes; on peut dire simplement qu'aucune graine ne doit être semée à plus de 8 centimètres ; la plupart sont enfouies à des profondeurs variant de 7 à 120 millimètres. Sous le climat de Paris, les graines qui réussissent le mieux sont recouvertes de 29 à 58 millimètres de terre (Barreau); pour le blé, la profondeur la plus recommandable est de 40 millimètres (Moreau) ; dan s les terres fortes, on peut aller de 20 à 60 millimètres pour cette céréale et de 100 à 120 millimètres sur les sols légers (Risler).
En règle générale, les semis superficiels sont les plus avantageux : la levée est uniforme, le développement régulier et la végétation plus vigoureuse.
Blé, — Les semences de blé seront d'autant moins enfouies profondément que le climat est plus humide ou que le sol est argileux. On sait, d'après des expériences de Laure, que les plantes donnent d'autant moins de grains que les semences ont été plus enterrées, et qu'au delà de 10 à 16 centimètres elles pourrissent presque toujours.
Sous le climat de Paris, la profondeur d'enfouissement
le plus favorable pour le blé est comprise entre 30 «t 58 millimètres, à 16 centimètres les grains germant difficilement ( Barreau).
Dans le nord de la France, on ne devra pas dépasser la profondeur de 9 centimètres, si Ton ne veut pas diminuer les rendements; à moins de 3 centimètres, la levée est aléatoire (Moreau).
11 faut tenir compte de ce fait que, le grain étant
Fig. 38. — Influence de la profondeur des semis sur le développement du blé (Risler).
enfoui plus profondément, la plantule gagne plus rapidement Fair, s'alimente dès ce moment dans l'atmosphère et dans le sol ; le végétal pousse plus aisément, se développe plus parfaitement avant l'hiver; il tallera plus tôt et se montrera ultérieurement plus vigoureux et plus prolifique. La profondeur du semis influe nettement sur le développement du blé, comme le montre l'expérience réalisée par M. Risler (fig. 38). On devra, en résumé, enfouir le blé entre 4 et 6 centimètres de profondeur; exceptionnellement, et pour les terres légères, on atteindra 8 centimètres.
Seigle, — Le seigle demande à être enterré peu profondément, surtout dans les terres compactes, où il est exposé à pouprir; on choisira un temps propice, et le sol sera parfaitement ameubli.
Orge, — L'orge étant une semence d'un volume relativement élevé demande, par contre, à être enfoncée à 6 ou 8 centimètres de profondeur; semées à la volée, les graines doivent être recouvertes d'un hersage croisé.
iîaïs, — Ne pas semer le maïs trop profondément, et la profondeur la plus convenable est comprise entre 3 et 5 centimètres ; un semis plus profond retarde la levée et contrarie la parfaite maturité du maïs, normalement toujours tardive.
Betteraves. — La profondeur du semis, dans la culture, influe nettement non seulement sur la régularité de la levée, mais sur la végétation entière de la betterave, il faut éviter d'enterrer trop profondément la graine de betterave, quelle que soit la sécheresse au printemps, et on ne devra pas dépasser, en général, 2 centimètres.
Pour éviter un semis trop profond, M. Petit de Champagne dispose, en avant de chaque tube distributeur de semoirs mécaniques, une petite herse triangulaire qui égalise la surface du sol, remplit les trous que font les pieds des animaux traînant l'appareil et évite l'enfouissement trop profond des graines de betterave.
Quantité de semence à employer, — La semence qui est confiée au sol n'est pas assurée d'achever son développement; les germes sont exposés en effet à de nombreuses chances de destruction. Une certaine quantité de graines restées à découvert deviennent la proie des oiseaux et des rongeurs ; les semences enfouies trop profondément ou pressées par des mottes dures ne pourront développer leur ligelle. La croûte imperméable qui, dans certains cas, se forme à la surface du sol peut être un
obstacle au développement d'un grand nombre de jeunes plantes.
11 convient donc de tenir compte de toutes ces conditions dans la détermination de la quantité de semence à utiliser, et employer une dose de grain e supérieure à celle qu'indiquerait la nécessité d'un peuplement complet du terrain.
