PLANTATION DES TUBERCULES
mètres à l'aide de leurs pas. On recouvre le même jour en fendant les ados qui séparent les sillons, et, quelques jours après, on régularise la surface du sol par un léger hersage. Cette méthode rapide, économique, facilite l'aération et réchauffement du sol et assure une levée régulière.
Dans le sud de la France, ainsi que dans le nord de l'Afrique, on plante des variétés de pommes de terre précoces dès les mois d'août et septembre, et même en octobre. Pendant l'hiver et aux approches des gelées, quand celles-ci se présentent, on abrite les jeunes tiges d'une couche de paille.
Plus régulièrement cependant, la culture prinlanière ne commence guère qu'en février dans le Midi et successivement en mars, au fur à mesure qu'on remonte vers le Nord.
Les pommes de terre de semence subissent une méthode de conservation et de préparation qui peut être regardée comme étant une condition sine qua non du succès de cette culture. Au moment de l'arrachage, les semences sont choisies parmi les tubercules de grosseur moyenne présentant exactement les caractères de la variété cultivée. Ces plants sont récoltés mûrs et disposés, aussitôt la récolte, debout sur une rangée, dans des clayettes et de manière que leur extrémité la plus petite, qui ne renferme pas d'yeux, soit placée inférieurement. Ces clayettes sont des boîtes légères rectangulaires de 10 centimètres de profondeur sur 70 de long et 50 de large. Dans chacune d'elles, on dispose une centaine de plants. Ces boîtes peuvent se superposer sans nuire à la conservation des tubercules. On les range empilées les unes au-dessus des autres sous un hangar, à l'air et à la lumière. Les pommes de terre ainsi placées se dessèchent et verdissent sans qu'il y ait lieu de s'en préoccuper; toutefois, aux approches de la saison froide, on les rentre en cave pour les préserver des gelées (A. Magnien).
Dès lautomne, on voit les yeux supérieurs des tubercules se développer; lentement, ces germes s'allongent et se fortifient pendant l'hiver ; il convient à ce moment de les aérer le plus possible en les maintenant à une température basse, mais au-dessus de zéro. Au moment de la plantation, c^s jeunes pousses sont devenues épaisses, trapues, colorées, avec des radicelles à leur base ; elles atteignent i ou 2 centimètres au plus de hauteur. On plante les tubercules ainsi préparés à la main dans les sillons tracés à la houe et en prenant toutes les précautions nécessaires pour laisser intacts les germes pendant la mise en terre des tubercules de semence*
Les plantations exécutées en février-mars sont faites naturellement à l'aide de plants récoltés Tannée préci dente. Celles d'août-septembre doivent de même êtie faites avec des tubercules provenant de récoltes opérées dans l'année qui précède celle de la plantation.
Filosité des pommes de terre, — Le terme de filosité désigne, nous l'avons dit, une tendance à développer des bourgeons qui s'allongent considérablement et restent grêles. Plantés dans le sol, ces tubercules donnent des pousses malingres qui ne prennent aucun développement et se dessèchent bientôt. Parfois les pousses n'arrivent même pas à soilir du sol; si ces rameaux aériens parviennent aune taille oi^inaire, ils ne donnent que des plantes faibles, déformées, montrant le caractère de la frisolée, avec des feuilles d'un vert pâle, gaufrées, appliquées contre la tige. D'autres fois, dans les sols riches, avec un arrosage sufQsant, les fanes de pommes de terre paraissent à peu près normales; mais, dans aucun cas, les tubercules obtenus ne sont sains. Us reproduisent toujours des tubercules filants ; généralement la récolte est nulle. Dans l'ouest de la France, ces tubercules filants sont appelés mules ou tubercules mâles; le terme de tubercules femelles étant réservé à ceux dont le développement est régulier. Les organes voués à une telle évolu-