RÉCOLTE DU MAÏS, DU MILLET
ne nécessite pas moins de soixante-dix journées par hectare.
Chaque soirée, on dépouille des spathes les épis récoltés dans la journée ; en laissant plus de vingt-quatre heures les épis entourés des spathes, il y aurait crainte^ d'échauffement et de fermentation.
Parfois, au lieu d'enlever complètement les enveloppes, on en laisse deux ou trois repliées vers la base de l'épi qui serviront à réunir et à suspendre les épis sous leshangars ou dans les greniers. Les épis totalement dégagés des spathes sont mis à sécher sur Vaire au soleil, en les remuant souvent ; on peut les étaler en couches^ minces sur le plancher d'un grenier sain et bien aéré ; en Bourgogne, en Franche-Comté, on termine parfois le séchage au four (Garola), sauf pour les épis destinés aux semailles. Dans certaines contrées, on édifie même des séchoirs spéciaux pour le maïs : sortes de hangars à claire-voie couverts en chaume. Les épis sont ensuite égrenés à l'aide d'appareils spéciaux (fig. 134 et 135).
Les tiges de maïs restées en terre sont coupées au ras du sol à la serpe, liées en bottes dressées qui sèchent à l'air. On les utilisera ensuite, coupées au hache-paille, comme aliment pour le bétail, ou bien encore comme litière.
Récolte du millet. — La maturité du millet s'effectuant progressivement et inégalement, la récolte en est parfois difficile, si l'on veut éviter l'égrenage. En général, le jaunissement des feuilles et des tiges indique l'époque la plus favorable. Pour les millets communs, on coupe lorsque les panicules sont encore d'une teinte verdâtre ; le millet d'Italie, qui s'égrène moins, peut être moissonné plus tardivement.
Des femmes coupent, à la récolte, les sommités mûres; avec des ciseaux ou une serpette ; elles sont munies de larges tabliers relevés en forme de poches . On coupe la tige, tantôt au-dessus du dernier nœud, tantôt, lorsqu'on
Tent réunir les épis en p«tite& gerlkes, à roi-kai^teur; ces petites gerbes sont mises à sécher, suspendues sous des hangars. Les ouvriers douent pôsser plusieurs fois parmi le minet poop récolter les tiges sMilement au fur et à mesure de leur mahu^i^on. Les tiges restant en terre sont fauchées et dressées en gerbes.
Ce procédé de fauchage est parfiM& préconisé, pour la récolte intégrale; on coupe à la faucille dès qvst la taajfk* rite de» épillets sont, mûrs; on en fait dos gerbes dressées par groupes de quatre à. dm^ formiaiit de petites moyeites àHm ehanéeliers'y les épis. encore verts adièveoi ainsi leur matante.
Les miilets sont rentrés; à la ferme dans des v^tures qu'on a soin de garnir de bâches paurpréverar Tégrenage^ La. graine, battue au fléau léger, est nettoyée aoi tarart^ puis étendue en couches; minces dans un grenier hiesa aéré. i)«s pelletages fréquents assurent la bonne conservation du millet.
RécoIÏQ du sarrasin^ — Le sarrasin mûrit ses grakies très inégalenKent,. et le même pied porte souvent des grains à différents états de outlurité, et même des fleurs. On coupera donc, pour évUep Tégrenage, wa moment où la plus grande partie des graines sont formées, en général vers la fin d'août ou en septembre.
Ordinairement, on coupe à la faucille on à. la. faux armée, bien que la^ moissonneuse puisse^ être utilisée (Rieffel). Les^ tiges sont réunies en petites gerbes dressées deux par deux, Tune contre l'autre. Au b»ufe de quuQze jours oa trois semaines, les tiges très, aqueuses du sarrasin sont desséchées; les grains ont parfait leur n»atura^ tion. L^ gerbes, rentrées- à La ferme,^ sont batiiies parles temps secs, car la paille, toujours un peu humide, s'attache au batteur par les journées pluvieuses..
