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ÉCARTEMENT DES LIGNES. 1Î

On a tendance communément à planter la pomme de terre à intervalles distants comprenant un ou deux plants seulement par mètre carré ; ces pratiques, justifiées dans une culture extensive au travail peu soigné du sol et aux fumures précaires, doivent être abandonnées dans les centres à culture rationnelle.

L'espacement doit permettre un développement radiculaire et foliacé normal sans laisser découverte ou inutilisée la moindre parcelle du sol ; l'écartement dépendra donc de l'abondance des appareils foliacés des solanées; mais, en règle générale, l'espacement de 60 centimètres entre les lignes et 50 centimètres sur les lignes parait le plus avantageux et correspond à trois cent trente poquets environ à l'are.

Pour définir l'influence des variétés, M. Garola (1) établit que les pertes de rendement dues à l'espacement s'accentuent lorsque la grosseur des tubercules mis en terre diminue; l'écartement le plus favorable serait de 70/60 centimètres pour la variété Chardon ; 60/60 centimètres pour Magnum Bonum, 50/60 centimètres pour la variété Blanchard,

En thèse générale, les plantations serrées augmentent les rendements de feuilles à l'hectare, et MM. Florimond Deprez (de Cappelle) adoptait pour la Géante Bleue, à développement foliacé considérable, l'écartement 60/50 centimètres; pour la Richter's Imperator, à développement foliacé abondant, l'écartement de 60/40 centimètres; pour la variété Fleur de Pêcher à feuillage moyennement développé, l'écartement 60/30 centimètres.

11 faut évidemment plus de semence pour les plantations serrées, mais l'excédent de récolte compense largement cette dépense ; lorsqu'on dispose d'un sol bien fumé, il y a tout intérêt à diminuer l'écartement : la récolte est plus abondante, la maturité plus hâtive, les tubercules

(1) Garola, Les céréales (Ekcyclopédie agricole).

plus beaux, de forme plus régulière, et plus riches en fécule (Hitier) (1). La végétation couvrant entièrement le sol empêche Tenvahissement des plantes adventices et réduit les façons aratoires.

Les plantations serrées donnent pour le colza les résultats les plus avantageux; on espacera les lignes de 40 à 50 centimètres, les plants étant distants entre eux de 20 à 30 centimètres; dans quelques localités des Flandres, on ne craint pas de resserrer encore l'écartement et d'atteindre 120 à 130000 pieds à l'hectare.

Pour Foeillette, on conseillait autrefois un écartement voisin de 30 à 40 centimètres; la plante se ramifie alors à l'excès; les têtes n'arrivent pas toutes en même temps à maturité; la récolte est difficile à effectuer et donije des produits peu homogènes ; un écartement trop seri^ donne des pieds à têtes petites renfermant une faible quantité de grains plus fins et moins huileux.

L'espacement de 15 à 25 centimètres en tous sens dans le cas des semis à la volée et de 20 centimètres entre les pieds semés en lignes distantes de 30 à 40 centimètres donne les meilleurs résultats ; on obtient, par plant, cinq à six capsules de même pousse et de maturité simultanée.

Semis en poquets, — Les plantes-racines semées en lignes doivent être ensuite éclaircies de façon à ne laisser qu'une seule plante à des distances variables; on a songé à faciliter ce travail en disposant les semences sur les lignes en touffes ou poquets équidistants.

La quantité de graines juste nécessaire est ainsi épandue ; les plantes voient leur développement favorisé par un éclairement et une aération maximum, et les , racines s'enfoncent librement; les binages peuvent s'effectuer dans diverses directions ; enfin il est possible de disposer les engrais dans le voisinage des poquets, en facilitant ainsi leur absorption immédiate.

(l) Hitier, Plantes industrielles (Encyclopédie agricole).

SEMIS EN POQUETS. 129

Cette disposition offre néanmoins quelques inconvénients sérieux ; en admettant que les plantes en touffes arrivent plus aisément à soulever la croûte durcie du sol^ il n'en reste pas moins à craindre l'enchevêtrement des racines, qui, au moment de Téclaircissage, expose la plante épargnée à être mutilée. Les poquets peuvent servir de refuge aux insectes, qui détruiront parfois la touffe ; il est alors plus difficile de remédier à ces manques que dans le cas des semis en lignes.

En petite culture, ces procédés s'emploient souvent, et leur exécution au plantoir ou à la main est des plus faciles ; en grande culture, les semailles en poquets seraient réalisées à l'aide d'instruments disposant la semence d'une manière intermittente.

Le semis de la betterave en poquets a préoccupé à plusieurs reprises les agriculteurs, à la suite d'essais effectués en Allemagne, Autriche, France. Il existe nombre d'appareils destinés à semer mécaniquement en poquets; mais il importe d'observer que ces semis, pour réussir, exigent un sol parfaitement préparé et nécessitent l'emploi d'une graine absolument indemne d'impuretés, ■ Chaque trou ne devant recevoir que trois à six grains, il est indispensable qu'aucun détritus : débris, fétu de paille,, pierres, etc., ne vienne obstruer les orifices de distribution du semoir et causer un certain nombre de « manques » sur une grande longueur.

