‹ Agriculture généraleChapitre 48 sur 112 · DÉSIGNATION · texte numérisé non relu

DÉSIGNATION

DES fSPÈCES.

Cuscute

Chéno$>ode blanc. . . .

Mercuriale annuelle.

Liseron des champs. .

Lychnis dioïque

Mouron des oiseaux..

Morelle noire

Carcx

Plantain lancéolé

Moutarde des champs.

Coquelicot

Bourse -à-pasteur. . . .

Linaire commune

Carotte «aura^e

Gaude

Nielle

FACULTE GE«MINJkTlV£ P. 100.

nature et profx^rticn

p. 100 des graioes

noo gtermées lort 4u

dernier essai.

PRL\CIPES GÉNÉRAUX. 213

La plupart des graines sont inattaquables par les sucs digestifs et peuvent traverser le Goq)S des animaux sans \ok' leur viialité s'affaiblir; ces semences restent da«s le sol, attendant des conditions favorables à kur évolalion — amincissement du tégument, apparition des diastases — et occupent de nouveau le terrain en végétation Idxoriante, alors qu'on croyait la terre parfaitement nettoyée ; les labours, les hersages contribuent à ramener des couches profondes du sol les semences de mauvaises herhes qui n'attendaient que ces circonstances pour germer.

Les plantes adventices peuvent parfois se reproduire non seulement par graines, mais encore par stolon souterrain comme le chiendent, d'autres par graines et par cayeux, comme l'ail des champs, pat* iMilbes, hulbilles (avoine à cha|>elet), etc.

Les semences des mauvaises herbes soni disséminées avec facilité et à des distances considérables ; quelquesunes portent des aigrettes, des plumules, qui facilitent leur déplacement par le vent ; d'autres sont transportées par les oiseaux, l'eau, le bétail lui-même (toison ou excréments).

Les fumiers provenant de récoUes salies par les plantes advenitioes contiendront une quantité considérable de semences impures, qui inlésteront à nouveau les terres.

Indépendamment de ces procédés nombreux de reproduction, les mauvaises heri>es possèdent une vitalité et une rusticité qui tiennent à leur parfaite adaptation au climat et au sol, dont elles constituent la végétation spontanée. Certaines peuvent avoir plusieurs générations dans le cours d'une année (moutarde sauvage, coquelicot, renoncule, ravenelle, etc.). La facilité de leur développement pourrait faille croire à leurs moindres exigences en principes nutritifs, il n'en est rien : ces plantes épuisent le sol d'autant plus aisément qu'elles croissent rapidement et avec vigueur.

2ii DESTRUCTION DES MAU»VAISES HERBES.

L'analyse de leurs cendres révèle, en effet, une teneur élevée en principes minéraux (1) : le chiendent notamment renferme en moyenne 13 parties de potasse, 12 parties d'acide phosphorique, 7 parties de chaux pour 100 de cendres.

Par suite de leur facile adaptation aux conditions nouvelles, les plantes adventices sont les premières à profiter des engrais chimiques et des améliorations foncières ; la lutte contre les mauvaises herbes devient donc une nécessité d'autant plus impérieuse que la culture se perfectionne; d'ailleurs, grâce au matériel agricole, aux semis en ligne et au travail parfait du sol, la culture intensive se trouve armée suffisamment pour parvenir à ce résultat.

La nature des terres influe partiellement sur la rapidité d'envahissement du sol par les plantes adventices; il existe en fait pour chaque variété de terrain une flore spontanée capable de végéter dans ces conditions; mais il faut reconnaître que les terres fraîches et les climats humides facilitent le développement des mauvaises herbes.

Les semences des plantes adventices peuvent parvenir du dehors ou avoir pris naissance sur la terre qui les porte. La lutte contre l'envahissement des mauvaises herbes devra donc s'organiser différemment selon ces diverses conditions. Les graines provenant de l'extérieur peuvent être apportées par les semences des plantes cultivées, les engrais, le vent, les eaux, les animaux ou le fumier; nous examinerons attentivement chacun de ces cas.

11 Dunnington a constaté dans 100 parties à l'état frais une proportion de cendres variant de 1,02 à 3,53 p. 100 et renfermant en moyenne :

Potasse 38,44 p. 100.

Chaux 17,66 —

Acide phosphorique 8,40 —

Magnésie 7,08 —

Épuration des semences. — Il importe de bien nettoyer les semences provenant des récoltes ou d'exiger du vendeur la garantie de pureté lorsqu'on a recours à un négociant.

Les criblures et déchets du tarare sont souvent jetées sur le fumier ainsi que les balayures des cours, les fonds de fenil, etc. ; ces graines impures seront transportées par • le fumier sur les champs qu'elles infesteront. 11 faut brûler complètement ces déchets et enfouir profondément les résidus (1).

Dans les rations des animaux de la ferme se trouve une certaine quantité de semences de mauvaises herbes qui traverseront le tube digestif et se retrouveront intactes dans les fumiers. Le foin, les regains, les tourteaux, le son même (2) constituent des causes d'infection; les menues pailles de blé, d'avoine, doivent être également examinées à ce point de vue et nettoyées attentivement à l'aide des cribleurs cylindriques ou des cribleurs à plan incliné et à mouvement alternatif.

Procédés mécaniques de destruction, — Les procédés mécaniques de destruction des plantes adventices varient suivant leur végétation et leur mode de reproduction par stolon, bulbilles ou graines.

Les plantes stolonifères, — chiendent, avoine bulbeuse, renoncule rampante, gesce tubéreuse, etc., — sont des plus difficiles à détruire et exigent des travaux nombreux.

Voici les procédés les plus couramment employés pour la destruction de ces végétaux : on détermine tout d'abord la profondeur de pénétration des racines traçantes, et le sol est ensuite labouré à la saison sèche, de

(1) La chaleur sèche est parfois impuissante h détruire la faculté germinatiTe des graines dures ; la chaleur humide est parfois efficace.

(2) 50 p. 100 des sons du commerce sont mélangés de mauvaises graines ; on a pu trouver dans 1 kilogramme de son 1 840 graines intactes germant h 40 p. 100.