Les grains, vannés, sont disposés au grenier en couches minces et souvent pelletés. La paille miEe ai meule est ultérieurement utUtsée comme litière.
IL — RÉCOLTE DES FOlFRUi^ES.
Époqitei' detla coupe, ^ La valeur allmentiotire^ des plao^QS foiu^ragènes dépend de leur degpé de développe^ ment : à l'état jeune, le végétal contieni une forte ppeçortion de auilière& azotées, hydrocarbonées, grasses, dont le CQefficieat djB digestibilité est toujours étevé, et des sefe minéirau?( («fès assimilables. Â mesure que la végétation se poursui:t, pendant la maturation, les substances nutritives émtgcani vers les orga'aes floraux ; les matières azoiiées diminuent, la plante se dureît, se lignHie, et la proportion de cellulose augmente. M conviendrait donc de couper le5 fourrages hâtivement pour obtenir des plantes très nutritives; mais, d'autre part, les rendements seraient, dans ces conditions, peu élevés, étant doané le faible développement des végétaux. On concilie ces-conditions opposées en coupant la plupart du temps eo^. pleine floraisonv
Unie coupe tardive a rinconvéïwent de déterminer la cbitta des feuilles desséchées et des organes végétatîfë k^ plus nourrissants,, surtout <^z tes légumineuses ; par cotnti'e, le fourrage coupé de bonne heure est souvent très aqueux et d'une dessiccation difficile.
Dans le cas des prairies naturelles, on effectue la récolte lorsque la majorité des plantes qui les constituent sont en fleurs.
Le ebuoix de l'époque du fauchage a également une ij9Ûuence considérabije sur la modification de la flore de 1a, prairie : une coupe prématurée empêche la reproduction des bonnes espèces à maturité tardive, mais offi-e l'avantage de favoriser la pousse des secondes coupes ou des. regains;
Ces diverses consiéérations, ainsi que l'état d'enherbem€nt du sol, les circonstances atmosphét'iques, Fexpositioa^ la situation, la rareté de la main-d'œuvre, per-
mettent au cultivateur de déterminer avec soin Tépoque de la coupe des fourrages.
Dans la Lombardie, on pratique la* première coupe dès la floraison du paturin commun ; les trèfles, à ce moment, sont encore en fleurs, et Ton peut ainsi assurer trois ou quatre coupes, surtout si les prairies sont irriguées. L'époque de la coupe influe en efl'et sur le nombre des coupes à obtenir; lorsque la prairie ne donne qu'une coupe, on peut attendre que la majorité des bonnes espèces soient en floraison ; on devance cette époque de huit jours, lorsqu'il y a lieu d'efl'ectuer une deuxième coupe.
Sous le climat septentrional de la France, la pleine floraison des prés survient du iO au 30 juin; les coupes d'automne ont lieu avant la mi-septembre pour assurer la dessiccation du fourrage.
11 importe, lorsqu'il s'agit de prairies artificielles, d'examiner l'opportunité de transformer ces récoltes en foin. Les fourrages de légumineuses sont plus avantageusement consommés en vert, les coefficients de digestibilité des divers principes étant plus élevés à l'état frais et la dessiccation entraînant la perte d'une proportion élevée de feuilles, qui, desséchées, se séparent des tiges et abaissent ainsi la richesse du foin, les feuilles étant riches en principes nutritifs et particulièrement en matière azotée.
On observera, pour la fauchaison des fourrages en vert, les phases de leur végétation et la succession des coupes, afin de faire consommer ces légumineuses avant leur lignification ; pour le trèfle, par exemple, on fauchera avant qu'il n'ait formé ses boutons floraux, dès qu'il atteint i3 centimètres de haut (Garola).
Lorsque l'on veut transformer en foin les prairies artificielles, on devra faucher le sainfoin en pleine floraison ; pour la luzerne, il faut observer que la croissance s'arrête parfois, alors qu'un petit nombre de fleurs seulement apparaissent; le trèfle est coupé en pleine floraison,
avant cependant que la récolte ne verse; la floraison desvesces dure longtemps; on fauchera lorsque les premières gousses arriveront à maturité.