Ces conditions assurées au préalable et l'instrument employé étant d'une marche parfaite et régulière, les semis en poquets peuvent présenter certains avantages , particulièrement une économie sensible de semences et un plus fort rendement de racine à l'hectare (Hitier).

La récolte totale en poids de racines semble peu favorisée par les semis en poquets, mais la richesse saccharine est plus élevée ainsi que le quotient de pureté ; la moyenne de produit en sucre à l'hectare peut être supérieure dans les parcelles semées en poquets de 200 à 220 kilogrammes

i30 LES SEMAILLES.

par hectare (Pluchet) ; il en résulte, de ce chef, une plusvalue de 37 francs environ à l'hectare (en 1901), à laquelle s'ajoutait l'économie de 15 kilogrammes de graines par hectare (11 kilogrammes par hectare au lieu de 26 kilogrammes) estimés 19 francs, soit un bénéfice total de 55 à 60 francs par hectare.

11 y a quelques années, on avait eu l'idée de distribuer à l'aide du semoir, en même temps que la graine, des engrais destinés à subvenir aux premiers besoins du jeune végétal. M. Derôme avait construit un semoir à double effet, comprenant un tube placé à l'avant du semoir et distribuant l'engrais à la surface du sol ; de petits versoirs.de charrue formaient un léger ados sous lequel était enfoui l'engrais; un rouleau concave, muni d'une nervure, imprimait sur le sol un rayon à fond ferme qui recevait la semence épandue par les rayonneurs du semoir; enfin un traîneau recouvrait la graine d'une quantité suffisante. et uniforme déterre meuble. Actuellement, dans le nord de la France, ces procédés légèrement modifiés semblent en faveur, et l'on utilise parfois un semoir à double effet semant la graine et enterrant, dans rintervalle des lignes, les engrais.

Semis en pépinière. — Certaines plantes, le colza, le chou (fig. 49), le tabac, etc., doivent être semées en pépinière avant d'être mises en place. Diverses nécessités peuvent justifier cette pratique.

Parfois le temps fait défaut pour préparer convenablement le sol réservé à ces cultures. 11 existe des plantes très délicates pendant la première phase de leur végétation ;ces plantes n'auraient pas le temps d'arriver à maturité sil'on ne confiait leurs graines à la terre qu'à l'époque où la température est assez élevée pour assurer leur germination ou les préserver des gelées tardives.

Les semis en pépinière permettent de semer épais des plantes qu'on transplantera ensuite sur une étendue de terrain beaucoup plus considérable.

La pépinière occupant uneétendue restreinte, on pourra

semis'en pépinière.

donner aux végétaux tous les soins qu'ils réclament, fumer abondamment le sol elles sauvegarder de l'attaque des 'insectes. 11 est même facile de favoriser le développement rapide des jeunes plants par l'établissement des châssis vitcés, de paillassons, etc. En petile culture, on choisit ordinairement pour la pépinière une pièce

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Fig. 49. — Chou branchu du Poitou.

de terre exposée au sud ; une fosse est creusée et remplie de fumier en pleine fermentation jusqu'à une hauteur de 25 à 30 centimètres au-dessus du niveau du sol; on recouvre ensuite de 25 à 30 centimètres de terre mélangée de terreau.

Il est recommandable d'incliner la surface de la couche vers le midi et d'établir du côté du nord un abri de paille pour protéger des vents froids; les refroidissements

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nocturnes sont souvent préjudiciables : on les évite en élevant au-dessus de la pépinière, à la hauteur de 20 centimètres, un toit factice de paillassons. Lorsqu'il s'agit de végétaux très délicats, on les entoure de planches de bois formant un châsssis vitré ou garni de toile de coton huilée. Les semis s'effectuent loi*sque la fermentation du fumier est devenue régulière, et le développement des plantes se poursuit activement jusqu'à l'époque de la transplantation. En grande culture, nous citerons comme

Fig. 50. — Instruments servant au repiquage (Ghouanard).

A, houe à œi] ; B, transplantoir & douille ; C, transplantoir à main ; D, plantoir.

exemple la technique opératoire du repiquage du colza.

Oh repique le colza vers fin septembre commencement d'octobre ; les plants sont extraits de la pépinière par un temps humide ; on arrache les pieds à la main où à l'aide d'une houe fourchue, d'une bêche (fig. 50); les plants arrachés sont réunis en bottes liées avec un lien de paille. Les pieds les plus vigoureux, courts, trapus, seront seuls choisis. C'est de préférence sur un labour récent que l'on repique, et la mise en place s'effectue au plantoir simple ou double, à la bêche, à la charrue.

L'emploi de la charrue est le plus rapide, le plus économique; on commence par faire un endos en renversant l'une contre l'autre deux bandes de terre; sur les revers de cet endos, des ouvriers déposent les plants de colza en les inclinant légèrement pour qu'ils ne tombent pas

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