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façon à former des bandes droites ou peu incliitées, soumises ainsi d'une façoo parfaite à l'influence de Tair et de* la chaleur. Le soleil dessèche les racines et tue les plantes stolonifères ; à la saison des pluies, on attaque la surface du sol aTec des extirpaleurs qui extraient de la terre les racines.

Dans les contrées humides, plnsieHrs façons culturales sont nécessaires pour arriver à une destruction complète * entre deux labours, on laisse le sol en l'état; un hersage précède simplement chaque opération, de façon à rassembler les racines desséchées, brûlées ensuite avec soin.

Le chiendent se développe particulièrement sur les sols légers, fms et bien ameublis, et c'est wdin aire ment dans les récoltes clairsemées qu'il s'étend rapidement. Les procédés de labour indiqués plus haut lui seront heureusement appliqués; on pourra semer une plante à végétation rapide et touffue (colza, sarrasin) pour éviter sa reprise.

Le seul moyen de destruction efficacement employé contre les plantes adventices se reproduisant par graines consiste à placer ces semences dans les conditions les plus favorables à leur germination, pour les enfouir par un labour lorsqu'elles seront développées.

Par suite du travail du sol, ces graines seront fatalement amenées vers les couches superficielles du terrain et germerontà des époques indéterminées, infestant ainsi les récoltes successives au moment où leur destruction sera rendue difficile par le développement des plantes cultivées. Il est préférable d'utiliser le temps qui s'écoule entre deux cultures pour déterminer la germinati<m régulière et totale des semences de mauvaises herbes, et enfouir ensuite ces plantes adventices, en donnant ainsi au sol une légère fumure d'engrais verts, qui ont pu retenir les nitrates formés pendant cet intervalle.

Après l'enlèvement des dernières récoltes, on travaille

doncle sol àTextirpateur, au scarificateur, à la herse ; on donne ensuite un coup de rouleau. Au bout de peu de temps, les mauvaises herbes lèvent, la terre verdit. Dès que les plantes ont quelques centimètres, on effectue un labour superficiel à bandes larges à Taide d'une charrue déchaumeuse ; ce travail du sol ramène dans les couches superficielles les graines enfouies plus profondément, et, si le temps est favorable, on observe une seconde levée de plantes qu'on enfouit par un labour plus profond.

Après l'hiver, on nivelle le sol, on le roule s'il est léger; la terre se couvre alors d'une nouvelle végétation de plantes adventices enfouies par un labour plus profond.

Ces opérations culturales nécessitent parfois l'abandon du sol une année entière sans obtenir de récoltes, c'est ce que l'on dénomme l'année de jachère^ et nous verrons, dans l'étude spéciale de cette pratique agricole, le rôle joué par la jachère dans l'amélioration des terres.

Lorsque le terrain ne montre pas une propension excessive à s'enherber, la jachère n'est pas indispensable ; mais il ne faut jamais hésiter à travailler le sol entre deux récoltes. Les hereages peuvent jouer ainsi un rcMe utile, qu'ils soient donnés avant la levée des plantes qui germent lentement (carottes, pommes de terre, etc.), ou pendant le cours de la végétation (céréales d'automne, pois, fève, luzerne, etc.).

Nous avons vu le rôle considérable joué par le déchaumage dans la destruction des plantes adventices ; les semailles en lignes premettent également de nettoyer aisément les sols cultivés.

Certaines opérations culturales, par contre, ont tendance à favoriser l'envahissement des terres : c'est ainsi qu'il faut éviter de travailler les sols légers, l'été, après une pluie légère, ou bien au dégel. Sur une terre gàiée^ DiFFLOTH. — Agriculture. !!• — 13

les mauvaises herbes se multiplient également très rapidement.

La destruction des plantes adventices devient une opération délicate et difficile lorsque les emblavures sont elles-mêmes envahies ; la présence des jeunes plantes cultivées empêche d'agir activement pendant la période qui sépare les semis des grands froids.

Les blés souffrent particulièrement de ces mauvaises conditions, cette céréale n'aimant pas les terres creuses et soulevées; le labour de semailles précède l'enfouissement de la graine de trois semaines ou un mois environ, et, pendant cet intervalle de temps, les mauvaises herbes ont le temps de prendre possession du terrain et de se développer.

11 est toujours bon de donner avant la semaille un coup de scarificateur, qui, ne remuant que les couches superficielles, laisse le sol rassis tout en détruisant les plantes adventices ; dans le cas de semis à la volée, le scarifiage ou le hersage qui enfouissent la semence peuvent jouer ce rôle (1).

Les plantes cultivées exercent une action nettement accusée sur le développement des mauvaises herbes : certaines cultures sont dites nettoyantes, parce qu'elles nuisent à la croissance des plantes adventices, par l'ombrage qu'elles portent et la rapidité de leur végétation (sarrasin, chanvre, etc.) ; d'autres, semées en lignes et binées ensuite (cultures sarclées), permettent également le nettoiement du sol ; au contraire, les plantes salissanteSy par la place qu'elles laissent autour d'elles, le faible ombrage qu'elles portent et la lenteur de leur développement, favorisent l'envahissement du sol (céréales d'automne, fourrages annuels). Parfois ces cultures salis-

(1) Lorsque les blés sont envahis, il ne faut pas hésiter h faire des sarclages à la main; dans certains pays, on opère, en moyenne culture, à l'aide d'un râteau ; ou bien on passe sur le sol, au moment des grands froids, quand la terre et les plantes sont gelées, un balai de genèls rassemblés sur une longueur de S^jôO : les plantes autres que les graminées sont détruites.

santés sont d'une germination lente (carotte, pavot), d'une croissance peu active, ou se défendent mal contre les plantes adventices (lin).

L'ordre de succession des récoltes adopté, ce que l'on appelle Vassolement^ peut aider également à la destruction des mauvaises herbes par une habile combinaison des cultures donnant une large place aux plantes sarclées.

Fig. 93. — Pulvérisateur à traction Vermorel.

respectant l'alternance des plantes salissantes et nettoyantes et assurant entre chaque sole le temps nécessaire au nettoiement du sol. On a enfin imaginé des appareils spéciaux nommés essanveuses^ destinés à arracher les sauves {moutarde blanche).

