AVOINES MOISIES
lage, qu'il s'agisse d'une avoine peu mûre ou d'une avoine coupée à maturité. Au contraire, le javelage est accompagné, dans les conditions actuelles, d'une destruction notable d'amidon s'élevant à 9 p. 100 chez la céréale verte et à 7,3 p. 100 de l'amidon total chez la céréale mûre.
Dans les résultats précédents, on retrouve une constatation déjà faite par nombre d'auteurs (Is. Pierre, Dehérain, etc.) ; la fin de la végétation de l'avoine est marquée par une formation très active d'amidon. La matière sèche de l'avoine presque mûre renferme 29,3 p. 100 d'amidon ; l'avoine moins avancée n'en présente que 22,4 p. 100. En définitive, le javelage de l'avoine ne paraît offrir aucun avantage particulier.
Avoines moisies. — On trouve fréquemment, dans le commerce, des avoines qui exhalent une oJeur de moisi. Les grains altérés de la sorte contractent une odeur et une saveur désagréables; leur emploi produirait sans doute des troubles digestifs plus ou moins graves, si les animaux consentaient à les consommer. Mais il est à remarquer que la plupart des chevaux s'y refusent, ce qui constitue une perte sérieuse pour l'agriculture.
L'étude de cette affection a été entreprise récemment par M. Brocq-Rousseau, vétérinaire militaire.
M. Brocq-Rousseau a pu isoler dix parasites microscopiques, mais un seul, par ses cultures, donne l'odeur de moisi caractéristique : c'est un Streptothrix, dont il a étudié le développement.
Ce parasite se trouvant sur toutes les avoines, même les plus saines en apparence, il est vraisemblable qu'il existe en grande abondance dans le sol. 11 y aurait donc la un nouveau motif de diminuer autant que possible la durée du dépôt des gerbes sur la terre au moment de la moisson, c'est-à-dire de supprimer le javelage. En Bretagne, on a l'habitude de laisser longtemps les DiFFLOTH. — Agriculture. II. — 17
gerbes ^'avoine sur le sol. L'avoine moissonnée par 4a faucille ou la faucheuse devrait, nitionndlement, terminer sa maturité en gerbes debout, et Don en ja^lles étendues sur le soi.
De plus, on sait que, dans cette contrée, le battage «e fait sur Vaire, c'est-à-dire la cour de la ferme un peu nivelée et balayée pour la circonstance, au sur un rectangle dans un eoin de champ ou de jardin, que l'on a débartassé de ses herbes et Uiraqué. Or cette aire dépourvue de bâches est toujours poussiéreuse et p«resque toujours humide ; et, après le batlage (à bras ou à la vnftchine), le grain ^ séjourne en tas, pendant plusieurs Jours et parfois^ plusieurs semaines.
Traité de cette façon, le grain est infecté par son contact avec le sol, soit dans le champ, soit sur Taire. On éviterait ces inconvénients en employant pour le battage des machines faisant automatiquement le nettoyage et la mise en sac, ou en faisant usage de bâches.
Les avoines de l'Amérique du Sud, notamment de la République Argentine, doivent leur moisissure à une autre €ause. La récolte et le battage s'y font méthodiquement avec les machines les plus perfectionnées.^ Mais Tessor si rapide et si imprévu que l'agriculture a pris en Argentine n'a point laissé le temps de construire les hangars indispensables pour mettre à l'abri les énormes piles de sacs de grains, abandonnés en plein champ ou dans les gares, en attendant leur tour de chargement et d'acheminement vers les ports. Les pluies, toujours fréquentes en ce pays, jointes à la chaleur du climat, provoquent rapidement les moisissures. 11 faudrait donc construire des abris pour les grains, et il est juste de dire que l'on s'en préoccupe sérieusement.
Il y a lieu de signaler une autre cause de souillure des avcrtnes. Dans le com^merce, on méîange fréquemment les avoines mwsics aux avoines saines, mesure qui a pour résultat de faire contaminer les secondes par les premîèFes