Les prairies artificielles composées de graminées
Fig. 136. — Faucheuse Enoch Anibler (1834) (d'après Ringelmann).
uniquement (ray-grass, dactyle, fléole) se coupent hâtivement au début de la floraison.
Prccédés de récolte. — Le pâturage constitue le procédé le plus simple d'utilisation du fourrage ; mais,
Fig. 137. — Faucheuse Wecler (1885) (d'après Ringelmann).
lorsque les plantes fourragères sont destinées à être consommées à rétable ou à être conservées, on en détermine la coupe, soit à la faux, soit à la faucheuse mécanique (fig. 136, 137, 138).
Cette opération doit être pratiquée de préférence le matin à la rosée, ou le soir. La faux permet de récoller
les fourrages sur les sols accidentés ou simplement vallonnés ; le travail s'effectue régulièrement, mais lentement.
L'usage de la faux est avantageux; l'herbe est rasée près du sol; les plantes fourragères coupées sont ramenées à la gauche de l'ouvrier et forment un andain; dans le cas des légumineuses ne subissant pas un fanage
Fig. 138. — Faucheuse à 1 cheval Deering (d'après Ringelmann).
proprement dit, on arme la faux d'unplayon qui dispose les andains régulièrement.
L'exécution d'un bon travail est assuré lorsque l'ouvrier fauche régulièrement et rase partout le sol, notamment^ sa gauche, au point où le mouvement delà faux s'achève ; il suffit d'examiner le travail du faucheur sous l'andam pour avoir une idée exacte de sa perfection.
Lorsque l'opération s'exécute à la tâche, ce qui est le cas général, il convient de surveiller les tâcherons, afin de
veiller h ce que les andains ne soient pas trop larges, ce
qui détermine le relèvement de la faux à l'extrémité cle sa course en AC^ alors qu'elle rase le sol en B (fig. i4a) et
fait perdre ainsi une proportion de la récolte qu'on peut évaluer parfois jusqu'à i p. 100 de la récolte totale.
Un bon ouvrier fauche 30 à 40 ares de prairie naturelle par jour et 40 à 60 ares de trèfle ou luzerne dans les conditions ordinaires.
L'emploi des faucheuses mécaniques permet de remédier à la rareté de la main-d'œuvre ; la rapidité de la coupe est de plus un gage de sécurité.
Les pièces travaillantes de la faucheuse mécanique sont les mêmes que celles de la moissonneuse ; cependant, pour éviter les bourrages et les engorgements, la vitesse
Fig. 140. — Schéma d'un mauvais coup de faulx (Garola).
de la barre de coupe de la faucheuse doit être beaucoup plus considérable.
L'herbe est rasée près du sol; Tandain formé, légèrement tassé et bien disposé, sèche rapidement. Par journée de dix heures, une faucheuse attelée de deux chevaux et coupant 1™,20 de large peut couper 4 à 5 hectares de prairies.
Les dépenses résultant de l'emploi de cet instrument peuvent s'établir ainsi :
Un conducteur et un aide 10 francs.
4 journées de cheval 20 —
Graisse 0 fr. 50
Intérêt et amortissement 2 fr. 50
Réparations 6 francs.
Total 39 francs par jour.
ce qui fai t ressortir la dépense par hectare à (39 : 5 = ) 7 f r . 80. Fanage. — Afin de faciliter leur conservation, les
plantes fourragères sont transformées en foin par la dessiccation ; l'eau de végétation disparaît, la perte de poids peut s'évaluer à 65 ou 70 p. 100. 11 importe d'effectuer le fanage dans les meilleures conditions, de façon à conserver au fourrage sa valeur alimentaire, son arôme et sa couleur verte. En principe, Tévaporation de Teau doit être active, les plantes fourragères soustraites à l'influence des pluies et même de la rosée.