Procédés chimiques de destruction des mauvaises herbes,— La lutte contre les plantes adventices devient difficile lorsque l'envahissement a lieu en période culturale; il faut, en effet, détruire les mauvaises herbes sans nuire aux plantes cultivées qui végètent autour d'elles.

On a réalisé alors divers traitements qui permettent de déterminer la disparition des moutardes, ravenelles, etc., sans nuire aux céréales voisines. Les plus connu de ces pixMîédés constitue le sulfatage des cultures de céréales, en vue de détruire la moutarde sauvage {jotte, sanve, séné), qui peut compromettre parfois totalement les récoltes de céréales de printemps.

On emploie le sulfate cuivre, dissous à 3 ou 3,5 p. 100

Fig. 94. — Pulvérisateur de Mahot (à Ham).

dans l'eau ; cette dissolution est répandue sur les champs à l'aide de pulvérisateurs (fig. 93 et 94), par un temps calme, lorsque la céréale pousse sa troisième ou quatrième feuille. 11 faut, pour la réussite complète, que quelques heures de beau temps suivent la pulvérisation ; les feuilles de céréales, garnies d'un enduit cireux, ne sont pas attaquées, sauf la pointe, qui jaunit un peu ; la feuille de moutarde, tendre et poilue, est corrodée rapidement, les prairies artificielles semées dans l'avoine ne sont pas atteintes. La moutarde, sous l'action corrosive de la dissolution saline, se flétrit et meurt; la

céréale reprend au bout de quelques jours une vigueur nouvelle.

11 faut environ 800 à 1 000 litres d'eau par hectare, et l'abondance du liquide épandu est une condition indispensable; on obtient de meilleurs résultats avec un traitement à 3 p. 100 à 1 000 litres d'eau qu'avec un traitement de 4 à 7 p. 100 à 700 litres d'eau, bien que la quantité de sulfate de cuivre employée soit la même, et la difficulté de se procurer parfois des masses d'eau considérables ainsi que les charrois pénibles nécessaires ont déterminé l'exécution de quelques essais intéressants : le sulfate de cuivre réduit en poudre et mélangé au plâtre est aisément épandu en couverture, et, si le temps est pluvieux, la destruction des sauves peut être également assurée. Cette opération exige naturellement une manutention plus délicate, afin de répandre uniformément le sulfate de cuivre.

Pour la destruction du charbon, du bleuet, de la persicaire, de l'ansérine, il faudrait réaliser un titrage de la dissolution de sulfate de cuivre à 4,5 ou 5 p. 100. Parfois le nitrate de cuivre concentré liquide remplace le sulfate de cuivre à la dose de 2 litres à 2S5 par hectolitre d'eau.

Le sulfate de fer étant d'une valeur beaucoup plus faible, on a tenté de le substituer au sulfate de cuivre en l'employant en dissolution à 15 ou 20 p. 100 à la dose de 600 à 1 000 litres par hectare : les résultats ne sont jamais aussi satisfaisants qu'avec le sulfate de cuivre. Il faut opérer par un temps tout à fait beau, et des dissolutions aussi concentrées encrassent vite les appareils ; cependant, à la volée, on obtient parfois de bons résultats d'un épandage de 250 à 300 kilogrammes par hectare de sulfate de fer anhydre le matin, par la rosée {ûg, 95).

Des expériences faites par un praticien distingué, M. Baratault, et publiées par J.-B. Martin, professeur

départemental d'agriculture d'Indre-et-Loire, ont permis de mettre en comparaison les divers méthodes utilisées pour la destruction des sauves :

1<^ Le sulfate de cuivre dissous à raison de 3 kilogrammes par hectolitre d'eau. — 10 hectolitres par hectare;

2*' Le sulfate de fer dissous à raison de 20 kilogrammes par hectolitre d'eau. — 10 hectolitres par hectare;

3^ Le sulfate de fer en neige épandu en poudre à la rosée, à raison de 300 kilogrammes par hectare ;

4° Le nitrate de soude, 10 kilogrammes, et sulfate de cuivre, 2 kilogrammes par hectolitre d'eau. — 10 hectolitres par hectare ;

^"^ Nitrate de soude, 20 kilogrammes parhectolitre d'eau. — 10 hectolitres par hectare ;

Q"" NitrO'Cuprine à raison de 2 kilogrammes par hectolitre d'eau. — 10 hectolitres par hectare.

Le traitement des six parcelles fut fait le même jour.

Voici les résultats de ces essais:

« Première parcelle {sulfate de cuivre) :

Résultat très satisfaisant sur l'avoine et l'orge. Les sauves ont été détruites, la récolte a été bonne.

Deuxième parcelle [sulfate de fer dissous) :

Détruit les sauves complètement, mais le dosage, un peu trop fort, a diminué le rendement en avoine. 15 kilogrammes par hectolitre d'eau paraissent une concentration suffisante.

Troisième parcelle {sulfate de fer en neige) :

Résultat peu satisfaisant.

Quatrième parcelle [nitrate de soude et sulfate de cuivre) :

Ce mélange n'a pas complètement détruit la moutarde, mais le rendement en avoine a été très bon ; l'avoine a dominé les sauves qui restaient et les a étouffées. En définitive, très bon résultat.

Cinquième parcelle [nitrate de soude dissous) :

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Mauvais résultat ; n'a pas détruit les sanves et a occasionné la verse.

Sixième parcelle {nitro-cuprine) :

N'a pas complètement détruit les sanves; la proportion de ni tro-cuprine n'est peut-être pas assez forte. 11 faudrait au moins 2 kilogrammes et demi par hectolitre d'eau.

Produit un bon effet sur la céréale. Quoique les sanves n'aient pas été complètement détruites, le résultat a été satisfaisant.

On emploie, pour épandre ces liquides, ôes pulvérisateurs de divers types.

En grande culture, les pulvérisateurs à traction couvrant une largeur de 5 mètres sont utilisés ; en petite culture, on emploie des appareils à dos avec lance à trois jets arrosant 1 mètre de large. Dans certaines régions, des entrepreneurs effectuent ce travail moyennant un salaire de 12 francs par hectare.