L'emploi de doses exagérées de semence est cependant nuisible ; ces procédés, outre la dépense qu'ils occasionnent, déterminent une diminution des rendements, par suite du faible développement des végétaux. Pour le seigle et l'erge notamment, on obtient des récoltes à paille fine supportant de petits épis à grain peu rempli (A. Young). Les semis trop clairs, d'autre part, permettent l'envahissement du terrain par les mauvaises herbes et compromettront la récolte. 11 faut choisir entre ces méthodes extrêmes et employer des quantités moyennes de semences en tenant compte du climat, de la fertilité du sol et' de la nature de la plante considérée.
On sème d'ordinaire plus épais dans les régions méridionales, la sécheresse du cliipat obligeant à un enfouissement profond qui nuit à la régularité de la levée ; de plus, les printemps sont plus secs, les végétaux tallent moins abondamment. Parmi, les contrées à climat rude, on devra semer plus dru, ainsi que dans les sols pauvres et secs, quelles que soient leurs conditions climatériques.
Des semailles tardives, un terrain insuffisamment préparé ou un sol mal nettoyé demandent des semis épais.
La culture spéciale entreprise régit également ces conditions : le seigle, le sarrasin, la navette, le maïs cultivés comme fourrage, devront être semés beaucoup plus dru que lorsqu'on ne récolte que le grain; les lins pour filasse et les lins pour graines se sèment différemment; les céréales de printemps, devant eflfectuer leur dévelop-
•Fig. 30. — Blé blan:
de F andre ou de Bergues.
pement dans un temps moins considérable que les céréales d'automne, seront semées plus épais.
La bonne préparation des semences permet de réduire la quantité employée ; la sélection, le sulfatage placent les graines dans les meilleures conditions d'existence ; nous veiTons plus loin que les semis en ligne permettent d'économiser une certaine proportion de semences.
Blé. — Pour le blé, on peut estimer que 50 p. 100 seulement des grains semés germent et donnent une plante normale ; mais le plant de blé jouit de la propriété d'émettre plusieurs tiges, de taller, suivant l'expression consacrée, et l'on estime que le tallage comble les vides occasionnés par la destruction des germes, par les oiseaux , les rongeurs, les insectes, la sécheresse, les mauvaises conditions de germination, etc.
Pour obtenir 300 à 400 chaumes au mètre carré, proportion constatée sur les parcelles cultivées en blé, il faudrait semer 300 à 400 grains par mètre carré, soit 3 ou 4 millions de grains de blé par hectare. Ce nombre représente une valeur différente, estimée en hectolitres, selon la variété considérée, la forme du grain, sa surface, son volume, sa facilité de tassement.
Théoriquement, il faudrait déterminer le nombre de graines contenues dans 1 hectolitre de la semence envi-
sagée pour en déduire la quantité de semences à épandre par hectare ; ce calcul est facile à faire à Taide de quelques pesées. A la récolte, on observerait combien on compte, en moyenne, de chaumes par mètre carré ; si ce nombre dépasse 400, le semis a été trop dru ; il serait trop clair si ce chiffre était inférieur à 300 tiges; on augmenterait ou diminuerait la quantité des semences suivant ces indications (Garola).
Pratiquement, les quantités de semences employées en France sont réglées par des coutumes séculaires, des habitudes locales, dont on s'inspirera en les modifiant et les adaptant par l'expérience et le raisonnement. D'après les statistiques, on sème en France 206 litres de blé à rhectare ; en Angleterre, les cultivateurs du Nord sèment 139 litres de blé à l'hectare; les pays du Sud, 160 litres (A. Young); en Allemagne, on épand 240 litres de blé à l'hectare ; en Suisse, les proportions varient de 142 litres (Berne) à 262 litres (Genève) ; les colons algériens sèment 101 à 157 litres de froment par hectare. Ces quantités doivent subir des réductions sensibles suivant le mode de semaille adopté.
Seigle. — Le seigle présente des grains de volume plus réduit que ceux du blé et, par suite, plus nombreux à l'hectolitre; mais, le seigle tallant moins que le blé, on peut, pour les quantités de semences, suivre les indications données pour le froment.
On épand environ 180 litres de seigle par hectare à la volée ; avec les semoirs mécaniques, 130 litres suffisent. Ces proportions sont évidemment sous la dépendance de la fertilité du sol ; sur les sables riches des Flandres, on descend jusqu'à 120 litres, mais il faut utiliser, sur les terres très pauvres et sous les climats rudes, jusqu'à 300 litres à l'hectare.