Les froissements et les brisures de l'herbe pendant le fanage déterminent une facile pénétration des eaux pluviales dans les tissus et occasionnent des fermentations nuisibles ; de plus, le passage des eaux de pluie à travers la masse du fourrage a pour conséquence d'enlever par lavage une partie des éléments nutritifs (1).
Les alternatives de sécheresse et d'humidité font perdre au fourrage la couleur verte appréciée du commerce ; d'autre part, une dessiccation trop rapide sous les rayons d'un soleil brûlant laisse sur le terrain les feuilles et les parties végétatives les plus riches en éléments nutritifs. 11 convient donc de rechercher les conditions susceptibles de déterminer une dessiccation régulière et modérée : l'action directe des rayons solaires blanchit le foin, qui est ainsi déprécié ; les temps secs et chauds à ciel couvert donnent les meilleurs résultats.
Foin, — Le fourrage ayant été fauché et réparti en andains, on remue modérément le foin chaque matin après le départ de la rosée ; suivant la température et l'état du ciel, le fourrage est ensuite retourné une ou deux fois dans le courant de la journée : il faut en effet s'efforcer d'exposer les herbes coupées aux influences d'un air sec, chaud
{{) Les déperditions par suite du lavage par les eaux pluviales sont nettement visibles dans les résultats d'analyse suivants :
Matières
Matières
Extractifs
sèches.
aïolér ».
Cellulose.
Don azotés.
Ccndrfs.
Luierne fanée sans pluie.. 27,7
— — ayant reçu
la pluie... i5,7
€t renoiiY«lé, sarvs cependant remuer fréquemmené le fourrage, afin de lui conserver son arôme et éviter Péparpillement des feuilles.
Le soir, le foin est rassemblé en petites meules ou veillettes, dont le volume augmente à mesure que le
P'g. 141. ~ Meuks de foin (Bureau d'études sur les engrais).
fanage avance ; ces mêmes précautions sont prises si la pluie survient.
Chaque matin, on attend que le solei! et le vent aient ressuyé la surface des meulons pour éparpiller le fourrage.
Dans les conditions les plus favorables, le foin peut être mis en gros meulons dès le quatrième ou cinquième jour et rentréle lendemain (fig.l4i).Les pluies occasionnent toujoure un retard à la dessiccation, mais Feau pénètre peu à l'intérieur des veillottes, et le fourrage conserve son arôme et sa couleur. Les prairies humides sont fauchées
RÉCOLTE rDES FOURRAGES.
un peu haut : le foin est ainsi isolé du sol humide, et le fanage se poursuit plus rapidement
Le fanage s'elfectue à hras, à l'aide de fourche» et de râteaux de bois o\i fauckets (fig. 142 et 143).
Fig. 442. -^ Faucbet.
Fig. U3, ^ Fourche en bois.
La récolte du regain offre souvent de réelles difficultés : ce fourrage est très aqueux, et l'époque de sa fenaison laisse craindre les dégâts occasionnés par les eaux pluviales. Constitué par de jeunes pousses et des tiges très tines, le regain est facilement pénétré par la pluie, et ses principes solubles sont aisément éliminés ; il con-
Googk
30i RÉCOLTE.
vient de déterminer une dessiccation complète pour éviter des fermentations nuisibles, ou le mélanger, lors de la rentrée en grange ou fenil, à des pailles sèches.
La méthode mécanique réside dans l'emploi des faneuses traînées par un cheval; ces instruments, à Faide de griffes animées d'un mouvement rotatif ou alternatif, projettent l'herbe des andains en arrière de lappareil ; une faneuse effectue la besogne de quinze à vingt ouvriers.
Lorsqu'on veut faner vite, on utilisera ces faneuses mécaniques. Les faneuses rotatives projettent le foin à une grande hauteur et désagrègent les tiges des végétaux; il faut s'attendre à perdre une certaine proportion de feuilles, qui représentent la partie du végétal la plus riche.