Les pulvérisateurs se divisent en deux classes : ceux à pression hydraulique et ceux à pression d'air, suivant que le liquide est comprimé directement comme dans une simple pompe, ou bien que la pression est obtenue en comprimant l'air au-dessus de la surface du liquide à épandre.

Incontestablement, les pompes à pression d'air sont préférables, car, en même temps qu'elles présentent l'avantage de ne pas toucher au liquide destructeur, elles régularisent la pression du jet, qui est plus régulier, et la répartition du liquide essangeur se fait alors de manière absolument parfaite.

L'appareil comprend une pompe à air, un réservoir qui contiendra la solution utile et un pulvérisateur proprement dit, qui répartira le liquide en pluie line.

Le liquide, par l'intermédiaire d'un tube plus ou moins long, arrive, par exemple, dans une petite boîte cylindrique en bronze, où il prend un mouvement de giralion

rapide qui le fait sortir en gouttelettes imperceptibles par l'orifice plus ou moins grand. Plus le diamètre du trou est petit, plus la poussière liquide est fine.

Un simple jet permet de traiter les petits arbres fruitiers avec une petite lance et un long bambou pour les grands arbres.

Un double jet permet un traitement rapide des sauves et des maladies ou parasites des pommes de terre et des betteraves.

Le pulvérisateur à dos d'homme est pratique ; il permet de traiter dans les conditions les plus économiques les vergers, les houblons et les petites surfaces de terre envahies par les mauvaises herbes.

Dès que l'on doit traiter de grandes surfaces, le pulvérisateur à bât ou à grand travail est avantageux.

En Allemagne, on préconise le procédé du D*" Riehm, qui réside dans l'emploi des eaux ammoniacales (solutions d'ammoniaque caustique ou de carbonate d'ammoniaque) livrées à bon compte par les usines à gaz et les distilleries de goudron ; on emploie ces dissolutions après la récolte et à une concentration maximum (1) ; on a essayé également en Allemagne les solutions de chlorure de potassium (25 kilos de chlorure de potassium pour 100 litres d'eau) ; avec un pulvérisateur, on arrose les champs de cette dissolution (200 à 400 litres par hectare) au moment où les sauves poussent leur troisième feuille.

La méthode Heinrich préconise également l'emploi de solutions de nitrate de soude ou de sulfate d'ammoniaque à la dose de 15 à 40 p. 100, suivant les cas.

Ces procédés ont l'avantage de fournir au sol une matière fertilisante, et la méthode du D»" Riehm, s'appliquant avant l'apparition de toute végétation, ne peut causer aucun dommage aux cultures. Ces dissolutions

(1) Des essais de destruction des nématodes de la betterave ont déjà été tentés avec ces eaux ammoniacales.

doivent être employées pour la préservation des récoltes d'avoine, d'orge, dont les feuilles ont des épidermes résistants ; elles ne pourraient être appliquées sans danger à la betterave, au trèfle, au lupin, aux pois, fèves, vesces, etc.

Les mousses envahissent parfois les prairies humides au point d'empêcher le développement des bonnes espèces ; le meilleur moyen de prévenir cet envahissement est d'assainir le terrain et de le chauler : on peut utilement apporter des phosphates naturels et des scories ; si les mesures préventives sont sans action, on détruira les mousses par le sulfate de fer à la dose de 300 à 400 kilogrammes à Theclare. Le sulfate de fer pulvérisé est épandu à l'automne ou au début de l'hiver, la mousse noircit et meurt ; on la rassemble par un hersage, et la masse entière est incinérée.

Les oseilles ou patiences (1) poussent dans les prairies humides ou sur les sols acides : l'apport d'amendements calcaires, chau.x ou marne, suffira souvent à déterminer leur disparition.

Un certain nombre de plantes nuisibles par la fréquence de leur apparition et les difficultés de leur destruction méritent une étude spéciale ; nous leur consacrerons le chapitre suivant.

Avoine à chapelet {Avena precatoria), — L'avoine à

(1) La grande oseille {Rumex acetosa), appelée couramment oseille sauvage, surelle, vinetle, pousse dans les prairies moyennes et humides; la petite oseille {Jiumex aceiellosa), ou encore petite patience, petite vinette, se rencontre sur les sels arides et sablonneux. La patience des, moines (Rumex paiientia), la patience crépue {Rumex crispus), croissent parmi les prairies fraîches, un peu acides.

chapelet, ou avoine bulbeuse, se reproduit par ses racines renflées superposées ; on la rencontre souvent dans les récoltes de blé, où la hauteur de ses tiges peut atteindre celle des épis. Pour faciliter la disparition de cette plante adventice, il faut effectuer des opérations culturales nombreuses entre les périodes de culture et, par des hersages répétés, déraciner les touffes d'avoine bulbeuse. On fait ramasser les liges ramenées par la herse, en recommandant aux ouvriers d'éviter d'égrener le moins possible les chapelets de bulbilles. Une fois transportés hors du champ, les bulbes sont jetés dans une fosse contenant de la chaux vive, du purin, ou incinérés.

C'est en opérant par une journée chaude et ensoleillée qu'on peut espérer déraciner un grand nombre de souches à l'aide d'une charrue légère ou un scarificateur; le ramassage des chapelets peut être fait avec avantage par des femmes ou des enfants munis de paniers, ou grâce à un râteau à cheval ayant des dents assez rapprochées.

Les bêtes porcines consomment volontiers les tubercules de l'avoine bulbeuse ; mais les porcs, en circulant sur le champ, égrènent les chapelets et les enterrent en fouillant le sol.

Tussilage pas-d'âne {Tussilago farfara), — Cette plante adventice vivace se reproduit par sa souche charnue et traçante; sa rusticité et sa vigueur la rendent très nuisible dans les terres arables, les prairies et les vignes situées sur un sol argileux, marneux, assez humide.

Les labours, les hersages divisent ses longues racines et facilitent sa multiplication.

Le seul moyen de combattre la propagation de cette plante nuisible est d'assécher le terrain par un système de drainage bien établi (lig, 96).

Mercuriale {Mercurialis annua). — La mercuriale»

encore appelée rhombei'ge, voireuse, rapidement les cultures de printemps a lieu principalement par graines.

