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SOINS D^ENTRETIEN DES PBAIRIES NATURELLES

des appâts empoisonnés avec de la noix vomique ; les petits oiseaux insectivores ont été victimes ée ce procédé de destruction.

Un autre procédé est dû au D' Hiltner, directeur de la Stfttion de botanique agricole de Munich, et consiste dans remploi d'un pain spéciad composé «vec du carbonate ée baryte, sel toxique. Le produit a l'aspect d'une gaklte tr^ sèche, assez compacte et dure, die 3 centimètres d'épaisseur environ. Pour le préparer, on mékfflge avec soin ^ parties (en poids) de blé de seconde qualité et 20 parties de cariK>tMite de baryte ; on ajoute la quantité d'eau et de levure convenabie pour former \me pâte, et on laisse fermenter; on cuit de façon à obtenir une matière dure et sèche, il est nécesaire de se servir d'un matériel spécial pour faire cette préparation, à cause de la toxicité du produit ; les ouvriers doivent laver les objets dont ils se sont servis et se laver les mains à la fin du travail avec de l'eau aiguisée de vinaigre, dissolvant complètement le carbonate de baryte. Pour faire consommer facilement le pain baryte par les campagnols, il suffit de le tremper dans du lait écrémé ou de l'asperger avec de l'essence d'anis. Pour les rats et les souris, il est préférable d'y mélanger, en le préparant, du lardon, de la graisse.

La Station de Munich livre le pain aux cultivateurs au prix de revient, à 0 fr. 62 le kilogramme ; le carbonate de baryte précité vaut environ 75 francs les 100 kilogrammes et, au détail, 1 fr. 40 le kilogramme.

Un kilogramme de pain suffit généralement pour le traitement de 1 hectare ; avant d'employer le pain baryte ; on le divise en morceaux de la grosseur d'une noisette ; il se fragmente sans difficulté et sans laisser de déchet sensible. Dans chaque trou de campagnol, on dépose de un à trois morceaux ; il est bon, au préalable, de fermer les trous des parcelles infestées à l'aide d'un hersage ; on juge mieux ensuite, par les trous fraîchement ouverts,

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quelles sont les galeries encore habitées. La fin de l'automne, l'hiver (sauf en temps de neige) et le commencement du printemps sont les époques de traitement les plus favorables (Schribaux).

Les expériences faites en laboratoire, sur des souris, des rats et des campagnols, ont parfaitement réussi. Des essais en grand, entrepris sur le domaine de Grabowo, comparativement avec le virus Lôffler, similaire du virus Danysz, ont montré l'efficacité des deux procédés ; mais, si l'on songe d'une part à la difficulté de préparer en peu de temps les quantités de virus nécessaires au traitement de territoires étendus, d'autre part à l'incertitude de ses effets lorsqu'il n'est pas employé suffisamment frais ou avec tous les soins nécessaires, l'emploi du pain de baryte apparaît comme le plus sûr moyen de lutter contre ces rongeurs.

L'application des méthodes perfectionnées aux procédés de culture du sol, les apports judicieux d'engrais chimiques, les améliorations foncières du terrain ne peuvent être sanctionnés par un résultat pratique et réel, si la lutte contre les mauvaises herbes n'est pas poursuivie d'une manière énergique et continue. Les plantes adventices causent, en effet, à la culture un dommage considérable, en absorbant à leur profit les éléments fertilisants du sol et en s'emparant de l'eau disponible (1). L'action de la lumière sur les feuilles de végétaux cultivés est amoindrie par l'ombrage que portent les mauvaises herbes ; la verse peut être ainsi provoquée. Un certain nombre de ces plantes adventices servent de refuge aux parasites et déterminent l'apparition de la rouille, de l'ergot, etc.

Les céréales infestées de mauvaises herbes sont diffi-

(1) II est facile d'évaluer les pertes occasionnées; on peut estimer en effet à 50 francs par hectare de terre labourable le dommage causé par l'apparition des plantes adventices. II s'ensuit qu'au bas mot les mauvaises herbes prélèvent sur notre production agricole une dîme de huit millions et demi. Cette dlme dépasse de «ta; millions et demi le principal de l'impôt foncier et représente par suite 26 p. 100 du revenu net imposable (Garola).

ciles à récolter et sèchent lentement; le nettoyage des grains est pénible et coûteux ; il faut en outre purifier les semences des grains toxiques et nuisibles, comme Tivraie enivrante, la nielle,... ou de celles qui pourraient donner une odeur désagréable à la farine.

Le dommage causé à la culture est d'autant plus accentué que ces plantes adventices se produisent avec facilité et rapidité. La nature, pour assurer leurs conditions d'existence, leur a donné de multiples moyens de reproduction; celles qui se propagent par graines sont d'une fécondité remarquable, et la durée de leur faculté germinative est considérable : les semences de moutarde blanche (jotte, sanve, séné, etc.) résistent quatre ou cinq ans aux influences aimospàériques; le chrysanthème des moissons, la camomille sauvage sont dans le même cas (1). X

(1) Germination des semences de quelques mauvaises herbes (Schribaux). (Expériences delà Station «fessais de semences.).

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