Les faneuses à mouvement alternatif soulève le foin en le jettanten arrière, sans heurts ni désagrégations, et sont préférables, parce qu'elles faèiiitent la dessiccation, sans éparpiller les plantes et leur faire perdre quelquesuns de leurs organes (fig. 144 et 145).
Une faneuse travaille environ six à sept heures par jour, car il faut éviter de faner le matin, les rayons du soleil devant d'abord essuyer les coupes de la rosée déposée pendant la nuit.
Un homme et un cheval conduisent une faneuse ; en comptant que le conducteur et son attelage travaillent toute la journée, on parvient à une dépense de 5 francs pour le cheval, par exemple, et 3 francs pour le conducteur, soit 8 francs par jour.
Une faneuse peut faire au moins 2 hectares par sept à huit heures de travail.
Gomme la machine a une durée minimum de huit ans, nous pouvons l'amortir sur cette période ; cela représentera donc pour dix jours de travail et huit années un amortissement quotidien de 2fr. 80 (la faneuse étant comptée au prix de 230 francs).
En estimant les frais d'entretien, graissage et répara-
tioDS, à 0 fr. 50 par jour, on parvient au prix de revient journalier, pour 2 hectares, de :
Main-d'œuvre (cheval et conducteur).. 8 francs.
Amortissement 2 fr. 80
Entretien 0 fr. 50
Total H fr. 30
Soit un prix maximum de 5 fr. 65 par hectare; on voit de suite l'économie réalisée par le fanage mécanique dans une exploitation d'une certaine importance.
"^rfn , ^ ^
Fig. 144. — Faneuse à fourches (Pilter).
Le foin éparpillé par les faneuses est ramassé chaque soir à l'aide du râteau à cheval, qui forme avec le fourrage de forts rouleaux ou boudins rassemblés ensuite ; un râteau à cheval peut remplacer quinze à vingt rateleurs {fig. 146).
Le perfectionnement de la mécanique agricole permet ainsi de n'employer le travail manuel que dans la formation des tas.
En AngleteiT^ et e« AmérM^ue, dans les grands domaines, on se sert d'un raiesu à cheval d'mie fbnme un peu spéciale, le swfper, et qui, dirigé par deux chevaux, rassemble une quantité consid4i:ai)te de fourrage sec, conduit, lorsqu'il est temps^ «a chargeur automatique appelé, encore élévateur mécanique, amenant ce foin soit dans un chariot, soit sur la meule (fig. 147 à 149etlbl)..
Fourrages artificiels da légumineuses^. -^ Dan^ ca& cas
Fig. 145. — Faneuse Deering, à fourches h. dents flexibles (Paul et fils).
particuliers, le fanage doit s'opérer suivant des principes différents, visant surtout à éviter de détacher du fourrage les feuilles sèches riches en priacipe» autdtifs. On n'étendra pas les légumineuses sur te sol,, pour les dessécher,, car le râteau rassemblant les- pk&tes séchées iaisseiait les feuilles fanées, qui passieraient àtravers-tes dents et seraient perdues.
On dét/ermine U dessiccfttjk)n des légumineuses fourragères en les laissant constaefïment en andwin$, en eh^ vrottes, en tas plus ou moins gros ; au bout de deux, à
RÉCOLTK DIS FOURRAGES.
trois joui?s,. les andaiios pLOuirront être refecmrnés, mais san& les étea^e.
La méthode du dressage des moyettes actuellement préconisée offre des avantages sensibles. Le fourrage coupé et disposé en andains, on édide de petites moyettes à Taide de deux brassées dressées l'une contre l'autre, les inflorescences en haut et liées au sommet par une poignée
Fig. 146. — Râteau & foin (diché de M. Httier).
de tiges. Le foin mûrit et se dessèche ainsi parfaitement. La dépense est d'environ 7 francs par hectare, tandis que le fanage ordinaire coûte environ 12 francs par hectai^ ; en dehors de l'économie réalisée, il faut tenir compte des qualités parfaites de dessiccatiou, qiû coBserv^Bt-l'odieur aromatique et la couleur verte des fourrages.