On la détruit par des binages et

foi rôle, envahit sa reproduction

sarclages

Fig. 96. — Tussilage.

Fig. 97. — Mercuriale m&le.

répétés, seul moyen de prévenir l'envahissement des récoltes et d'empêcher la maturation de ses graines (fig. 97).

Érigeron (Erigeron Canadensis), — Cette plante, de la famille des Composées, est originaire du Canada et s'est

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propagée en Europe avec une grande rapidité. Ses nombreuses graines, transportées par le vent, facilitent sa multiplication et l'envahissement des cultures estivales : lin, chanvre, haricot, lentille, etc.

Les binages et les sarclages sont les seuls procédés recommandables pour arriver à sa complète disparition.

Folle avoine (Avena fatuo), — La folle avoine envahit les récoltes de céréales surtout dans les contrées méridionales. Grâce à sa grande précocité, elle répand sur le sol, avant la moisson, ses graines complètement mûres, et les plantes adventices apparaissent nombreuses dans la céréale suivante.

C'est en opérant des sarclages en avril ou mai dans le Midi, en mai et juin dans les région s plus septentrionales, qu'on peut nettoyer les blés, les seigles et les avoines d'hiver.

Pour rendre ces sarclages moins dommageables aux céréales, on laboure le sol en petites planches : les sarcleuses circulent alore non sur le blé, mais dans les sillons qui séparent les planches (G. Heuzé).

Les travaux aratoires effectués entre les récoltes facilitent également la disparition de la folle avoine. Un scarifîage à 10 centimètres de profondeur, suivi d'un hersage, permet la germination des semences au mois d'octobre; la végétation adventice est enfouie par un labour ordinaire.

Lorsque la moisson est terminée, on remarque, au battage des céréales, de nombreuses semences de folle avoine mélangées aux grains des céréales; les tarares et les cylindres cribleurs permettent de séparer ces mauvaises semences, qui devront être détruites par le feu et non jetées au fumier ou distribuées aux volailles.

Ivraies. — On peut rencontrer dans les champs de céréales deux variétés d'ivraies .-l'ivraie enivrante {Lolium temulentum) et Vivraie multiflore (^Lolium muliiflorum).

L'ivraie enivrante peut atteindre 50 à 70 centimètres de hauteur; l'épi, toujours dressé, contient des graines renfermant un principe toxique.

Cette plante, aussi précoce que le seigle, envahit les cultures de céréales et ne peut être détruite que par des sarclages opérés en avril ou mai ; à cette époque, elle se distingue du froment par ses feuilles, qui apparaissent luisantes sous les rayons du soleil.

L'ivraie multiflore peut dépasser en hauteur les épis du seigle et de l'avoine ; la panicule très longue se courbe souvent. Les graines tombent à terre avant la moisson de la céréale et conservent leur faculté germinative pendant trois ou quatre ans, pour germer en automne ou à la fin de l'hiver; les sarclages peuvent être employés avec le même succès.

Les semences de l'ivraie enivrante étant toxiques pour l'homme, le bétail et la volaille, il faut avoir grand soin . d'enlever ces graines des récoltes de blé, de seigle, à l'aide du tarare ou des trieurs.

Agrostides, — Parmi les graminées nuisibles, on peut signaler : Vagrostide vulgaire et Vagrostide atolonifère.

Cette dernière plante est très épuisante par le rapide développement de ses racines souterraines et le nombre considérable de ses graines, qui facilitent sa multiplication.

On rencontre ces plantes adventices dans les anciennes terres labourables ou dans celles qui sont à l'état de pâture ; elles sont assez communes dans les cultures de céréales deUa Bretagne, du Limousin, etc.

Fig. 98. — Agrostis.

Les dégâts occasionnés par ces plantes nuisibles dans les récoltes nécessitent parfois l'exécution d'un labour superficiel au printemps ou en été par une belle journée.

Un hersage permet d'émotter les touffes, rassemblées ensuite à l'aide du râteau à cheval, et incinérées avec soin (fig. 98).

Vulpin. — Le vulpindes champs et le vulpin genouillé produisent souvent les mêmes dégâts et sont détruits par les mêmes opérations culturales.

Chiendent. — Le chiendent se propage avec mpidité dans les sols de consistance moyenne, grâce à ses racines traçantes; nous avons vu, dans l'étude générale des procédés de destruction des plantes nuisibles, les moyens

Binette.

Binette col de cygne.

Fig. 99.

Fig. lOD. — Serfouettes et demi-serfouettes (Giiouanard).

employés pour remédier à l'envahissement des cultures par cette plante adventice. Un enlèvement à la main à l'aide d'instruments appropriés (fig. 99 et 100) est souvent indispensable.

Nielle (Agrostemma githago), — La nielle présente

dans les cultures de céréales ses fleurs rougeâtres, qui s'épanouissent en juin et juillet; les semences noires renferment un principe toxique. Des sarclages répétés pourront seuls éviter la multiplication de la nielle, ainsi qu'un triage parfait des graines de céréales.

Mélampyre des champs, — Désignée ordinairement sous les noms de rougeole, blé de vache, cette plante se rencontre fréquemment dans les champs de blé ou de seigle situés en sols calcaires. L'arrachage et la séparation des semences permettent seuls de prévenir l'envahissement des cultures par cette plante nuisible.

Liserons, — Le liseron des champs possède des tiges couchées ou ascendantes et des fleurs roses ; les sarclages empêchent la propagation de ces végétaux adventices, qui compromettent parfois les récoltes de céréales, surtout les années où les chaumes versés sont inclinés vers le sol (fig. 101).

Le liseron des haies, ou grand liseron, présente des feuilles plus larges et des fleurs blanches ; sa destruction est très difficile par suite de la conformation de sa racine et de la profondeur à laquelle elle parvient.

Le liseron des haies peut se reproduire par fragments de racines et par ses graines.

L'arrachage nécessite parfois l'emploi de pioches et de bêches ; les racines enlevées sont douées d'une grande vitalité et doivent être détruites.

Persicaire, — Souci des champs. — La persicaire végète dans les sols frais et humides ; on la détruit par des sarclages répétés, qui empêchent seuls sa propagation dans les cultures de sarrasin, chanvre, etc.