En région méridionale, le seigle talle très peu ; aussi doit-on majorer les proportions indiquées ; en règle générale, les semis de mars seront plus épais que ceux d'hiver.
La destination du seigle à l'alimentation du bétail comme fourrage vert exige des semailles drues et hâtives.
Avoine. — La quantité de semences employée dans le cas de Favoine doit être suffisante pour assurer un peuplement de 200 pieds par mètre carré en moyenne, chaque pied donnant deux tiges, soit, en tout, 400 chaumes ; mais le tallage n'est assuré que pour les semis hâtifs ou effectués en sols frais, et la proportion de semences non germées sera d'autant plus élevée que le sol sera moins bien préparé ou la semence moins sélectionnée.
Il faudra donc, comme pour le blé, semer 4 millions de grains par hectare, soit 233 litres environ. Ordinairement on épand de 250 à 300 litres d'avoine d'hiver et de 250 à 320 litres d'avoine de printemps ; grâce au semoir en lignes, ces quantités peuvent être réduites à 150 litres ou 200 litres par hectare.
En thèse générale, on augmentera la proportion des semences destinées aux sols mal ameublis, ou infectés de mauvaises herbes, ainsi que pour les semis tardifs et en terres pauvres. Schwerz recommande de majorer la quantité de semences d'un quart dans le cas des défrichements de trèfles, et de moitié s'il s'agit de vieux herbages rompus. Sur ces terrains bouleversés et mal raffermis, une proportion notable de graines se trouvent en effet enfoncées à de trop grandes profondeurs ou placées dans des conditions défectueuses pour la germination.
Orge, — L'orge nécessite une quantité de semences relativement élevée : 250 à 300 litres à l'hectare pour les semis à la volée ; la proportion de grains nécessaires est d'autant plus élevée que l'époque est plus tardive, le sol pauvre {fig. 40, 41).
Sarrasin, — A la volée, on sème ordinairement 80 litres à l'hectare et 70 litres au semoir en lignes. Dans certaines régions de l'Allemagne, on sème 90 litres à l'hectare ; en Flandre, ces chiffres s'abaissent à 50 ou 75 litres. Ces semences sont recouvertes à la herse.
PRATIQUE DES SEMAILLES. i05
Mais. — Le maïs se sème rarement à la volée ; Téclair-
Fig. 40. — Orge carrée d'hiver. Fig. 41 . — Orge éventail.
cissage et les binages demandent un semis en lignes suP^ plantoir ou au semoir. On espace ordinairement les lignes
Googk
de 50 à 70 centimètres, suivant le sol, le climat, les variétés, et on laisse un écartement sur la ligne, entre les plants, de 35 à 50 centimètres. Ces modes de semis exigent une faible quantité de semences, le maïs, pour bien mûrir ses épis, devant être semé clair ; la dose de 60 h 70 litres par hectare convient ordinairement.
Millet. — On sème également le millet, de préférence, en lignes espacées de 35 à 65 centimètres, suivant le développement des tiges ; le rayonneur aide à exécuter des semis à la main ; en grande culture, on utilise le semoir mécanique, qui nécessite environ 12 à 15 litres par hectare. Lorsqu'on sème à la main et à la volée sur un sol bien ameubli et bien aplani, il faut environ 15 à 20 litres par hectare. La semence enfouie légèrement à la herse reçoit ensuite un coup de rouleau.
Betteraves. — Afin d'obtenir une levée régulière et sans vides, on distribue une quantité de semences de betteraves plus forte que la quantité strictement nécessaire, c'est-à-dire de 20 à 30 kilogrammes à l'hectare ; les semis hâtifs demandent une proportion de semences élevée, à cause du déchet résultant du froid, de l'humidité, delà fragilité des jeunes pousses, etc. En Allemagne, on sème très dru, parfois jusqu'à 40 kilogrammes à l'hectare.
Pomme de terre. — Nous savons qu'il faut choisir comme tubercules de plantation les tubercules de grosseur moyenne provenant des touffes les plus vigoureuses elles mieux développées. La fragmentation des plants, si communément pratiquée, paraît être une coutume dangereuse, susceptible de diminuer les rendements en poids et en fécule à l'hectare, et exposant la pomme de terre à Fat laque de maladies cryptogamiques; cependant certains expérimentateurs reconnaissent que quelques variétés peuvent être plantées sectionnées dans un sol bien préparé.
