SOINS D'ENTRETIEN DES PRAIRIES NATURELLES
développement chez ces rongeurs d'un organisme parasitaire, dont la virulence et la propagation sont particulièrement actives.
La disparition des campagnols serait due ainsi le plus souvent à une maladie contagieuse spontanée. Il convient de remarquer que les grandes épidémies qui déciment les campagnols ne se produisent généralement que la troisième ou la quatrième année de l'invasion, lorsque les rongeurs sont devenus très nombreux; aussi a-t-on cherché à imiter la nature en provoquant chez les campagnols une maladie contagieuse au moyen de virus, et cela dès leur apparition dans une localité, afin d'épargner à la culture deux ou trois années de destruction des récoltes.
11 faut tenir compte aussi du degré de réceptivité des animaux contaminés à l'endroit de l'agent parasitaire ; parmi les conditions qui peuvent préparer un terrain favorable, il en est une non négligeable, la disette. Les campagnols disparaissent en effet lorsque, ayant subi une multiplication excessive, les récoltes ont par suile diminué considérablement et ne leur fournissent plus qu'une alimentation insuffisante.
Récemment, on a préconisé l'emploi de virus : virus Danysz, virus Lôffler, capables de communiquer aux campagnols une affection contagieuse mortelle ; les essais tentés n'ont pas donné les résultats auxquels on pouvait s'attendre ; le virus Danysz ne peut plus être utilement employé après les premiers huit jours qui suivent sa préparation, et les insuccès tiennent souvent à ce que les cultivateurs ne le reçoivent ou ne l'emploient que lorsqu'il a perdu sa virulence. La maladie déterminée chez le campagnol par l'injection du virus Danysz n'est pas contagieuse, et les animaux de cette espèce peuvent cohabiter avec leurs congénères malades sans être incommodés ; ils ne succombent que s'ils mangent les appâts ou les cadavres de ceux qui ont déjà subi les atteintes
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du mal. n faudrait trouver un virus donnant une maladie se communiquant des campagnols atteints à ceux n'ayant pas absorbé l'appât.
On peut utiliser pour leur destruction le blé arseniqué.
Pour le préparer, on ajoute îiO grammes d'acide arsénieux à 1 litre de blé, en commençant par ajouter au grain 50 grammes de mélasse par litre; puis on le saupoudre avec de l'acide arsénieux à la dose de 50 grammes d'acide arsénieux par litre de blé ; on achève l'opération en mélangeant le tout convenablement ; l'appât est alors prêt à être employé.
La mélasse a pour but de rendre l'acide arsénieux, qui est pulvérulent, plus adhérent au grain.
On reproche à cette méthode l'emploi de l'acide arsénieux, un poison violent pour les hommes aussi bien que pour les animaux domestiques et le gibier.
Afin d'éviter ces accidents, au lieu de déposer simplement le grain empoisonné à la surface du sol, on l'introduit dans de petits tuyaux de drainage de faible calibre, placés ensuite dans les endroits fréquentés par les campagnols.
Les praticiens recommandent quelquefois de faire pénétrer le blé empoisonné dans les galeries qui donnent asile aux campagnols, puis de boucher les orifices de celles-ci en frappant fortement dessus avec le talon des diiaussures. Seulement il arrive parfois que les campagnols dédaigf^nt le blé arseniqué et le répandent à l'ouverture des terriers, où il est alors consonwné par les oiseaux de basse-cour. L'usage de petits tuyaux de drains est préférable et n'occasionne qu'une dépense évaluée entre 5 et 8 francs l'hectare.
On doit être modéré dans l'emploi des substances toxiques, telles que la noix vomique ou la strychnine^ qui sont susceptibles d'avoir une action nocive sur différents animaux. Ainsi, dans l'Orléanais, on a eu recours, pour se débarrasser des corbeaux, nuisibles aux semailles, à