Le souci des champs est très commun dans les vignobles situés en coteaux calcaires ou pierreux. Les binages à la houe, les sarclages sont employés efficacement pour détruire ces plantes adventices.

Ononis. — L'ononis ou arrête-bœuf végète de préférence sur les terrains calcaires et dans les terres incultes

23 i DESTRUCTION DES MAUVAISES HERBES.

ou converties en pâturages. On en connaît plusieurs

Fig. 101. — Liseron des champs.

espèces, dont les principales sont ÏOnonis spinosa, à tiges

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dressées et épineuses, et YOnonis reperm, à feuilles trifoliées et à port rampant. L'arrachage de ces plantes adventices s'effectue à la bêche ou à la pioche.

Petite oseille, — Désignée souvent sous le nom de vinetley la petite oseille se rencontre dans les terres labourables peu fertiles et pauvres en calcaires.

Cette plante très rustique produit de nombreuses racines rampantes; les tiges rougeâtres supportent de nombreuses graines parvenues à maturité en été. De bonnes fumures, l'apport d'abondants amendements calcaires, peuvent faciliter la disparition de la petite oseille, ainsi que des binages répétés ou des travaux aratoires appropriés.

Chardons. — Les chardons (Carduus) et les cirses (Circium) occasionnent dans les cultures des dégâts assez importants pour qu'il soit nécessaire de détruire chaque plante à l'aide d'un « échardonnoir » qui coupe les racines entre deux terres (fig. 102). Il semble préférable de ne pas pratiquer l'échardonnage au printemps; par suite du développement rapide des yeux situés pig. 102. — Écharà la base de la tige, on favorise ainsi «lonnoir (Chounnard) la multiplication de ces plantes adven- simple. Double tices, qui forment des jets latéraux.

Pour détruire utilement le chardon, il vaut mieux attendre la fm de juin, alors que le fourreau de la plante est sorti de terre; si alors on coupe le chardon, la lige creuse sert de conduite à l'humidité qui fait pourrir les racines.

Le chardon se perpétue par sa racine essentiellement vivace et se multiplie par sa graine, qui mûrit en même temps que les céréales.

Chacune de ces graines est renfermée dans une capsule et adhère à des filaments soyeux. Ce pinceau soyeux éclate, et chaque filament est entraîné par le vent; mais il

est rare que la graine adhère à ce flocon ; elle reste la plupart du temps dans le chapeau terminal de la tige mère. La contamination à grande distance est l'exception, ainsi que le démontre le groupement, parmi les cultures, des tiges de chardon.

Le problème à résoudre réside non dans la suppression de la tige, mais dans la destruction de la racine.

On a remarqué que pas un chardon ne résiste à une luzerne de deux ou trois ans.

A partir du défrichement, chaque graine apportée par les grands vents peut infester à nouveau le terrain.

On peut donc conclure, d'une manière générale, que, plus un champ s'éloigne du défrichement de luzerne, plus son envahissement par les chardons est probable.

Beaucoup de chardons ne résistent pas à un bon labour exécuté vers le l'^'' septembre (du 15 août au 15 septembre). Les agriculteurs attachent une grande importance à ces labours à blé exécutés entre les deux Notre-Dame, pour arrêter l'envahissement des chardons. On doit considérer ces labours comme des auxiliaires précieux dans la lutte engagée. Lorsque deux céréales se suivent, la seconde est toujours plus envahie par les chardons que la première.

Le blé lègue à l'avoine qui lui succède ses propres chardons, plus les graines de toutes les tiges non coupées, qui s'y développent rapidement. Ces graines, au contraire, ne peuvent s'enraciner et disparaissent lorsque la culture des terres à betteraves, au printemps, permet des binages nombreux.

On obtient la destruction rapide et complète des chardons en déposant à la base de chaque tige un peu de sel marin.

Les tiges coupées de chardons ayant reçu 30 grammes environ de sel par pied sont, peu de temps après, en pleine décomposition.

Ce procédé peut remplacer avantageusement l'échardonnage ; mais il a l'inconvénient d'être plus coûteux et d'introduire dans le sol un élément qui peut être nuisible.

Le crud d'ammoniaque employé à même dose que le sel a donné récemment d'excellents résultats.

Son usage est avantageux, puisque, après avoir agi comme agent de destruction, il se transforme en un engrais.

L'effet du crud d'ammoniaque est plus énergique, plus rapide que celui du sel, et son emploi comme maind'œuvre n'exige pas plOs de temps que l'échardonnage ordinaire.

Tous les chardons traités avec une application de sel ou de crud disparaissent; il nereste que des débris de racines totalement -dtjcomposés.

Pratiquement, on coupera les chardon s rez terre à l'aide d'un échardonnoir, et on fera l'application du crud d'ammoniaque sur la plaie ; l'épandage de ce sulfocyanure toxique devra néanmoins être remplacé par l'épandage du sel marin dans les terrains pâturés par les animaux.

Moutarde sauvage. — La moutarde sauvage (Sinapis arvensis), ou sanve, séné, jotte, etc., compromet souvent les cultures de céréales de printemps dans la Brie, la Beauce, la Champagne, l'Ile-de-France, l'Orléanais, etc. On détermine sa disparition par des sarclages, au moyen

Fig. 103. — Moutarde blanche.

des essanveuses, et enfin grâce à remploi des solutions cupriques étudiées précédemment.

Ravenelle. — La ravenelle {Raphanus raphanistrum) se distingue principalement de la moutarde sauvage par la couleur de ses fleurs, d'une coloration blanchâtre, au lieu de la nuance jaunâtre des fleurs de la sanve et la forme de ses siliques. On rencontre cette mauvaise herbe dans les terres sableuses, schisteuses, argilo-siliceuses.

Les solutions cupriques à 4 ou 5 p. 100 peuvent compléter sa destruction lorsque les sarclages n'ont pu nettoyer toute la surface du champ.

Coquelicot (fig. 104). — Le développement excessif des coquelicots rend parfois leur présence nuisible aux cultures de céréales ; il est alors indispensable de faire arracher ces végétaux à la main ou bien de faucher avant la maturité des capsules.

Vesces, — Les vesces indigènes, connues sous les noms de vesceron, vesceaUj jerzeau, croissent spontanément sur les sols calcaires parmi les céréales d'automne.

