PLANTATION DES TUBERCULES
cules « femelles ». En outre, la levée est plus régulière avec les tubercules normaux, il y a beaucoup plus de manques, aulrements dit de vides, lorsque Ton utilise des semences anormales.
A la récolte, les tubercules femelles fournissent des rendements supérieurs à ceux obtenus avec les tubercules mâles.
Si Ton représente par iOO le rendement obtenu dans chaque expérience utilisant des tubercules mâles, le rendement fourni par les plantes provenant des tubercules femelles correspondants est toujours supérieur à ce nombre. L'utilisation des semences anormales détermine une diminution de production approchant de 50 p. 100. 11 faut donc proscrire les mâles des plantations.
Ces semences anormales se distinguent soit à ce qu'elles sont un peu ramollies, ridées, quelquefois même ratatinées, soit à leur dureté extrême. Mais, dans les deux cas, ces tubercules anormaux ont tous des petits yeux, des pousses fines, allongées, filamenteuses. • Parfois cependant ces pousses grêles sont renflées à leur extrémité ou sur une partie de leur longueur et forment de petits tubercules ou tuberculoïdes atteignant ordinairement 5 à 10 millimètres de diamètre, raremement plus.
Les semences normales ou femelles, au contraire, offrent, quelle que soit leur grosseur, des yeux volumineux et produisent des grosses pousses de plusieurs millimètres de diamètre. Elles sont d'apparence solide, trapue et généralement dures.
On rejettera donc des tubercules qui présentent les caractères extérieurs des mâles pour ne conserver que ceux à type de tubercule femelle bien accentué. Les pousses constituant le meilleur caractère distinctif, il est utile d'activer le développement par une germination préalable. On doit planter les pommes de terre de semence avec la régularité la plus parfaite, si l'on veut
assurer les rendements les plus élevés. L'emploi d'un rayonneuvj sorte de herse triangulaire en bois guidée en avant par une petite roue et dont la traverse arrière est garnie de O^jôG en 0™,60 de quatre fiches de fer ou de bois traçant sur le sol des lignes distantes de 0™,60 est avantageux. Après avoir ainsi rayonné le champ, on déplace les fiches du raisonneur et on les fixe dans les trous disposés à cet eflfet à 0™,50 d'intervalle dans la môme traverse arrière de la herse.
Le rayonneur trace ainsi, dans une direction perpendiculaire, un réseau de lignes espacées de 50 centimètres ; les points de croisement déterminent la place des poquets, les plants étant ainsi disposés à l'écartemenl (60 centimètres entre les lignes, 50 centimètres sur les lignes), qui semble le plus favorable. Un coup de bêche ou de croc donné à chaque point de croisement permet de semer ainsi régulièrement les tubercules.
En grande culture et à cause du coût de la maind'œuvre, on sème parfois à la charrue. Il faut veiller à ce que les tubercules soient placés régulièrement dans les raies et non jetés au hasard dans le fond du sillon. L'ouvrier placera le plant et l'enfoncera un peu afin que les animaux marchant dans la raie ne le déplacent ni ne l'écrasent. Dans les fermes importantes, deux charrues se suivent : l'une ouvre la raie où l'on place les tubercules, l'autre recouvre les semences ; on plante ainsi toutes les deux raies.
A la ferme de Cappelle (Nord), où la culture de la pomme déterre est parfaitement établie, on procède de la manière suivante : le sol, convenablement travaillé et ameubli, est rayonné en lignes à espacement de 60 ou 65 centimètres. Sur chacune de ces lignes, on fait passer, quelques jours avant la plantation, un buttoir (charrue à deux versoirs), qui creuse les sillons à 12 centimètres de profondeur. Au fond de ces sillons, des femmes déposent les tubercules en réglant l'espacement uniforme de 45 centi-