Un p!V«>eédé dû à. M. Couteau con^ste k couper à la faucheuse et à abandjoonfir le fouiTage étendu suffi&am-
ment sur le sol sans aucun soin de fanage. Après vingtquatre heures de beau temps ou trente-six heures de
Fig. 147. — Sweeperau repos (cliché de M. Schindler, ingénieur-agronome).
temps variable, le fourrage encore vert est mis en rouleaux à l'aide du râteau et disposé ensuite en menions, sortes
RÉCOLTE DES FOUHKAGES.
de grosses moyettes de 400 kilogrammes de foin environ. Laplante fourragère ayantperdu, par son exposition à l'air, une partie de son eau, aucune fermentation putride n'est à craindre dans le meulon d'un volume relativement faible; le foin mûrit alors et se dessèche comme en moyette ordinaire et se conserve comme en meulon. L'originalité du procédé consiste dans l'emploi du
Fig. 148. — Le Sweeper amenant le foin à l'élévateur.
chariot à meulons, sorte de tombereau sans fond et sans paroi postérieure; le fond est remplacé par deux chaînes tendues sur deux cylindres, et qui recevront le foin destiné à constituer un meulon ; le chariot chargé conduit ainsi le fourrage à l'endroit désigné, et les chaînes décrochées laissent descendre le meulon, que le chariot, en avançant, dégage complètement.
Cette méthode donne un foin de bonne qualité, de belle apparence. La dépense est d'environ le tiers du coût des procédés ordinaires.
aïo
Procédés divers ofe ieaaisôn, — Dans les régions è climat huinide on plirvieiix, la dessiccation des foins exige des dispositifs spéciaux : le fourrage ^pandu sur le sol se trouTeraii, en «rtTet, soumis aux infhiences défavorables delà piuie«t de Thumidité du sol.
On dispose alors Therbe sur des édifices légers constitués par des charpentes de bots supportant la masse du
Fig. 149. — Construction de la meule avec l'élévateur (cliché Schindier).
foin ; la circulation de Faîr autour des tas détermine sa dessiccation.
Les penvquets ou chandeliers se composent de perches de 2°», 50 à 3 mètres soutenant de fortes chevilles transversales de 0",70 à 1 mètre de long. Les perches sont plantées verticalement dans le sol à une distance suflisante pour ne pas gêner la circulation des attelages, et le fourrage est disposé sur les chevilles horizontales après avoir été laissé une journée en andains (fig. 150).
11 convient de commencer le chargement des perru^
Googk
Googk
^uets ou cavaliers par les parties les plus basses, en évitant d'amonceler le foin en masses compactes; la cheville inférieure étant à 70 centimètres du sol environ, le fourrage ne sera pas en contact avec la terre humide ; la pluie glisse aisément à la surface de ces chandeliers ; le renouvellement et la circulation de l'air assurent une dessiccation suffisante (fig. 152).
Fig. 151. — Elévateur au repos (cliché Schindier).
On emploie également les pyramides constituées par trois perches de 3 à 4 mètres de long réunies à leur sommet et écartées à leur base de façon à présenter une stabilité suffisante.
Des traverses horizontales fixées à l'aide de chevilles ou de cordes supportent le fourrage placé sur ces perches.
On peut imaginer des dispositifs particuliers en unissant les pans latéraux de deux petites pyramides par de longues baguettes horizontales.
DiFFLOTH. — Agriculture. II. — 18
Ces procédés exigent parfois un matériel spécial, mais les résultats sont toujours très satisfaisants ; le foin étant
Fig. 152. — Élévation des perroquets.
peu secoué, et ne subissant pas dans sa masse Faction prolongée des pluies, présente une richesse en matières azotées, hydrocarbonées, grasses, et cendres, beaucoup plus considérable.