On peut en distinguer plusieurs espèces ; les plus nuisibles sont :

Le Vicia hirsuta{Vig. 105) à feuilles composées, à petites fleurs blanches ou bleu pâle, dont les gousses renferment deux graines ; le Vicia tetrasperma, dont les fleurs blanc bleuâtre donnent naissance à des gousses contenant trois ou quatre graines ; le Vicia gracilis aux fleurs rouges, etc.

Ces diverses légumineuses ont des tiges grêles grimpantes et végètent pendant les mois d'avril, juin, juillet, dans les champs de blé, seigle ou avoine d'hiver, dont elles enchevêtrent et unissent les chaumes. Par suite de l'enroulement des tiges de vesces autour des chaumes de blé, l'enlèvement de ces mauvaises herbes à la main est parfois difficile et expose à l'égrenage des céréales.

• L'envahissement des emblavures est parfois si considérable qu'il faut récolter à part les gerbes dans lesquelles il y a des vescerons; on égrène séparément, et on recueille

Fig. 104. — Coquelicot.

les semences produites par ces légumineuses. Les graines de vesces ainsi recueillies peuvent servir à l'alimentation du bétail ; mais, afin d'éviter leur mélange au fumier ou aux litières, il faut les faire moudre et utiliser la farine

qui en provient à faire des buvées destinées aux bêtes bovines et ovines (G. Heuzé).

Cbénopodées, — Un certain nombre de chénopodées envahissent avec rapidité les soJs perméables, sablonneux, et causent des dommages sérieux. Les ansérines

Fig. 105. — Vicia des haies.

(Chenopodium album et Chenopodium viride) développent pendant les iTlois de juin, juillet, Jeurs tiges simples ou rameuses couronnées de fleurs en grappes. Les amarantes (Amarantus spicatus ou sylvestris) occupent les cultures estivales ; les arroches (Atriplex hastata ou latifolia) aux larges feuilles vertes sont communes pendant les mois de juillet à octobre dans les terres sablonneuses voisines de la mer.

Ces plantes adventices se reproduisent avec facilité, grâce au nombre considérable de leurs graines ; leur arrachage à la main est souvent aisé ; il importe de les réunir en tas et de les incinérer.

Ortie. — L'ortie est d'une destruction difficile par la pénétration de ses racines et les piqûres que provoque son arrachage. Elle végète ordinairement au pied des murs, sur des débris de démolition, le longdes haies, sur le bord des chemins ou dans les lieux incultes. On en distingue deux variétés : la grande ortie ou ortie dioïque (Urtica dioïca) vivace, à tige simple quadrangulaire, aux fleurs dioïques, verdâtres, pendantes, en grappes axillaires, et la petite ortie ou ortie brûlante {Urtica urens), annuelle, à tige arrondie et à fleurs monoïques suspendues en grappes courtes et lâches (1).

Les orties poussent en touffes isolées nombreuses, et cette disposition particulière empêche de recourir aux opérations culturales effectuées à l'aide d'instruments aratoires. La pioche est le seul outil qu'on puisse utiliser ; les ouvriers doivent extraire avec soin toutes les racines mises à nu ; les débris radiculaires doivent être brûlés, l'ortie se propageant aisément par ses fragments de racine et par ses graines.

Rbinante crête-de-coq (Rhinantus crista-galli), — Cette plante annuelle vit en parasite sur les graminées et compromet la récolte des prés ; elle se multiplie par ses grains nombreux, qui conservent longtemps leur faculté germinative. Comme sa floraison esthâtive, il conviendra de faucher J es places envahies dès l'apparition des fleurs de rhinante.

Ciguë tachetée (Conium maculatum), — Très vénéneuse, cette ombellifère bisannuelle se développe dans les prés humides ; on la détruira en l'arrachant avant la maturité

(1) L'ortie peut constituer par ses parties herbacées un bon fourrage lorsqu'elle est donnée demi-fanée au bétail; on en lire également une matière textile avec laquelle on fabrique du fil gris roux remarquable par sa ténacité.

DiPFLOTH. — Agriculture. II. — 14

des graines ou en coupant la tige au-dessous du collet de la racine.

Colchique d'automne {Colchicum automnale), — Les fleurs lilas du colchique apparaissent à l'automne, tandis que les feuilles ne se montrent qu'au printemps suivant, avec les fruits (fig. 406).

Très toxique, il peut, mélangé au foin, occasionner

Fig. 106. — Colchique.

Fi^'. 107. — Jonc glauque.

des empoisonnements. Sa destruction est rendue difficile par la multiplication 'par bulbes et par graines de cette plante vivace. L'enlèvement des fleurs à l'automne dès leur apparition est un excellent procédé et en compromet la fécondation. Au printemps, on arrachera également les capsules et les feuilles dès leur apparition, en s'efforçant d'atteindre les bulbes, si la texture du sol le permet.

Joncs {Joncus), Lsdcbes [Carex), Linaigrettes [Eriophorum). — Dans les prairies marécageuses, on rencontre abondamment ces végétaux, donnant un fourrage dur,

indigeste, refusé de tous les animaux. L'assainissement du sol associé à l'arrachage des rhizomes, l'épandage d'amendements calcaires, d'engrais, permettent de ti iompher de ces plantes adventices (fig. 107).

Pédiculaire des marais [Pedicularis palustris). — Cette plante vénéneuse donne au bétail qui la consomme des pissements de sang. On l'arrachera avec soin des pâturages, dès le premier printemps, avant l'apparition des ses grains ; l'assainissement du sol favorise sa disparition.

Renoncules {Renonculus). — - Il existe un assez grand nombre de variétés de renoncules. La renoncule acre (R. acris)^ vivace, est vénéneuse ; on en expurge les lieux humides par l'arrachage, le drainage, l'épandage d'amendements, d'engrais phosphatés et potassiques; son abondance oblige parfois à défricher la prairie.

La renoncule bulbeuse (R. bulbosus), un peu moins toxique, sera détruite par les mêmes moyens.

