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IV. — RÉCOLTE DES PLANTES OLÉAGINEUSES

Colza, — Époque de la récolte, — La récolte du colza commence, dans les régions septentrionales de la France, \ei*s fin juin, commencement de juillet; dès que les tiges et les feuilles jaunissent, les premières siliques formées renferment des graines noires et libres.

Au delà d'un certain point de maturité, le colza perd des matières hydrocarbonées et grasses par respiration ; de plus, il s'égrène facilement par les fortes chaleurs et les coups de vent. On devra donc récoller à l'époque opportune, sans cependant hâter la moisson, qui donnerait alors des graines pauvres en huile.

Les tiges sont coupées à la main à l'aide d'instruments très tranchants, serpes ou faucilles, sans secousses ni heurts, afin d'éviter Fégrenage ; on récolte non vers le milieu du jour, mais au matin et le soir, ou par un temps couvert, lorsque les siliques restent fermées. Lorsque les colzas sont serrés et à tiges peu élevées, la moissonneuse peut effectuer un travail rapide, mais il convient de couper un peu tôt, sur le vert.

Les colzas sont dressés sur le champ en petites javelles; la dessiccation est complète au bout de huit à dix jours ; cependant, s'il survient des pluies abondantes, on devra retourner les javelles avec soin tous les trois ou quatre jours.

Parfois les cultivateurs déposent le colza en meules, vingt-quatre heures après la coupe; en édifiant ces meules sur un lit de paille et en les couvrant avec soin, on peut conserver ainsi la récolte plusieurs mois avant de la battre.

Ordinairement, on bat le colza sur place, dès que les javelles sont sèches ; des bâches sont étendues sur une aire plane et nivelée ; les javelles sont apportées sur des civières munies de bâches étendues à la fourche et battues. Un ouvrier, le poseur, retourne les tiges pour

qu'elles soient battues une seconde fois avant d'être jettées en dehors de la bâche.

Les siliques et les débris qui gênent, par leur accumulation, le battage et amortissent les coups, sont enlevés avec soin à l'aide d'un ràleau de bois à longues dents. 11 est parfois pratique de battre à la machine, mais en éloignant le contre-batteur du batteur et en battant lentement ; les voitures servant au transport, à la manutention, seront toujours munies de bâches, la graine du colza, grâce à son petit volume, à sa forme ronde, coulant facilement.

Après le battage, la graine est toujours mélangée de siliques (de 1/3 à 1/5 environ), qui permettent la conservation dans les greniers sans échauffement, en couches assez épaisses, que Ton pelletera néanmoins fréquemment. Ce itérait donc un tort d'épurer la graine au moment de la mise en grenier; à l'époque de la vente, lorsque la graine est bien sèche, on la nettoie au crible, au larare ; il y a avantage, d'ailleurs, à vendre la graine de colza le plus tôt possible; réchauffement la déprécie et le séchage prolongé lui fait perdre du poids, cette perte pouvant atteindre 12 à 15 p. 100 en trois mois et dépasser ensuite 25 p. 100 (Damseaux).

Navette, — On récolte le plus souvent la navette, quinze jours avant le colza ; fin mai et juin, dans le nord ile la France. Les procédés de coupe, de battage, de conservation, sont analogues aux méthodes employées pour le colza.

Pavot~œillette. — Vers la première quinzaine d'août, commence dans nos régions septentrionales l'arrachage des œillettes, lorsqu'un quart environ des capsules sont ouvertes; les graines, libres, résonnent à Tintérieur des capsules. L'époque sera choisie judicieusement de façon à éviter Tégrenage et à obtenir cependant des graines d'une couleur franche et non rougeâlre, nuance qui les déprécierait pour la vente.

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