La mise en germination avant la plantation corrigerait rinfluence défavorable du sectionnement des tubercules (Lavallée) et permettrait d'utiliser cette dernière méthode
les années où les tubercules de plant font défaut.
Lorsqu'on sectionne le tubercule, il convient de remarquer que la partie supérieure porte presque tous les bourgeons féconds. La région inférieure, du côté du point d'attache à la racine, ne présente que des yeux à germination mal assurée ou donnant des tiges grêles et peu vigoureuses; on divisera donc la pomme de terre de semence dans le sens de la longueur; chaque fragment comprendra ainsi des bourgeons féconds.
Colza. Navetta, — Les semences de colza seront avec avantage récoltées sur les pieds offrant la plus grande vigueur unie à la production la plus abondante ; on éliminera les graines provenant des tiges bleu rougeâtre indiquant une tendance à la dégénérescence, et les plants restés verts ou fleurissant avec persistance 'en donnant des siliques partiellement avortées. Ces graines, battues à part, donneront des plants sains, prolifiques, et n'offrant aucun signe de dégénérescence.
La graine utilisée doit être pure, propre, grasse à Técrasement; la quantité de semence à employer dépend du mode de semis : semis en place ou en pépinière, semis à la volée ou en lignes.
En pépinière, à la volée, on emploie 6 à 7 kilogrammes de semence à l'hectare et 3 à 5 kilogrammes dans le cas de semis en lignes espacées de 25 centimètres. On sème 6 à 8 litres de grains de navette d'hiver et 8 à 10 litres de navette de printemps à l'hectare.
Œillette, — La finesse des semences d'œillette et la faible quantité utilisée rendent les semailles difficiles. Les semis à la volée sont le plus communément employés ; on épand 4 à 5 litres, soit 2 ou 3 kilogrammes de grains, à l'hectare, en les mélangeant parfois de sable, de terre sèche tamisée, qui aident à l'épandage. Les semis en lignes, qui permettent seuls l'exécution facile et économique des soins d'entretien, doivent être préférés; on choisira l'écartement de 30-40 centimètres sur les lignes. Up
rouleau passant derrière le semoir recouvre les fines semences d'une couche de terre de 1 centimètre à l'^'^jS largement suffisante ; avec les semis à la volée, on donne tu* léger hersage.
Lin. — La proportion de semence utilisée dépend de la Tariété cuMvée et du but poursuivi. Avec les semis clairs, les plantes vigoureuses se ramifient abondamment et donnent une filasse grossière; les semis drus fournissent des tiges étiolées à filasse peu résistante ; lorsqu'on veut obtenir la graine comme récolte principale, on ensemence seulement 50 à 57 kilogrammes de lin par hectare ; ces quantités s'élèvent considérablement dans le cas du lin textile, et peuvent atteindre même 350 kilogrammes par hectare pour certains lins rames. Dans le cas mixte de culture du lin pour la filasse et la graine à la fois, on sètne par hectare de 70 à 130 kilogrammes en Russie, de 150 à 200 kilogrammes en Belgique et en France.
En règle générale, les semis très épais assurent des récoltes de lin de fin, et d'autant plus nettement que les semis se font hâtivement en mars ; pour les lins de mai, on peut réduire légèrement la quantité de graine employée.
Chanvre, — La proportion de semence dépend également, pour le chanvre, de la qualité de la filasse qu'on veut obtenir ; les chanvres de corderie se sèment moins drus que les chanvres fins. On répand, en moyenne, en France, 200 à 250 litres par hectare et même jusqu'à 300 litres pour les filasses de filature d'Anjou.
Pour la récolte d'une filasse fine et soyeuse, il faut obtenir un peuplement de 200 à 250 pieds par mètre carré. Les chènevières auxquelles on demande une filasse abondante et grossière présenteront 100 à 150 pieds à l'hectare.
Dans l'Anjou, c'est presque toujours à la main qu'on sème le chanvre, la graine étant déposée dans le fond des rayons, profonds de 4 à 5 centimètres, ouverts par une