La renoncule scélérate {R. sceleratis) est annuelle, très vénéneuse ; à l'état vert, elle est à peu près indifférente ; desséchée, on la détruit en fauchant les places envahies avant la maturité des graines. Quoique n'étant pas toxique la renoncule rampante (H. repens), constitue un fourrage très médiocre ; il est parfois difficile d'en débarrasser les terrains sans mettre en culture arable pendant quelques années.

La renoncule flammette (ft. fiammula) et la renoncule langue [R. lingua), appelées vulgairement petite et grande douves, sont vivaces et doivent être arrachées avec soin sur les terrains humides, qu'on assainira. Enfin la renoncule ficaire (Ficaria ranoncidoides) devient vénéneuse lorsqu'elle est complètement développée et devra être détruite également.

Plantain {Plantago). — C'est ordinairement en sols secs et sableux que se développent les plantains, qui envahissent rapidement les prés au détrimentdes bonnes

espèces. On compromettra leur propagation en les coupant au-dessous du collet.

Proie. — Les prêles comprennent principalement la prèle des champs (Equisetum arvense) et la prêle des marais (Equisetum palustre). Cette plante très vivace se propage par ses rhizomes rampants ; les tiges sont fistuleuses, articulées, rudes au toucher et dépourvues de feuilles, ce qui leur donne un aspect particulier et les fait appeler communément queue-de-cheval.

On peut distinguer deux sortes de tiges : les tiges stériles, qui se composent de rameaux articulés s' emboîtant les uns dans les autres et accompagnés de verticilles; les tiges florifères, présentant à chaque article une gaine terminée par des dents et portant à leur sommet des spores libres.

Ces plantes adventices se rencontrent le plus communément dans les terrains humides ; le meilleur procédé de destruction consiste à assainir le terrain par le drainage.

Cuscute (fig. 108). — La cuscute cause dans certaines régions un préjudice considérable en envahissant les trèfles et les luzernes. Nous avons vu que, dès qu'on reconnaît une tache de cuscute, il faut faucher rez terre Ja partie attaquée, en englobant avec elle une petite zone en bordure, qui peut contenir, malgré son apparence saine, des filaments de la plante parasite. Le produit de cette coupe est rassemblé avec soin dans des sacs et brûlé après dessiccation. La surface nettoyée doit être brûlée ou arrosée avec une solution de sulfate de fer obtenue en faisant dissoudre dans 100 litres d'eau de 3 à 6 kilos de sulfate de fer (1). Lorsque le traitement

(1) Trois kilos suffisent pour du sulfate de fer pur ; il est préférable d'employer 4, 5 ou 6 kilos dans le cas des sulfates du commerce. On s'assure de l'eilicacité de la concentration en plongeant des filaments dans la dissolution : au bout de quelques heures, les filaments doivent prendre une teinte noirâtre caractéristique.

est un peu tardif, la cuscute peut avoir formé ses graines; il faut alors recommencer l'opération l'année suivante, dès que la cuscute commence à se montrer. Les semences de trèfle d'Amérique contiennent une cuscute spéciale, dont les rejets possèdent une vigueur au moins égale à celle de notre petite cuscute indigène. Ce qui rend ces cuscutes particulièrement redoutables, c'est la grosseur de leurs semences. Les décascuteurs les plus perfectionnés sont impuissants à en débarrasser complètement les lots contaminés ; même en faisant un déchet considérable, le négociant n'est jamais sûr de les éliminer en totalité.

Il est à craindre, dans ces conditions, que la cuscute d'Amérique ou grosse cuscute n'étende de plus en plus ses ravages déjà très importants dans nos régions méridionales, où sa propagation menace l'avenir des prairies naturelles.

Pour réaliser la destruction de cette cuscute aussi complètement que possible, on opérera ainsi :

Après avoir délimité la tache et compris dans la surface à traiter une zone de 1 mètre au moins extérieure à celle où les filaments sont apparents, on enfouit la légumineuse, puis on sème une graminée sur la terre retournée et fortement tassée. La cuscute ne peut vivre sur

Fig. 108. — Cuscute.

les graminées et meurt dlnanition. Dans un trèfle des prés, qui dure peu de temps, on sèmera une graminée à végétation rapide : du ray-grass d'Italie, du moha ou de l'avoine, suivant la date à laquelle on opère. Pour une luzerne qui doit être conservée pendant plusieurs années, on s'adressera à un mélange de dactyle et d'avoine élevée.

Dans le cas où la cuscute commencerait à fructifier ; avant de retourner la tache, il faudrait récolter la légumineuse attaquée, en la coupant aussi bas que possible ; et la brûler sur un chemin, en prenant la précaution de la transporter dans une bâche, pour ne pas disséminer les graines du parasite dans les terres cultivées.

Ce procédé est plus certain, plus facile et moins coûteux que la destruction par le sulfate de fer, souvent préconisée. 11 convient de l'appliquer dès que les taches de cuscute se manifestent (Schribaux).

IH

Le choix judicieux de l'époque de la moisson joue un rôle important dans la production agricole en influant sur la valeur quantitative et qualitative des récoltes. Le moment choisi ne coïncide pas toujours avec la maturation botanique, qui tend uniquement à assurer la propagation de l'espèce ; c'est ainsi que les lins pour filasse sont récoltés avant la maturité de la graine; la betterave à sucre est. extraite du sol alors que sa richesse saccharine est maximum ; les plantes fourragères doivent être coupées en vert, et les pommes de terre sont récoltées lorsque les tiges sont complètement flétries, etc.

Les instruments et les procédés en usage pour la récolle des produits du sol varient avec les cultures envisagées et les coutumes locales. Parfois la cueillette s'effectue à la main, lorsque le végétal est vivace et doit être ménagé (olivier, cônes de houblon), ou lorsque la plante est délicate et nécessite un arrachage méthodique (feuilles de tabac, tiges du lin, de la cameline, du pavotœillette, etc.).

Pour les racines et les tubercules qui doivent être extraits du sol, on se sert de bêches, pioches, fourches, ou d'instruments attelés (arracheurs de betteraves et de pommes de terre).

Les céréales, les plantes fourragères et les prairies non pâturées sont fauchées à Faide

A I iJ^, \ ] If' /j de la faucille, de la sape, de la

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(Jy struments mécaniques à grand

travail.

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